Un peu de mauvais esprit salutaire dans un océan d'unanimisme lénifiant. Harry Potter m'emmerde et j'aurais préféré qu'il casse sa pipe dès le premier épisode.
Au début, je faisais dans le consensus pragmatique : Harry Potter était un phénomène positif puisqu'il poussait des jeunes qui ne lisent pas à ouvrir un bouquin. Dès lors, que les romans qui composent la série soient bons ou mauvais importait peu, stimuler les neurones de nos chères têtes blondes étant le but unique de la manœuvre. Je m’étais même, soucieux de ne pas mourir idiot, astreint à lire les deux premiers tomes avec bienveillance et je les avais trouvés tout à fait convenables : des personnages attachants, une histoire qui tenait la route, un contexte magico-scolaire en phase avec les préoccupations de la jeunesse, bref, une recette de qualité pour une production à l’avenant...
L’agacement n’est venu que plus tard, avec la transformation d’un engouement authentique en rouleau compresseur marketing. Pour les enfants, Harry Potter n’était plus une proposition parmi d’autres, mais une sorte de passage obligé, de lecture imposée par l’école (« peer pressure »), les parents (qui le lisent dans le métro et en causent près de la machine à café) et surtout l’excellence d’une campagne de promotion tous azimuts enrôlant jusqu’aux médias supposés « analyser » les ressorts de cette surprenante popularité.
Mon idée n’est pas, ici, d’aller à contre courant par principe. Faire lire les enfants, faire lire tout le monde en fait, est un projet louable et je me souviens, il y a quelques années, d’avoir défendu l’utilisation de romans Mills & Boon (Harlequin) comme incitation à l’achat d’un gigot dans les supermarchés britanniques. Partageant le même blister humide, les romans à l’eau de rose et la pièce de barbaque sanguinolente formaient évidemment un drôle de couple mais, hey, si l’édification des masses est à ce prix...
Non, mon idée serait plutôt de me demander ce qui dysfonctionne dans une société lorsqu'elle renonce à toute appréciation critique d’une opération marchande déguisée en enthousiasme spontané. Comme au moment du lancement de l’I-Phone — un banal téléphone portable équipé d’un logo « hype », mais pour lequel des esprits simples sont prêts à coucher sur un trottoir deux jours durant avant d’être délestés de 600 dollars par un vendeur ne gagnant même pas cette somme en une semaine —, nous voici sommés de nous extasier devant le nombre d’exemplaires de Harry Potter vendus dans le monde, la fortune accumulée par son auteure, les difficultés logistiques de l’acheminement du livre à travers le monde, l’infect comportement des pirates du Net ayant osé évoquer avant l’heure le bisou échangé par celui-ci avec celle-là... Nous voici contraints de participer au grand buzz mondial au risque de passer pour, au mieux, un pisse-froid insensible à la magie du petit sorcier et, au pire, un ringard incapable de comprendre dans quel sens souffle le vent.
Un clip tiré d’un journal télévisé américain circulait sur le Web il y a quelques semaines, célébrant le courage de je ne sais quelle présentatrice ayant refusé de commenter les dernières frasques de Paris Hilton. Bravo à elle. Mais la même sourcilleuse gardienne de l’indépendance journalistique a-t-elle cherché à éviter de se faire l’auxiliaire de la machine « Harry Potter » ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que les JT français ont tous consacré de longues minutes à glorifier la joie enfantine de dizaines de millions de Terriens s’apprêtant à débourser, un chapeau pointu sur le teston, quelques dollars, euros ou roupies, pour enfin prendre connaissance de la suite des aventures palpitantes du jeune I-Phone, pardon, H. Potter. Je sais aussi que Le Monde, dans un éditorial, nous a resservi les mêmes platitudes sur l’importance de permettre aux jeunes d’accéder à la lecture bla bla bla qu’à chaque lancement d’un nouvel opus potterien, ignorant superbement le rôle de décryptage qui est censé être le sien lorsqu’un livre en anglais est au top 10 des ventes en France et, surtout, que les enseignants viennent se ranger derrière les marketeurs pour enfoncer, nolens volens, la baguette magique dans le gosier des petits zenfants.
