Déjà-vu
Nicolas Sarkozy est un « homme politique français de droite ». Découvrira-t-on qu'il n’est vraiment rien de plus que ça ?
Cheminots et gaziers sont, au sens littéral, des « privilégiés ». Ils ne roulent pas sur l'or, ne sont titulaires d'aucune stock-option et passent rarement leurs vacances à Wolfeboro ; ils cotisent toutefois nettement moins que le commun des mortels dans la perspective d'une retraite à la fois plus précoce et plus élevée. Je viens même d'apprendre qu'ils bénéficiaient d'un système de bonification de leurs contributions, engrangeant l’équivalent d’une année de cotisations surnuméraire toutes les cinq ou six années de cotisations effectives...
Emile Littré définit d’ailleurs le « privilège » comme « un avantage accordé à un seul ou à plusieurs, et dont on jouit à l’exclusion des autres, contre le droit commun ». Les turpitudes actionnariales d’Arnaud Lagardère ou de Noël Forgeard ne sauraient donc légitimer la préservation des fameux régimes spéciaux, sauf à défendre l’idée que le décret du 4 août 1789 aurait dû se concentrer sur les seuls « droits seigneuriaux ».
Ceci posé, on pourra se demander si le gain collectif découlant de la mise au pas de quelques centaines de milliers de cégétistes est supérieur à celui qui serait sorti d’un peu plus de fermeté à l’égard des étudiants en médecine. Le gouvernement, en revenant prestement sur son projet d’incitation des futurs toubibs à s’installer là où se trouvent les malades, infère en tout cas que la question des « déserts médicaux » n’était pas si fondamentale (ce qu’elle est pourtant) et est, de fait, moins préoccupante que celle du statut d'une (grosse) minorité de golden-retraités.
Intransigeant avec les uns, accommodant avec les autres, le réformisme sarkozyste a surtout le parfum du bon vieux clientélisme. Et si le reproche qui est généralement fait à l’hyperprésident est d’en faire trop et trop vite, c’est son incapacité à aller au bout des chantiers qu’il initie qui me frapperait plutôt. A ce rythme, le bilan à tirer de son action d’ici quelques mois risque surtout d’être celui d’un gouvernement de droite « standard », tapant sur les syndicats, les fonctionnaires et les immigrés d’une main, brossant patrons et médecins dans le sens du poil de l’autre. A la longue, mon optimisme et ma foi dans la notion de Progrès finiront par retomber comme un soufflé...
© Commentaires & vaticinations

Tiens ça me rappelle les mots d'un syndicaliste (Sud ou CGT je ne sais plus) à la radio ; il se plaignait que les cheminots ne toucheraient que 1 500€ brut par mois de retraite. Je ne suis pas extrêmement au courant de la retraite moyenne des français, mais ça me semble assez élévé comme chiffre.
Rédigé par: Bob | le jeudi 25 octobre 2007 à 13:26
Il ne faut pas oublier aussi que cette politique de retraite avantageuse permet(tait ?) à l'état d'embaucher des gens pour un salaire inférieur à ce qui se pratique pour des métiers équivalents.
Je suis ingénieur dans le secteur de l'énergie, et il est de notoriété publique parmis nous qu'EDF paie mal, mais compense par un bon CE, une bonne retraite et des horaires sympas. Demain, si ce système disparait, EDF devra se montrer beaucoup plus convaincante au niveau financier pour continuer à attirer des gens, et ça compensera au moins en partie les économies réalisées sur les retraites.
Après, on peut comprendre qu'à l'heure du "travailler plus pour gagner plus", des boîtes qui proposent "gagnez moins pour travailler moins" fassent tache et soient à éliminer d'urgence...
Rédigé par: FFB | le jeudi 25 octobre 2007 à 13:44
Je ne suis vraiment pas spécialiste de ces questions, mais ça me parait un peu vicieux, cette histoire de retraites, dans le sens que très souvent,elles permettent en fait au grands-parents de contribuer à payer les études des petits-enfants, aider les enfants, les jeunes ménages, à s'établir, payer un pret bancaire, etc... et pas eulement en France.
