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mardi 14 août 2007

Vive le « subprime lending » !

Les « prêts à risque » des Américains sont la version capitaliste du prêt à taux zéro. Prêter aux pauvres serait-il devenu politiquement incorrect ?

Little_house_in_the_prairieLa faillite du système capitaliste, fréquemment annoncée, régulièrement reportée, si elle devait se produire à la suite de la crise des prêts à risque aux Etats-Unis — les fameux « subprime mortgages » — n'aurait rien de réjouissant. Elle viendrait en effet légitimer l'approche ultra-frileuse des banques françaises à l'égard de leurs clients les moins fortunés et justifier l’adage selon lequel « on ne prête qu'aux riches »...

La facilité avec laquelle les Américains ont recours au crédit est légendaire. Disons que, d’une manière générale, les ménages yankees sont deux fois plus endettés que les nôtres, d’où le plus grand dynamisme de leur consommation et, partant, de leur économie. Evidemment, on peut toujours déplorer l’adossement de la croissance d’un pays à la capacité qu’ont ses citoyens de s’offrir des automobiles et des machines à laver. N’oublions pas, alors, de nous féliciter de la fermeture des usines qui produisent ces mêmes automobiles et machines à laver (et de la disparition des emplois qui vont avec).

Si le crédit à la consommation est plus développé qu’ici, le crédit immobilier est à l’avenant. Il est donc beaucoup plus aisé, outre-Atlantique, de devenir propriétaire de son logement qu’en France et, du coup, de se constituer un patrimoine éventuellement transmissible (68% des ménages US, contre 50% de leurs homologues français sont dans ce cas). Là encore, on peut ne pas être favorable à la progression du nombre de propriétaires et à la constitution de patrimoines nouveaux, mais que l’on ne vienne pas ensuite s’indigner d’une répartition inégalitaire des actifs financiers dans la société...

Les banques américaines, pour autant, donnent rarement dans la philanthropie et les facilités que vous aurez à emprunter, que ce soit pour changer de télé ou de maison, seront totalement corrélées à votre « credit history », soit la manière dont vous vous êtes acquitté de vos dettes passées. Un score élevé et les dollars couleront à flot ; un parcours jalonné d’incidents de paiement et les choses seront plus délicates. Mais la nature, comme le capitalisme, a horreur du vide et il aurait été surprenant que les dizaines de millions d’Américains ayant un jour eu du mal  à payer leurs traites dans les temps ne soient pas, d’une manière ou d’une autre, récupérés par le système. D’où cette idée de « subprime lending » — de prêts à haut risque.

Dans ce contexte, certains établissements de crédit acceptent les dossiers que les banques traditionnelles refuseraient, sur la base de formules plutôt créatives : l’on peut ainsi se voir proposer de ne rembourser que les intérêts du prêt pendant plusieurs années, de fixer les échéances à un niveau théoriquement inférieur à celui qui serait nécessaire au remboursement du capital sur la durée choisie, voire de démarrer sur un prêt à taux fixe qui se transformera en prêt à taux variable au bout de quelques années (ce système existe désormais ici, mais peut être considéré comme l’héritage des banques britanniques ayant fait une brève et peu glorieuse incursion sur le marché français du crédit immobilier il y a quelques années).

La philosophie générale derrière ce type de prêt ? L’immense majorité des emprunteurs est en mesure de rembourser, les incidents de paiements rencontrés dans le passé n’ayant aucune raison de se transformer en exclusion définitive de la société de consommation. De surcroît, la durée nominale de détention d’un prêt immobilier n’étant qu’une fiction, la plupart des souscripteurs revendant leur bien avant le terme (les prêts sont soldés avant dix ans en moyenne), ils pourront rembourser la banque et empocher une plus-value leur permettant de réinvestir dans un nouveau projet. Las, il arrive parfois que cette fameuse plus-value ne soit pas au rendez-vous au moment de la sortie et que la valeur du bien ne couvre pas totalement l’encours. C’est la vie, ça arrive à des gens très bien. Même à des emprunteurs traditionnels d’ailleurs, bien qu’il soit rare qu’un investissement immobilier à moyen-long terme ne s’avère pas judicieux...

