Personnellement, je ne demande qu'à prendre le contrôle de la planète et à m'enrichir obscènement dans le cadre d'une terrible conspiration. Mais qui me donnera l'adresse des comploteurs ?
Ce qui m'agace le plus, lorsque j'entends parler de la puissance du lobby juif, de ses ramifications multiples et de ses traditions de cooptation, c’est de ne pas être dans la boucle. Hé quoi, de Robert Faurisson, spécialiste de la lutte contre les poux, à Mahmoud Ahmadinejad, président de la République iranienne et historien, en passant par Mohammed Cherif Abbes, ministre algérien des Anciens Combattants, ils sont tous au courant des détails de la satanique martingale mais n’en fournissent jamais les clés...
Pour ce membre du FLN que la musique d’Enrico Macias incommode, Nicolas Sarkozy ― dont « on connaît les origines et les parties qui l’ont amené au pouvoir » ― est manifestement le jouet d’un groupe détenant « le monopole de l’industrie en France » et faisant « pression sur les décideurs français pour qu’ils ne présentent pas leurs excuses pour les massacres commis » pendant la guerre d’Algérie.
Hum, en ce qui concerne le second point, le petit-fils de militant SFIO pour l’indépendance algérienne que je suis a un peu de mal à se sentir concerné. Mais pour tout ce qui ressort de l’argent et du pouvoir que sont censés détenir les membres de ma terrible tribu, je suis preneur. Et s’il se trouvait un antisémite suffisamment charitable pour expliquer à un mangeur de petits enfants resté hors-jeu comment intégrer cette clique bolcho-capitaliste, mes grandes oreilles difformes de dégénéré sont à l’écoute.
*
Tiens, à propos de dégénérés, la nouvelle manœuvre américano-sioniste devant permettre l’achèvement de la spoliation palestinienne ne risque pas de mystifier l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême du chiisme iranien, qui indique qu’elle est « d’ores et déjà mort née ».
Bah, partisan d’une coexistence pacifique de deux Etats distincts sur le mouchoir de poche qui passe pour la cause de tous les conflits de la terre, je m’en tiens à ma naïveté d’exclu du protocole des sages de Sion et j'applaudis à la réouverture du dialogue. Ouvrirai-je un jour les yeux ?
*
Allez, une dernière pour la route. David Irving, un historien également versé dans le décryptage des crapuleries judéo-maçonniques, était l’invité des étudiants du Balliol College d’Oxford, à l’occasion d’une journée consacrée à la liberté d’expression. Une petite coterie de falsificateurs à gros nez et lippe flasque est malheureusement parvenue à l’empêcher de nous éclairer sur la réalité des centres de vacances de Dachau et d’Auschwitz et la capacité sous-estimée des nazis à faire partir les trains à l’heure... Mais le pire, c’est que j’ai encore raté une occasion de prendre des notes sur la manière d’intégrer le club des maîtres du monde à kippa !
Tout de même, s’il existait un Judéo-Facebook, les choses seraient plus faciles pour les laissés pour compte dans mon genre...
© Commentaires & vaticinations
L'embêtant avec ce genre de note, c'est qu'on ne voit pas bien comment la commenter, à part en disant "je l'ai lue et je n'ai rien à ajouter"...
Pour mettre un peu de couleur locale bolivienne, je signalerai quand même que Mein Kampf et le Protocole des sages de Sion sont des bouquins qu'on trouve encore (très occasionnellement, je vous rassure) sur le marché aux puces de Cochabamba (en importation depuis l'Argentine, en général; enfin, "importation" est une façon de parler: ce sont des contrefaçons réalisées par photocopie, ce qui d'ailleurs me cause, là encore, beaucoup de peine, quand je pense à tous les sous dont les auteurs et éditeurs de ces remarquables ouvrages seront spoliés). Ca m'a permis de mettre mon grand nez dedans (je ne suis pas juif, mais j'ai quand même un très grand nez) et de constater que l'un comme l'autre sont hallucinants de connerie (beaucoup plus bêtes que méchants, aurait-on même tendance à dire si on ne savait pas à quoi ils ont mené). Depuis, je suis partisan de leur libre publication et même de leur large diffusion, car je pense qu'il est important de se rendre compte que la connerie est loin d'être toujours aussi inoffensive que le croient généralement les gens qui ont plus de 85 de Q.I...
La connerie tue (et elle ne tue pas que les cons, en plus)! Faites-le savoir!
Rédigé par : Poil de lama | jeudi 29 novembre 2007 à 16:07
Splendide.