Que les sorcelleries en question, loin d’inciter à la lecture en général, se contentent d’occuper le terrain et d’accroître leur part du marché des jeunes lecteurs, exilant les non-sorciers vers le purgatoire des rayonnages des librairies, ne semble faire douter personne. Qu’il ne se vende plus, au-delà des 72 tomes de Harry Potter, que des « me too » sans imagination bourrés de sorciers génériques et de terribles conflits bien/mal, n’agace personne... La littérature « jeune » a pourtant d'autres atouts.
Mais puisqu’il faut bien, parfois, que des voix dissonantes s’élèvent, je suis fier — après avoir résisté, enfant, à la mode de ces albums de foot pour lesquels il fallait collecter et échanger des images au risque de passer pour une poule mouillée — de les rejoindre. La saga Harry Potter aurait pu n’être qu’une bonne-série-de-romans-destinés-à-la-jeunesse-mais-séduisant-également-les-adultes, elle n’est plus qu’une ligne de produits formatés et, paradoxalement, sans magie.
© Commentaires & vaticinations
Ouah...
Comment réussir à dire qu'on a lu que deux livres et tout de même juger la série entière sur la seule foi que, (malheur), elle marche...
Rédigé par : Locke | mardi 24 juillet 2007 à 12:44
Bonne analyse. Borowitz a cruellement résumé cela :
Elsewhere, people with no lives have stopped waiting in line for the iPhone and started waiting in line for the new Harry Potter book.
http://www.borowitzreport.com/archive_rpt.asp?rec=6754&srch=
Rédigé par : Liberal | mardi 24 juillet 2007 à 12:53
"je suis fier — après avoir résisté, enfant, à la mode de ces albums de foot pour lesquels il fallait collecter et échanger des images au risque de passer pour une poule mouillée"
Je confirme, tu n'es qu'une poule mouillée si tu n'as jamais affronté l'ire de l'instituteur te surprenant en classe en train d'échanger tes doubles ; si tu n'as jamais combattu les jaloux et protégé, physiquement, la vignette que seul tu as pu obtenir en achetant à peine 10 paquets. Bref, tous les ingrédients d'un sacré froussard...
Rédigé par : SM | mardi 24 juillet 2007 à 12:56
rester critique face au phénomène médiatique qui écrase toutes les autres productions de qualité c'est bien...mais quand on a lu des milliers d'ouvrages et qu'on est fan de harry potter c'est bien que l'ouvrage n'est pas que vulgarisateur:-)
Rédigé par : nicolas | mardi 24 juillet 2007 à 13:36
En écrivant ce post, ne contribues-tu pas exactement à ce que tu critiques? N'es-tu pas en train, toi-même, de succomber à cette peer pressure qui impose de parler de ce livre à ce moment, quoi qu'on en dise? Comme quoi, personne n'y échappe vraiment...
Rédigé par : alexandre delaigue | mardi 24 juillet 2007 à 13:46
Tu vas te prendre une fatwa chez les sorciers. Je ne serais pas étonné de te retrouver changé en grenouille d'ici peu...
Rédigé par : Vinvin | mardi 24 juillet 2007 à 14:16
Locke,
Disons que je fais comme ton illustre homonyme et que j’use de mon droit de résistance. Je ne critique pas la qualité des romans de la série. Je dis moi-même qu’elle est au minimum convenable même si je n’ai pas eu envie d’en lire plus de deux. Je m’agace de ce qui n’est plus qu’une immense opération marketing dont tout le monde, y compris ceux dont le rôle est de prendre de la distance, se fait le relai.
Liberal,
My point exactly.
SM,
Je devais être un rebelle précoce mais ces images Panini m’ont toujours emmerdé. Ce truc de « devoir » les collectionner, les « échanger »... S’intéresser au foot me semblait déjà un effort énorme, mais accumuler les têtes d’obscurs joueurs de Sedan ou de je ne sais où, c’était trop pour moi. Je peux te dire que je ne regrette rien.
Nicolas,
Harry Potter « vulgarise » la magie ? Il donne des recettes ?