Alors les diminuer, ce sera autant de jeunes qui ne pourront pas financer leurs études, de jeunes ménages dans le surendettement et ainsi de suite.
Bref, ça appauvrira les retraités sans améliorer le sort de qui que ce soit.
Rédigé par: lorycalque | le jeudi 25 octobre 2007 à 13:57
Bien sur que si les fonctionnaires sont des privilégiés, privilégiés puisque publics (non désolé service ne veut pas sortir), très souvent monopolistiques, tout le monde est touché par une grève qu'ils décident de faire.
Ensuite je regardais par hasard les demandes de location dans le journal (je suis apprenti et je cherche aussi une location) hé bien figurez vous que ceux qui sont fonctionnaires le mettent en avant, dès le début de leur demande ! En voilà une preuve évidente que ce sont des privilégiés.
Enfin, plus des 2/3 des Français veulent être fonctionnaires, pour quoi à votre avis, pour la recherche de la performance et de l'efficacité, pour la prise de risque, pour l'aventure ?
Cessons de se voiler la face, et pour une fois que l'hypocrisie ne nous empêche pas d'appeler un chat un chat et de qualifier cette grève de décalée de la réalité !
Rédigé par: Gemini | le jeudi 25 octobre 2007 à 14:36
Les privilèges dont jouissent les entreprises privés ne me dérangent pas et c'est vrai que certaines ont un bon CE, un 13ème / 14ème mois etc... pas de souci avec ça ils s'arrangent comme ils veulent et c'est un truc à demander à l'entretien qui peut compenser un mauvais salaire.
Mais les entreprises publiques sont financées par les citoyens et nous en sommes les clients, pour finalement être souvent moins bien traités que dans le privé où notre arme est de se barrer... (où est le service clients de La Poste).
Nous sommes en démocratie, le peuple a le pouvoir, le peuple détient les services publics, donc ils doivent fonctionner comme nous le désirons !!!
53% de 85% élisent Sarkozy avec dans son programme noir sur blanc d'aligner les régimes spéciaux, plus des 2/3 des Français sont peur selon les sondages !
Donc zut, mais service public (service du et pour le peuple) doivent respecter notre voix ! Ce que leurs syndicats veulent ne pèse pas lourd face à la démocratie, par ailleurs les syndicats avec leur 8% max de représentativité n'ont rien à dire.
Rédigé par: Antoine | le jeudi 25 octobre 2007 à 14:47
Les privilèges dont jouissent les entreprises privés ne me dérangent pas et c'est vrai que certaines ont un bon CE, un 13ème / 14ème mois etc... pas de souci avec ça ils s'arrangent comme ils veulent et c'est un truc à demander à l'entretien qui peut compenser un mauvais salaire.
Mais les entreprises publiques sont financées par les citoyens et nous en sommes les clients, pour finalement être souvent moins bien traités que dans le privé où notre arme est de se barrer... (où est le service clients de La Poste).
Nous sommes en démocratie, le peuple a le pouvoir, le peuple détient les services publics, donc ils doivent fonctionner comme nous le désirons !!!
53% de 85% élisent Sarkozy avec dans son programme noir sur blanc d'aligner les régimes spéciaux, plus des 2/3 des Français sont peur selon les sondages !
Donc zut, mais service public (service du et pour le peuple) doivent respecter notre voix ! Ce que leurs syndicats veulent ne pèse pas lourd face à la démocratie, par ailleurs les syndicats avec leur 8% max de représentativité n'ont rien à dire.
Rédigé par: Antoine | le jeudi 25 octobre 2007 à 14:47
Pour revenir sur la pénibilité du travail et le régime spécial dans le régime spécial, des conducteurs de trains (mais c'est aussi valable pour tous les métiers "pénibles") : pourquoi est on condamner à exercer ce métier pénible jusqu'à la retraite ou la mort ? qu'est ce qui empêcherai la SNCF de les aiguiller vers des postes moins pénibles à 40 ans ?
