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mardi 04 septembre 2007

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Commentaires

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Il faut rester prudent sur la valeur des engagements des dictateurs, mais je rejoins ton point.

Si les Européens se contentent du cocktail indignation/inaction, il faut bien que quelqu'un mette les mains dans la cambouis.

Quelqu'un peut-il me remettre en mémoire quel était le problème qu'il fallait résoudre en envahissant l'Irak, déjà ?

Je veux dire, un problème qui justifie les 700.000 décès civils, les 2.000.000 de réfugiés que l'intervention américaine aura provoqué, qu'il faudra bien comparer au bilan des atrocités de Saddam, p.e.

Libéral,
Non, on ne sait jamais ce que valent les promesses d'un dictateur mais la situation à l'air de progresser dans le bon sens. Et suis-je seul à m'étonner de l'absence d'intérêt en Europe, et singulièrement en France, pour cette affaire et les risques qu'elle suggère. C'est loin, c'est vrai. Mais la planète est toute petite lorsque l'on s'amuse avec une bombe atomique en banlieue chinoise.

Passant,
700 000 décès ? Je crois qu'il s'agit du chiffre proposé par l'enquête du Lancet mais qui est considéré comme assez irréaliste et qu'il intègre surtout les attentats visant les civils plutôt que les morts du conflit proprement dit. Mais je ne suis évidmment pas en train de défendre l'intervention. On voit mal, d'ailleurs, qui le pourrait aujourd'hui. Je me dis simplement qu'il est parfois nécessaire de se mêler des affaires du monde -- au moins quand on assure s'en préoccuper. Enfin, sur les raisons de l'intervention, l'Irak était un pays dont il fallait contrôler les armes de destructions massives qu'il n'avait pas le droit de développer suite à la résolution 687 de l'ONU. Il se trouve que les Américains ont menti en parlant de "preuves", même si un doute existait et qu'il fallait laisser les inspecteurs de l'AIE faire leur job jusqu'au bout.

Mais il était légitime d'aller voir ce qui se tramait, compte tenu du risque. Je persiste à penser que la France aurait pu jouer le jeu jusqu'à un certain point, en temporisant avec les Américains et en ne donnant pas à Saddam Hussein le sentiment qu'il pouvait échapper à une intervention grâce au veto des Français. Il n'avait rien à cacher, mais il est allé jusqu'au bout et a tout perdu parce qu'il croyait en sa bonne étoile.

Ca n’empêche pas de penser que les Américains souhaitaient intervenir no matter what, mais une approche plus subtile du côté français valait le coup d’être tentée. Enfin, oui, la solution la plus pragmatique de la part des Américains s’ils ne s’étaient souciés que de leurs intérêts pétroliers aurait été de choisir un nouveau Saddam plus docile plutôt que de se lancer dans cette histoire.

2.700.000 victimes pour un "doute" d'ailleurs entretenu par des documents falsifiés ? Je suppose que leurs innombrables descendants nous feront payer cela sur deux générations pour le moins. Vous avez une vague idée du potentiel d'emmerdements que représente deux générations de descendants de deux à trois millions de victimes ?

Remarquez, les ricains, ils s'en foutent : l'Atlantique les protègera toujours des conséquences de leur connerie. Pour nous, c'est autre chose.

Et dire qu'il y en a pour dire qu'ils aiment leurs enfants...

Passant,
2 700 000 maintenant ? Les ONG parlent de 80 000 civils et c'est déjà énorme : http://www.iraqbodycount.org/

Pas la peine d'aller chercher des stats hallucinantes pour parler de ça. D'autant plus que nous ne parlons pas de la même chose, ai-je l'impression. Je ne suis pas en train de refaire le débat pour ou contre la guerre en Irak. Vraiment pas. Et j'étais (et je suis) contre, si ça n'est pas assez clair.

http://www.secours-catholique.asso.fr/actualiteinternational_1135.htm

"Selon les données du rapport de février 2007 du Haut commissariat aux réfugiés, il y aurait environ deux millions de réfugiés dans les pays limitrophes de l’Irak. Entre 40 et 50 000 Irakiens fuient leur pays chaque mois principalement vers la Syrie. Ce pays, avec une population de 18 millions d’habitants, a recueilli environ un million de réfugiés en provenance d’Irak. La Jordanie, avec 5 millions d’habitants, en a accueilli entre 750 000 à un million. Au-delà, le Liban en compte entre 20 et 40 000 et l’Egypte près de 150 000."

