Villiers-le-Bel, Taïwan, Bolivie : note (presque) sans commentaire ni vaticination.
Désormais, je suis comme Sarkozy (ha ! Il avoue enfin, le salopard !) : je suis prudent dans mes commentaires des heurts entre policiers et « jeunes de banlieue » et je m'en tiens aux faits. La nuit dernière, des « petits groupes mobiles » ont donc saccagé le centre de Villiers-le-Bel et attaqué « des passants pour les dépouiller » en réaction à l'accident mortel de deux ados circulant en mini-moto dans les rues de cette commune du 95.
En attendant d'en apprendre davantage sur les circonstances du drame, je me prépare tout de même à la légitimation par les uns de cette violence (dont le caractère politique, bien qu'inthéorisé par ses acteurs, est évident) et à son décryptage ethnico-religieux par les autres (al-Qaeda inspirant vraisemblablement les émeutiers).
J'aurais bien tendance à privilégier la thèse de l'accident de la route (des jeunes sans casque sur un engin dont l'usage sur la voie publique est interdit) et de l’opportunisme de vandales sans projet spécifique (« Zyva les gars ! On va tout casser et cramer la boulangerie du RER ! »), mais bon, encore une fois, attendons d’en savoir plus pour commenter...
*
« Il n'y a du point de vue français qu'une seule Chine et Taïwan fait partie intégrante du territoire chinois », a déclaré à Pékin notre président entre deux signatures de contrats commerciaux, ajoutant que la France n’était pas « favorable à l’indépendance » de l’ancienne Formose.
Ca aussi, ce sont les faits. La France (vous, moi...) n’est donc pas favorable à ce qu’une démocratie parlementaire de 23 millions d’habitants, déterminée à ne pas revenir dans le giron d’une Chine populaire sous régime de parti unique, soit reconnue dans sa réalité politique et géographique. Nicolas Sarkozy n’a pas encore dénoncé la folie irrédentiste du Tibet en échange de l’achat d’une centrale nucléaire à prix coûtant de plus, mais son voyage n’est pas terminé et lui reste encore quelques occasions de le faire.
Comment ça il s’agit d’un commentaire de ma part ? Pas du tout. Juste les faits !
*
Ok ok, Hugo Chavez est quelque peu disqualifié et il faut s’attendre à ce que même Ignacio Ramonet, à l’instar d’Olivier Besancenot, finisse par lui reprocher de déconner un poil... Mais voici que l’autre rising star latino-américaine de l’altermondialisme fait des siennes. La police bolivienne vient en effet de tirer à balles réelles sur les étudiants qui protestaient contre les réformes imposées par Evo Morales (deux morts, de nombreux blessés) et s’en est prise aux journalistes qui couvraient les événements.
On se demande quelle mouche a bien pu piquer les homologues boliviens des coordinations anti-Pécresse. Après tout, tout ce que Morales souhaite faire, c’est mettre en place une assemblée constituante réduite aux seuls membres du Mouvement pour le socialisme (le parti du président). Ah oui, il veut aussi marcher dans les traces du régime birman en changeant de capitale et la bourgeoisie réactionnaire fait la gueule.
Ce blog disposant d’un correspondant en Bolivie, espérons que d’autres éclairages factuels nous permettront rapidement de prendre la mesure de la situation sans sombrer dans le commentaire subjectif.
© Commentaires & vaticinations
Sarko etait pour l'autonomie de Taiwan en 2006:
http://caichongguo.blog.lemonde.fr/2006/12/14/un-petit-dejeune-avec-sarkozy/
Extrait:
"En ce qui concerne la Chine, il a déclaré trois points essentiels: 1, le principe des droits de l’homme et de l’autonomie de Taiwan. Sans celle de principe, la France ne sera pas la France"
Rédigé par : Serge | lundi 26 novembre 2007 à 13:37
Je pense qu'au vu de tes mérites, l'UMP accepterait généreusement de t'offrir ton adhésion pour les quatre ans à venir.