Chaque fois on résonne dans le cadre des habitudes au lieu de prendre du recul.
Je m'aperçois que je dérive par rapport au sujet mais j'avais besoin de le dire !
Rédigé par: epsilon | le jeudi 25 octobre 2007 à 15:19
Assez d'accord avec toi sur l'incapacité apparente de Sarkozy à aller au bout des choses. Ceci dit, ton parallèle avec les toubibs est un peu abusif. Je ne sais si on peut dire qu'ils sont privilégiés au sens du Littré.
@FFB. Le jour où on verra des employés d'EDF ou de la SNCF démissionner massivement pour rejoindre le privé, on pourra effectivement se dire qu'ils sont mal traités. J'ai l'impression que nous en sommes très loin, mais je suis ouvert à tous arguments visant à me convaincre du contraire.
Rédigé par: Liberal | le jeudi 25 octobre 2007 à 15:23
je n'entends pas m'arrêter aux privilèges des uns ou des autres mais je suis d'accord avec toi sur le réformisme à la sarkozy. nouvel exemple aujourd'hui avec un droit de retraite anticipée et à taux plein pour les avocats touchés par la réforme de la carte judiciaire.
ou la réforme des institutions reportée à après les municipales.
pour moi, la rupture va faire pschit !
Rédigé par: David | le jeudi 25 octobre 2007 à 18:04
Bob,
C'est effectivement un poil supérieur au montant moyen des retraites pour l'ensemble de la population : http://www.educnet.education.fr/insee/par/revenu/retraites1.htm
FFB,
Franprix et Carrefoiour aussi, payent mal leurs salariés.
Lorycalque,
La question n'est pas de baisser les retraites des régimes spéciaux par désir d'être désagréables avec les cheminots mais de faire en sorte que le système global des retraites n'explose pas faute de financement.
Les gens entrent plus tard sur le marché du travail et vivent plus longtemps. Il faut donc également travailler plus longtemps si le nombre d'actifs par rapport au nombre d'inactifs doit rester raisonnable dans un système par répartition comme le nôtre.
Les salariés du privé ont déjà vu leur nombre d'années de cotisations progresser, ceux du public également. Pourquoi les cheminots et les gaziers seraient-ils en mesure de ne pas contribuer à un effort aussi général qu'inévitable ?
Epsilon,
Sur la pénibilité, tout à fait d'accord. La possibilité de ne pas rester sur les fonctions pénibles toute sa carrière n'est jamais étudiée.
Libéral,
Merci pour ce rappel du sujet de la note : la décision de plier devant les toubibs.
Rédigé par: Hugues | le jeudi 25 octobre 2007 à 18:07
avancer le pseudo traitement désavantageux des salariés d'EDF c'est une fourtaise.
Que je sache, tout le monde à EDF n'est pas un ingénieur. Donc comparons la secrétaire lambda d'EDF à la secrétaire lambda du privé SVP.
Un peu d'honnêteté.
La secrétaire lambda du privé (disons, dans une PME de 9 personnes), elle touche à peu près 1200 par mois et elle cotise comme tout le monde.
La secrétaure lambda du privé n'a pas la retraite à 55 ans, en revanche, elle a son petit chef qui peut très bien la harceler, et zéro délégué syndical, zéro délégué du personnel à qui en parler.
Dites-lui comment elle fait quand elle approche la cinquantaine et qu'elle est quasi certaine de ne pas retrouver de travail si elle se fait virer.
La secrétaire lambda du privé n'a pas de comité d'entreprise doté de 480 millions d'euros de budget d'activités sociales et culturelles. Elle paie ses vacances plein pot et, en général, elle a des tickets restau d'un montant minable.
Je connais la secrétaire lambda pour en avoir été une moi-même, avant de me recycler dans le barreau et devenir avocate en droit du travail.