Mais c’est alors le problème de la banque, dont les « number crunchers » sont supposés avoir fait leur boulot en n’excédant pas la capacité statistique de leur établissement à prêter sans risque majeur pour l’équilibre de leur bilan. Vous avez dû remarquer, chez nous, les pubs de ces assureurs de la dernière chance proposant aux automobilistes ultra-malusés de leur rendre visite. C’est exactement la même logique que dans le prêt à risque à l’américaine : peu importe les antécédents de vos clients du moment que leurs profils sont à peu près homogènes et que les primes versées sont compatibles avec le niveau du risque qu'ils posent.

En France, une BNP ou un Crédit Agricole ne prêteraient jamais au client-type du supbrime. Les conditions d’accès au crédit se sont sans doute assouplies ces dernières années mais, d’une manière générale, le bon risque immobilier est défini comme suit : un couple de fonctionnaires disposant d’un apport de 30% du prix de son acquisition, titulaire d’un Plan d’Epargne Logement arrivé à maturité, ne s'endettant pas au-delà de 25 à 30% du revenu net du foyer et limitant la durée de son prêt à 15 ans... Excusez du peu. Bon, que ces mêmes établissements soient d'accord pour prêter quelques dizaines de millions de dollars aux spécialistes US du subprime aujourd’hui dans la tourmente ne semble pas leur poser de problèmes de cohérence. C’est qu’ils savent d’expérience que ce segment du marché, extrêmement rémunérateur, est loin d’être aussi dangereux qu’on veut bien le dire.

Pour autant, ce que les banques françaises ne font pas chez elles, il faut bien que quelqu’un s’en occupe. D’où la profusion de mécanismes et de dispositifs complexes, du prêt à taux zéro aux livrets d’épargne défiscalisés, sans parler des usines à gaz de caution d’Etat que notre hyperprésident est en train de nous concocter. Et, quoi, il faut bien que les pauvres puissent se loger eux aussi, puisque la Société Générale se concentre sur ceux qui n’ont pas besoin d’elle !

En tout état de cause, l’annonce de l’effondrement du système étant, une fois encore, largement prématurée, félicitons-nous de la manière dont les réactions s’organisent et de la capacité des Banques Centrales à remettre un peu d’argent au pot lorsque les marchés en manquent. Mais surtout, réjouissons-nous de vivre dans un monde suffisamment sophistiqué pour qu’un problème localisé et identifié (car un problème existe bel et bien) ne soit plus en mesure de provoquer un chaos intégral. Mon seul regret : que cette crise se produise pendant les congés de mon presque homonyme à Libération, Tonino Serafini, ce « spécialiste du logement » toujours prêt à dénoncer la terrible spéculation immobilière annonciatrice d’une fin du monde imminente. Bah, il aura sans doute d’autres occasions de s’étrangler de rage en commentant les premiers effets du remboursement des intérêts de prêts sur le prix du mètre carré à Paris...

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Commentaires

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En fait, ce n'est pas le prêt à taux zéro (qui marche très bien d'ailleurs) le véritable prêt pour les pauvres, mais le PSLA (je ne me rappelle plus ce que ça signifie) et qui lui est particulièrement en panne (tout comme le logemet social voit ses chiffres truqués par l'intégration du logement intermédiaire public en son sain).

Juste une petite remarque : certaines des formules de prêts ne sont pas aussi créatives que ça. Le remboursement différé du capital est déjà une possibilité pour les prêts étudiants. Certaines banques proposent même un différé total (capital + intérêts).

Bah, le véritable probleme en France est l'acces au crédit comme le montre si bien cet article: on ne prete qu'aux riches en effet, et ceux qui en ont le moins besoin.

Il est paradoxale de voir que c'est dans les économies les plus dynamiques (américaines et britanniques) que le recours au crédit est le plus grand... mais attention a l'atterrissage.

Simon,
Une formule ou une autre, le principe reste le même : assumer le risque que les banques refusent de prendre.

Alexandre,
On peut tout de même difficilement comparer le prêt de quelques milliers d'euros consenti à un étudiant au financement d'une maison de plusieurs centaines de milliers de dollars au profit d'une famille à bas revenus ou dont les rentrées sont variables.

