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mercredi 31 janvier 2007

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Ce qui est irritant dans ces discussions sur les expatriés, c'est que l'on pose toujours comme point de départ (c'est le cas de le dire) qu'ils le sont pour des raisons financières ou parce qu'ils ne trouvaient pas de travail en France. Mais on s'expatrie aussi (si l'on n'a pas trop de contraintes au moment où on le fait, certes) par goût de la découverte, de l'ouverture d'esprit, ou par attirance pour tel ou tel pays... sans nourrir de ressentiment particulier à l'égard de son pays natal. Seulement, 500000 km2 peuvent rapidement paraître étroits dans un monde de plus en plus ouvert et interconnecté !

Mollah Sarkozy ? Chassez le naturel communautariste, il revient au galop.

@ Mathieu,
en dehors de la thune, du goût de la découverte ou de la "simple" quête d'un taf, on peut aussi s'expat juste pour pouvoir réaliser un projet qu'on arrive pas à réaliser en France, monter des échelons, pouvoir mener des recherches scientifiques que le CNRS ne permet pas de mener, etc.

C'est proche de la thune, mais pas forcément.

C'était un commentaire à forte valeur ajoutée.

D'un autre côté, pour avoir vu des expats dans leur environnement naturel, je peux affirmer qu'on trouve aussi quelques spécimens qui arrivent à être encore pire que la caricature qu'on en fait, qui sont tellements atteints qu'on peut prendre les choses par la raillerie (la France expulse les plus innintégrables en les faisants expats) ou en déclarant "Ik ben van Luxembourg" quand on nous demande d'où on vient.

Consternation c’est le seul mot que je trouve pour commenter, en fait je me demande pourquoi j’use mon clavier pour commenter.
Mon fils, parti pour un meilleur job, ma fille partie pour un diplôme de meilleure qualité, la plupart des jeunes de notre famille ont quitté la France pour faire leur vie ailleurs, des gens autour de moi sont partis après avoir vendu leurs biens (résidences ou entreprises) ou s’être fait domicilier ailleurs …
Avez vous seulement pensé ne serait ce qu’une seconde que ces gens dépensaient, travaillaient et faisaient travailler du monde, contribuaient à faire marcher la machine économique ? Pensez vous que la France n’a pas besoin de ses diplômés et entrepreneurs ? De tous ceux qui partent effectuer des études ailleurs combien reviendront vu la situation économique, de l’emploi, des carrières et de l’évolution fiscale ?

@ vienne

... et la qualité de vie. Si les gens veulent partir, qu'ils s'en aillent ! D'autres les remplaceront.On est bien en France. Du moins qui est suffisamment bien éduqué pour jouir de la vie.

Les Français installés en Grande-Bretagne sont peu nombreux (95 000). Les personnes qui entrent en Grande-Bretagne le font davantage pour leurs études que pour le travail. Celles qui quittent la Grande-Bretagne sont d'âge actif et très peu sont des retraités.

Une désinformation insidieuse veut nous faire croire que les jeunes Français quittent la France pour trouver ailleurs un emploi qu'ils ne trouvent pas chez eux, en particulier pour aller en Angleterre. Dans l'autre sens, seuls les retraités viendraient s'établir en France. Ce discours est bien différent de la réalité.

Comme le montrent les statistiques britanniques, lors du recensement de 2001, les Français ne sont pas très nombreux en Grande-Bretagne : 95 100 (38 100 à Londres). En proportion de la population française pour 2001, seulement 0,16 pour cent des Gaulois se trouvent chez les Grands-Bretons, à comparer avec 0,32 % pour les Goths. Les pays présentés comme des modèles de réussite ont une proportion plus importantes de leurs nationaux en Grande-Bretagne : Danemark (0,35 %), Pays-Bas (0,25 %), Suède (0,25 %), de même que l'Allemagne (0,35 %) qui a longtemps été présentée comme un modèle.
L'Irlande est un cas particulier (14,11 %) et les mérites tant vantés, mais artificiels, de l'économie irlandaise n'incitent guère les Irlandais à retourner dans leur pays.
...
Le principal motif est les études (26,4 %) pour ceux qui vont en Grande-Bretagne et pas le travail (22,3 %), alors que le principal motif est le travail (25,2 %) pour ceux qui quittent la Grande-Bretagne, les études comptant très peu (3,0 %).
...
Si l'on examine l'âge des migrants, ce ne sont pas des cohortes de retraités qui quittent la Grande-Bretagne mais pour l'essentiel des personnes d'âge actif. Les retraités ne sont que 2,6 % parmi ceux qui quittent la Grande-Bretagne (retraite à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes). La plus grande proportion d'entrées entre 15 et 24 ans provient d'une beaucoup plus grande proportion d'entrées pour les études.