Que Monsieur l'ingénieur d'EDF aille faire un tour dans le VRAI privé, celui qui concerne 80% des salariés.
Après, on en reparle.
On va m'accuser de tenir un discours qui "dresse les français les uns contre les autres".
Ce n'est pas mon discours, qui est un simple constat, qui dresse les français les uns contre les autres, mais bien plutôt la SURDITE des salariés du public et semi-public, ou plutôt de certains d'entre eux.
J'ai toujours voté à gauche, mais cette surdité-là commence à me faire comprendre pourquoi tant de gens ont fini par voter pour Sarkozy.
Rédigé par: coco | le jeudi 25 octobre 2007 à 18:14
addendum : il n'y a pas que les PME non dotées d'institutions représentatives du personnel. (même si c'est l'écrasante majorité des salariés du privés qui sont privés, dans les faits, de toute représentation, et dont les syndicats se FICHENT totalement.)
Les grosses boîtes, en permanence accusées de faire le jeu de la finance apatride, sont toutes dotées de gros CE; cela dit, les salaires sont minables.
Les cadres ne sont pas la majorité des salariés, or les salaires du public restent supérieurs pour les emplois de base. Arrêtons d'utiliser en permanence l'argument des salaires.
Plus largement, ce n'est pas 8% des salariés qui sont syndiqués dans l'industrie des services - secteur privé(la plus grosse pourvoyeuse d'emplois), mais moins de 3% (on s'approche même, si mes souvenirs sont bons, des 2%). Ce taux ridicule est le plus faible d'Europe. C'est désolant et encore plus désolant quand on voit avec quel acharnement le discours public des syndicats se focalise sur la défense des régimes EDF SNCF ou RATP.
Rédigé par: coco | le jeudi 25 octobre 2007 à 18:22
Avoir un salaire au dessus du smic est un privilège par rapport aux étudiants qui sont en stage. Supprimons les salaires, rétablissons l'égalité
Rédigé par: jack burton | le jeudi 25 octobre 2007 à 19:05
Je suis fonctionnaire et privilégié.
J'ais 63 ans et c'est MOI qui ais décidé de bosser jusqu'a 65 ans ; pour gagner plus !
Alors que vous, cadres du privé, il se pourrait bien que vous cessiez de bosser bien avant 60 ans.
Rédigé par: Pilou | le jeudi 25 octobre 2007 à 19:54
les syndicats ne se fichent pas des salariés du privé, mais dans une PME ou les rapports de force sont entre le patron et le salarié, je cite en exemple une augmentation de salaire; il est difficile pour l'employé quand il a gagné ce fameux rapport de force de s'engager.
les tickets restau minables ça n'existe pas!
les primes, interessement et participation, non plus quant à la fameuse prime de Noël, elle est souvent minable, et la même pour tout le monde que vous soyez cadre ou non
donc venez vous battre avec les patrons de droit divins qui accordent des salaires minables à des gens très compétents*
minable est trop cité, j'en conviens
Rédigé par: fleur de pissenlit | le jeudi 25 octobre 2007 à 20:40
Il me semble que vouloir éliminer les "privilèges" des cheminots ou des gaziers (leurs retraites ne sont tout de meme pas des "golden parachutes", peut s'en faut n'est-ce-pas?), c'est vouloir niveler par le bas.
Rédigé par: lorycalque | le jeudi 25 octobre 2007 à 22:18
Pourquoi sans cesse mettre en perspective la remise en cause des régimes spéciaux et l'activité possiblement délictueuse des actionnaires d'EADS, ou la façon dont sont gérées les stock options. Les régimes spéciaux, c'est un problème d'équité intérieure. Les stock options, c'est un problème de concurrence internationale. Qu'elles aient à être moralisées, certes. Mais pourquoi rapprocher les deux sujets? Voudais-tu par hasard monter certains français contre les autres? C'est tendance, je sais.