Vonric,
Attention à l'atterrissage ? Mais de quel atterrissage parlons-nous ? Le crédit n'a pas été inventé la semaine dernière mais il a été le moteur de l'élévation des niveaux de vie. Il a permis à nos parents de se loger, de s'équiper et d'accumuler du capital. Combien de Français seraient propriétaires ou rouleraient en voiture sans le crédit. Il ne s'agit pas d'une dérive capitaliste mais bien d'un outil de croissance. La crise traversée par certains (pas tous) établissements qui font du subprime est juste, ça : la crise de quelques établissements mal gérés.

Mais en tirer la conclusion, comme on l'entend ici et là, qu'il s'agit d'une remise en question de ce type de prêt est absurde.

Si je peux me permettre, la raison pour laquelle les banques US prêtent a des gens, dont elles savent qu'ils ne rembourseront jamais, c'est qu'elles ne gardent pas le prêt dans leurs livres.

Elles le package et le revende a des gogos de banques Françaises et autres compagnies d'assurances Allemandes (ou l'inverse).

Le problème du sub-prime est a la base une escroquerie revendue a des imbéciles qui ne savent pas ce qu'ils font.

La beauté du système c'est que les imbéciles perdront de l'argent, que certains escrocs seront punis et que la peur et la prudence règneront pendant quelque temps avant que la gloutonnerie ne reprenne ses droits.

A fool and his money are easily parted comme on dit en français des colonies.

Merlin,
Permets toi tout ce que tu veux, pas de problème, mais tu t'y connais manifestement mieux en enchantements qu'en prêts immobiliers.

La "forme de crédit très créative", ça s'appelle très classiquement un prêt à terme, non ?

(sinon, si je puis me permettre Hugues, je trouve votre article assez confus et, relecture n'aidant pas, je ne comprend pas trop où vous souhaitiez en venir)

@ Hugues
ce qui a "permis à nos parents de se loger, de s'équiper et d'accumuler du capital" n'est pas autant le crédit que l'inflation : un impôt déguisé que nous avons tous payé.
Le crédit au moins est une démarche individuelle qui consiste à de mettre en situation de payer, l'inflation consistant à faire payer les autres.

GM,
Je vais essayer de l'être moins, alors.

1) La crise des subprime n'est pas provoquée par un capitalisme devenu fou prêtant n'importe comment à n'importe qui comme on le lit un peu partout depuis quelques jours. Elle résulte de la mauvaise gestion des risques de certains établissements dans un contexte de stabilisation, puis de baisse des prix de l'immobilier après plusieurs années de hausse rapide.

2) Faire en sorte que les gens modestes aient accès au crédit est un bonne chose et nos banques pourraient s'en souvenir. Incidemment, elles pourraient prêter aux PME et aux start ups, ce que font également également les subprime lenders.

3) La crise actuelle n'est pas la fin du monde mais est parfaitement gérée par les banquiers centraux.

4) Un marché du crédit dynamique est un outil de prospérité et de constitution de patrimoine par les plus modestes.

Voilà, j'aurais pu l'écrire comme ça mais j'aurais trouvé ce mode d'expression moins satisfaisant et manquant d'exemples, même confus. Peut-être me faudra-t-il penser à une version digest de mes articles à l'avenir.

Enfin, je vous suggère de demander un prêt à terme à votre banque pour l'achet d'un logement. Je suis certain que vous serez bien accueilli.


All,
Mais l’inflation sans le crédit, c’était juste de la perte de pouvoir d’achat, non ?

Je bondis… Non et mille fois non à cet article. J’ai pourtant lu ici l’argument qu’une nation d’entrepreneurs était infiniment préférable à une nation de propriétaires. Et à présent, l’indignation morale contre les banques qui ne prêtent qu’aux riches. Mais tant mieux que les banques ne prêtent qu’aux riches ! Et si seulement… Malheureusement, l’argent se récolte mieux sur les pauvres que sur les riches.

Je ne vois pas comment on peut moralement défendre, comme dans cet article, un système qui justifie que l’on prête plus cher aux pauvres, et surtout encore plus cher quand ils ont déjà eu des pépins et des accidents de paiement. Car point de pardon et point de seconde chance dans le système américain du crédit.

Les mécanismes de crédit aux Etats-Unis sont si proliférants et avec des formules de calcul si compliquées que les gens, et évidemment plus ils sont pauvres et plus, ils sont vulnérables, se retrouvent régulièrement dans des situations d’endettement catastrophiques.