Mais, c’est vrai qu’avec ce genre de note, à part clap clap clap, je ne vois pas trop quoi écrire.
Si, peut-être CLAP CLAP CLAP !!!
(Avec en prime, une illustration du grand, très grand, Will Eisner, cette note touche décidément à la perfection.)
Rédigé par : aymeric | jeudi 29 novembre 2007 à 16:33
Poil de lama,
Les Mein Kampf du marché de Cochabamba sont le meilleur exemple de cet "antisémitisme sans juifs" qui perdure ici et là. Sur la diffusion de ce genre de choses, je suis partagé. Mais comme tu le dis, si ça peut spolier les auteurs...
Aymeric,
La perfection ? Comme tu y vas... Mais bon... Peut-être après tout. Oui, d'accord. C'est vrai.
Rédigé par : Hugues | jeudi 29 novembre 2007 à 17:11
@Poil de Lama :
"beaucoup de peine, quand je pense à tous les sous dont les auteurs et éditeurs de ces remarquables ouvrages seront spoliés"
Ou leurs ayant droit, en l'occurence l'Etat de Bavière concernant "Mein Kampf" !
(qui utilise ceci dit les fonds ainsi récoltés pour empêcher de nouvelles publications et financer les éventuels procès qui en découlent)
Rédigé par : Allegro | jeudi 29 novembre 2007 à 17:20
Une question à l'honorable tenancier de ce blog.
Le 11 octobre 2004, Bruno Gollnisch, élu du peuple et s'exprimant ès-qualités, dit : « S’agissant toutefois, au cas par cas, des modalités et de l’étendue de ce drame [la Shoah], je m’en remets au jugement des historiens spécialistes, dont les discussions devraient être libres, et non sous la menace d’une loi d’inspiration communiste, la loi dite loi Gayssot, dont le but était de faire oublier les crimes soviétiques. »
Suite à ces propos, il est exclu de l'université de Lyon-III où il exerçait en tant que professeur de civilisation japonaise.
Que les insultes antisémites puissent être punies par la loi, je le comprends. Mais lorsque l'antisémitisme est puni même à l'état implicite, sous-entendu ou subliminal, la condamnation se rapproche étrangement du crime contre la pensée et fait se poser des questions que je me passerais volontiers de me poser.
Rédigé par : François X | jeudi 29 novembre 2007 à 17:34
La question était : qu'en penses-tu, ou un truc comme ça. Je devrais me relire.
Rédigé par : François X | jeudi 29 novembre 2007 à 17:38
Ouais, de toute manière la presse est au main des juifs... C'est ce que m'a affirmé un beau jour un sarkophile de Neuilly qui trouvait premièrement que Fillon était un affreux gauchiste (sisi) et deuxièmement que les médias étaient à la solde du PS car comme chacun le sait, les juifs sont génétiquement de gauche... Auquel cas il faut tout de même saluer l'extraordinaire habileté de l'internationale du Zohar qui a réussi l'exploit consistant à faire venir des types pareil dans le giron électoral de son homme de paille.
En attendant, il est toujours amusant de mettre face à face deux conspirationnistes qui ont les mêmes lubies mais en tirent des opinions diamétralement opposées: on voit bien là la "puissance intellectuelle" nécessaire pour construire de tels raisonnements tarabiscotés dont le seul et unique but est de fournir un verni rationnel à des fantasmes ma foi bien confortable. Mais d'un autre côté, contrairement à Lama, personnellement je suis quand même assez rassuré à l'idée que l'essentiel des adeptes de ces masturbations cérébrales tournant autour de quelques conspiration imaginaire soient dans leur écrasante majorité des abrutis de première (du moment que l'accès à la connaissance est libre): même si la connerie tue, la volonté de nuire est toujours plus dangereuse quand elle est servie par des individus habiles et imaginatifs, ce qui rejoint le cas Gollnish: le personnage est assez cultivé et intelligent pour savoir que le nombre d'historiens spécialisés donnant raison à ses petits copains est de zéro, tout comme il est assez informé pour savoir que les "historiens" qui participent au mouvement "révisioniste" sont systématiquement dans une démarche malhonnête où il s'agit de revendiquer une compétence historique pour propager un ensemble de mensonges. (sans compter que dans la quasi-totalité des cas les dits historiens n'ont même pas les connaissances d'un étudiant de première année de license en la matière)
Rédigé par : Laurent Weppe | jeudi 29 novembre 2007 à 19:06
Je ne sais plus si je l'ai déjà cité sur ce blog, mais ça ne fait rien, c'est tellement bon:
http://www.chick.com/reading/comics/0114/0114_fourpages.asp?Pg=01
C'est une merveilleuse bande dessinée de frapadingues fondamentalistes américains, démontrant de façon tout à fait lumineuse et éclairante que Staline et Hitler étaient deux pions dans le même complot, manipulés qu'ils étaient l'un et l'autre par le pape, c'est-à-dire l'Antéchrist (ah ouaiaiais... tout s'explique!). Si c'était une parodie, ce serait déjà croquignol, mais c'est débité avec le plus grand sérieux.