Soit 2.000.000 de réfugiés

http://crookedtimber.org/2005/01/27/the-lancet-study-on-iraq-it-hasnt-gone-away-you-know

"The Chronicle of Higher Education has an excellent article following up on the Lancet study. That study is still basically unchallenged, by the way; however many epidemiologists you ask, they’re all going to give the same answer, that it was good science."

Auquels se rajoutent donc 700.000 décès

concernant l'irak, j'ai pas d'avis pour faire avancer le débat.
concernant la corée, je me permets deux remarques pour nuancer l'action américaine par rapport à l'inaction américaine. 1. il me semble qu'ils ne pouvaient pas trop ne pas prendre le dossier en main du fait a. de leur participation à la guerre de Corée et b. de leurs "protectorat" sur certains pays de la région (Corée du Sud et Japon).
2. je pense que la Chine joue un rôle au moins aussi important, mais plus discret, dans cette dénucléarisation.

oups, inaction européenne, vous aurez rectifié.

D'après mon journal, les britanniques estiment que 90% des violences à Bassorah étaient dirigées contre eux et donc espèrent qu'en partant ils la feront diminuer
C'est sans doute optimiste, mais ce qui va se passer à Bassorah d'ici l'élection américaine est un test interessant pour l'avenir du pays
Les différentes milices qui s'y affrontent profiteront elles du départ britannique pour se battre encore plus au détriment des civils ou une gestion plus pacifique se déagera t'elle progressivement
Je crains que le deuxième terme ne soit pas pour demain mais soyons optimiste!

Le Rwanda ou ce qu'il ne fallait pas faire : fermer les yeux.

La Cote d'ivoire ou ce qu'il fallait faire : Marcoussi et la force d'interposition.
En Serbie, au Kosovo et Bosnie aussi ce qui devait être fait a été fait et bien fait.
Au Darfour Kouchner est sur la bonne voie.
Avec l'Iran aussi, s'il arrive à garder ses nerfs.

Quand les Européens prennent la main, ça se passe bien, les Américains ayant eux tendance à résoudre les problèmes géopolitiques par la seule violence — on va leur botter les fesses et on rentre à la maison.

C’est toujours un peu frustrant quand certains commentaires donnent le sentiment que la note est loupée, au sens où les lecteurs passent à côté de ce qui est dit. On se console en présumant que la grande majorité d’entre eux, soit ceux qui ne commentent pas, est plus en phase, mais bon... D’autant plus que je ne cherche ni le consensus, ni l’approbation. Je donne mon point de vue et j’expose mes arguments, ni plus ni moins.

Donc, contrairement à ce que pense Passant, mon propos n’était pas de refaire le débat pour ou contre la guerre en Irak, et encore moins de me disputer sur le nombre de morts, même s’il est difficile de ne pas réagir lorsque des chiffres dont on sait qu’ils sont absurdes sont évoqués. Mon propos n’était même pas de discuter de la légitimité de l’intervention elle-même, mais bien de constater, comme le fait Libéral en haut de ce fil de commentaires, qu’il faut bien que quelqu’un décide de « mettre les mains dans le cambouis » lorsque les circonstances l’imposent. Et le cambouis, c’est sale. Ca fait de vous un méchant, puisque les gentils préfèrent rester sur leur quant-à-soi et faire la moue alors qu’il serait plus courageux et plus efficace de chercher une solution –- n’importe quelle solution, mais une vraie solution. Pas une échappatoire et un moyen de gagner du temps.