Je te suggère par ailleurs de réfléchir si d'aventure, participer à l'une ou l'autre des nombreuses commissions à venir ne t'intéresserait pas. Des fois que ça ne semble pas évident, ce n'est qu'une adaptation des "jurys citoyens" de Ségolène Royal, intégrant un autre de ses principes politiques majeurs : "les citoyens sont les meilleurs juges des affaires qui les concernant". Qu'ils soient victimes potentielles de chiens dangereux ou présidents de la FNAC
Rédigé par : Presque.... | lundi 26 novembre 2007 à 14:22
Serge,
Intéressant. Ca doit vouloir dire que la "France n'est plus la France" (ou que son président change d'avis au gré des circonstances, évidemment).
Presque,
Ah, ok, mais quel est l'élément de la note qui fait de moi un membre aussi éminent de l'UMP ? Oh, suis-je bête : les trois sans doute.
Rédigé par : Hugues | lundi 26 novembre 2007 à 14:42
Cependant même du coté Taïwanais les choses ne sont pas aussi simples. Taïwan ne souhaite pas être sous le giron du régime communiste certes, mais ne souhaite pas forcément non plus être officiellement considéré comme indépendant du territoire chinois. "Taïwan, c'est la Chine" est aujourd'hui la position majoritaire à Taïwan.
Rédigé par : jmdesp | lundi 26 novembre 2007 à 15:01
Merci de ton intérêt pour la Bolivie. Cela dit, ce que l'on sait de purement factuel ne te donne pas vraiment raison -- so far.
Il y a bel et bien eu trois morts ces derniers jours à Sucre, qui était en situation de semi-émeute depuis des mois. Pour tout dire, c'est un miracle qu'il n'y en ait pas déjà eu cinq fois plus, compte tenu du souk qu'il y a là-bas depuis le début des discussions sur la constitution (en juillet, si je ne m'abuse).
La première victime, d'après l'autopsie (pas forcément sincère, évidemment, mais quand même pas réalisée sous le contrôle de l'attorney général comme celle de Kennedy) a été abattue par une balle de petit calibre; donc, soit c'est un mensonge (c'est possible), soit il a reçu une balle perdue tirée par un manifestant qui voulait seulement faire du bruit (et c'est très possible aussi; ça fait partie des traditions locales de tirer des cartouches de dynamite pendant les manifs, c'est une pratique héritée des glorieux combats des mineurs d'étain qui faisaient du barouf avec leurs instruments de travail... et qui d'ailleurs le font toujours bien que les mines soient presque toutes épuisées).
La deuxième victime a reçu une grenade lacrymo dans la poitrine, ce qui est certes une bavure, mais pas un assassinat. Le niveau de formation d'un flic bolivien est celui d'un recalé au BEPC chez nous, est-il utile de le préciser -- et par ailleurs ça doit être la 2312e grenade lacrymo tirée depuis le début des travaux de la Constituante.
La troisième victime est un flic, qui a été lynché par les manifestants anti-Morales, sans doute pour venger le premier mort de façon aussi intelligente qu'au fin fond de nos banlieues. Celui-là, je pense que tu ne le contesteras pas, n'a pas été abattu par Morales.
L'enquête se poursuit, et il est fort possible qu'elle établisse que la version officielle est un tissu de mensonges... Attendons.
Pour mettre quand même un peu en perspective, faudrait pas oublier que le président élu antérieur, Gonzalo Sanchez de Lozada, un néolibéral très raisonnable quoique parfaitement corrompu, est actuellement en fuite aux Etats-Unis après avoir fait SOIXANTE-DIX MORTS dans la répression de sa dernière manif (je te fais grâce des morts antérieurs, mais il y en a aussi eu un paquet). Bref, Morales n'est certes pas un saint, mais jusqu'à plus ample informé, il est foutrement plus modéré que ses prédécesseurs bien libéraux et propres sur eux (ce qui ne les empêchait pas d'être aussi corrompus jusqu'à l'os). Notons au passage qu'à ma connaissance, l'Internationale socialiste (j'y peux rien, c'est son nom) n'a jmais fait l'effort de critiquer les prédécesseurs de Morales; il y en a même quelques-uns qui étaient tout fiérots d'en être membres.