Que cherches-tu à démontrer? Ou à masquer? Pourquoi ne pas justifier les régimes spéciaux par les crimes de Pol Pot, qui profitèrent à une élite, ou au scandale de la chasse à la baleine au Japon, qui profite à l'industrie cosmétique?
Ce type de raccourcis, ou d'amalgames, ne démontre rien, n'éclaire rien, ni dans un cas ni dans l'autre.
Enfin, je crois.
Rédigé par: Charles' | le samedi 27 octobre 2007 à 14:48
Charles',
Tu lis ce texte complètement de travers. Je ne cherche pas à démontrer autre chose que ce que j'énonce clairement dans la note : les bénéficiaires des régimes spéciaux sont bien des privilégiés, puisque les avantages dont ils disposent dérogent du droit commun, ne sont plus justifiés par la pénibilité ou l'espérance de vie, sont déficitaires et sont financés par le reste de la population active. J'en conclus que ces privilèges doivent être abolis.
Mais je place également ces privilèges en perspective avec ceux de gens dont les conditions d'existence sont objectivement plus agréables, ce qui est assurément le cas des détenteurs de stock-option même si, évidemment, ce type d'avantage n'est pas financé par la collectivité. Et surtout, c'est le parallèle avec la manière dont les internes sont traités qui est mon point principal, d'où le reproche de clientélisme.
Aux cheminots, l'inflexibilité, aux futurs toubibs, la souplesse bienveillante. Et ce n'est pas le cafouillage qui a permis d'envisager, quelques heures durant, la mise en place d'un régime spécial de retraite pour les avocats touchés pas la nouvelle carte judiciaire qui me fera changer d'avis.
Rédigé par: Hugues | le samedi 27 octobre 2007 à 20:19
Ce que j'ai du mal à comprendre (entre beaucoup d'autres choses, je sais), c'est pourquoi les salariés du privés, s'ils s'estiment maltraités, ne se battent-ils pas pour améliorer leur sort, au lieu de s'en prendre aux salariés du public en exigeant qu'ils soient aussi mal lotis qu'eux-mêmes.
Rédigé par: Antoine Block | le dimanche 28 octobre 2007 à 20:13
@Antoine (dé)Block : Bon sang, tout ce temps, tu avais la solution et tu ne le disais pas ! Il suffit donc de mettre tout le monde à la retraite à 50 ans pour régler le problème ! Ca alors ! Tous dans la rue pour réclamer ça !
Rédigé par: Fin stratège | le lundi 29 octobre 2007 à 09:01
au Fin Stratège :
Saviez-vous, par exemple, que 0,375% de côtisation patronale en plus permettraient d'assurer l'avenir du système des retraites ? Non, vous ne le saviez pas, parce que dire cela, c'est mal. Les entreprises ont bien du mal à s'en sortir (et peu importent les bénéfices qui battent chaque année ceux de l'année précédente), alors que ces salauds de pauvres qui partent en retraite alors qu'ils sont encore vivants, c'est vraiment scandaleux.
La faillite du système de retraite est un problème d'abord démographique, nous dit-on. Pourtant, la France est l'un des pays (sinon le pays) d'Europe qui a la natalité la plus forte et qui assure le renouvellement des générations. Curieusement, je ne l'entends jamais rappeler.
Et les stock options et autres golden parachutes, c'est un autre problème. Pourquoi ? Ça n'a rien à voir avec la fameuse justice sociale ? Non, c'est un autre problème, rompez les rangs !
Bref, ce que je voulais dire, c'est que vous pourriez vous battre pour vos conditions de vie et de travail au lieu de faire là où on vous dit de faire, pardon, au lieu de vous battre contre les conditions de vie et de travail du voisin (qui gagne d'ailleurs probablement moins bien sa vie que vous, mais c'est encore trop pour une canaille comme lui).