C’est la raison pour laquelle je faisais un parallèle avec l’affaire coréenne. David nous dit que les Américains s’en occupent parce qu’ils étaient historiquement impliqués. Ok. Mais ils s’en occupent aussi parce que la stabilité de la planète est en jeu dans cette région, et la stabilité de la planète regarde tout le monde, y compris les Européens. Si un conflit nucléaire de très grande ampleur éclatait là-bas, serions-nous miraculeusement protégés par notre absence d’intérêt historique pour la Corée et ses voisins ? Je ne le crois pas.

Enfin, All semble affirmer que l’approche européenne est la bonne puisqu’elle est subtile et sophistiquée quand la méthode américaine n’est que brutale. Mais il cite le Kosovo où il me semble que sans la « brutalité » américaine, les choses se seraient passées assez différemment. Il ne nous dit pas où en seraient l’Irak et Moyen-Orient aujourd’hui si nous étions contentés de protester subtilement contre l’invasion du Koweït lors de la première guerre du Golfe et, last but not least, ce qui se passerait si tout le monde se foutait, comme nous le faisons, de la Corée du Nord ?

Je le répète, je ne sais pas ce qu’il fallait faire ici ou là, mais il fallait faire quelque chose. En 1941, ils auraient également pu rester subtils et s’indigner de loin. Ils ont choisi de s’impliquer et de venir « botter les fesses » des méchants avant de rentrer à la maison, comme dit All.

je ne sais pas non plus quelle est la meilleure des solutions ici ou là et on pourra toujours trouver des avantages à l'une ou l'autre.
ceci dit, je ne pense pas que les européens se moquent de ce qui se passe en corée du nord. à mon sens, il y a plutôt des zones d'influences. aux USA, l'Asie-Pacifique, à l'Europe, l'Afrique. tous s'impliquant plus ou moins dans les affaires du Proche et du Moyen-Orient. Et puis dans l'affaire coréenne, ils étaient déjà 6 à négocier e notamment la Chine qui joue un rôle primordial, avec la Russie, dans pas mal d'affaires (exemples du Kosovo ou du Soudan).
Pour ce qui est de 1941, les USA se sont impliqués globalement, pas seulement en Europe.
Plus généralement, pour ce qui est de la dissémination nucléaire, il y a tellement d'hypocrisie de la part des occidentaux (qui a aidé qui à se doter de l'arme, quelle attitude vis à vis des pays qui s'en sont dotés - je pense à l'Inde et au Pakistan mais aussi à des transferts technologiques vers l'Iran, l'Irak, Israël, la Libye maintenant avec cette centrale nucléaire pour déssaliniser l'eau de mer !!!) qu'ils sont bien gênés aux entournures pour adopter une position claire sur quelque dossier de ce genre.
quant aux autres dossiers, prenons l'exemple du zimbabwe qui part en n'importe quoi (mais qui certes ne menace pas forcément ses voisins - enfin pour la population, ça pourrait finir par ressembler à la corée du nord), la position des européens n'est vraiment pas claire mais celle des pays riverains encore moins. quelqu'un doit-il et va-t-il prendre position ?

en fait mon propos dans mon commentaire précédent n'est pas très clair. mon idée est que doit intervenir dans un dossier celui qui a le plus de chance d'y trouver une solution. pour la corée du nord, outre les pays de la région, il est évident que les USA étaient mieux placés que les Européens.
l'idéal serait qu'il y ait une concertation. et là, on peut regretter l'inefficacité de l'ONU, mais les USA n'y sont pas non plus pour rien.

David, assez d'accord avec vous, mais Hugues a raison de rappeler qu'en ex-Yougoslavie, dans la zone d'influence de l'UE, il a fallu que les Américains y aillent pour que les Européens se bougent enfin.

En revanche, je ne suis pas d'accord avec Hugues sur 1941. Moi j'aurais préféré que la "brutalité" américaine commence 18 mios plus tôt.