Quant à la réforme anticonstitutionnelle, oui, c'est vrai, Morales est en train de violer la constitution bolivienne, en essayant de faire adopter à la majorité simple (oui, celle que constitue son parti; le MAS est majoritaire en Bolivie comme l'UMP chez nous) et entériner par référendum ce qu'il ne peut pas faire passer par la voie légale (laquelle exige une impossible majorité des deux tiers). Techniquement, c'est bien un coup d'Etat... succédant à plusieurs mois de discussions où la minorité anti-Morales a fait preuve de jusqu'au-boutisme avec une mauvaise foi entière, ce qui ne peut pas sérieusement être nié.
La question qui a provoqué le plus de tensions, notamment dans la ville de Sucre où ont lieu les discussions (avec une assemblée constituante plusieurs fois envahie par les manifestants, et des représentants élus se faisant tabasser par la foule, de quelque bord qu'ils soient d'ailleurs) est la question du statut de capitale de la ville de Sucre. Officiellement, Sucre est la capitale depuis Bolivar; dans les faits et tout le monde le sait, la vraie capitale est La Paz depuis environ un siècle (et Morales n'y est pour rien), simplement ce n'est pas légal.
Les opposants à Morales, par habileté tactique, ont mis la question de la "capitalidad plena" sur le tapis pour obtenir deux résultats: 1) enfoncer un coin dans l'unité de la partie andine du pays, celle qui a besoin des réformes (tandis que la partie orientale a intérêt au statu quo); 2) empêcher l'assemblée constituante de travailler en raison de la pression constante des manifestants de Sucre.
Que l'histoire ait été très injuste envers cette jolie petite ville (environ vingt fois moins peuplée que La Paz) où l'on parle soit dit en passant un excellent quechua, c'est un fait. Mais Morales n'y est strictement pour rien (même ses grands-pères n'étaient sans doute pas nés quand le transfert a eu lieu), et le coût d'un retour des administrations de La Paz à Sucre serait absolument délirant, tout particulièrement dans un pays du tiers monde. A part les habitants de Sucre (hélas chauvins au dernier degré comme toute l'Amérique latine), absolument personne n'en doute, et surtout pas les opposants à Morales qui sont sur cette question de la plus absolue mauvaise foi (d'ailleurs mâtinée d'une appréciable dose de racisme anti-andin).
Tu veux que je le dise, eh bien je le dis pour te faire plaisir: oui, Morales a entièrement raison d'agir de façon anticonstitutionnelle sur cette question; il aurait d'ailleurs été de bien meilleure tactique de sa part de le faire d'emblée, au lieu de s'affaiblir dans des mois de discussions qui n'avaient pas la moindre chance d'aboutir. Reste à savoir si un référendum lui donnera raison (ce qui aurait probablement été le cas s'il y avait eu recours d'emblée), mais oui, il a entièrement raison de violer la constitution sur ce point.
Ca ne l'autorise pas à tirer sur les manifestants, mais justement, il ne le fait pas (jusqu'à plus ample informé), ce qui le distingue très notablement de ses prédécesseurs si conscients des réalités économiques (et en particulier de l'agrément des pots-de-vin).
Tout cela étant dit, je ne suis pas un groupie de Morales, qui se comporte de façon assez peu intelligente en la matière -- et en particulier parce qu'il a cherché jusqu'au bout à respecter des formes légales dont la seule et unique fonction était d'empêcher toute possibilité de réforme, ce qui crevait les yeux. A mon avis, il a laissé passer l'occasion qu'il avait d'obtenir un large soutien populaire à des mesures de légalité foireuse -- un peu comme De Gaulle l'avait fait avec le référendum de 1962. Va-t-il être tenté de faire un vrai coup d'Etat avec des militaires en armes dans les rues, selon la tradition locale? C'est possible mais ce n'est pas encore le cas -- alors que pratiquement tous ses prédécesseurs l'ont fait au moins pour de courtes périodes (état de siège), dans l'indifférence totale de la communauté internationale en général et de l'Internationale socialiste en particulier. Si jamais il le faisait, que ce soit bien clair: primo, je le comprendrais parfaitement; deuxio, je le désapprouverais totalement.
Mais s'il se contente comme c'est apparemment son intention de soumettre à référendum le viol d'une constitution inmodifiable, désolé, ça, je ne l'en blâmerai qu'en disant qu'il aurait mieux valu faire ça plus tôt. A mon avis, il est déjà trop tard, mais je ne le désapprouve pas d'essayer.