Parce que, avec des gens aussi raisonnables que vous, ce qui se profile, c'est une retraite à 38% du dernier salaire (contre 66% actuellement en moyenne), ce sont les prévisions du gouvernement à l'horizon 2030, une durée de côtisation de 40, 41, 42 annuités (c'est aussi d'ores et déjà dans le calendrier), avec un chômage des plus de 50 ans record d'Europe, une retraite donc amputée d'autant à partir de 70 ans si vous avez eu le tort de faire des études supérieures…
Mais vous avez raison, la rue c'est mal, et émettre des doutes vis-à-vis de la doctrine présidentielle c'est un crime d'Etat. Continuez comme ça, tout va bien.
Rédigé par: Antoine Block | le lundi 29 octobre 2007 à 20:29
Antoine Block,
0,375% d'augmentation des cotisations patronales suffiraient à régler la question démographique, hein ? Précisément 0,375 % ?
Formidable, je ne savais pas que ce genre de problème pouvait se régler à si peu de frais. Mais que se passerait-il alors si l'on doublait ce pourcentage, ou même si l'on le triplait ? Voyons voir, on en serait à peine autour de 1% d'augmentation des cotisations et l'on pourrait certainement offrir la retraite à 50 ans au privé, non ?
Et pourquoi en rester là ? Nous pourrions encore, disons, doubler ce pourcentage pour en arriver à 2% (ce qui n'est pas beaucoup, 2%). Et là, on pourrait peut-être envisager la retraite pour tous à 40 ans (et à 35 pour les boulots pénibles, non ?).
Pourquoi dis-tu que c'est mal, d'en parler ? Au contraire, il faut tout de suite réunir un Grenelle social sur ce thème, et même un Grenelle mondial pour informer le reste du monde qu'un pouillème de taxe sur les salaires élimine la question des ratios actifs-inactifs et qu'une contribution exceptionnelle de, allez, soyons fous, 3% (2,756 % ?)règle sans doute le problème de la faim dans le monde.
Mais j'adore vraiment le 0,375%. Pour de la précision, c'est de la précision. Mais ça représente combien en équivalent-brouzoufs ? Ah, dernier point, mais d'importance puisque tu aimes la précision : d'où sort cet accent circonflexe sur le o de cotisations ?
Rédigé par: Hugues | le lundi 29 octobre 2007 à 21:39
Hugues, mon commentaire ne s'adressait pas à vous, mais au "Fin Startège", à moins que vous ne fassiez qu'un.
Un grenelle social sur la question, je ne demanderais pas mieux, mais visiblement, ce n'est pas à l'ordre du jour. La question semble réglée, tout le monde est d'accord (sauf ces salauds de pauvre qui font rien qu'à râler sans raison de toute façon).
Chacun s'accorde d'ailleurs pour reconnaître que ni l'allongement programmé des cotisations jusqu'à 42 annuités et plus, ni la diminution drastique des pensions, ni la suppression des régimes spéciaux ne règleront le problème des retraites. Mais peu importe, c'est toujours ça de pris, pas vrai ?
Pour les "brouzoufs" et les "pouillèmes", j'ai un peu de mal à vous suivre. Mais, en ce qui concerne l'accent circonflexe sur le o de cotisations, il sort probablement du même endroit que "cette accent".
Rédigé par: Antoine Block | le mardi 30 octobre 2007 à 03:43
Antoine (à)Block,
Ho ho, je n'avais pas compris que ce commentaire s'adressait exclusivement à Fin stratège (qui n'est pas moi : je suis bien plus beau). Mais ta réponse eut été bien plus intéressante en plus étayée.
Ton pourcentage magique est une donnée qui circule sur le Web, essentiellement comme citation tronquée et sans source précise d'un rapport du Conseil d'Orientation des Retraites. Elle est régulièrement reprise sur des tracts syndicaux (un peu comme les "vrais" chiffres du chômage anglais ou danois), mais je veux bien que tu me donnes de vraies précisions sur la question car, tiens toi bien : si tu apportes ici la preuve qu'il est possible de ramener tout le monde à 37,5 années de cotisations (note l'absence de petit chapeau sur le o) à niveau de retraites constant quelles que soient les évolutions démographiques et sociétales pour les siècles des siècles, je veux bien militer pour la cause.