Hugues: d'où la question initiale : quel était donc le problème qui justifiait qu'il faille mettre les mains dans quel cambouis ?

Postuler l'existence d'un problème pour exiger la tenue du débat sur la nécessité d'adopter une solution s'adresse en tant que tel.

Donc, à quel problème souhaitez-vous donc que soit donné une solution ? Et ensuite, pourquoi face à ce problème serait-ce à l'europe de trouver une solution ?

Passant,
Ok, you win. Tu me pousses dans mes derniers retranchements de méchant.

Il n'y avait pas de problème, Saddam n'était pas un dictateur sanglant. Injustement accusé du massacre de 150 000 Kurdes, il ne menaçait pas la stabilité géopolitique d'une région qui n'est pas la première productrice de la première source d'énergie de la planète.

De sucroît, l'Irak était totalement étanche à la poussée islamiste panarabe (elle même n'étant qu'une fabrication de Huntington). Clairement, les Américains n'avaient que l'odeur du sang à la bouche et il est heureux que nous nous en soyons rendu compte. Sommes nous d'accord désormais ?

La Corée du Nord est un exemple magnifique du misérabilisme de la "politique étrangère" de l'UE. Depuis des années, nous assistons à de doucereuses exhortations de nos hommes d'Etat à "privilégier le dialogue" et autres foutaises du même genre. Tread lightly, sure, but don't forget to carry your big stick, et les Européens n'en ont pas, ne veulent pas en avoir. On l'a bien vu au Kosovo, notamment (qu'on approuve ou non l'intervention), où les munitions des uns n'allaient pas dans les armes des autres, si bien qu'il a bien fallu appeler les Amerloques...
Quant à Huntington que mentionne justement Hugues, je me demande qui de ses contempteurs l'a réellement LU - ce n'est pourtant pas un livre difficile !

Pas réellement.

J'aurais aimé que les tribunaux pénaux internationaux puissent se prononcer sur les actes de guerre commis par les USA, mais tant qu'ils s'y refuseront, il sera bien entendu difficile d'établir la pureté de leurs intentions et l'excellence de leurs méthodes.

Mais est-ce si important ? Après tout, il est une chose commode en ce qui concerne les atrocités du passé : c'est qu'elles finissent toujours par se révéler par des atrocités futures.

C'est donc dans le décompte des futures victimes que nous saurons lequel de nous deux avait raison. Lesquelles, je vous rassure, compterons finalement assez peu de citoyens américains, si bien protégés par les océans qui bordent leur pays.

Le dernier commentaire de Hugues me laisse perplexe. D'abord parce que Passant ne prétend pas que Saddam Hussein était un enfant de chœur... (Caricaturer les positions des adversaires ne fait pas avancer le débat. Tout le monde le sait, n'est-ce pas...) Ensuite, je croyais que la note ci-dessus n'avait pas pour but de refaire le débat "pour ou contre l'invasion de l'Irak" ?

Mais bon, il y a pas mal de choses bizarres dans le billet lui-même. Par exemple prétendre que les Européens se désintéressent du nucléaire Nord-coréen...

Vouloir trouver un bon côté à ce que font "les Américains" (ou leur gouvernement, mais passons), c'est une position respectable. Mais lorsque ce sont 60% d'Américains eux-mêmes qui se mordent les doigts d'avoir sauté à pieds joints dans cette aventure, est-ce encore vraiment judicieux ?

Peut-être que la vraie bonne question, du point de vue géopolitique, serait : "Est-ce que l'Irak est plus ou moins dangereux depuis l'intervention américaine qu'avant ?"

Indépendamment des questions humanitaires, bien sûr.

Indépendamment aussi de la capacité que peuvent avoir les USA à jouer *efficacement* le rôle de gendarmes du monde. Parce que vouloir intervenir et échouer, c'est parfois pire que si on n'avait rien fait.

Pour citer Ursula K. Le Guin, une Américaine qui était contre la guerre d'Irak depuis le début : "On dit 'If it aint broke, don't fix it.' Mais même lorsque c'est cassé, si vous ne savez pas le réparer, ne le faites pas !"

Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire...

Hugues : "En 1941, ils auraient également pu rester subtils et s’indigner de loin. Ils ont choisi de s’impliquer et de venir « botter les fesses » des méchants avant de rentrer à la maison, comme dit All."

Non ! En 1941, les USA ont été directement attaqués par le Japon. Pearl Harbor, ring a bell?

Et c'est bien le Japon qu'ils ont attaqué en retour, pas l'Inde ou la Malaisie ! (Faut-il rappeler qu'Al Qaida n'était pas présent en Irak avant 2003, et s'est implanté à la faveur de la déstabilisation du pays par... les conséquences de l'intervention militaire ?)

Et au fait, en 1941, cela faisait 3 ans que l'Europe était en guerre, 3 ans pendant lesquels Hitler avait étendu sa mainmise sur la quasi-totalité du continent, mais les USA étaient restés "subtils", se gardant bien d'aller "botter les fesses" de quiconque. (Roosevelt avait tout juste réussi à faire approuver au Congrès une aide matérielle et financière pour l'Angleterre.) Sans parler de 3 autres années que le Japon avait commencé à envahir la Chine, commettant divers massacres et exactions qui encore aujourd'hui enveniment les relations entre les 2 pays.

Autant pour les faux parallèles historiques...

Irène,
Effectivement, Passant ne dit pas que Saddam était un enfant de chœur. Non, il dit précisément :
« quel était donc le problème qui justifiait qu'il faille mettre les mains dans quel cambouis ? »

Et tu viens d’ailleurs enfoncer le clou avec ton « If it ain’t broke... »

Mais encore une fois, si le débat sur la guerre est réamorcé contre mon gré, et que je me sens en verve, je réponds simplement aux arguments exposés. Je ne vois pas ce que je caricature en constatant que le propos de Passant se résume à « il n’y avait pas de problème, les Américains en ont créé un et causé la mort de millions de personnes ». Ca n’est simplement pas la réalité. Juste la transformation d’une opinion politique en « vérité ».

D’une manière générale, les Etats n’agissent jamais autrement que dans le sens de leurs intérêts. Parfois, dans le cas de pays dont les valeurs « officielles » sont la démocratie et la liberté, leurs raisons d’agir deviennent plus complexes et les questions d’intérêt se doublent d’un désir de changer les choses, d’être « une force pour le bien », d’où cet amalgame bizarre de « nation building », protection des intérêts pétroliers, stabilisation géopolitique de région, messianisme born again, etc. La Cote d’Ivoire pour la France est un bon exemple de ce mix, les aspects religieux en moins.

Mais si l’analyse des interventions américaines se réduit à une vision impérialiste et brutale, c’est tout simplement idiot. Et c’est également réduire l’entrée dans deux guerres mondiales à de simples enjeux commerciaux : on libère les européens des nazis, mais c’est juste pour leur vendre des brosses à dents et des films. La réalité, c’est on libère les européens des nazis ET ont leur vend des brosses à dents et des films. Ca n’est pas la même chose. Même si certains le prétendent : http://hugues.blogs.com/commvat/2004/11/manufacturing_c.html

D’ailleurs, si les Russes n’avaient pas fait leur (énorme) part du boulot, les Américains auraient fort bien pu se retrouver dans une situation irakienne après leur entrée en guerre de 41. Et les isolationnistes, parfois partisans d’un modus vivendi avec les Allemands, auraient pu dire : « vous voyez, c’était une impasse. L’Europe était pacifiée par les Nazis qui avaient mis un terme à toutes leur guerres intestines à la con et il a fallu que nous nous en mêlions ».

Mais les choses se sont bien passées, heureusement. Heureusement pour mes parents, d’ailleurs, même si je ne vais pas entrer dans le détail de cette histoire ici.