Rédigé par : Poil de lama | lundi 26 novembre 2007 à 15:04
Evidement, "Taiwan, c'est la Chine" est beaucoup plus facile à dire que la phrase contraire.
Et puis tout les gros missiles pointés vers l'île c'est juste pour faire joli.
C'est comme le Dalai Lama qui maintenant dit que le Tibet ne veut plus etre un état indépendant mais juste avoir un petit peu d'autonomie dans la grande république chinoise.
Les taiwannais aimeraient surement etre indépendant du territoire chinois, mais le grand frere qui est en face ne les laissera pas faire. Pour résumer c'est etre pragmatique où se faire vitrifier :)
Rédigé par : Jack | lundi 26 novembre 2007 à 15:12
L'ouverte, Hugues : l'ouverture ! Cette magie par laquelle si tu ne viens pas à l'UMP, c'est l'UMP qui viendra à toi.
Le fait de ne pas être membre de l'UMP n'interdit pas de contribuer au redressement de la France ruinée par trente ans de gabegie crypto-maoïste, qui t'en remerciera.
Rédigé par : Presque.... | lundi 26 novembre 2007 à 15:22
jmesp,
Ca, on le saurait si les électeurs avaient la possibilité de s'exprimer sur la question. Mais franchement, et à part le désir d'un kow tow bien compris à l'égard de Pékin, on voit mal le sens d'une position française de principe contre l'indépendance de Taiwan.
Incidemment, il y a effectivement des Taiwanais qui parlent d'une "Chine unique", mais dans le cadre d'un rattachement du continent à l'ile, ce qui n'est pas exactement la même chose.
Poil de lama,
Merci pour tous ces faits, malheureusement teintés de commentaire, ce qui risque de nuire à la démarche factuelle du jour.
Ok pour les morts, donc, ils ne le sont pas directement de la main de Morales, qui gère au mieux les conséquences de son coup d'Etat en gestation.
Ok aussi pour l'indifférence des camarades socialistes français dans la période pré-moralesienne (avouons que la Bolivie n'a pas été au centre de la campagne présidentielle et qu'à l'exception des membre du parti d'Olivier, ce pays nous émeut peu).
Mais rien n'infirme les faits indiqués plus haut. Morales fait bien donner la troupe contre la partie de la population qui refuse son coup de force antidémocratique et cette histoire de déménagement de la capitale est du grand n'importe quoi. Enfin, comme en Birmanie, elle permet de mieux contrôler les lieux de pouvoir et de shunter l'opposition et ses structures organisée.
Jack,
Les missiles, oui. Et également les manoeuvres navales régulières qu'un autre que Sarkozy appellerait de l'intimidation s'il n'avait pas un truc à vendre. Non, je reformule : les Américains ont des trucs à vendre et appellent tout de même un chat un chat dans cette affaire, ce me semble...
Presque,
Elle te remercie, sinon pour ton aide, pour ta compréhension.
Rédigé par : Hugues | lundi 26 novembre 2007 à 15:28
Hugues, je suis navré de te le dire, mais le n'importe quoi, c'est ton commentaire. Morales ne fait pas "donner la troupe", ou alors je ne sais pas ce qu'il faut dire de Sarkozy qui ose mettre des cars de flics autour de l'assemblée nationale, du Sénat, de l'Elysée et des ministères. Il y avait des flics autour du lieu de discussion, les manifestants se sont battus avec et ces salopards ont tiré des grenades lacrymo: si c'est du fascisme, excuse-moi de te faire observer qu'à ce compte-là la France vit sous le fascisme depuis l'invention des grenades lacrymo. Et il n'y a pas de projet de transfert de la capitale de Sucre à La Paz, pour la bonne et simple raison que ce transfert a déjà été réalisé il y a environ un siècle: La Paz est le siège du gouvernement bolivien depuis le tout début du XXe, c'est là que se trouve le palais présidentiel, la chambre des députés, le sénat, tous les ministères, absolument toutes les ambassades y compris celles des pays à l'économie la plus raisonnablement moderne, et le siège d'à peu près toutes les grandes entreprises du pays, notamment les américaines; Morales n'y est pour rien, ça c'est un fait. Sucre n'est la capitale que sur le papier, ça aussi c'est un fait. Les seuls qui doutent du fait que La Paz soit la vraie capitale du pays sont ceux qui croyaient que c'était... Bogotà, comme la plupart de mes copains (sauf que Bogotà, c'est en Colombie, est-il utile de le préciser).