Quand on lit de telles conneries, on a effectivement de la peine à penser que ceux qui les ont pondues puissent être dangereux pour d'autres qu'eux-mêmes... mais mein Kampf est argumenté avec exactement la même rigueur intellectuelle.
Allez lire ça, vous m'en direz des nouvelles. C'est aussi con que les Protocoles, mais en plus, il y a des images (remarquablement laides d'ailleurs)!
Rédigé par : Poil de lama | jeudi 29 novembre 2007 à 20:17
au chapitre des liens nétiens, j'ai chopé le dernier disque des Wriggles, et un de leur morceau fait bien écho à ce blogage:
http://homepage.mac.com/ennix/FileSharing2.html
(Non ceci n'est pas du téléchargement illégal: de 1 ça finira sur youtube, de 2, allez acheter l'album, même chez Olivennes)
Rédigé par : Laurent Weppe | jeudi 29 novembre 2007 à 22:18
je me contenterai de cette histoire drôle, qui me paraît résumer une bonne partie des débats...
un français , un allemand, un américain, un juif , échouent sur une île isolée du pacifique peuplée d'une tribu indigène et primitive...
au bout de quelques mois passe un bateau qui les recueille:
l'allemand raconte au capitaine comment il a pu développer avec les matériaux locaux, des outils utiles, l'américain leur a appris l'argent, la thésaurisation, l'accumulation, le français s'extasie sur l'amour chez les indigèn(e)s, le juif se met à écrire un ouvrage "les îliens indigènes et la question juive"...
est-elle politiquement correcte?
Rédigé par : faceB | jeudi 29 novembre 2007 à 23:11
FaceB,
Le "juif" n'a pas de nationalité ?
Rédigé par : Hugues | vendredi 30 novembre 2007 à 00:22
"Le "juif" n'a pas de nationalité?"
Je me faisais la même remarque. Peut-être que dans l'inconscient collectif, un juif vraiment juif -càd celui qui non content d'exhiber ses signes extérieurs de dégénérescence vous gonfle en plus avec la question juive- ne peut être qu'apatride tellement il est repoussant?
Excellente blague donc, très instructive...
Mais j'aurais aimé que le juif soit français, on aurait eu un personnage vraiment caricatural, limite plausible bien sûr, un être si taré est-il viable*?, mais qui aurait autorisé une chute plus gondolante du genre "et le juif français se met à écrire un ouvrage 'les amours indigènes et la question juive'..."
* Non Hughes, vous avez avoué n'être que vaguement juif, votre cas ne compte pas. Il compte d'autant moins que vous n'êtes que marginalement français puisque vous déplorez les violences.
Rédigé par : Damien | vendredi 30 novembre 2007 à 00:59
le "juif" se décrit en tant que tel
sa nationalité n'importe pas,
il peut être anglais , si affinités, ou israelien?
Rédigé par : faceB | vendredi 30 novembre 2007 à 07:36
par ailleurs le livre de will eisner dont tu montres la couverture est excellent et instructif, y compris dans sa traduction française.
Rédigé par : faceB | vendredi 30 novembre 2007 à 07:39
"Le "juif" n'a pas de nationalité?"
Il me semble que dans le langage courant on dit : "un juif américain" ou "un juif polonais" ; par contre on dit : "un Français protestant" ou "un Irlandais catholique".
C'est autant une réponse qu'une autre façon de poser la question.
Rédigé par : Pilou | vendredi 30 novembre 2007 à 08:44
FaceB,
J’ai un peu hésité à réagir de manière complète à tes commentaires, autant par lassitude que par agacement, mais ce qui est dit sur le Web étant fait pour durer, autant s’y coller.
D’abord, non, ta blague n’est pas amusante. Elle ne fait que surfer sur des clichés usés jusqu’à la corde et n’a donc aucun intérêt en tant qu’ « histoire drôle ». Le Français est un type qui parle d’amour et l’Allemand d’outillage... Ha ha ha !
