Smörgåsbord
Je quitte Paris quelques jours, histoire de m'aérer la tête en altitude. Petit bloc-notes hétéroclite pour la route.
Cécilia Sarkozy a dû abandonner la carte de crédit qui lui servait à régler ses déjeuners en ville, mais elle semble avoir gagné au change. La voici en charge d’un budget considérable permettant d’indemniser, à hauteur de plusieurs millions d’euros, les victimes libyennes d’une vague de contaminations hospitalières. La voici également aux commandes de l’airbus présidentiel, grâce auquel elle a pu nouer la fructueuse relation que l’on sait avec la fistonne de Kadhafi...
Mon camarade Blair a beau soutenir — paraphrasant Deng Xiao-Ping — qu’on ne se préoccupe pas de la couleur d’un chat dès lors qu’il attrape les souris, la manière dont Nicolas Sarkozy nous propose d’entériner le rôle désormais dévolu à son épouse vire à l’inacceptable. Ok, formidable, le problème des infirmières bulgares est réglé et la France peut ramener la Libye sur le chemin de la normalité politique, avec les conséquences positives que l’on prévoit sur l’économie et l’Union méditerranéenne. Mais nos procédures diplomatiques, comme celles de l’Europe, ne prévoient pas la délégation du domaine réservé présidentiel à la femme du chef...
Que Cécilia n’ait pas envie de passer ses journées à récolter des pièces jaunes avec un judoka bedonnant, on le comprend. Mais qu’elle joue les roving ambassadors sans mandat est gênant, même si ça marche. La gauche ne verse donc pas dans la critique mesquine en l’exprimant publiquement. Devrons-nous rester silencieux, voire applaudir, lorsque l’un des fils Sarkozy ira négocier l’évolution de la politique agricole avec les gosses d’Angela Merkel ? Les infirmières bulgares sont libres, réjouissons-nous. Méfions-nous quand même du n’importe quoi.
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On reparle de l’ouverture des magasins le dimanche et je n'ai pas grand chose à ajouter à la note publiée ici même, il y a quelques mois. Inutile de dire que j’y suis favorable : L’Eurostar, le Da Vinci Code et l’ouverture des magasins le dimanche.
Les arguments standards des défenseurs du jour du Seigneur chômé, je les connais mais ils ne me convainquent guère. Idées inédites bienvenues.
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Je me demande si les blogueurs seront à nouveau invités aux universités d'été des partis politiques cette année. Il n’y a pas d’élection en vue et il est probable que ni le PS, ni l’UDF — enfin, le MoDem — n’aient envie de voir des trublions dans mon genre se mêler de ce qui ne les regarde pas. Pour ne rien dire de l’UMP, dont on se demande s’il lui est encore nécessaire d’organiser ce genre de manifestation : Loïc le Meur s’est expatrié et Nicolas Sarkozy est déjà à l’Elysée. Alors, à quoi bon...
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Tiens, nouvelles affaires de dopage dans les milieux cyclistes. On joue pourtant la surprise dans les « milieux autorisés », comme si la fiction d’un Tour de France honnête avait encore du sens et qu’une grande boucle propre restait envisageable. Mais au final, je me demande pourquoi le recours à ces substances accroissant les performances reste interdit... Je verrais bien, moi, le dédoublement de tous les grands événements sportifs et la création de variantes autorisant, que dis-je, encourageant le dopage.
Bon, dans sa version traditionnelle, le sport retrouverait ses racines gréco-latines dans le cadre de compétitions à profil bas, ne réunissant que quelques amateurs passionnés sous les yeux du public clairsemé du complexe athlétique de Bécon-les-Bruyères. Dans l'acception médicalisée, en revanche, le village mondial assisterait à d’incroyables joutes télévisées opposant les labos pharmaceutiques les plus prestigieux les uns aux autres. Les athlètes voyant leur espérance de vie considérablement réduite par l’usage intensif de designer drugs, il ne serait plus utile, en effet, de se souvenir de leurs noms et c’est plutôt de Novartis ou de Sanofi qu’il serait question en commentaire.
Dans les stades, les records tomberaient les uns après les autres, des brutes aux muscles hypertrophiés courant plus vite, sautant plus haut, tirant plus loin que dans les rêves les plus fous du bon docteur Ferrari, la foule acclamant sans retenue le passage sous la barre des 5 secondes du 110 mètres haies ! Pour du spectacle, ça serait du spectacle. Et les retombées positives sur la santé des masses de cette recherche éperdue de la performance ne seraient pas minces non plus, telle molécule multipliant par deux la capacité pulmonaire d’un nageur faisant le bonheur des insuffisants respiratoires. Hé, quoi, la Formule 1 ne fait-elle pas avancer le schmilblick de l’automobile de papa ?
LeMond, Vinokourov, Rasmussen, laissez glisser... Un jour, Dieu reconnaîtra les siens.
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