J'en profite pour te signaler, cher camarade factuel, que reprocher au MAS de constituer la majorité à lui tout seul, c'est lui reprocher d'avoir très largement gagné les élections: c'est sans doute à ce genre de détails que tu reconnais être en présence de l'hydre du stalinisme.
Rédigé par : Poil de lama | lundi 26 novembre 2007 à 15:53
« [...] je me prépare tout de même à la légitimation par les uns de cette violence [...] »
Effectivement :
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=90279
Rédigé par : A. | lundi 26 novembre 2007 à 16:45
Le journaliste honnête, dit-on, est celui qui sépare les faits des analyses. Dans ce billet FAKT, on trouve par exemple : "violence (dont le caractère politique, bien qu'inthéorisé par ses acteurs, est évident)".
Evidemment, on est là dans l'ordre du FAIT. Et à ceux qui souhaiterait nier un FAIT aussi évident, il reste la sympathique perspective de se faire le chantre du "décryptage ethnico-religieux par les autres (al-Qaeda inspirant vraisemblablement les émeutiers)".
Avec ce genre d'évidences, rassure-toi, Hugues, ton statut de blog de gauche n'est pas menacé. Tu pourrais même écrire dans Libé, va.
Rédigé par : François X | lundi 26 novembre 2007 à 17:33
Pour information, j ai protesté ce matin auprès de France Inter pour la manière dont le 7-9 d'Inter a rapporté l'affaire de Villiers le Bel:
"Je proteste vivement pour la façon dont le journal de France Inter de ce matin a présenté les évènements de Villiers Le Bel.
Je journaliste de France Inter a en effet indiqué que la voiture de police était à l'origine de la collision avec la moto. Le monde.fr d'hier soir indiquait le contraire. La plupart des journaux restent neutres sur le sujet: "ll y a eu collision entre la voture de police et la moto". De plus vous ne précisez pas qu'il s'agissait d'une mini moto (dont je me demande d'ailleurs si elle est autorisée à circuler sur la
voie publique), et que les deux victimes roulaient sans casque.
Par ailleurs, le journaliste a fait un rappel concernant les émeutes des banlieues en indiquant que les deux victimes de la cabines EDF fuillaient la police. Sans le dire ouvertement, vous incitez l'auditeur à penser que les victimes de Villiers le Bel fuillaient également la police à moto, ce qui n'était pas le cas.
Enfin, tous les journaux indiquent qu'un commissaire de police en civil présent sur les lieux a tenté de s'interposer pour calmer les esprits. Il a été frappé avec une barre de fer et souffre d'un traumatisme cranien ou d'un traumatisme à la face suivant les journaux.
Ce "détail" n'a pas été mentionné par le journaliste du 7-9 de France Inter.
La présentation des évévènements manque donc d'objectivité."
Rédigé par : Michel | lundi 26 novembre 2007 à 17:38
Poil de lama,
Voyons voir, La Paz est bien la capitale administrative, le siège du gouvernement et l'endroit et Sucre une sorte de capitale historique ? En tout cas, c'est ce que je lis partout. Et nos manifs politiques à nous, même lorsque l'on installe un car de CRS boulevard Saint-Germain, se soldent-elles par 3 morts et 130 blessés ?
Et je ne suis pas en train d'expliquer que Morales est un fasciste mais qu'il est certainement loin d'être le héros des petites gens susceptible de porter la grande révolution démocratique dont l'extrême-gauche française pourra s'inspirer.
Vu d'ici, on voit un populiste surfant sur les divisions ethniques et sociales pour concocter une formule de gouvernement dont tu dis toi-même qu'elle ressemble diablement à un coup d'Etat. Et puis zut, à quoi ça sert d'avoir un correspondant dans des endroits pareils s'il n'apportent pas, justement, les indispensables précisions...
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-982503@51-982719,0.html
François X,
Relis donc la phrase complète avec attention.