En Irak, dire que la question est de savoir si les Irakiens se portent mieux ou moins bien aujourd’hui n’est pas si raisonnable. Je ne suis pas convaincu que les Kurdes iraient dans ton sens d’une part, mais je ne crois pas non plus que l’idée qu’il ne faille pas lutter contre une dictature au motif que sa disparition mènerait au chaos soit défendable.
Enfin, on ne va pas doubler ce débat involontaire sur l’Irak d’un débat involontaire sur les circonstances de l’entrée en guerre des Etats-Unis. Une autre fois peut-être...

Je vous concède que vous avez raison sur un point : la question que doit se poser chaque démocrate est bien de savoir s'il doit ou non soutenir par principe les actions militaires préventives menées par les USA.

Mais peut-être un démocrate prudent doit-il également bien considérer le risque qu'il prend pour lui et sa famille de soutenir l'action d'un justicier de l'univers autoproclamé qui ne trouve pas le courage d'affronter dans les yeux les populations civiles au nom de l'intérêt desquelles il choisit de mettre en oeuvre la crème de la crème de la technologie guerrière (ce qui ne l'empêche pas de débattre du sort du monde une bière à la main devant la TV, en bonne démocratie d'opinion qui se respecte).

Si on considère par ailleurs désormais établi que les USA sont capables de mentir et de fabriquer des preuves pour servir leurs intentions guerrières (en Irak comme, par exemple, pour l'attentat de Lockerbie), le démocrate prudent devrait peut-être prendre exemple sur la diplomatie de ce pays qui jamais, au grand jamais n'a déplu au Justicier de l'Univers : la Suisse.

Bon Passant vous proposer quoi ? Qu'on suivent l'example de la suisse et que les americains "Bail out of Irak" pour leur laisser se taper dans la tronche ?

Si demain matin 5 heures, on a noir sur blanc une video d'un essai nucleaire athmospherique en Iran et qu'il menace en entrefilet de vitrifier Israel, on reste les bras croiser parceque les Israeliens sont des mechants ?

sorry hugues, je veux revenir sur l'entrée en guerre des USA en 1941 parce que je pense que ça a un sens aujourd'hui. en 41, les USA sont effectivement entrés en guerre après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor. (avant, on peut dire qu'ils étaient assez subtils !). mais surtout, ils sont entrés en guerre en Asie contre le Japon et en Europe contre l'Allemagne parce qu'ils ont estimé que la réponse devait être globale pour être efficace et qu'ils en avaient les moyens humains, matériels et économiques. je pense que ça a encore court dans leur esprit aujourd'hui : agir partout, sur tous les fronts.
pour ce qui est de l'ex-Yougoslavie (exemple pris à un moment du débat), ça aurait été un peu trop chaud pour les européens (qui n'ont pas et ne sont pas près d'avoir de défense ni même de stratégie communes) d'intervenir sans les USA parce que, si je me souviens bien, il y avait au début pas mal d'intimidation de la part des russes.
enfin concernant l'Irak, il faudrait aussi revenir à la première guerre du golfe, où les occidentaux avaient à ce moment là, la possibilité de chasser saddam hussein du pouvoir. il avait déjà commis des exactions contre son peuple, non ?! d'autant plus que la fin du conflit a sonné comme de nouvelles exactions contre ce peuple, cette fois-ci au sud du pays. sans que ça n'émeuve particulièrement.
pour finir, personnellement, j'étais contre l'entrée en guerre des USA contre l'Irak pour ce conflit-ci. je pense qu'il existait d'autres moyens (et je rejoins hugues sur le rôle de la france). mais maintenant, je pense qu'ils doivent y rester jusqu'à laisser un pays pacifié, et que s'il le faut les autres pays doivent s'y engager. c'est peut-être suicidaire mais la demi-mesure actuelle l'est tout autant et le retrait également.

Esurnir: je vous avoue, en effet, ne pas très bien comprendre en quoi la France est plus intelligente que le Suisse, la Norvège ou la Suède : mais sans doute est-ce que je n'ai pas assez lu la lettre de Guy Moquet

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