Allez, aujourd'hui, distribution de circonstances atténuantes et de doutes profitant à l'accusé. On ne peut tout de même pas se payer un général Tapioca tous les jours...
Jacques Chirac est enfin mis en examen et voici que je me retrouve, tel le premier Montebourg venu, incapable d'apprécier l'aubaine. Qui l'eut cru ? Ce type nous pourrit la vie des années durant, préside à l'une des plus longues périodes de stagnation économique et sociale que ce pays ait connu depuis 1945, dépense l’équivalent du budget d’un îlot du Pacifique en frais de bouche, distribue les contrats de chargés de mission au gré de ses amitiés... Hum, l’on pourrait au moins se réjouir de la perspective d’un rappel, même tardif, même symbolique, de la règle et du droit à ce membre permanent du Conseil constitutionnel ! Mais non, rien n’y fait. L’ex-bis est vieux, fatigué, hors course, dépassé, remplacé et l’idée de le savoir contraint à rembourser quelques centaines de milliers d’euros ne me fait plus ni chaud ni froid.
C’est sans doute que la condamnation officielle d’une « certaine manière de faire de la politique » n’aurait de sens que si elle en marquait l’arrêt. Mais en l’état...
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Je ne voudrais pas préjuger de l’issue de cette autre procédure judiciaire, et encore moins donner le sentiment d’espérer la relaxe d’un authentique assassin, mais les nouveaux habits médiatiques d’Yvan Colonna me le rendraient presque sympathique. La caricature de tueur frustre et obtus, consciencieusement construite au fil des ans, semble en effet assez éloignée de l’image de militant raisonnable voire, pourquoi pas, honorable, qui émerge aujourd’hui. Et la possibilité qu’il ne se soit enfui que parce qu’il n’avait pas envie de pourrir en prison pour un meurtre qu’il n’avait pas commis finit par devenir crédible.
Il est fréquent d’ironiser sur ces prisons « pleines d’innocents » lorsqu’un voyou assure qu’il jouait justement à la belote avec sa vieille maman à l’heure du crime. Las, les voyous possèdent souvent une vieille maman avec laquelle taper le carton et, même, se révèlent parfois à peu près aussi éloignés du profil du gibier de potence que vous, moi ou Jacques Chirac.
Yvan Colonna est probablement un plastiqueur de préfectures. Ca n’en fait pas mécaniquement un tueur de préfets, n’en déplaise au procureur Sarkozy.
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Ok, ça n’est qu’une réflexion de bobo confortable, une divagation de parigot intra muros, mais cette grève qui se prolonge, en jetant tous ces gens dans les rues, leur redonnera peut-être le goût de la marche et de l'activité physique. Le système de transport public de la capitale est (normalement) si efficace et, surtout, si dense que l’on oublie parfois que les 500 mètres qui séparent une station de métro d’une autre peuvent aisément se parcourir à pinces...
Et la vision d'une telle foule sur les trottoirs ― Paris prenant les allures d’un Londres ou d’un New York, incomparablement moins bien équipés ― serait presque à mettre à l’actif des grévistes. Du moins, s’il n’existait pas, à côté des bobos intra muros qui prennent plaisir à la marche, quelques millions de travailleurs extra muros dont la vie est un enfer depuis quelques jours...
© Commentaires & vaticinations
Je ne compte pas réagir à votre article. Mais je profite du forum pour vous avouer que je trouve votre site terriblement rafraichissant pour un bobo intramuros.
Cordialement,
El Ronchon
Rédigé par : El Ronchon | jeudi 22 novembre 2007 à 18:40
Puis-je me permettre de rompre une lance en faveur de ce Chirac dont je me souviens qu'il a été président (il y a bien longtemps...) des jeunesses gaullistes ? Tirer sur une ambulance, une fois encore. Il avait de la prestance, le bonhomme, à défaut d'avoir autre chose, hélas! L'ayant quelque peu fréquenté lors des Conseils européens, je dois reconnaître qu'il incarnait "une certaine idée de la France" (cf. Cabu) qui ne m'était pas antipathique, même si - et ça rime - c'était parfois pathétique. Rien à voir avec le NS, petit coq dressé sur ses ergots mais qui au moins a plus de courage politique (va, je ne te hais point).
Pour ce qui est d'YC, je crains qu'on veuille en faire un exemple ; en tant que Belge non-patriote et anti-nationaliste, je suis très méfiant face aux revendications corses, mais tout autant face à l'ordre républicain, comme ils disent. Et je me fous des bergers.
Cela dit, j'achète demain (ou après-demain, je dois consulter mon compte en banque) un vélo électrique pour aller au boulot sans passer par les douches. Et puis, j'ai mon âge.
Rédigé par : cdc | jeudi 22 novembre 2007 à 22:36
j'adhère à la dernière partie. et, dirai-je égoïstement, j'ai été ravi du nombre de contacts échangés à l'occasion de cette grève. il est bon parfois de profiter de ces événements pour très légérement décaler son regard sur les choses. mais il est vrai que je n'ai pas eu non plus à courir...
d'ailleurs peut-être l'idée essentielle est celle-ci : il est folie de travailler loin de son domicile (en distance ou en temps). s'interroger sur certains choix de vie... quand on en a la possibilité.
Rédigé par : David | vendredi 23 novembre 2007 à 11:31
"On ne peut tout de même pas se payer un général Tapioca tous les jours..."
Ce serait plutôt Alcazar, du point de vue idéologique (cf. Picaros)...
Rédigé par : JF | vendredi 23 novembre 2007 à 12:47
Tiens, à propos de Montebourg, il a trouvé une autre cible, on dirait.
http://rue89.com/2007/11/22/justice-une-reforme-aussi-stupide-que-la-ministre
Au-delà de l'argumentation fort respectable qu'il développe, je note que ce triste individu a la délicatesse de traiter une adversaire politique de "courtisane", comme s'il ignorait ce que le mot signifiait. Façon sans doute d'élever le niveau du débat.
Rédigé par : François X | vendredi 23 novembre 2007 à 14:24
El Ronchon,
Merci pour le compliment. Emanant d'un ronchon, ça a certainement de la valeur !
CDC,
Attention, la condamnation possible de Chirac pour ses turpitudes présumées ne me fait peut-être ni chaud ni froid maintenant qu'il l'est (refroidi), mais je pense qu'une petite tape derrière les oreilles (au minimum) serait tout de même une bonne chose pour la démocratie.
Sur Colonna, je n'ai pas non plus de sympathie pour le nationalisme corse et ses dérives, mais si le gars est innocent, ça fait une sacrée différence.
David,
"Quand on en a la possibilité". Oui, c'est toute la nuance. Mais elle est de taille.
JF,
Ah, je ne me souvenais plus vraiment du rôle de Tapioca, mais d'après Wikipédia, lui et Alcazar se valent bien :
http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9ral_Tapioca#T
François X,
Montebourg est si délicat. De là à ce qu'il explique que le premier problème de Sarkozy, c'est Dati, il n'y a qu'un pas.
Rédigé par : Hugues | vendredi 23 novembre 2007 à 15:52
""Quand on en a la possibilité". Oui, c'est toute la nuance. Mais elle est de taille."
c'est peut-être là la vraie richesse...
Rédigé par : David | vendredi 23 novembre 2007 à 15:57
Chirac c'est aussi l'homme qui faisait voler des hélicoptères dans l'Himalaya (voir l'article Laurent Davenas sur wikipedia)
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | vendredi 23 novembre 2007 à 23:25