Mais en ce qui concerne son statut présumé d’ « histoire juive », puisque je subodore qu’il s’agit d’une démonstration de ta capacité à user de cette forme particulière de dérision en prenant le terrible risque de passer pour « politiquement incorrect », explorons le mécanisme à l’œuvre.
Le juif de ton histoire, au lieu de s’intéresser à l’amour, à l’économie ou à la production comme les gens normaux, se présente donc comme un individu totalement autocentré, qui ne perçoit l’indigène que dans sa relation au judaïsme. Hum, il s’agit-là d’une telle banalité dans la caricature du juif que tu aurais tout aussi bien pu lui faire ouvrir une banque ou une boutique de vêtements : l’effet « comique » aurait été identique, même si ton histoire perdait de sa prétention à la compréhension de l’âme introspective juive et tombait carrément dans la démonstration stéréotypique du juif attiré par l’argent (écueil que tu souhaitais probablement éviter dans le contexte de ma note).
Mais l’autre aspect du retour du refoulé que représente ta blague, c’est bien entendu le fait que l’Allemand soit allemand, le Français soit français, l’Américain soit américain et le juif, eh bien, simplement « juif ». De la religion des trois premiers, on ne sait rien. On comprend tout de même qu’il ne sont pas juifs, puisque c’est leur génie national spécifique qui les fait interagir avec les indigènes et que, s'ils étaient d'une foi quelconque, celle-ci ne se mettrait pas en travers de leur attitude nationale. Le juif, lui, n’est que juif. Nous sommes donc bien en présence de cet apatride mal défini dont Raymond Barre excipait de la différence en évoquant, à l’occasion de l’attentat de la rue Copernic, « les juifs et les Français innocents ».
Bon, tu viens préciser que le juif pourrait tout aussi bien être anglais (ou, ha ha ha, israélien), mais que ça ne changerait rien. Ce n’est qu’un, comment dire, détail. Ah bon. Racontons donc la même histoire dans ce contexte décalé :
« un français , un allemand, un américain, un anglais , échouent sur une île isolée du pacifique peuplée d'une tribu indigène et primitive...
au bout de quelques mois passe un bateau qui les recueille:
l'allemand raconte au capitaine comment il a pu développer avec les matériaux locaux, des outils utiles, l'américain leur a appris l'argent, la thésaurisation, l'accumulation, le français s'extasie sur l'amour chez les indigèn(e)s, l’anglais se met à écrire un ouvrage "les îliens indigènes et la question anglaise"... »
Tiens, on ne comprend plus où tu voulais en venir. Puisque le juif est devenu un Anglais, qu’est-ce que c’est que cette histoire d'exploration de la « question anglaise ». Et d’ailleurs, y a-t-il seulement une « question anglaise » ?
Bien entendu, on peut également modifier l'histoire en conservant la présomption de judéité de notre Anglais :
« un français , un allemand, un américain, un anglais , échouent sur une île isolée du pacifique peuplée d'une tribu indigène et primitive...
au bout de quelques mois passe un bateau qui les recueille:
l'allemand raconte au capitaine comment il a pu développer avec les matériaux locaux, des outils utiles, l'américain leur a appris l'argent, la thésaurisation, l'accumulation, le français s'extasie sur l'amour chez les indigèn(e)s, l’anglais se met à écrire un ouvrage "les îliens indigènes et la question juive"... »
Mais là, on ne comprend plus du tout pour quelle raison cet anglais s'intéresse au rapport qu'entretiennent les indigènes au judaïsme. Et pourquoi l'Américain, probablement protestant (ou juif, tiens), n'écrit-il pas un livre sur l'église presbytérienne et les îliens ?
La blague ne fonctionne donc que si le juif n’est « que » juif et si les autres personnages ne sont « que » les nationaux de pays précis. Et par voie de conséquence, le « juif », pour exprimer ce qu’il est réellement, ne saurait être autre chose qu’un apatride autocentré. Clairement, il s’agit donc d’une histoire antisémite, visant à désigner le juif dans son altérité intrinsèque et que tu viennes la raconter après cette note est édifiant.
Attention, je ne te connais pas, je ne sais pas qui tu es, si es jeune, vieux, ceci ou cela (américain, français ou allemand), mais je t’accorde le bénéfice du doute et je ne crois pas que tu sois toi-même un antisémite. Mais je pense que tu es effectivement perméable à l’idée que les juifs sont différents, qu’ils possèdent des caractères qui les distinguent du reste de l’humanité au sens ou un Français, un Américain ou un Allemand se distinguent du reste de l’humanité par leur histoire nationale, et que le juif ne peut donc être tout à fait américain, français ou allemand.
