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lundi 14 mai 2007

Lost in time

Il faudra bien dix ans pour reconstruire le PS autour d'une doctrine viable. Dans l'intervalle, Nicolas Sarkozy pourra réformer sur ses deux oreilles. Ca ne vous rappelle rien ?

Lost_in_timeOn dit que l’histoire « ne repasse pas les plats », qu'il lui arrive de « bégayer », sans doute, mais que rien n'est jamais exactement pareil. Qu'à un contexte différent, une solution distincte s'appliquera forcément... Mais les certitudes de ce bon sens en kit, de cette approche « raisonnable » du cheminement spécifique des nations, viennent manifestement se briser sur l’écueil de l’expérience britannique lorsque la France contemporaine est observée.

Si Ségolène Royal l’avait emporté sur Nicolas Sarkozy, si le courant de pensée qu’elle incarnait, cette construction inédite de social-libéralisme solidaire, d’écologisme pragmatique et de retour aux « valeurs » avait convaincu l’opinion, la question ne se poserait pas dans les mêmes termes, évidemment. La championne du débat participatif aurait pu s’imposer définitivement aux éléphants, lesquels auraient dû arbitrer entre ralliement sans arrière-pensée et voyage sans retour vers les innombrables cimetières pour pachydermes en bout de course que recèle la République ― qui reste bonne fille.

On a le droit d’en douter, mais l’émergence de cette nouvelle façon de faire de la politique, de cette nouvelle approche de l’économie, dans un contexte de forte croissance mondiale et d’évolution démographique intérieure favorable à la baisse du chômage, aurait vraisemblablement permis d’atteindre les deux objectifs majeurs de n'importe quel candidat aux plus hautes fonctions de l'Etat : la reconstruction d'une économie solide et le retour au plein-emploi. Elle aurait même démontré que de tels objectifs ne sous-tendent ni la soumission dogmatique du politique au marché, ni le passage du Sud par profits et pertes, ni même l’inévitabilité de la transformation en jungle ultranéolibérale d’un pays en harmonie avec la marche du monde...

Mais Ségolène Royal a perdu, et avec elle les espoirs d’une rénovation rapide et profonde du parti socialiste. Les « Marx Attacks », comme les désigne pertinemment mon camarade Eviv Bulgroz, ont fait leur réapparition, expliquant finement que la France n’a voté massivement à droite que « par dépit » ― un Fabius ou un Emmanuelli capable de « relever le drapeau de la gauche authentique » ayant cruellement manqué aux électeurs dans l’isoloir. Et à l’heure des règlements de comptes un peu minables, un peu stériles, l’aile « social-démocrate » du PS n’est pas en reste, la « disponibilité » de DSK risquant d’être ravalée à une assez peu glorieuse « mise en disponibilité » tant son message reste flou, camouflé qu’il est par une ambition personnelle de moins en moins légitime, de plus en plus anachronique...

Dans le même temps, un Nicolas Sarkozy adepte du syncrétisme politique rassemble toutes les droites sous l’étendard de son bonapartisme ― des petits blancs du FN aux giscardiens de la vieille UDF ―, les structurant autour de son improbable recette gaullo-jauressiste. Surfant, comme l’aurait fait la belle du Poitou, sur les paramètres exogènes du retour à la croissance et implémentant effectivement la dizaine de réformes dont le pays a besoin pour redécoller, il est quasi-assuré de réussir et peut rêver, avant même d'avoir bousculé Chirac sur le perron de l'Elysée, d’une réélection triomphale en 2012 sur la base d’un bilan positif de fin de mandat ― vraie rareté sous nos latitudes.

Oh, il y aura du dégât, qu'on n'en doute pas... Il y aura des pots cassés parmi ceux d’entre-nous qui n’arriveront pas à suivre le rythme qu’il entend imprimer à son action. Mais, hey, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ! Et s’il faut sacrifier une génération sur l’autel du retour de la France dans la course, so be it ! Tiens, même Guaino sera d’accord, si l'omelette est préparée de façon suffisamment progressiste : « Vous souffrez aujourd’hui, oui, mais c’est pour la bonne cause. Car comme disait Jaurès : " Le courage, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense" ». Hum, alors si c'est Jaurès qui le dit...

