Dans l'attente fébrile du discours de politique générale du chief of staff de Nicolas Sarkozy, quelques idées en vrac...
Les Britanniques, on en parlait encore ici récemment, ne font décidément rien comme tout le monde. Et pendant que le binôme Sarkozy-Lagarde se tord les mains d'angoisse à l'idée d'un nouveau renforcement de l'euro face à la devise américaine, nos excentriques cousins se félicitent carrément du franchissement par la livre du cap des deux dollars (un plus haut de vingt-six ans). Hey, c’est qu’ils sont pragmatiques, les copains british. Lorsque les matières premières, vendues en billets verts, voient leurs tarifs s'envoler, une devise forte, c’est bien agréable. Et à l’heure où des millions de visages pâles s’apprêtent à quitter Londres ou Birmingham pour aller griller sur les plages de Miami et de Bali, c’est même le meilleur des viatiques...
Ah, mais les industriels locaux ne se plaignent-ils pas, comme les nôtres, de la difficulté de vendre des seaux en plastique aux Chinois ? Ben non, apparemment. D’abord, des seaux en plastique, ils ont arrêté d’en faire il ya longtemps, lorsqu’ils ont réalisé qu’il était plus économique de les faire venir du Hunan. Quant à leurs autres exportateurs, ceux qui préfèrent se concentrer sur les produits financiers, les biotechnologies, le design, etc., ça va bien pour eux, merci. D’ailleurs l’indice qui permet d’apprécier l’état des carnets de commande à l’export vient même de grimper d’un chouia, de 53,6 à 54. Rien comme les autres, on vous dit.
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Michel Rocard, frappé par un accident cérébral alors qu’il se trouvait en Inde, est définitivement tiré d’affaire et devrait rentrer à Paris dans les jours qui viennent. C’est peut-être juste une idée, un sentiment sans fondement, mais il me semble que la presse en a volontairement fait très peu sur cette histoire, comme pour ne pas faire trop de bruit, ne pas forcer le sort... Rocard est hors de danger, on peut reprendre son souffle.
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Retour en Grande-Bretagne pour évoquer les attentats de Londres et de Glasgow, mais surtout l’incroyable rapidité avec laquelle les enquêteurs ont remonté, comme pour les attentats du 7 juillet, la piste Al Qaeda. On disait des terroristes d’extrême-gauche des années 70 qu’ils cherchaient, par leurs actions, à forcer nos pseudo-démocraties dans leurs retranchements, à les amener à tomber le masque de leur finalité totalitaire. Les Islamistes, qui se fichent éperdument de ce genre de rhétorique, sont pourtant les premiers moteurs de la transformation du Royaume-Uni en plateforme de surveillance électronique. Les caméras sont littéralement partout, qu’elles soient chargées de contrôler les humains ou leurs véhicules. D’ailleurs, ça en devient tellement oppressant que même la police s’en inquiète. Mais ça marche et l’on met la main sur les terroristes en deux temps trois mouvements. Comment faire l’un sans l’autre et quel est le risque le plus grand ?
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Les journalistes des Echos se battent pour ne pas être vendus à LVMH, pendant que leurs confrères de la Tribune se démènent pour rester dans le giron du groupe de luxe... Dans un cas, c’est le risque, bien réel, d’une perte d’indépendance ; dans l’autre, c’est la peur, également légitime, de la disparition pure et simple.
Je ne sais pas si la France a les moyens d’entretenir deux quotidiens économiques quand les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se débrouillent avec un titre unique, mais cette affaire est loin d’être une bête histoire de consolidation industrielle. Quand l’essentiel de l’information du grand public est contrôlé par des entreprises vivant, soit de la commande publique, soit des activités de défense, il n’est pas raisonnable de laisser passer le principal vecteur d’opinion du monde des affaires sous la coupe du patron d’un conglomérat proche du pouvoir. Il n’est pas non plus souhaitable de voir son challenger disparaître.
Vivement que les Allemands du Bild français débarquent et remettent un peu de presse dans tout ça...
© Commentaires & vaticinations
Les dernières données disponibles sur le site de l'OCDE (2002-2004) indiquent une balance des paiements équilibrée pour la France et nettement déficitaire pour le Royaume-Uni, pour des volumes comparables.
Je ne porte pas de jugement de valeur sur les deux situations, je me dis simplement que si les Britanniques ne sont pas préoccupés, ce n'est peut-être pas parce que leur situation serait si bonne, c'est peut-être parce qu'ils ne se préoccupent pas de cet aspect des choses.