Alexandre,
Oui et non. Oui parce que j’en parle effectivement au moment où le problème de l’usine Harry Potter est de générer le bruit maximum sur la sortie du livre (et du film). Non parce que je ne suis pas certain que les voix dissonantes soient si nombreuses et parce que je tente, sur ce blog, de faire autre chose que ce qu’on fait dans nos journaux moutonniers. Prend les papiers du Monde sur cette histoire : d’abord, ils sont incroyablement nombreux ; ensuite, ils sont tous dans l’admiration béate. La dernière trouvaille : Harry Potter permet d’apprendre l’anglais et les profs de langues rejoignent les profs de français dans l’utilisation du sorcier pour leurs exercices. D’ici à ce qu’il soit déclaré d’utilité publique et que ses profits ne soient plus taxés, il n’y a qu’un pas. Et toi, tu mets du Harry Potter dans tes cours ?
Vinvin,
Croa ?
Rédigé par : Hugues | mardi 24 juillet 2007 à 14:55
Certes, et voilà des années que le phénomène m'agace, mais je reste coi depuis que j'ai lu des dénonciations enragées d'une partie des hiérarchies catholique et anglicane, scandalisées par cet appel au paganisme. Phénomène de masse, un de plus, et que ça se passe en plein milieu du Tour de France me semble en relativiser la crétinerie.
Rédigé par : cdc | mardi 24 juillet 2007 à 15:14
C'est comme pour tout, chaque 'consommateur' en fera ce qu'il voudra. Je connais bcp de lecteurs qui sont justes heureux de passer un très bon moment de lecture et qui se fichent pas mal de la dernière paire de basket ou du dernier T-Shirt HP. Et si nous étions dans le 100% commercial, JKR ne s'arrêterait pas au Tome 7...
Rédigé par : Ninie | mardi 24 juillet 2007 à 15:22
@HUgues : "S’intéresser au foot me semblait déjà un effort énorme, mais accumuler les têtes d’obscurs joueurs de Sedan ou de je ne sais où, c’était trop pour moi. Je peux te dire que je ne regrette rien."
Je peux comprendre, d'autant que je me limitais aux compétitions internationales. Un album par an, c'eût été un peu trop. Avec la coupe du monde ou l'euro, je gonflais l'excitation. Bon, par contre, aucun effort pour le foot en général. Ca aide...
Rédigé par : SM | mardi 24 juillet 2007 à 15:28
Va vraiment falloir ajouter une alerte aux spoiler sur ce site: West Wing, Harry Potter, bientôt on va dire que Marc-Antoine se suicide à la fin de la deuxième saison de Rome... oups.
Mais il ne faut pas pousser non plus: quand j'étais au collège, c'était pas du Harry Potter qu'on nous faisait bouffer à coup de marketing TF1, c'était du Dragon Ball et les fans du héros-qui-casse-tout-parce-que-c'est-lui-le-plus-fort-NA étaient fichu de me jeter mes bouquins (dont beaucoup de Fantasy anglo-saxonne "pour la jeunesse", comme quoi...) dans les douches du gymnase (qui se servaient qu'à ça en fait), donc bon, le progrès est quand même indéniable. De plus, le succès est quand même, au début, venu avant l'opération marketing, on en est pas encore à nous vendre des navets complets, genre Narnia, la Menace fantôme ou Eragon, à coups de marketing abusif.
Rédigé par : Laurent Weppe | mardi 24 juillet 2007 à 15:47
Des millions d'enfants découvrent la lecture avec Harry Potter, de même que j'ai démarré avec le Club des Cinq.
Positive, quoi, merde.
Rédigé par : all | mardi 24 juillet 2007 à 16:39
Ninie,
Encore une fois, si des gens, un tas de gens, apprécient la série ; si JK Rowling gagne plein de sous, tout ça... Ca ne me pose aucun problème bien au contraire. J'ai moi-même l'intention de devenir riche en écrivant. Ce n'est pas de ça qu'il s'agit mais de la mayonnaise décervelante que représente cette opération marketing et de l'unanimisme béat qui l'accompagne.
SM,
Même pour une coupe qui n'aurait lieu que tous les 84 ans, ça serait encore trop.
Laurent Weppe,
Hé, j'ai rien spoilé, là. Mais pour le coup, je ne te suis pas sur Narnia, que les petits anglais lisent depuis des décennies, dont la qualité littéraire n'a certainement rien à envier à HP et que sa transformation en objet marketing est récente (et d'ailleurs liée à l'effet HP).