En d’autres termes, tu viens, par inadvertance et en toute innocence, inférer sous un texte dénonçant les caricatures du « juif différent » que je ne suis moi-même pas tout à fait un Français.
Tu dis avoir apprécié le livre de Will Eisner que tu qualifies d’instructif : permets-moi de te suggérer de le relire. Il te dira la même chose que ce que je viens de développer mais avec des images.
Rédigé par : Hugues | vendredi 30 novembre 2007 à 09:29
On pourrait même étendre le raisonnement à d'autre groupes: facile "d'oublier" que les Arabes si facilement pointés du doigt par les voisins de comptoir de Hugues sont français par exemple, facile "d'oublier" que le plombier polonais, le tsigane de Roumanie, le russophone des pays baltes sont des citoyens de l'Union Européenne et donc nos compatriotes de facto, facile "d'oublier" qu'un homosexuel a une identité qui ne se limite pas à ses préférences sexuelles, facile "d'oublier" que "l'homme africain" ne se défini pas seulement par son taux de mélanine cutanée.
Notez qu'on trouve là l'une des plus récurantes justifications des comportements et des discours racistes: le classique "de toute façon c'est pas un vrai français" cher au vicomte.
Rédigé par : Laurent Weppe | vendredi 30 novembre 2007 à 09:48
J'"abonde et plussoie", comme on dit, à la note et à la mise au point de Hugues, ainsi qu'aux comm's de Poil andain(décidément !) et de Weppe. Avec un petit bémol: "Juif Polonais" (Krasucki, Lustiger,et tant d'autres ne connote manifestement pas un Polonais-comme-les-autres, de religion juive. Pour des raisons qui tiennent à l'histoire un peu particulière de la Pologne... et des Juifs en Pologne et alentours.
J'ajoute que j'ignore la place des plombiers juifs polonais dans le Plan B divin.
Rédigé par : melchior griset-labûche | vendredi 30 novembre 2007 à 12:36
@hugues-D’abord merci d’avoir consacré autant de temps à réagir à cette histoire qui se voulait sans prétention.
Je ne me souviens plus où je l’ai glanée.
Ensuite excuse moi si elle t’a personnellement touché, tel n’était pas mon propos.
Elle ne veut être drôle que parce qu’elle part du présupposé que le juif, de quelque pays qu’il soit, verra de toutes façons dans les yeux des autres son statut de juif et réagira par rapport à cela, même si, c’est, comme ici, absurde.
Il n’y a bien sûr là dedans pas de théorie du complot comme dans le « protocole », pas de négation de nationalité (les îliens ignorent bien sûr d’où viennent les étrangers).
La prochaine fois que je la raconte, promis, je dis « un juif anglais », mais les gens me demanderont peut-être à la fin « pourquoi anglais ? »
Cela me fait penser à une autre histoire sur les juifs. Je pense me faire pardonner la précédente avec celle-ci. Elle est connue et je la fais courte.
A la fin des années 30, en Allemagne, un homme voit son voisin, juif, faire ses bagages. Il lui demande :
-que fais tu ?
-je déménage
-pourquoi ?
-Hitler vient d’annoncer qu’il s’en prendrait dorénavant aux juifs et aux coiffeurs.
-Pourquoi les coiffeurs ?
-C’est bien parce que tous ici me posent cette question que je pars….
Rédigé par : faceB | vendredi 30 novembre 2007 à 15:44
"Ouvrirai-je un jour les yeux "
pourquoi ça s'est mal passé l'opération ?
bon je sors
Rédigé par : Thaïs | vendredi 30 novembre 2007 à 16:04
FaceB,
Ok ok, no problemo. Mais l'idée est justement de se bagarrer contre les présupposés en question, qui ne concernent d'ailleurs, comme le rappelle Laurent Weppe, pas que les juifs.
Rédigé par : Hugues | vendredi 30 novembre 2007 à 16:40
Du blog d'Andrew Sullivan (les blagues sont à la mode) http://andrewsullivan.theatlantic.com/the_daily_dish/2007/11/another-israeli.html
Four guys are standing on a street corner: an American, a Russian, a Chinese, and an Israeli... A news reporter comes up to the group and says to them:
"Excuse me...What's your opinion on the meat shortage?"
The American says: What's a shortage?