Les banques leur tendent des raisonnements économiques imparables, exactement comme celui de cet article : qu’il leur faut acheter une maison, des actions, se constituer un capital. Et cela est ouvert à tout le monde, vous seriez trop bêtes de ne pas le faire.

Mais on ne prête pas au même prix à tout le monde… Les profils risqués ont ainsi droit à un taux élevé (subprime), mais bon c’est la voie pour se mette ou se remettre dans la voie, n’est-ce pas ? Il faut devenir propriétaire, essayer au moins.

Quand un ménage s’est trop endetté et qu’il n’arrive plus à rembourser, parce que l’un de ses membres ne peut plus travailler suite à un accident du travail, par exemple, il revend ses dettes à un autre organisme de crédit, qui les prend en charge contre un taux encore plus élevé. Tout cela ne fait que dégrader son « credit score », de sorte qu’à sa prochaine demande de crédit, pour l’ordinateur indispensable à la scolarité de son enfant, par exemple, il paiera évidemment encore plus cher. Consommation ou immobilier, tous les emprunts sont indexés au même « credit score », de sorte que lorsque un emprunteur n’honore pas une traite sur sa maison, il voit immédiatement le taux de tous ses autres crédits augmenter, même celui de sa carte de paiement de telle enseigne de distribution…

Non seulement les gens ne se constituent pas de capital mais ce qu'ils se constituent, c'est un historique de crédit dégradé qui les suivra toute leur vie, alors même qu’ils n’ont fait que suivre la voie implacable du bon raisonnement économique…

Vive la location, et honnis ceux qui veulent faire croire que tout le monde peut se transformer en capitaliste.

Ah, et bien c'est mieux comme ça ;)

1) oui (même si je ne vois pas trop qui a dit ce que vous dite qu'il se murmure sur la fin du capitalisme)

2) oui aussi (même si vu les garanties qu'on demande pour un crédit conso "classique")

3) il semble quand même que les avis soient pour le moins partagés sur ce piont, non ? (cf. itv de th. Breton dans le monde d'hier ou P. Arthus qui raconte que "Il y a un cercle vicieux, selon Patrick Artus, chef économiste chez Natixis. L'excès de liquidités conduit à des crises (par exemple avec l'explosion des bulles spéculatives) et en réaction aux crises, les banques centrales recommencent à créer des liquidités, d'où le retour des crises." ou encore l'édito de la tribune du jour (Maintenant, j'avoue ma plus complète incompétence sur le sujet pour pouvoir juger celle des autres)

4) ... à condition pour les prêteurs de gérer crrectement les risques associés (défaut de paiement et/ou alimentation d'une bulle)

(Pour le prêt à terme, j'avoue, c'est pas gagné)

question de béotienne :Y a-t-il aux USA un taux d'endettement maxi comme en France (environ 30% je crois selon les banques)

Certes, la crise du subprime ne serait rien, ou pas grand chose, si elle n'était pas l'avant-scène d'un envisageable crash futur. Si tout lecteur de la presse mondiale vient en effet d'apprendre un mot ("subprime"), il risque en effet, dans un mois, dans dix ans, dans cinquante ans, d'apprendre un nouveau concept : "effet richesse", l'effet richesse qui n'est pas négligeablement une des causes de l'insolente croissance des économies anglo-saxonnes. Car le capitalisme (et c'est un libéral droitier qui parle) danse en effet sur un volcan. La crise de 29 avait été essentiellement causée par une valorisation des actions absolument déconnectée des fondamentaux de l'économie, et basée essentiellement sur un espoir irraisonné en le profit assuré. Mais, certes, en celà je suis d'accord avec Hugues, l'effondrement du système n'est pas encore arrivé. Contentons-nous d'attendre.

Hugues,

Moi ce que j'en dit c'est ce que j'en ai lu dans Harry Potter, pardon le Financial Times, cette bible honnie du grand capital ploutocratique mondialisé qui doit en connaitre un rayon sur le sujet pourtant.

C'est vrai que la réalité est moins romantique que les considération philosophiques grandioses.

L'incitation usuelle des banques a prêter prudemment a des gens qui pourront rembourser a été érodée par les nouveaux instruments financiers et remplacée par l'incitatif de faire du chiffre pour générer des commissions puisque le risque est transféré.