Lire http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/gaulois.htm
pour plus d'informations, avec tableaux statistiques des migrations.

Petite précision: je ne suis pas le Mathieu du 1er commentaire, même si je suis bien d'accord avec lui.

Il faut arrêter de se lamenter sur les départs de français à l'étranger. Il y a aussi des arrivées d'étrangers, et des retours d'expatriés. Ce n'est qu'un effet d'une mobilité toujours plus grande.

Quelques petits exemples autour de moi:

- j'habite et travaille en Suisse (Lausanne) depuis 6 ans, et je rentre en France au printemps. Je suis venu ici pour me rapprocher des montagnes (j'étais alors à Francfort, qui manque cruellement de relief), j'ai beaucoup apprécié d'être ici, mais ma vie actuelle (enfants, etc.) me rapproche de + en + de la France pour des raisons aussi bien matérielles qu'affectives.

- parmi les Français que je connais à Lausanne, ceux qui ne sont pas encore rentrés sont toujours ceux qui étaient venus pour une seule raison: l'argent. La plupart ne sont pas particulièrement heureux d'être ici, mais ils jouissent d'un confort matériel qui leur évite de se poser trop de questions

- un ami parti en Irlande il y a 4 ou 5 ans vient de rentrer en France avec sa copine (irlandaise)

- une amie qui vivait à Londres y a rencontré son copain, espagnol. Ils ont quitté l'Angleterre pour Barcelone et envisagent tous les 2 de s'installer en France

- de tous mes potes expatriés, le seul qui restera à l'étranger à mon avis a épousé une Irlandaise et vit au fin fond du Kerry. Il n'est pas là pour des raisons matérielles mais parce qu'il y a trouvé un style de vie qu'il a adopté.

Les raisons matérielles qui peuvent pousser certains au départ ne tiennent pas souvent sur la durée. Et ceux qui restent pour un salaire supérieur n'en retirent pas forcément un bien-être à la hauteur de leur "sacrifice".

Les autres, ceux qui sont partis parce qu'ils étaient curieux, qu'ils avaient envie de bouger et de voir du neuf, soit ils continuent à bouger, soit ils reviennent enrichis de leur expérience étrangère...

Lucas, Laurent.

Je ne veux pas généraliser à partir de mon cas, je ne pétends même pas être représentatif de quoi que ce soit. Enfin, voilà. Nous sommes trois frères. Je suis chercheur, et faute de trouver un boulot en France je suis parti en Afrique du Sud, où je n'ai eu aucune difficulté à trouver un travail dans ma spécialité. Mon frangin, ingénieur informaticien, travaille à Londres parce que c'est là que sont les pricnipales boîtes dans son domaine. Reste le troisième, qui était en train de se préparer à partir en post-doc (chercheur aussi, quelle famille !) au Japon quand finalement il a trouvé un poste de maitre de conf.

Pour aucun de nous trois, l'expat n'était le premier choix : c'est un pur produit des circonstances, qui faisaient qu'il nous était difficile ou impossible de trouver un travail correspondant à notre formation en France. Bien sûr, nous étions à la base prêts à partir, à tenter notre chance ailleurs, à découvrir autre chose : la dimension "mentalité personelle" compte énormément. Mais notre premier choix n'était pas de faire notre vie à l'étranger : y passer un an ou deux, d'accord; y faire carrière, bof.

Alors : "Une désinformation insidieuse veut nous faire croire que les jeunes Français quittent la France pour trouver ailleurs un emploi qu'ils ne trouvent pas chez eux ... " : c'est exactement notre cas. Désolé de désinformer insidieusement.