The Russian says: What's meat?
The Chinese man says: What's an opinion?
The Israeli says: What's "Excuse me"?...
Politiquement correct. Vous noterez toutefois qu'une blague qui ne titille pas la fibre des préjugés n'est en général pas drôle; la dernière histoire de faceB est bien vue mais ce n'est pas une blague puisqu'elle ne permet pas de se moquer des "autres".
Rédigé par : Damien | vendredi 30 novembre 2007 à 18:04
Bien sûr que non la blague n'est pas politiquement correct: le "excuse me" sous)entend que l'Israélien est étranger au concept d'excuse, donc de remords, de repentir, de la capacité de réparer les torts qu'il cause, bref, beaucoup de choses déplaisantes y sont sous-entendu.
De plus la blague numéro est une blague: la satire habile est drôle surtout quand elle englobe tout le monde, y compris celui qui produit cette satire.
Et puisque nous sommes au chapitre des blagues juives, autant en rajouter une:
Quels sont les cinq juifs qui ont marqué l'histoire?
Le premier c'est Abraham: il a affirmé: "Tout est Dieu"
Le second, c'est Jésus: il a affirmé: "Tout est Amour"
Le troisième, c'est Marx: il a affirmé: "Tout est Capital"
Le quatrième, c'est Freud: il a affirmé "Tout est Sexuel"
Et le cinquième, c'est Einstein: lui a affirmé: "Tout est relatif"
Rédigé par : Laurent Weppe | vendredi 30 novembre 2007 à 20:02
@ Laurent Weppe,
à moins que l'incompréhension du "excuse me" soit signe que le juif est (au niveau du stéréotype historique bien sûr) celui à qui on ne prend même pas la peine de présenter ses excuses. En tout cas, c'est comme ça que j'avais compris cette blague qui au demeurant ne m'a pas fait rire.
@ Hugues,
Pardon de revenir à la charge. Si tu ne veux pas me répondre, OK, tu es chez toi, tu fais ce que tu veux. Mais si je te demandais ton avis, ce n'était pas une clause de style, c'est parce que VRAIMENT ton avis m'intéresse (le tien ou celui de tout lecteur de ce blog qui s'estimerait une personne normale), parce que j'estime généralement tes prises de position, sans les partager toutes, certes.
Bon, cette condamnation de Gollnisch m'a profondément choquée, cela est clair. Pour autant (dans ma première intervention, je ne l'ai pas signalé, estimant que ça allait sans dire), cette liberté d'expression que je souhaiterais voir reconnaître à Gollnisch (pas la liberté d'expression absolue, mais celle concernant les propos exacts qu'il a tenus), je ne la revendique pas pour moi. Rien dans la loi ni dans la jurisprudence ne m'empêche de tenir sur les juifs ou sur la Shoah des propos que je souhaiterais tenir.
Serais-je le seul hors de l'extrême-droite à trouver que cette condamnation est liberticide ? ou alors elle ne le serait pas ? pas du tout ? ou juste un peu ? ou alors on s'en fout ? ou c'est pas important ?
Il y a des jours où je me demande si je suis un salaud, un fou, ou ni l'un ni l'autre.
Promis, après cette intervention légèrement lourdingue, j'arrête de polluer ce blog pour quelques semaines.
Cordialement.
Rédigé par : François X | vendredi 30 novembre 2007 à 20:40
François X: Hugues est assez grand pour te répondre, mais compte tenu du décalage horaire, je pense que j'ai plus de chances que lui d'être encore au clavier en ce moment, donc voici l'avis d'"un lecteur de ce blog" -- qui ne présume pas du tout de ce que Hugues pourrait te répondre.
Primo, je te le dis tout net, quand la carrière universitaire de Gollnisch connaît des aléas, en effet je m'en fous un peu (pas vrai: je m'en fous totalement; pas la peine de le nier, le type m'est très antipathique, pour des raisons que tu devines: il est très généralement classé à l'extrême droite, et je n'ai pas l'impression que ce soit à tort, quand ce ne serait qu'à cause de sa position dans l'organigramme du Front national).
Deuxio, tu ne nous dis même pas qui a pris la décision que tu critiques (une juridiction? un supérieur hiérarchique?) ni même en quoi elle consistait exactement (c'est un licenciement, une non-reconduction, un coup de pied aux fesses?), et j'avoue avoir à peu près totalement oublié cette histoire qui ne m'a jamais passionné. Pas très facile, dans ces conditions, de formuler une opinion pertinente. Si tu indiquais un lien vers un résumé quelconque de cette histoire (une dépêche d'agence, par exemple), ça aiderait quand même un peu.