Enfin, je n'aperçois pas comment transformer du jour au lendemain l'ouvrier qui fabrique des seaux en plastique en biologiste de haut niveau ou en trader de la city....
Rédigé par : Ulpien | mardi 03 juillet 2007 à 15:32
Ulipien,
Si l'on se met à comparer les balances commerciales, on va en avoir pour un moment. L'Allemagne est redevenue la première puissance exportatrice au monde, devant les Etats-Unis et le Japon, avec l'euro fort. Elle avait déjà obtenu ce statut avec le DM fort.
La France, traditionnellement déficitaire, a vu son commerce extérieur passer dans le vert pendant les années de désinflation compétitive et de franc fort (sous Bérégovoy). Le fait qu'elle soit à nouveau dans le rouge aujourd'hui n'est pas lié à l'euro puisque, au-delà de l'exemple allemand, ses positions se dégradent sur les autres marchés de la zone.
De son côté, la Grande-Bretagne s'est désindustrialisée plus vite que nous, mais a également entamé une respécialisation de son économie plus rationnelle dans le cadre de la division mondiale du travail. Elle n'en est pas encore à exporter davantage qu'elle n'importe, mais faire une croix sur les seaux en plastique est un préalable essentiel du processus.
Maintenant, non, c'est sûr, on ne transforme pas les ouvriers plasturgistes en biologistes, mais leurs enfants oui. Et l'on prépare la transition à long terme.
Rédigé par : Hugues | mardi 03 juillet 2007 à 15:49
Je ne sais pas si la presse en a fait très peu sur l'accident de Rocard (celui de Raymond Barre fut au moins aussi discrètement traité ce me semble), ce qui est sûr c'est que j'ai repris mon souffle il y a peu de temps moi aussi.
J'ai toujours eu beaucoup eu d'admiration pour lui mais la façon dont j’ai réagi à la nouvelle m'a presque surpris. Je ne me savais pas aussi attaché à ce bonhomme ; c'est assez étrange.
Rien à voir : à cause d’une trop rapide lecture de ton titre, j’ai vu LE livre, Rocard,…. J’ai cru un moment au retour de l’arlésienne.
Rédigé par : aymeric | mardi 03 juillet 2007 à 15:53
Hugues,
je ne critiquais pas le taux de l'euro, je m'élevais juste contre cette tendance à déprécier la situation française au regard de la situation britannique.
La livre forte n'empêche pas les britanniques d'exporter ? L'euro fort empêche encore moins les Français d'exporter.
Je te rejoindrais en revanche pour juger que les hommes politiques qui jouent sur les peurs des Français en accusant l'euro paraissent soit ignorants soit de mauvaise foi :)
Rédigé par : Ulpien | mardi 03 juillet 2007 à 16:42
on est content pour Rocard, ils sont nombreux les gens qui l'apprécient, son dernier livre "si la gauche savait" est à lire par tous les gens qui s'interessent à la politique
Rédigé par : humour japonais | mercredi 04 juillet 2007 à 11:41
Aymeric,
Ah, tu veux dire LE livre... Hum, il va falloir encore patienter un peu malheureusement...
Rédigé par : Hugues | mercredi 04 juillet 2007 à 14:32
Bigre alors !
Si les Anglais veulent vraiment mener la même politique ultra-monétariste que nous autres euromen, pourquoi avoir gardé la livre et une Banque centrale nationale, non dirigée par ce bon M. Trichet, l'homme qui ne vit rien au Crédit Lyonnais ? Par pur insularisme nationalo-souverainiste ?
Par ailleurs, si leurs caméras orwelliennes sont si efficaces, comment expliquer que les attentats aient quasiment pu être commis, au lieu d'être étouffés dans l'oeuf ? N'est-ce pas là un aveu de faiblesse, d'insuffisance, et ne leur faudrait-il pas rajouter des caméras jusque dans les chiottes, selon l'expression de ce bon M. Poutine ?
Enfin, à propos de M. Rocard, c'est tout de même inquiétant. Comme le disait un mien ami : après Barre, Rocard, c'est la malédiction des Premiers ministres. Du coup, je serais Bérégovoy, je me ferais du souci...
Rédigé par : manu | mercredi 04 juillet 2007 à 22:28
Manu,
Sans conteste, ton commentaire le plus méchant et le plus acrimonieux par ici.
Rédigé par : Hugues | jeudi 05 juillet 2007 à 14:13