Rédigé par : Hugues | lundi 26 novembre 2007 à 18:32
Ah oui, c'est vrai, toutes mes excuses...
Rédigé par : François X | lundi 26 novembre 2007 à 18:42
Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, sur le papier: il y a un article qui dit "la capitale du pays est Sucre", et qui n'a jamais été abrogé que par désuétude, jamais dans les formes légales (un peu de la même façon qu'il y a dans le préambule de notre constitution un article bien oublié qui impose la nationalisation des services publics et des monopoles: jamais abrogé, sauf par désuétude -- mais alors, pas qu'un peu). C'est certes déplorable, mais cette illégalité est antérieure à Morales de plusieurs dizaines d'années, et comparer Morales à la junte birmane sur cette question serait de la propagande gerbatoire si ce n'était tout simplement... une ânerie. Sur ce sujet, mon bon Hugues, tu déconnes, point final.
L'article du Monde n'est pas mal fait compte tenu de son calibrage succinct, mais j'ai le sentiment d'avoir fourni plus de détails, notamment sur la cause de la mort des manifestants, qui n'est pas indifférente, ne t'en déplaise. Si tu veux voir que je ne raconte pas des conneries, tu peux aller là:
http://www.la-razon.com
C'est le meilleur journal de Bolivie, et il n'est nullement progouvernemental, il aurait même plutôt tendance à être assez nettement hostile à Morales. Cela étant, j'en suis bien navré, il parle espagnol.
L'extrême-gauche française, tu sais ce que j'en pense: que ce sont des fascistes rouges -- qui d'ailleurs finiront tous ultra-droitiers dans des conseils d'administration. Eh bien, en effet, Morales ne peut pas servir de modèle à ces fascistes rouges, mais c'est justement parce que lui n'est pas un fasciste. Ce n'est pas un légaliste non plus, je te l'accorde; De Gaulle ne l'était pas non plus, ni en 1962 où il a gagné, ni en 1969 où il a perdu, dans les deux cas en soumettant à référendum des dispositions anticonstitutionnelles -- très exactement ce que veut faire Morales.
Une manif chez nous ne fait généralement pas trois morts, en effet, et c'est très heureux. Sauf que ce n'était pas une manif, mais le dernier avatar de plusieurs mois d'émeute. Et quand il y a des émeutes chez nous, il y a des morts, également, quoi que puisse prétendre Sarkozy. Ca ne me réjouit assurément pas, mais ici comme là-bas, quand ça castagne, ça fait parfois des victimes. Que ce soit horriblement triste, c'est une chose. Que ça se soit fait à la demande du gouvernement, c'en est une autre -- et jusqu'à plus ample informé, ce n'est absolument pas le cas.
Rédigé par : Poil de lama | lundi 26 novembre 2007 à 19:30
Poil de lama,
Ok, tu gagnes : Viva el presidente Morales !
Mais je peux quand même dire que Sarkozy se montre sans colonne vertébrale et fait des courbettes devant les Chinois sur Taiwan et que l'affaire de Villier-le-Bel est un accident de la route utilisé comme prétexte par des loubards, hein ? Autrement, que faire de cette note ? Por favor, amigo, un poco de compasión...
Rédigé par : Hugues | lundi 26 novembre 2007 à 21:16
Great point, Poil de lama. Hugues : pour la Chine, Sarkozy, la politique extérieure de la France et ses relations tumulteuses avec le capitalisme hostile, je propose de récupérer l'héritage maoïste et de le couronner avec un retour en force de la notion de "contradiction interne".
Rédigé par : stet | lundi 26 novembre 2007 à 23:06
Hugues: Sarkozy ne cache guère ses ambitions de VRP du nucléaire. Après la Lybie et l'Allemagne, pourquoi pas la chine ?
Et qui imaginait vendre de la belle saloperie bien crade et bien française à des anges ?
Quand au célèbre inconscient collectif des jeunes de banlieues (celui qui justifie leur invitation au centre d'extermination le plus proche ?), laissons les grands sociologues de TF1 en parler, leurs thèses ne souffrant ici bas nulle contradiction.
Rédigé par : Passant | mardi 27 novembre 2007 à 08:32
"dont le caractère politique, bien qu'inthéorisé par ses acteurs, est évident" : Tu veux dire qu'ils sont enthousiastes ?