La formidable impression de « déjà-vu » (en anglais dans le texte) que provoque cette configuration est étonnante, rien ne ressemblant plus à la France d’aujourd’hui qu’une Grande-Bretagne s’apprêtant à sauter à pieds joints dans l’aventure thatchérienne. Ni une gauche archaïque, déboussolée et divisée, ni une droite décomplexée, super organisée et adossée à une feuille de route dénuée d’ambigüité. Même la diversion créée par l’ami Bayrou et les réponses maladroites qu’elle allait susciter à l’intérieur du PS nous renvoient plus de vingt ans en arrière, du côté de Westminster.

Bah, si répétition historique il y a, si l’Hexagone se la joue « lost in time », l’espoir d’une sortie du tunnel, même lointaine, vaut la peine d’être mentionné. Car dans le scénario anglais, les gentils finissent tout de même par l’emporter et les méchants sont un beau jour raccompagnés à la sortie de Dodge-City à califourchon sur un rail de chemin de fer (privatisé ?), le corps recouvert de goudron et de plumes jusqu’au sac à main. Le seul problème, c’est que ça prend dix ans. Minimum. Et qu’il s’en passe des choses,  en dix ans. Pour le coup, on en viendrait presque à absoudre préemptivement l'éventuelle défection d’un Kouchner, si elle devait se confirmer : une décennie de purgatoire n'est pas une perspective réjouissante lorsque l’alternative est d’être au cœur de l’action.

Je termine tout juste la « Brève histoire de l’avenir » de Jacques Attali, autre néo-sarkozyste notoire, et je m’étonne de ce que ce galimatias de lieu communs sur les « neuf formes » de l’organisation humaine, les hyper-ceci et les hyper-cela qui transformeront notre monde de manière drastique dans les trente ans à venir, puisse être pris au sérieux au-delà du cercle des amateurs de SF bas-de-gamme. Je veux bien, à l’instar de Saint-Exupéry, constater que les prévisions sont difficiles à faire lorsqu’elles concernent l’avenir, mais le rappel de l’histoire récente me semble franchement mieux adapté à la vaticination politique que la régurgitation de concepts collectés dans un vieux numéro d’Astounding Stories. Une incertitude perdure néanmoins, et pas des moindres : la réédition d'un quasi quart de siècle d'histoire britannique implique-t-elle le retirage des numéros du loto sortis sous Thatcher ? A tout hasard, j'irai remplir une grille ou deux. Moi aussi, je veux m'enrichir sous Sarkozy.

© Commentaires & vaticinations

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PS : Je sais que les lecteurs ne suivent pas nécessairement les liens (d'ailleurs trop nombreux, on m'en fait souvent la remarque) dont je parsème mes notes. Je recommande pourtant la lecture de deux articles parus ici-même il y a quelques mois en complément de ce billet : Gauche, l'heure des choix et Le blog de Tony Blair

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» Olé n°67 : Gauche Cafard de "Toreador, un oeil noir ... dans l'arène politique !"
Le Chantier des Partisans Reconstruire la Gauche, cest un exercice qui devient ennuyeux, à force dêtre répétitif. Pénélope, amène du fil à tricoter ! On dirait un chateau de cartes à léquilibre précaire. En 1995, déjà... [Lire la suite]

Commentaires

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Sur le blog de Réformisme et rénovation, l'interview de Jean-Marie Bockel qui appelle à l'union entre Ségolène et DSK pour refonder le parti.

Je ne pense pas que la défaite de celle-ci empêche une refondation. Elle aurait eu lieu, elle aura lieu quand même.