Rédigé par: Hugues | le mardi 30 octobre 2007 à 09:18
Hé, Antoine Bloque, j'en remets moi-même une couche : comment les 0,375% pourraient ils sauver le régime si même le passage à 42 annuités pour tous n'y suffirait pas ? (@Hugues: non c'est moi le plus beau).
Rédigé par: Fin stratège | le mardi 30 octobre 2007 à 11:37
Messieurs Hugues et Stratège,
Loin de moi la prétention de m'improviser économiste. Je ne sombrerai pas dans le ridicule où certains se vautrent avec constance et délice en prétendant corriger les rapports et commissions d'experts à longueur de blogs (et là non plus, Hugues, vous n'êtes pas spécifiquement visé, mais vous n'êtes pas non plus dédouané).
Je me borne à signaler qu'il existe d'autres pistes que celles qui sont présentées comme la seule voie possible (et néanmoins insatisfaisante, tout le monde l'admet sans que cela change quoi que ce soit) et que ces pistes proviennent de gens qui ne sont pas nécessairement moins compétents que Hugues de chez Commvat et Fin Stratège, de chez lui. Mais visiblement, vous pensez tout deux que les solutions proposées — pardon, imposées — par le gouvernement sont socialement justes et économiquement crédibles. Vous me permettrez malgré tout de ne pas partager votre optimisme débridé, voire de ne pas m'en remettre aveuglément à votre compétence pour en juger.
Hugues, je remarque que, tout en rappelant une fois encore ma faute d'accent (point moyennement important de mon argumentation), vous avez corrigé votre propre faute de genre. Pas joli-joli, cette façon de faire.
Rédigé par: Antoine Block | le mardi 30 octobre 2007 à 15:07
Antoine Block,
Oui, effectivement, j'utilise mon sens critique et ma capacité à comprendre un problème pour me positionner. Je lis, j'écoute, je discute.
Sur la question des retraites, mais j'en ai un peu marre de répéter la même chose, je ne pense pas qu'il soit dogmatique d'accepter le consensus sur lequel s'entendent la quasi totalité des économistes de par le monde, soit une modification des équilibres des années 50 liée aux évolutions démographiques.
Je ne crois pas qu'il soit raisonnable de demander aux salariés de cotiser davantage chaque mois pour préserver les retraites, puisque l'augmentation des cotisations patronales dont tu parles repose sur la valeur ajoutée produite par les employés. Il s'agirait donc effectivement de faire peser sur des actifs dont le temps de travail ne serait pas prolongé, le poids croissant des inactifs qui entrent plus tard sur le marché du travail et vivent plus longtemps.
Et les stock options ou je ne sais quoi n'ont rien à voir avec ça puisque nous parlons d'un système par répartition. Si tu veux aller chercher de l'argent sur les marchés pour compenser, ça s'appelle de la capitalisation.
Donc, oui, je pense que la terre est ronde et qu'il faut compenser par des carrières plus longues la réalité démographique -- ce qui n'est pas aussi diabiolique que l'on veut bien le dire puisqu'il est surtout question de faire passer l'âge moyen des départs de 57 à 60 ans. Lorsque l'on vit jusqu'à 77 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes, pourquoi pas ?
Rédigé par: Hugues | le mardi 30 octobre 2007 à 15:36
Je suis désolé de la pauvreté de ma contribution, ce n'est qu'un de ces mouvements d'humeur que l'on aurait tout intérêt à réprimer, et pourtant : un de vos sympathiques intervenants évoque pour distinguer les services publics des services offerts par le privé la concurrence qui caractériserait ces derniers. Il me plaît moi aussi d'imaginer un monde sans banquier.
Rédigé par: Thomas | le mardi 30 octobre 2007 à 22:58