All,
C'est bien à Carrefour que l'on positive, non ? Nous sommes donc bien dans une histoire de tête de gondole.
Rédigé par : Hugues | mardi 24 juillet 2007 à 16:55
Il me semble que la critique formulée par le maître de ces lieux, ce n'est pas de l'anti harry potter en tant que livre mais en tant que phénomène de masse et médiatique qu'il faut subir joyeusement et sans sourciller comme le réveillon de l'an 2000, le tour de france, les JO, j'en passe et des meilleurs.
Sinon, j'ai jamais lu un harry potter de ma vie, mais c'est pas le problème....
Rédigé par : DB | mardi 24 juillet 2007 à 17:27
DB,
Tu as tout compris. Et je trouve, au vu de cette collection de commentaires de défense du pauvre petit Harry, que le titre de ma note était particulièrement pertinent.
Rédigé par : Hugues | mardi 24 juillet 2007 à 17:32
Ah, mais ce n'est pas Harry Potter que tu hais ; c'est le marketing qui l'accompagne.
Ca me fait songer à une très jésuistique plaisanterie.
"Le pape, consulté par un pénitent sur l'usage de la cigarette pendant la prière, s'offusque :
- Quoi, mon fils, mais il ne serait être question de permettre de fumer pendant la prière. Vous êtes un pénitent.
Un compagnon de Jésus s'approche du Saint-Père et lui murmure à l'oreille :
- Votre Sainteté, est-il autorisé de prier pendant que l'on fume une cigarette ?
- Mais certainement mon fils, la soumission à Notre Père ne connaît pas de limite."
Rédigé par : jules (de diner's room) | mardi 24 juillet 2007 à 18:42
"Même pour une coupe qui n'aurait lieu que tous les 84 ans, ça serait encore trop."
Voilà, tout est dit. Je suis un beauf depuis le plus jeune âge. Tu me fais beaucoup de peine. Je vais aller noyer mon chagrin en buvant les mots de JK Rowling.
Rédigé par : SM | mardi 24 juillet 2007 à 19:59
Pour Narnia, l'aspect navet du film est autrement plus prononcé que pour les Harry Potter, quant aux bouquins, même ce vieux catho réac de Tolkien trouvait que Narnia manquait de subtilité (d'un autre côté, on me rétorquera que c'est ce même catho réac qui imagina le panthéon tarabiscoté du Silmarilion) mais dans le deux cas, on peut considérer que le marketing fut quand même ultérieur au succès initial. (Et puis en terme de littérature anglaise pour mômes, rien ne vaut la Trilogie des Tripodes)
PS: l'alerte au spoils fut évidemment une boutade (je précise, des fois...)
Rédigé par : Laurent Weppe | mardi 24 juillet 2007 à 20:49
Cher Hugues,
Le roi est nu !
Tu viens de montrer ton vrai visage :
>> "L’agacement n’est venu que plus tard, avec la transformation d’un engouement authentique en rouleau compresseur marketing."
Il est simple ton problème : c'est que tu n'aimes pas les succès populaires. Tu préfères le bon vieil élitisme de gauche. Du style, tu aimes un premier succès un peu confidentiel d'un auteur inconnu, mais tu ne supportes pas le vrai succès de masse de ce même auteur qui devient tout de suite moins inconnu !
Autre exemple : Tu aimeras le succès local d'un petit producteur de beurre artisanal qui rencontre un franc succès dans sa région , mais tu repousseras ce même producteur artisanal qui rencontrera ensuite un succès national, voire international ! Tu ne l'aimeras plus parce qu'il ne sera plus "petit", "inconnu", un peu faible, "local", "authentique", etc. Il sera devenu "gros", et le logiciel de la petite gauche élitiste interdit d'aimer toute chose qui, forte de son succès, a connu l'expansion, en un mot : la réussite.
C'est exactement cet esprit là que Nicolas Sarkozy a très bien dénoncé pdt la campagne : cette espèce de haine de la réussite en général, et cette fascination pour les petits (qui se doivent de rester petit, sinon on ne les aimera plus, CQFD).