Quant à Attali, il était proche de Ségolène, et n'est pas vraiment un pro-Sarkozy, même s'il a toujours eu de bons rapports avec lui.

Oui, dix ans c'est le minimum dont la gauche a besoin pour se reconstruire. Surtout si Sarko ne s'en tire pas trop mal. Mais c'est presque confortable pour le PS : dans l'opposition, on s'oppose. On a le loisir de se réformer tranquillement et quand on revient au pouvoir on tire les marrons du feu puisque les autres ont fait tout le sale boulot de la réforme. On peut même recommencer à investir dans les services publics et recruter des fonctionnaires puisqu'il n'y a plus de déficit budgétaire. C'est ça le secret du New Labour !

Que reprochez-vous donc aux électeurs ? D'avoir préféré une route toute tracée pour un président non-PS (qui perd dès lors toute excuse en cas d'échec) plutôt que l'hypothèse d'un sens du sacrifice d'une présidente PS qui aura toute sa vie durant démontré que son principal moteur était l'ambition personnelle ?

Jani-Rah,
Je ne mentionne Attali que par rapport à ce très décevant bouquin de prospective. Le fait qu'il soit un ami de Sarko n'est ici qu'anecdotique. Autrement, la refondation est mal barrée. Et même si elle démarre maintenant, je ne vois pas sur quelles bases, elle ne survivra sans doute pas à la déroute qui s'annonce pour les législatives. Mais ce n'est pas un point de vue réjoui, loin de là.

Phil Oxera,
Mon point de vue est tout de même que nous pouvions très bien éviter cette étape. Un PS soudé derrière sa candidate, etc. ça pouvait marcher. Mais bon, on n'en est plus là.

Or,
Mais je ne reproche rien du tout aux électeurs. Si reproche il y a, c'est plutôt à l'appareil PS. Sur le reste, je ne comprends pas de quoi vous parlez dans le contexte de cette note.

C'est vrai que le livre d'Attali est confondant de bêtise et de crypto-truismes auto-satisfaits (plus quelques erreurs factuelles de taille). Mais il en va généralement ainsi chez cet auteur (et est-ce St.Ex ou Yogi Berra l'auteur de la question du futur ?).
Sur le fond, je ne souhaite pas à la France de subir du thatcherisme ; l'UK fin des années '70 était en lambeaux, l'extrême gauche verrouillait les syndicats les plus puissants. Thatcher a fait le sale travail, mais à quel prix ! (cf l'article de Giddens dans Le Monde : "Le thatchérisme fut une forme de transition que je ne recommanderais à aucun pays"). J'espère qu'un socialisme moderne français pourra émerger moyennant une potion moins amère.

Le Grand Jury
Jean-Pierre Chevènement à une caractéristique délicieusement jésuitique, celle de commencer la destruction au lance flamme d’un adversaire par un compliment ! Interrogé sur le futur des leaders actuels du PS, il a dit que « DSK était un homme très intelligent » avant d’atomiser le charme désuet de sa bourgeoisie sociale démocrate «d’un autre age» . Il à dit que Hollande «était très habile» avant de décrire un total manque de prévision chez celui-ci et l’inopportunité de ses prises de positions antagonistes avec celles de Ségolène ROYAL. Enfin il a parlé de son respect pour «l’homme d’état qu’était Fabius» avant de renvoyer ses récentes prise de positions gauchiste à l’age de pierre.
L’ancien ministre de l’intérieur a souligné l’urgence de moderniser le PS «écartelé entre le quasi communisme de Mélanchon et Emmanuelli et la vieille sociale démocratie de Déheska», pour lui, "la priorité" reste "une refondation de la gauche". Jean-Pierre Chevènement semble penser que les choix du PS ne sont pas entre la gauche et la droite du parti, mais entre archaïsme et modernité.
Le « Ché » prend position ferme en faveur de Ségolène Royal: « Vous ne pouvez pas faire en cinq mois ce qui aurait dû être fait depuis 15 ans. Ségolène Royal a acquis un certain nombre de titres, 17 millions même, qui sont les suffrages des Français, pour être un leader pas tout à fait comme les autres (…) aucun autre candidat n'aurait fait mieux», mais "il y avait un certain décalage entre la candidate et la thématique habituelle de socialistes, qui n'ont pas fait l'effort de répondre aux défis nouveaux qui se présentaient". Ce qui s'est marqué par le fait qu'un certain nombre de grands responsables "n'ont pas pris part à la campagne, n'ont pas défendu Ségolène Royal dont le courage, la détermination, l'élan, l'humanité profonde se sont manifestés".