Comme le dit si bien le commentateur, la finance moderne consiste a passer le risque de celui qui le comprend a celui qui n'y connait rien.

Le capitalisme s'en remettra surement et les pauvres n'y perdront pas grand chose.

Question à la con d'un gauchiste crétin qui n'a rien compris ...

En fait, pourquoi les banques centrales doivent elles intervenir dans ce cassage de gueule, et l'Etat français ne doit pas le faire dans le cadre d'une faillite, recapitaliser ses entreprises publiques, subventionner des entreprises ... ??

Pour ce qui est du logement, pour avoir un peu étudié (par pur obligation professionnelle, faisant profession d'urbanisme) la question, le problème résidant plus dans la mobilité que dans l'accès à la propriété (une pensée pour les gugusse qui ont investi dans du Robien au creusot et qui l'ont bien profond si vous m'excusez la vulgarité), le problème doit se résoudre par la construction (publique ou pas) de logements à visée locative, sans quoi on rigidifie encore plus la situation, empêchant ceux qui le pourraient de sortir des HLM, l'adaptation du logement à la taille du ménage etc etc ... Après, je n'adhère pas vraiment au modèle proposé : achetez, achetez, dites vous. Why not, but ... Si la vie doit être plus mobile, quel intérêt de s'endetter à 20 ans pour un logement que l'on occupe 42 mois, et dont il n'est pas garanti que l'on puisse le revendre rapidement pour le prix d'achat (ou légèrement supérieur) ? Relancer artificiellement la consommation par l'endettement personnel est un abandon de toute visée collective : il est plus légitime (selon moi, mais je sais que je ne suis pas une autorité reconnue) que l'Etat assume ses choix avec l'endettement public, qu'il ne laisse les acteurs libres et rationnels, comme chacun sais, faire chacun dans son coin en espérant que ca tourne bien (par quel hasard, ca n'est pas dit) ... de plus, c'est profondément inégalitaire, puisque les "pauvres" sont un facteur de risque, donc payent plus cher leur crédit (mais il est vrai que c'est laloi du marché, les "riches" ont les moyens donc il faut les attirer) ... La présentation que vous faites est séduisante, mais comme toujours, le diable est dans les détails ...

@Simon : justement, aux USA le problème de la mobilité... n'en est pas un. Les gens bougent, vendent leur ancien logis et achètent le suivant. Mais le rent control a des effets tellement pervers qu'il vaut beaucoup mieux acheter que louer - pour autant bien sûr qu'on en ait les moyens ! D'où - entre autres raisons - la plus grande permissivité des banques US. Maintenant, imaginer une pareille mobilité en Europe... j'ai de grands doutes !

@Simon

L'intervention des banques se fait sur les pret interbancaires a dure d'un jour - les repos -. Le taux a monte parce que les banques de ne sont plus confiance, la BCE et a decider de preter a quiconque avait des collaterales - memes les CDO - au taux qu'elle a fixe a 4% - objectif que la banque fixe.

La banque prete tous les jours, mais pas tant que ca .

Concernant l'immo une des raisons de la correction est du a l'eclatement de la bulle immo US.

il y a de tres bons articles sur VOX

http://www.voxeu.org/index.php?q=node/471


A supposer même que ton raisonnement soit valable Hugues (je crois pour ma part qu'il est bon qu'un taux de l'usure au delà duquel on ne peut pas prêter soit défini, par exemple), il y a quelque chose de choquant dans l'action des banques centrales.

Elles fixent (surtout la BCE) un taux d'intérêt dont on sait qu'il a un effet restrictif sur l'activité économique (je sais que tu le trouves très bien le niveau du taux d'intérêt,mais passons).

Qui paie cette rigueur : les quelques milliers de chômeurs supplémentaires. On s'en fout, on leur demande de se taire au nom des équilibres et de la lutte contre l'inflation.

Les banques,de leur côté, font des prêts foireux en oubliant qu'un raisonnement tenable micro-économiquement (un plus grand risque peut être compensé par un prix plus élevé) a des limites macro-économiques, voire sociales (il faut quand même bien bouffer et à un moment les ménages sur-endettés cessent de payer).

Normalement, les banques devraient payer pour ces pêchés et pour leur inconséquence.

