La campagne pour l'investiture socialiste se termine comme elle avait commencé : Ségolène en tête, DSK et Fabius en lutte pour la seconde place d'une éventuelle finale. Elle aura néanmoins permis à la belle du Poitou d'apporter la preuve de la pertinence de sa démarche.
Je ne voudrais pas donner le sentiment de m’identifier trop fortement à la candidate que j’ai décidé de soutenir, mais j’ai l’impression, tout comme elle, d’avoir eu du mal à faire passer mon message auprès des gardiens du bon goût ces dernières semaines... Tout au long de la campagne, en effet, Ségolène Royal a été accusée, simultanément, de ne rien dire et d’en dire trop. Et les mêmes esprits chagrins se sont ingéniés à lui reprocher son manque de substance le lundi pour mieux l’attaquer sur ses dérives iconoclastes le mardi. De mon côté, je crois être revenu, à de nombreuses reprises, sur les raisons de ce soutien, sans effet visible sur ces commentateurs me sommant de m’expliquer « concrètement ».
Je vais donc tenter de les satisfaire une fois encore, à quelques jours du vote d’investiture, tout en mesurant l’inutilité de la démarche en termes prosélytes : les anti-Ségo le resteront jusqu’au bout, quand ses supporters me semblent très susceptibles de se reporter sans arrière-pensée sur un autre candidat en cas d’échec. Et de toute façon, l’évolution récente de l’audience du blog (plus d’un millier de visiteurs quotidiens en dépit d’un rythme de publication généralement hebdomadaire) suggère que les commentaires ne reflètent pas nécessairement le point de vue de la majorité des lecteurs. Les membres du PS ne représentant, en outre, qu’une minorité parmi les gens qui fréquentent ces pages, mes prises de position ont peu de chance d’avoir un impact sur l’issue de ce scrutin interne (mais sait-on jamais...).
J’appartiens à ce milieu que les as du marketing rangent chez les « CSP+ » et les publicitaires chez les « bobos ». Mon activité professionnelle me permet de jouir de revenus supérieurs à la moyenne, j’ai vécu à l’étranger, je lis la presse française et internationale, je m’intéresse à l’économie et à la littérature, je suis propriétaire d’un appartement dans le centre de Paris et je circule à vélo... Bref, tout le portrait d’un électeur naturel de DSK (d’aucuns persifleraient qu’il s’agit plutôt de celui d’un électeur de droite, mais j’ai tout de même précisé que je lisais des livres pour brouiller les pistes). Tout le portrait d’un électeur de DSK, donc ? Absolument. Et il n’y a pas si longtemps, c’est effectivement le député de Sarcelles que j’espérais voir entrer à l’Elysée, le boulot naguère accompli à Bercy, comme la vision développée dans son livre-manifeste de 2002, correspondant aux attentes du gauchiste réformé que je suis. Enfin, un gauchiste réformé ayant patiemment élaboré une version suffisamment syncrétique de la social-démocratie pour y intégrer, sans difficulté de cohabitation, Aron, Tocqueville, le New-Labour et les différentes incarnations chrono-spatiales du modèle scandinave. Et sur mon diagnostic de l’économie française : lisez Julliard, Baverez, Marseille, Fauroux & Spitz, Le Boucher, Blanc..., soit la cohorte de ceux qui, hâtivement qualifiés de « déclinistes », passent leur temps à clamer que la France est formidable et qu’il lui suffirait de s’en souvenir pour reprendre le cours de son histoire. Le DSKiste de base, quoi...
Mais voilà, j'ai changé d’avis. J'ai changé d’avis à force d’entendre DSK se molletiser en faisant le pari, comme tant d’autres au PS, que seul un retour aux valeurs de la « gauche éternelle », celle du programme commun et de la dénonciation du terrible capitalisme anglo-saxon, pourrait lui permettre d’arriver au pouvoir. J'ai changé d’avis à force de l’entendre se renier, jour après jour, refusant d’assumer jusqu’à l’héritage des années Jospin. Bon, j’avais bien compris, comme tout le monde, qu’il ne s’agissait que d’un positionnement marketing, d’une posture, d’une « tactique », l’idée étant, à la Fabius, de ratisser large avant d’affiner. J’avais bien compris mais cette tactique-là ne me disait plus rien.
Bien entendu, j’aurais pu attendre un peu et, même, réviser mes positions au moment du coming out social-démocrate de l’ami Dominique. J’aurais pu m’intéresser à son voyage aux Etats-Unis, à ses réflexions sur l’autonomie des universités, aux distances prises par rapport à la question de la renationalisation d’EDF... J’aurais pu, c'est vrai, mais il était déjà trop tard, le phénomène Ségolène m’ayant entretemps conduit à reconsidérer totalement l’idée que je me faisais d’un président. Enfin, d’un président pour 2007. Pas pour 1970 ou 2040.