Rédigé par : Jules | mardi 24 juillet 2007 à 21:35
@ Jules : Nicolas Sarkozy, qui disait justement à propos d'Harry Potter et de l'école :
"L’école est là pour vous donner les moyens de penser par vous-même, pour vous mettre en contact avec les plus grandes oeuvres de l’esprit, pour apprendre à faire la différence entre Madame Bovary et un compte rendu de faits divers dans un journal, entre Antigone et Harry Potter"
J'aime beaucoup l'opposition entre Antigone et Harry Potter, sûrement rien à voir avec "le bon vieil élitisme de gauche (?)" dénoncé par Jules.
Rédigé par : Tom Roud | mardi 24 juillet 2007 à 22:13
C'est l'chaudron qui s'fout d'la marmite comme disait mon grand-père !
Ça fait un petit moment maintenant que, cher Jules, vous n'êtes plus guère habillé et que votre nudité se résume le plus souvent à une production automatique de constats-condamnations basés sur une traque obsessionnelle, quasi pathologique, de supposés symptômes de l'élitisme, l'archaïsme, le corporatisme, le moralisme ou que-sais-je-encorisme de la gauche.
Rédigé par : aymeric | mardi 24 juillet 2007 à 22:15
Et on pourrait rezapper sur la comparaison franco-ricaine sauce West Wing à propos des républicains qui se revendiquent des ancêtres passagers du Mayflower à qui mieux mieux tout en dénonçant les "élites de la Côte Est" (c'est sûr qu'un président fainéant pistonné à Yale dans sa jeunesse c'est tellement plus sexy qu'un intellectuel au pouvoir). Après, "l'élitisme de gauche" dénoncé de manière redondante par les notables et apprentis-sorciers heu... notables de l'UMP, leurs militants, leur relais dans la presse sans compter par les blogueurs expatriés, il fait quand même pâle figure quand on le compare à l'aristocratisme (tain, le terme n'est même pas un néologisme) consanguin de la droite qui essaye de faire passer tout héritier inepte pour un self-made man archi-talentueux.
Et puis, même si j'ai un peu fait l'avocat du diable dans l'histoire, fondamentalement, Hugues a raison: un succès n'est vraiment populaire qu'à la condition qu'il y ai un minimum de spontanéité dans le succès: par exemple, on ne se fait pas bourrer le crâne une fois par an par des médias qui nous expliquent qu'Asimov a écrit plus de 500 bouquins et qu'Agatha Christie a vendu 3 milliards d'exemplaires des siens, et que des têtes blondes on découvert la lecture et l'anglais à travers ces bouquins et que c'est le succès du petit émigré et de la jeune femme indépendante dans une société de phallocrates et bla bla bla bla bla, et pourtant leurs livres continuent à bien se vendre. Là, avec la masse de pubs qui entourent le dernier volume, on est en droit de se demander ce qui reste de spontané dans le succès du bouquin.
Rédigé par : Laurent Weppe | mercredi 25 juillet 2007 à 07:08
Jules (Diner’s room),
Tout est dans le texte, bon sang de bonsoir !
SM,
Mais non, mais non... Tu n’es pas un beauf. Juste la victime innocente de forces qui nous dépassent. Je te propose un compromis : tu t’achètes un album Panini de Harry Potter.
Laurent Weppe,
Narnia est un trip catho, c’est vrai, mais ce n’est pas forcément dérangeant en soi. Quant à Tolkien, que j’apprécie énormément, voici un bon exemple de succès mondial largement préalable au buzz marketing et au merchandising.
Jules (What’s next),
Comme on dit, you’re full of it ! Je ne sais pas où tu es allé chercher ton exemple laitier, mais c’est du grand n’importe quoi. Je n’arrête pas d’expliquer que je suis complètement d’accord avec l’idée que l’on puisse avoir du succès, gagner de l’argent, réussir quoi... C’est même la marque de fabrique de ce blog socialo-démocratico-libéral. Et à la limite, j’aurai même un certain respect pour les concepteurs de la machine médiatique Harry Potter et sa capacité à faire feu de tout bois pour parvenir à vendre du sorcier aux 7 à 77 ans sur toute la planète.