Et ben pas du tout, dans ce cas, la BCE ouvre sa caisse et inonde le marché de liquidités. Il n'y a pas que des gauchistes inconséquents dans mon genre pour trouver cela anormal.

Merlin a raison, le problème vient aussi du fait que les banques cenrales ne savent pas qui porte le risque final des subprimes, qui ont été massivement vendus, après avoir été packagés.

Bref, c'est très bien de vanter les joies du marché, force est de constater qu'encore une fois il est régulé dans un sens loin d'être équitable.

Je ne parle même pas du fait que tu omets d'évoquer la possibilité que le secteur public (horreur !) construise du logement social (so... quoi ?).

amitiés socialistes !

@edgar
la BCE ne donne pas aux banques, elle pretent.

Qui souffrirait si elle ne faisait ? certainement les memes personnes qui vous cherchez a proteger.

Les Banques Central on rien a voir avec la correction elles assurent que le marche fonctionne toujours en attendant que le marche se stabilise.

Votre interpretation a l'air d'etre du a une incomprehension du systeme. Ce qui ont abuse du system risque toujours de faire bankrout. certain l'on deja fait.

Arnaud, je n'y comprends peut-être rien, mais Paul de Grauwe, professeur d'économie monétaire a l'air d'être du même avis, dans le financial times d'hier : http://www.ft.com/cms/s/993b71ea-4934-11dc-b326-0000779fd2ac.html

Sauf que je comprends d'ou il sort ca :

"Here central banks get caught in a dilemma of the proportions of a Greek tragedy. When, as happened last week, they dump large amounts of liquidity in the system, they also allow banks that did foolish things to get off the hook. And many banks did foolish things. Some loaned massive amounts of money to hedge funds without worrying about the risks they were taking or the degree of illiquidity of their positions.

...

The dilemma creates two problems. First, it hurts our sense of justice: banks that acted irresponsibly are given the means to get away with it cheaply. Second, the stabilisation of the market today creates the seeds of future financial instability, because implicitly the central banks tell bankers that reckless behaviour will be punished lightly, inciting them to engage in such behaviour again. This is the moral hazard problem that economists stress so often."


Les banques qui ont prete sont toujours en eau trouble. La BCE prete pour 1 jour, sur un marche bien specifique. Elle rachete pas les CDOs elle fait un pret a la journee.

Ils sont tous rembourse excepte si la banques fait bankrupt. Alors est ce qu'une banque qui a prete se retrouve hors de danger apres l'intervention de la BCE? je crois pas, mais peut etre que j'ai loupe quelque chose.

Hugues, réponds à Démentine si tu as le courage !

Ben Arnaud, une banque peut être solvable mais illiquide, c'est tout. la BCE résoud le problème de liquidité, pas celui de solvabilité, en effet. N'empêche qu'elle rend bien service.

Pour les chomedu elle ne résoud aucun problème, mais on s'en fout, il ne faut pas être gentil, ni humain, ça se porte mal.

Et surtout : les gauchistes humains sont des ignares.

Au fait, j'ai une question conne l'histoire tenter de passer pour un libéral ...

Le capital est rémunéré en fonction du risque qu'il prend dans sa branche, non ? Donc, si ce risque est mal géré, c'est comme si une boite quelconque, disons alstom, ne s'était pas conformé aux demandes du marché ... Elle est éliminée par la faillite qui est en gros la chasse d'eau du marché. Pourquoi empêcher cette saine purge ??

@Simon

personne n'empeche rien pour le moment. personne ne sait vraiment ou le risque est. Ces nouveaux produits on pour but de dissimener le risque, et dans ce ca ca pose probleme.

Mais meme sans ca c'est plus complique parce que ceux produisent ces produits ne sont pas ceux qui evalue le risque. La note AAA a ete donnes par de agences de rating. Autant dire que la confiance dans ces agences a pris un gros coup

On a trop prêté, c'est possible. Ceci étant, on vit dans une société où, sans crédit, c'est la mort. Qui pourrait acheter une maison cash ? Qui pourrait démarrer une entreprise (commerce, ou autre) sans prêt d'argent ?
Cela a toujours été comme cela: les "vieux" qui ont de l'argent, le placent à la banque, pour que celle-ci le prête aux jeunes. C'est en fait un pari sur l'avenir que l'on fait quand on prête...

http://gigi75.over-blog.com/

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