Jean-Pierre Chevènement voit en Nicolas Sarkozy "un homme intelligent, habile, un avocat de profession qui peut créer de fausses fenêtres". Comme exemple de "fausses fenêtres", il a relevé que le nouveau président de la République s'était "acquis le soutien d'une gauche germanopratine en faisant semblant d'abolir ce qu'on appelait à tort la double peine".
Interrogé sur la capacité du vainqueur du 6 mai à exercer la fonction présidentielle, le « Ché » a répondu : "techniquement, je le crois, oui". A-t-il "les réserves de culture, de sens historique, de distanciation par rapport à ses propres amis" nécessaires? "Nous verrons, je le jugerai aux actes. Je suis coutumier de ses variation sur maints sujets", a souligné l'ancien ministre de la Défense. Il a enfin jugé "inopportuns" les appels à manifester le 16 mai, jour de la passation de pouvoirs Chirac-Sarkozy .
"Je jugerai Sarkozy aux actes"

Il faudrait quand même voir de quels "réformes nécessaires" au parle. Quand on voit la pratique du pouvoir mené par la droite dans différents pays ces dernières décénies je me dit qu'une part importante du leadership de l'internationnale conservatrice a purement et simplement rejeté l'intérêt général. Auquel cas, en guise de "réformes" on aura droit à un nombre de décisions dont le but sera d'assurer le confort et l'inavobilité d'un petit groupe, via ce qu'on pourrait décrire comme un assistanat d'en haut (je pense à certaines mesures de Bush fils, comme les cadeaux fiscaux aux citoyens dont les revenus dépassent les 4.000 euros par Week End ou les coûts de boutoirs envoyé à un système d'enseignement public déjà bien mal en point, pour le plus grand bonheurs des parents du privé qui ne verront pas trop de concurence débarquer des quartiers pauvres). Après tout, si l'histoire begaye, Sarko peut aussi faire du Reagan, avec la dette nationale qui double, la proportion de la richesse nationnale entre les mains d'héritiers aux talents limités qui augmente et 29 ministres contraints à la démission pour des affaires de corruptions diverses et variées.

Le plus regrettable est surtout que le PS n'a pas progressé d'un millimètre sur l'analyse des causes de son échec de 2002.

J'avoue ne pas imaginer de raison pour lesquelles, avec les mêmes hommes et femmes que du temps de Jospin, le PS progresserait davantage de 2007 à 2017 qu'il n'a progressé de 1997 à 2007.

En priant que la prévisible réforme des retraites ne laisse pas plus longtemps qu'hélas prévisible cette horde d'énarques aux commandes de l'éléphant rose...

Hugues, ton chapeau nous dit: "Il faudra bien dix ans pour reconstruire le PS autour d'une doctrine viable. Dans l'intervalle, Nicolas Sarkozy pourra réformer sur ses deux oreilles. Ca ne vous rappelle rien?"

Si, si, ça me rappelle très bien que l'argument rigoureusement unique des partisans de Ségolène au moment de la primaire était qu'elle allait nous éviter Sarkozy. C'était la seule chose qu'on nous servait chaque fois qu'on avait le mauvais goût de lui reprocher d'avoir un discours flou et creux (c'est-à-dire pas vraiment ce que j'appellerais une "doctrine viable"). Tant qu'à se rappeler quelque chose, je trouverais pas mal que les extra-lucides dans ton genre se souviennent de cela, Hugues; au lieu de nous expliquer doctement aujourd'hui pourquoi tout va se passer exactement comme vous ne l'aviez pas prévu.