Tertio: ce n'est pas parce que quelque chose se produit "suite à" ceci ou cela que ça se produit "sur le seul fondement de" ceci ou cela. Les propos que tu rapportes (quoique assez puants à première vue), ne me semblent pas mériter une sanction par eux-mêmes... mais Gollnisch est un homme public qui dit des tonnes et des tonnes de trucs, signe des tas et des tas de pétitions, apparaît dans des tas et des tas de manifestations, et ça m'étonnerait beaucoup que les propos que tu rapportes soient la seule et unique chose qu'on ait trouvée à lui reprocher (moi qui me contrefous du destin de ce personnage, j'ai le sentiment que rien qu'en fouillant un peu dans ma mémoire je trouverais dix fois plus de griefs contre lui).
Maintenant, si tu veux discuter de la loi Gayssot et pas seulement de la carrière de Gollnisch, eh bien dis-le carrément. Il y aurait sans beaucoup à dire à ce sujet, et je pense d'ailleurs qu'on peut attaquer cette loi de façon autrement plus intelligente qu'en se contentant de dire qu'elle est d'inspiration communiste. Mais ça nous mènerait assez loin de ce dont parlait le billet de Hugues, donc une discussion sur ce sujet ne m'est pas apparue très nécessaire aujourd'hui et sous ce billet. Insiste si tu veux... mais alors donne-nous davantage de grain à moudre.
Navré si ce que je te dis là te paraît une réponse de Normand... mais Gollnisch me paraît être sorti de l'actualité il y a déjà un moment, et j'avoue que depuis lors, il ne m'avait pas manqué. J'étais même tout à fait disposé à oublier jusqu'à son existence...
Rédigé par : Poil de lama | vendredi 30 novembre 2007 à 21:57
@Laurent
Pour revenir sur le politiquement correct de la blague en question, il convient d'assimiler le message du cinquième juif qui a marqué l'histoire ; tout est relatif. En effet, le problème de base est que vous n'avez pas pris le référentiel culturel ad hoc
(US). Quand on dit "excuse me", c'est soit pour dire qu'on n'a pas compris les paroles de son interlocuteur, soit pour réclamer son attention comme c'est le cas dans "Excuse me...What's your opinion on the meat shortage?". L'utiliser dans le sens d'une demande de pardon est exceptionnel et a toute chance de mettre votre interlocuteur dans
l'embarras comme si vous lui déclariez votre flamme. En fait, utiliser "excuse me" dans un tel contexte est en général considéré comme une marque de faiblesse et une reconnaissance tacite de fourvoiement. C'est le sens utilisé ici ; l'israélien ne connaît pas le mot parce qu'il est celui qui ne fait pas d'erreur, qui n'a pas de faiblesse. Cette même blague existe aussi avec un
New-Yorkais ou un Américain en lieu et place de l'israélien, comme vous pouvez le vérifier vous-même :
http://www.laughbreak.com/stories/excuse_me_.html et
http://jokes.contentavailable.com/i/Miscellaneous/Ethnic_Goldmine!/12884/
Rédigé par : Damien | samedi 01 décembre 2007 à 00:52
François X,
D'abord, en ce qui concerne la loi Gayssot, je n'ai pas vraiment de religion (rires dans la salle !). Je pense que la manière débile dont elle peut être invoquée la rend difficile à défendre lorsque l'on est attaché à la liberté d'expression, ce qui est mon cas. Mais je crois aussi que le contexte français assez spécifique en matière de révisionnisme (oui, spécifique : les Anglais ont un Irving, nous avons des tas de Plantin, Garaudy, Vieille Taupe, etc. et même nos anciens terroristes d'Action Directe sont membres du club) rendait plaidable la mise en place d'un garde-fou juridique. Mais bon, encore une fois, si cette loi disparaissait, je n'en ferais pas une maladie.
Pour Gollnisch, comme le dit Poil de lama, il s'agit d'un homme d'extrême-droite dont les sorties visant à entretenir une ambiguïté révisionniste sont légion (des Volontaires Français -- re-rires !).
