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jeudi 21 juin 2007

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Comme tout est possible, on peut concevoir deux entités palestiniennes comme jadis les deux Pakistan nés d'une scission avec l'Inde, le Pakistan oriental étant devenu par la suite le Bangladesh.


Au moins le Bangladesh a de l'eau. Même trop d'eau. Gaza est au régime sec : ça ferait un drôle de Bangladesh.

Tu me semble bien pessimiste, nous pourrions "sous louer", un président* tout neuf qui "dit se qu'il fait et fait se qu'il dit", seul, au monde, capable de faire appliquer un traitement efficace : "la rupture".

*il est garanti sans alcool

Il est en effet désolant de voir USA, Europe, Israël se bouger APRES que leurs craintes se soient réalisées (contrôle de Gaza par le Hamas) et alors que leurs réactions (rétablir les transferts financiers dus à l'Autorité palestinienne ...) ne changera pas l'équilibre militaire à Gaza.

Le premier obstacle suggéré - quelle négociation, puisque le gouvernement palestinien ne contrôle plus le tiers de sa population, celle de la bande de Gaza ? - est vraiment sérieux.

Le deuxième - la revendication du droit au retour - ne l'est pas : aussi bien le Fatah que le Hamas ont toujours limité cette revendication à une question de principe, son exercice étant entièrement négociable. Il faudrait que la négociation soit incroyablement maladroite pour qu'ils fassent monter les enchères là-dessus.

Il y a un troisième obstacle : la construction d'une autorité politique LEGITIME a reculé en Cisjordanie aussi. Le président Abbas s'appuie non sur les représentants élus, mais sur la seule OLP. Les militants du Fatah s'attaquent non seulement au Hamas et à ses élus légitimes, mais aussi, en tant que tels, à des musulmans pratiquants et mosquées (Cf. reportage du Monde). La communauté internationale s'abrite derrière le président élu Abbas - certes élu légitime, mais à faible base : son élection a été permise par l'absention du Hamas et le retrait, sous la pression de ses pairs, de la candidature de Marwan Barghouti. Enfin le président Abbas nomme un gouvernement sans légitimité aucune - qu'Israël s'empresse de proclamer "partenaire pour la paix". Mais pour la paix avec QUI ?

Une condition de la paix, c'est que se reconstitue une expression politique d'une volonté générale palestinienne, capable d'engager la population et la société palestinienne, de faire que celles-ci se sentent engagées (sans quoi un traité de paix sera lettre morte).

All,
On peut le concevoir. Mais on peut aussi ne pas le souhaiter. On peut même le redouter.

Fin stratège,
Oui, dans Bangla y a de l'eau.

Bruno,
Parfaitement. Notre président étant spécialiste de l'identité nationale, il devrait faire un "Taba" dans le coin.

PBH,
Then you should. If peace is your concern, obviously.

Frédéric LN,
Tout ça, c'est du long terme. Mais le reprise des discussions avec Abbas, le retour des subventions et des taxes, c'est du concret pour tout de suite. Oui les choses peuvent encore empirer : c'est ce que je dis dans la note. Mais un rapprochement d'Israël avec la seule autorité palestinienne disponible est bien le minimum.

Je comprends, c'est le minimum qui aurait dû être fait bien avant.

Mais ce minimum, venant là (vous perdez le contrôle du tiers de votre population gagné par le coup de force du Hamas, faites en Cisjordanie la chasse aux élus Hamas, et nommez un gouvernement non représentatif, DONC nous vous rendons une partie de votre argent et vous proclamons notre partenaire), sans aucune perspective de long terme, j'ai du mal à le voir autrement que comme le choix de couper Mahmoud Abbas et le Fatah de toute base politique, sociale, électorale. Je comprends bien que la situation est tellement dégradée qu'il y a peu d'alternative, mais j'ai l'impression que la "communauté internationale" reste dans la logique qui, faute de fixer comme but une paix juste, a contribué à dégrader la situation.

Au passage, quel sens cela a-t-il, une "reprise des discussions avec Abbas", alors que jusqu'ici la majorité du danger pour Israël (et pour la sécurité mondiale) vient de Gaza ? La seule hypothèse qui donnerait un sens à de telles discussions, ce serait celle où le président Abbas pourrait retrouver un contrôle sur Gaza : hypothèse si osée que je n'ai entendu personne l'envisager.

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