La chine et Taïwan : je te parie "qu'on" a vendu des armes à la Chine.
Morales : La culture de coca ça laisse des traces.
Rédigé par : all | mardi 27 novembre 2007 à 09:56
Grâce à la position de Sarko, peut-être vendra-t-on de nouvelles frégates à Taïwan.
J'entends dire que Rabat n'a finalement pas voulu acheter nos superbes frégates FREMM, commandées par l'état, fabriquées, mais qui ne seront finalement pas payées et sont désormais sur les bras de leurs fabricants ? Gageons qu'avec quelques juteuses commissions bien distribuées, l'affaire est dans la poche.
Rédigé par : Souvenirs, souvenirs... | mardi 27 novembre 2007 à 10:32
Quel salaud, ce Morales !
Vous avez raison, Hugues, de ne vous laisser influencer que fort difficilement par les gens qui connaissent le pays, comme Poil de Lama. Vous seul détenez les faits, comme vous nous le rappelez judicieusement - ce qui fait de vous, au moins, l'équivalent d'un journaliste-micro-trottoir de France Info, et ce n'est pas rien.
Par ailleurs, j'ai eu la curiosité de lire le lien que vous mettez dans votre article sur les "3 morts". Une fois passée l'hilarité suscitée par le titre (les Etats-Unis déplorant la violence, on aura tout vu), force est de constater que même le département d'Etat des US (peu suspect de promoralésisme primaire) incite au calme le gouvernement ET l'opposition. Venant de ce type d'institution, cela en dit long sur les responsabilités respectives dans les violences commises.
Mais ceci étant, vous avez sans doute raison, Morales est un socialiste, et le socialisme, voilà l'ennemi, comme Manuel Valls nous le rappelait encore l'autre jour.
Rédigé par : manu | mardi 27 novembre 2007 à 12:17
Développements récents de l'affaire bolivienne: il semble bien que la première victime ait été abattue, non par une balle perdue, mais bien par un francotirador (un flic ou un militaire), obéissant probablement à des consignes d'ouverture du feu sur le premier qui franchirait une certaine ligne (compte tenu du climat d'émeute, les dernières discussions avaient lieu dans une enceinte militaire... et en Bolivie comme partout sur la planète, l'accès aux enceintes militaires est interdit sous peine d'ouverture du feu). J'en suis bien navré pour Morales pour qui j'ai une certaine estime, mais il n'est donc pas totalement blanc-bleu sur cette histoire -- même si son dossier reste très plaidable vu le climat d'émeutes.
On avait annoncé un flic lynché par la foule. En fait, il est seulement disparu... ce qui ne veut pas forcément dire la même chose (il a peut-être déserté, et j'ai même l'impression que c'est ce que les flics laissent entendre à mots couverts).
Ce qui est sûr, en revanche, c'est que bien loin de faire "donner la troupe", Morales lui a donné l'ordre de se retirer pour calmer les esprits: les forces de l'ordre se sont retirées (ou enfuies, selon les commentaires) de la ville de Sucre, et les manifestants ont brûlé leurs véhicules et leurs locaux. Ca dépasse nettement le niveau habituel du folklore local, et n'importe quel prédécesseur de Morales aurait déjà proclamé l'état de siège. Lui non... et il est d'ailleurs possible que ce soit une erreur.
Bref, j'ai bien peur que Morales ne gère pas très bien cette crise: bien loin de "surfer" sur les divisions, comme le disait Hugues, il a tout l'air d'être en train de s'y noyer corps et biens. Mais ce n'est pas une raison pour laisser croire qu'il tire dans le tas: il en serait plutôt à se retirer la queue basse, en fait.
Les opposants appellent à un "paro civico" (un genre de grève générale) pour la journée de demain. C'est tout ce que je sais pour le moment, et quand j'en saurai plus, je ne sais pas si je le raconterai sur ce blog, parce que ça sera probablement devenu hors sujet. Je disais juste ça pour qu'il soit bien clair que je suis partisan d'un jugement honnête sur Morales, et qu'un jugement honnête se fait à charge et à décharge...