Mais je n’ai aucun respect pour l’unanimisme béat des « médiateurs » qui refusent de penser un phénomène marketing en tant que tel et acceptent un discours de promotion au premier degré. Chacun doit être dont son rôle. ASO organise le Tour de France, les cyclistes se dopent et la télé dénonce le dopage. Si la télé décide qu’elle n’est que l’auxiliaire d’ASO et refuse de parler des cyclistes qui se dopent, elle ne fait plus de l’info mais de la communication pour le compte d’ASO et célèbre la grande fête du sport sur des présupposés mensongers. C’est ce qui se passe avec Harry Potter à la puissance 10.
Rédigé par : Hugues | mercredi 25 juillet 2007 à 11:47
"on est en droit de se demander ce qui reste de spontané dans le succès du bouquin."
ben pour ça, faudrait juste le lire, chose que ni toi ni l'auteur du billet n'ont fait.
Le buzz marketing autour d'harry potter m'emmerde, et j'ai adoré le bouquin en anglais, pour son niveau de vocabulaire élevé (les 2 premiers tomes sont vraiment plus pour enfants), pour tous les indices laissés dans les tomes précédents qui trouvent leur révélation à la fin d'une manière qui me laisse pantois, et bref:
j'ai l'impression non pas d'un réquisitoire contre le tour de france à cause du battage médiatique et du dopage, mais d'un réquisitoire contre la ballade en vélo.
Donc non, faire du vélo reste bien, et je continue à penser que la saga en elle même, séparée du buzz médiatique, des figurines macdo, des boites légo, des films qui massacrent les subtilités de l'histoire, garde sa magie (disons ses qualités littéraires).
Rédigé par : Xuelynom | mercredi 25 juillet 2007 à 14:58
Mon exemple laitier, j'en suis très fier :-)
Donc, OK. Autant pour moi. Tu es un ami de la réussite, c'est vrai (je le savais en plus). Mais alors, si je comprends bien, tu critiques "l'unanimisme béat des médiateurs". Mais les "médiateurs" (c'est quoi d'ailleurs, ça, les médiateurs), ils ont bien le droit d'être unanimes ? ça peut arriver que tout le monde tombe d'accord à un moment donné ?
Sinon, je n'ai rien compris à ta métaphore cyclisto-télévisuelle, je ne suis ni le tour de France, ni la télé française, alors, je suis perdu.
Bon, allez, je passe à la lecture de ton autre post, on va pas polémiquer tout l'été non plus...
Rédigé par : Jules | mercredi 25 juillet 2007 à 19:06
ah Hugues ton billet me fait penser, bien que tu n'aie jamais été trop fan d'Harry Potter àces gens qui aiment des groupes de rock underground puis les lachent si ils se mettent à bien marcher sous prétexte qu'ils deviendraient commerciaux.
Harry Potter c'est un univers agréable à lire et à voir au ciné.Si il marche tant mieux.
Rédigé par : romain blachier | jeudi 26 juillet 2007 à 11:34
Mon cher Hugues,
pour une fois que vous faites un post de gauche, tout le monde vous tombe dessus...
Comme dirait le frère Dati, y'a pas de justice !
Rédigé par : manu | jeudi 26 juillet 2007 à 13:51
C'est ca le probleme avec des bons livres : ils se vendent. Donc deviennent des phemoenes marketing. Donc il ne faut pas les lire.
CQFD.
Rédigé par : Eolas | jeudi 26 juillet 2007 à 17:54
Pourquoi y en a t'il toujours pour se plaindre de tout et de rien? Sherlock Holmes a été écrit par un fameux écrivain; et parce que l'on n'a pas fait de figurine de Holmes (en tous cas je n'en ai pas vu), on dit que c'est un chef-d'oeuvre? Harry Potter arrive et on en fait une source de critiques parce que des figurines, photos, etc.. sont sur le marché ? L'auteure est-elle moins bonne pour cela; l'histoire est-elle plus raingarde pour cela ? Il y a , et il y aura toujours des intelligences obtues, incapable de faire la part des choses en ce monde. Si vous ne voulez pas le lire, ne le lisez pas, mais s'il-vous-plaît, foutez la paix aux autres.
Rédigé par : cobras | mardi 14 août 2007 à 18:06
Cobras,
Je vous suggère la réflexion suivante pour vos longues soirées d'hiver : mais pourquoi avez vous besoin de vous plaindre de ceux qui se plaignent ?
Rédigé par : Hugues | mardi 14 août 2007 à 18:14