Une "évolution démographique intérieure favorable à la baisse du chômage"

Tu as bouffé du Fabius ?

---

Sinon Généreux est pas mal dans le libé du jour, dans le genre back to the roots, si tu l'as raté

http://www.liberation.fr/rebonds/253529.FR.php

Une "évolution démographique intérieure favorable à la baisse du chômage"

Tu as bouffé du Fabius ?

---

Sinon Généreux est pas mal dans le libé du jour, dans le genre back to the roots, si tu l'as raté

http://www.liberation.fr/rebonds/253529.FR.php

Greuh.

C'est pas normal qu'il y ait un doublon ...

C'est pas pour dire, mais le cliché "germanopratin" commence à m'échauffer les oreilles.

Du bon et du moins bon aujourd'hui.
Le bon, c'est l'allusion à Astounding Stories, preuve de votre réelle culture, et le mal dit sur ce guignol d'Attali, qui prouve que vous n'avez pas perdu tout sens critique (quoique ségoliste).
Le moins bon, of course, c'est le refrain inévitable sur le thème "merde, la gauche archaïque de gauche revient" (cf. les insultes essuyées par J. Généreux sur le site de Libé, apparemment la vérité doit déranger bien du monde). Quant à vos dons de Pythie sur Sarkozy qui ne peut pas se planter "parce qu'il va faire les 10 réformes nécessaires" (lesquelles, grand Dieu ?), je vous renvoie à la clairvoyance électorale de vos choix. C'était pas Royal qui ne pouvait pas se planter ? Par ailleurs, j'espère que vous réalisez l'ambiguité de vos propos : Sarkozy=réformes nécessaires = donc Royal les aurait faites elle aussi.
Donc Sarkozy=Royal.
Etonnez-vous du retour de la gauche archaïque, après ça.

Cdc,
Oui, l’interview d’Anthony Giddens, inspirateur du blairisme, est à lire dans Le Monde. Je voulais donner le lien et j’ai oublié : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-907159@51-907168,0.html C’est même à lire absolument.

Laurent Weppe,
Où faire des réformes ? Système de santé, dépenses publiques, emploi, universités, éducation, retraites, questions européennes, défense, fiscalité... Identifier les chantiers n’est pas vraiment le problème.

Passant,
Alors celle là, il y a longtemps que je ne l’avais pas entendue ! L’échec de 2002 et ses raisons sur lesquelles le PS n’aurait pas encore réfléchi... Et c’était quoi, ces raisons, rappelle-le moi ? Le PS pas assez à gauche, patati patata ?

Poil de lama,
Mais l’idée qu’un Fabius ou même un DSK eut été mieux placé qu’elle pour l’emporter ets débile. Son échec n’est pas la preuve de l’erreur de casting, contrairement à ce que racontent les illuminés qui pensent que cette élection était « imperdable » : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-907822,0.html
Et cette reconstruction qui prendra du temps nait de l’explosion prévisible du PS, explosion qui aurait pu se transformer en évolution « douce » si Ségolène l’avait emporté.


Eviv Bulgroz,
La démographie ne va pas régler la question du chômage. D’une certaine manière, elle est même une bombe à retardement pour le dynamisme du pays. Mais à court/moyen terme, oui, moins de personnes dans les files d’attente, ça fait une différence.

Manu,
Que la gauche archaïque revienne, ce n’est pas exactement un secret. Témoin, le passionnant plaidoyer pour une « gauche décomplexée » publié par Clémentine Autain sur son blog : http://clementineautain.fr/2007/05/14/renovons-refondons-mais-autrement/
Ca vaut son pesant de cacahouètes...