Sur la condamnation à laquelle tu fais référence, je te suggère de te reporter à l'article de Wikipedia (faute de mieux) et de juger du sens de la polémique qu'il a, tout à fait volontairement, déclenché. On peut imaginer que ce type, quelqu'un le dit plus haut, est trop cultivé et trop informé pour ne pas connaître la réalité des camps, mais qu'il a besoin de ce genre d'événement pour 1) dénoncer la loi Gayssot comme horreur communiste, 2) emprunter la trace du chef dont la cote augmente à chaque provocation verbale, 3) conforter son image de successeur dans le combat qui l'oppose à Marine le Pen.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_propos_de_Bruno_Gollnisch_d%27octobre_2004#Contexte_et_d.C3.A9clarations
Ce que Gollnish dit, donc, c'est que le rapport Rousso sur la manière dont Lyon III est devenue le siège national du négationnisme universitaire n'est pas valide parce que le rapporteur est juif. Il lâche également tout un tas de petits ballons crapuleux à travers la presse permettant de contester, ici le nombre de morts dans les camps, là la manière dont les gens mouraient, etc. Bref, il développe effectivement un discours révisionniste plus impressionniste que celui d'un Faurisson, mais le doute n'est pas vraiment permis. Même son ami Barre était globalement du même avis que moi :
« Il a des propos… mais je vous dirais que cela lui échappe. Et dans le fond, je ne crois pas qu'il y croit. Seulement, c'est la politique, et en France, on fait de la politique avec n'importe quoi ».
On peut quand même se rapporter à l'ensemble de sa bio sur Wikipédia pour juger du personnage :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Gollnisch
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_propos_de_Bruno_Gollnisch_d%27octobre_2004#Commentaires_connexes_sur_l.27affaire
Donc, qu'il soit condamné sur la base de cette loi me semble logique et raisonnable et ne me choque pas puisque le jugement est en phase avec l'esprit du texte. Mais si l'on m'avait demandé mon avis et sans loi Gayssot, il n'aurait pas été poursuivi. Il aurait bien été exclu temporairement de la fac par ses pairs (ce qui fut le cas), ridiculisé pour la nature de sa manoeuvre stratégique dans le cadre du FN, attaqué par voie de presse pour sa connerie, mais pour le reste...
Rédigé par : Hugues | samedi 01 décembre 2007 à 14:56
L'antisémitisme dans son plus bel écrin, écoeurant en soi, comme toutes les formes de racisme...
Il est d'ailleurs amusant de remarquer qu'on parle d'antisémitisme et de racisme selon les victimes ( alors que logiquement on ne devrait parler que de racisme ... )
Un bémol toutefois, je me suis récemment fait traiter d'antisémite ( ce que je ne suis pas ), par un (ancien) ami qui n'a pas apprécié de m'entendre dire que si la Palestine est gangrenée par le terrorisme, une partie de l'explication ( et donc des solutions ) se trouvent en Israel...
Rédigé par : mathieu | dimanche 02 décembre 2007 à 18:57
@ Poil,
Gollnisch a été exclu de l'université par la commission de discipline des profs de facs.
Je n'ai ni le temps ni l'envie de chercher les références pour nourrir le débat.
Merci à toi et à Hugues pour vos réponses.
Rédigé par : François X | mardi 04 décembre 2007 à 09:09
Je découvre ce blog et ce billet et - c'est sûr - j'y reviendrai.
Je trouve à ce sujet le commentaire de Mathieu aussi édifiant que la blague évoquée plus haut.
- écoeurant en "soi", "comme toutes les formes de racisme?" ;
- "on ne devrait parler que de racisme"?
- le terrorisme qui gangrène la Palestine ?
Je ne répondrai cependant pas en lieu et place du maître de céans qui a probablement pris soin de peser ses mots pour nommer la catégorie au sein de laquelle cette note prend place.
Rédigé par : WellWellWell | mardi 04 décembre 2007 à 12:07
Je suis bien d'accord avec toi! On critique, on critique, mais on ne nous donne même pas les bons plans! Lol
Cela dit, toi, tu as encore de la chance! Tu n'as pas et une mère black et un père aux origines juives (on arrive à s'y faire! Lol)... Là, c'est vraiment du miel pour les connards extrêmistes de tout poil! N'empêche, je jure que je ne bouffe pas des bébés au p'tit déj' et malgré toute l'aversion que je peux avoir vis-à-vis de l'homme politique Sarkozy (et Dieu sait que j'en ai, de l'aversion à son égard!), je l'ai toujours défendu face aux débiles qui l'insultaient sur ce thème! Je trouve même inconcevable que l'on tienne de tels propos. On peut ne pas être d'accord avec lui, cependant l'attaquer là-dessus est particulièrement puant!
Rédigé par : Chris79 | dimanche 09 décembre 2007 à 06:53