"Si les gens veulent partir, qu'ils s'en aillent ! D'autres les remplaceront.On est bien en France. Du moins qui est suffisamment bien éduqué pour jouir de la vie." Oui, on est bien en France. Sans doute ne suis-je pas suffisament bien éduqué pour jouir de la vie. Pourtant, je ne voulais pas vraiment partir, et je m'en suis allé quand même.

Maintenant, je ne suis pas malheureux ici, n'allez pas croire ça. J'ai fait un choix, et j'en suis plutôt content. Mais il y a quand même des phrases que j'ai un peu de mal à avaler.


Pour élever un peu le débat, je ne sais pas si le phénomène est si grave ou si important que ça. Anecdotique et révélateur, sans doute. Mais traduit-il un vrai mouvement de "fuite" de la France, ou est-ce simplement la manifestation d'un système tout à fait normal ou les gens changent de pays dans leur carrière ?

Après tout, dans le monde professionel et relationnel qui m'entoure, il est tout à fait normal de passer un bout de sa carrière dans un pays, un bout dans un autre, et de revenir dans le premier pour finir avant de prendre sa retraire encore ailleurs. Entre pays du Commonwealth en particulier(UK, Australie, SA, Canada), ca se passe tout le temps et rares sont les gens qui nous entourent (dans le monde académique, mais même plus largement que ça) qui n'ont pas vécu dans au moins deux de ces pays. Finalement, les mouvements d'expats français, ce n'est peut être rien d'autre que l'intégration de la France dans ces flux...

@ JF

"Finalement, les mouvements d'expats français, ce n'est peut être rien d'autre que l'intégration de la France dans ces flux..."


Voilà, je partage votre point de vue.

Observez que vous auriez vraisemblablement eu le choix de rester, comme un de vos frères, et que l'ingénieur, aurait également eu la possibilité de travailler en France. Nous sommes en présence de choix de vie, qui sont aujourd'hui possibles. Autrement dit l'expatriation n'est pas une calamité à laquelle on ne peut se soustraire. Je ne crois d'ailleurs pas que les expatriés se perçoivent comme des victimes. Dès lors l'instrumentalisation politicienne du phénomène est pour le moins contestable. Agaçante, aussi !

Et la conclusion de ce billet est un paradoxe qui pourrait inciter à relativiser la vision qu'on a de l'expatriation.

J'aimerais vous aporter mon sentiment sur le sujet. INteressant certes röponses maintes fois lues de part et d'autres mais il ne faut pas oublier les personnes qui partent parce que le système bureaucratique francais est lourd, lourd en exigences rigide voire extra-rigide, et difficile pour ceux ou celles qui veulent s'elever dans le professionnel ou le social, je parle notament des jeunes qui veulent se mettre à leur compte et que même avec leur motivation surhumaines ils se voient freiner sec par les contraintes administratives et fiscales.
Je parle des personnes aussi qui sont las des discriminations professionnelles, je prends l'anecdote de personnes qui en presentant leur cv se voient refuser l'entretien parce qu'ils habitent dans le 93 ou s'appellent Omar au lieu de THomas ou Mathieu. Etre consideré comme un étranger aprüs une pleine culture francaise, un attachementà la france tant au niveau scolaire que social est aussi un argument de départ.
Le départ n'est pas seulement un motif vénal ou de dépaysement, mais d'une intégration sociale, professionnelle bien sur. Se sentir non reconnu, non intégré est au delà de tout le pire des sentiments , quand bien même on repond à toutes les exigences de la Vache à lait en France( etudes accomplies, habitation en zone bourgeoise etc). Cette rigidité en France ne laisse place à aucun écart.
Si en plus vous ajoutez les rigeurs administratives... derniere anecodte de ces pauvres enfants au 2 avril de cette annee qui se ovient refusös la cantine et pour simple repas du pain et de l'eau, sous pretexte que leur parents n'avaient pas payé la cantine en début de mois et qu'ils ne pouvaient rien d'autres leur donner à manger par craintes d'allergies!!! Quand on a des enfants à charge on a aussi leur dossier médical!! Donc comprenez bien que dès le plus jeune âge certaines personnes sont marquées par cette rigidité qui ne va pas forcément avec leur tempérament et leur personnalité.

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