Rédigé par : Poil de lama | mardi 27 novembre 2007 à 14:06
Ah, j'oubliais: on en est toujours à trois morts, même en ressuscitant le flic disparu. Le premier a été abattu par balle, apparemment par une sentinelle militaire, et les deux suivants par des grenades lacrymo reçues pour l'un dans la poitrine, pour l'autre dans la tête. Dans ces deux derniers cas, ça ne témoigne pas d'une intention de tuer, mais assurément le risque a été pris. Je ne pense pas qu'on puisse juger ça admissible (compréhensible dans un climat d'émeutes, peut-être, mais admissible, non).
Mais je rappelle quand même que ça fait plusieurs mois que Sucre vivait dans un climat d'émeutes (allant jusqu'au tabassage quotidien des représentants élus, y compris par leurs propres partisans!). Par conséquent, merci de ne pas tirer argument de ce désastre pour dire que les milices de Morales ont la gâchette facile. En revanche, ils semblent bien qu'elles soient en train de perdre le contrôle de la situation, ça oui -- et ce à la joie à peine dissimulée des opposants de Morales qui cherchent ce résultat depuis des mois. Ils sont en train de gagner, ce qui prouve qu'ils sont les plus malins... en revanche, si on les présente comme des démocrates, je m'inscris totalement en faux; ce sont de vrais salopards, qui chauffent à blanc les exaltés avant de les envoyer au casse-pipe, pour retourner l'opinion contre Morales. C'est dégueulasse, mais visiblement, ça marche.
Rédigé par : Poil de lama | mardi 27 novembre 2007 à 14:28
"Atacan a medios
y a periodistas " - El propio Morales acusó a la prensa de tergiversar la información y aseguró que el texto constitucional aprobado en grande el sábado no sólo es del MAS. Cada intervención sobre el trabajo de la prensa recibía la respuesta de la concentración: “¡muera Unitel!”, “¡fuera la prensa!”.
etc, etc. Oui, il faut vraiment lire la Razón...
Rédigé par : cdc | mardi 27 novembre 2007 à 14:55
@ Poil de Lama
Allons, si vous approuvez Moralès de violer la Constitution qu'il avait naguère, je suppose, juré de défendre, vous n'allez pas lui refuser de tuer quelques citoyens pour le fun, avant d'instaurer un régime plébiscitaire. Cela se fait, vous savez ! Chavez l'a fait le mois dernier, dit-on. Cf chez nous Napoléon III. Du point de vue de la morale politique de quiconque méprise la démocratie formelle, il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat. Voyez plutôt comment Lénine traitait les cheminots grévistes, en 1920. Hélas, tout dégénère.
Rédigé par : melchior griset-labûche | mardi 27 novembre 2007 à 16:05
Melchior Griset-Labûche: Mettre dans le même panier Morales, Chavez, Napoléon III et Lénine (et puis moi aussi tant qu'à faire), c'est donner un peu facilement prise à l'accusation de tomber dans l'amalgame, ne trouvez-vous pas?
(Damned, je suis démasqué, maintenant tout le monde sait que je suis un groupie de Napoléon III. Et dire que je croyais ce secret bien gardé!)
Rédigé par : Poil de lama | mardi 27 novembre 2007 à 17:15
Vous, cher Poil, je ne sais pas, c'est à vous de vous déterminer par vous-même, et librement, mais les quatre sus-nommés ont plus qu'un point, une plage commune: leur peu d'enthousiasme à l'égard de la démocratie libérale pluraliste, et, pour les trois premiers, un certain goût pour la violation de serment camouflée par plébiscite, et chez tous les quatre un certain mépris pour la vie des opposants.
Rédigé par : melchior griset-labûche | mardi 27 novembre 2007 à 17:39
Tout simplement merci.
On peut en dire autant de Chavez que de Morales, d'ailleurs.
Concernant Sarkozy et Taïwan, ce n'ets aps une découverte. On s'arrange toujours avec les principes quand ceux-ci contredisent nos affaires.
Sur les "émeutes" urbaines, j'aime bien le "ziva on va cramer la boulangerie". ;)
Un peu dommage quand il s'agit d'une école,mais bon... Quand on ne sait pas compter jusqu'à dix, on comprend qu'on déteste l'école.
Rédigé par : le chafouin | mardi 27 novembre 2007 à 18:54