"Surfant, comme l’aurait fait la belle du Poitou, sur les paramètres exogènes du retour à la croissance et implémentant effectivement la dizaine de réformes dont le pays a besoin pour redécoller, il est quasi-assuré de réussir etc."

D'accord avec Manu sur le constat (mais pas d'accord avec lui sur les solutions). On dirait que, pour toi, NS = Royal. Ton choix était-il seulement axé sur les questions économiques dont, en effet, bien des paramètres sont exogènes ou bien n'y avait-il pas d'autres points (institutions, Europe, questions de société, etc.) sur lesquelles je crois NS sera très différent de ce qu'aurait pu être Royal.


"une décennie de purgatoire n'est pas une perspective réjouissante lorsque l’alternative est d’être au cœur de l’action."
Avec ce genre d'argument on pourrait tout justifier mais à quoi bon vouloir être au coeur de l'action si c'est pour mener une politique avec laquelle on est en désaccord. A ce propos, je serais Koucner ou Védrine, je m'interrogerais sur les intentions véritable du nouveau pdt : Pourquoi propose t-il le même poste à deux hommes dont les convictions sont à ce point différentes (droit d'ingérence/real politique, atlantisme, Europe) si ce n'est pour marque un point mesquin (vu son score et l'état du PS) contre la gauche ?

C'était il y a douze ans qu'il fallait refonder le Parti Socialiste : j'y ai cru pourtant avec l'aura se SR, mais certains vengeurs ont préféré saboter sa campagne (ne pouvaient ils pas se taire DSK et Fabius et Holande plutôt que de lui couper l'herbe sous les pieds pendant la campagne?) le PS devrait de scinder en deux : les extrême gauche avec la gauche, et les gauches centristes dont je ferai bien partie d'une autre côté : mais je ne rêve pas, et je préfère passer chez Bayrou !

le PS est décidément devenu trop archaïque pour se remettre en cause !

Hugues: j'ai pas dit "où" j'ai dit "lesquelles". Si on prend le cas de la santé, et pour reprendre un exemple américano-familial, si c'est pour se retrouver avec le système qui permit à ma mère d'aller débourser 2.500 dollars cash aux urgences en préalable à sa prise en charge (mais Sarko nous dira sûrement que 2.500 dollars "c'est pas beaucoup") pour se faire diagnostiquer une rubéole alors qu'elle avait un calcul au rein, j'ai très franchement du mal à voir l'aspect "réforme" de la chose. De même, pour l'université, pour rester dans l'exemple américain puisque notre pseudo-atlantiste puise son inspiration dans les textes d'un certain nombre de politiciens locaux, autant je sais que les universités ricaines sont brillantes, autant un certain nombre de "réformes" de ces dernières années ont permis à des élèves dont les parents ont les moyens mais qui valent 6 au Bac de rentrer dans les meilleures facs: la encore, si Sarko mène certaines "réformes" il peut parfaitement créer une situation en totale contradiction avec sa foi proclamée dans la méritocratie. La question Européenne, avec son "mini-traité" fait sans passer par la voie référendaire, parce que monsieur a été échaudé par le référendum de Chirac et veut visiblement demander le moins possible son avis à la population une fois dans son fauteuil, il va non seulement ne rien faire pour diminuer le poids des chancelleries dans le gouvernement de l'Union, mais il va en plus donner un coup de fouet à toutes les organisations anti-européennes qui auront beau jeu de dénoncer le déni de démocratie du président. Je passerai sur la défense vu que j'estime que toute politique de défense sera ridicule tant qu'on aura pas un commandement et un budget militaire unique pour l'ensemble de l'Union, et la fiscalité, je revient une nouvelle fois avec mon assistanat d'en haut, mais s'il s'agit de faire des cadeaux fiscaux, du genre 25.000€ de baisse d'impôt pour les ménages millionnaires en revenu qui finiront par doubler le déficit annuel (encore un exemple américain), la encore, ce n'est pas de la "réforme" et ça ne sert pas l'intérêt général.

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