On s’en doute, la belle du Poitou, si elle s’avisait de lire mon blog, s’empresserait de publier un communiqué pour s’en distancer, mon blairisme à moi étant légèrement plus appuyé que sa timide référence aux succès de magic-Tony en matière de chômage des jeunes. Fort heureusement, je n’ai pas de compte à lui rendre (et réciproquement). Mais quels sont donc, dans ces conditions, les ressorts qui sous-tendent mon soutien à sa candidature ? Ok. Commençons par la dimension « la plus évidente », comme on dit désormais : Ségolène Royal est une femme. Et contrairement à pas mal de gens, j’incline à penser qu’il s’agit d’un facteur majeur, porteur de différences fondamentales dans l’approche du pouvoir et de la chose politique. Je ne fais pas, pour autant, de la « Femme » avec un grand F une sorte d’être surnaturel et éthéré, dégagé des ambitions animales et primaires qui nous animeraient, nous les hommes. Certainement pas. Et les rumeurs sur certaines de ses dérives autocratiques comme présidente de région achèveraient d’éliminer toute illusion de ce type. Mais je suis convaincu que traverser la vie au féminin suppose une expérience si radicalement autre, si décalée de celle que nos quinquas en pantalons ont pu connaître, que l’envie d’offrir le top job à une représentante du « sexe faible » est devenue terriblement attractive. La fonction présidentielle, même lorsqu’un Mitterrand assure ne « vouloir le pouvoir que pour nous le rendre », est en France l'héritière directe de son équivalent sous l’Ancien Régime. Et la dérive monarchique que n'évitera évidemment pas un successeur de Chirac façonné par une ambition de trente ans me semble moins probable chez quelqu’un dont le projet est récent.
Je ne mettrai pourtant pas mon bulletin dans l’urne dans le seul but d’assister l’ascension d’une présidentiable « accidentelle », sorte de mère de famille héroïquement sortie du rang. Non, je le mettrai dans l’urne en considérant que Ségolène Royal représente, pour toutes ses maladresses, la première chance véritable de briser le dogme et de troquer le lyrisme qui sied si bien au PS pour une bonne cure de pragmatisme. Qu’il s’agisse de délinquance, de scolarité, de temps de travail, d'innovations démocratiques et, même, plus récemment, de politique internationale ou d’affaires européennes, elle seule semble être capable de reprendre les problèmes à la base plutôt qu’en fonction de ce que ses compétiteurs croient devoir rabâcher pour séduire leur micro-segment de l’opinion socialiste.
DSK évoque-t-il, un sanglot dans la voix une « Europe embrassant la Méditerranée jusqu'au cap de Bonne espérance » ? Fabius décrit-il les contours d’une « Europe de la gauche française » ? Elle leur répond qu’elle préfère une Europe « de la preuve », recentrée sur les valeurs de paix et de prospérité qui réconcilieront les gens avec une magnifique idée vidée de son sens à force d’être transformée en concept marketing.
DSK et Fabius lui font-ils la leçon en énonçant les 72 articles du Traité de Non-Prolifération nucléaire (plus les protocoles additionnels) ? Elle leur répond qu’elle s’attache davantage à la réalité de la situation iranienne (ambigüité de la finalité des opérations d’enrichissement d'uranium, mais absence d’ambigüité quant à la menace pesant sur Israël...). DSK et Fabius récitent-ils dans l’ordre les 84 procédures distinctes régissant l'action de la FINUL ? Elle leur répond que si rien de concret ne vient transformer la vie des gazaouites au plan matériel, rien de bon n’est à espérer avant longtemps. DSK et Fabius restent-ils bloqués dans un time-warp, dissertant sur les mérites d’une intervention américaine en Irak ? Elle leur fait remarquer que l’intervention a eu lieu et qu’il s’agit désormais de savoir si, oui ou non, la France peut aider ce pays à s’installer dans la démocratie (formation de cadres, gestion de l’eau, électricité, écoles...).
Je l’ai déjà dit ici, mais puisqu’il faut se répéter, répétons-nous, je crois que le principal frein à l’émergence d’une social-démocratie efficace dans l'Hexagone tient à notre aversion au pragmatisme et à la prise en compte du réel, les envolées dogmatiques de Fabius et le lyrisme technicien de DSK n’étant, finalement, que les deux faces d’une même médaille en toc. Souhaiter l’élection de Ségolène, ce n’est pas souhaiter l’arrivée d’un nouvel homme providentiel (et pour cause !), mais plutôt la mise en place d’une équipe capable de rendre sa boussole à la France et de la gérer, au moins quelques années, sans ambition démesurée. Ca peut paraître ennuyeux, cette perspective de « suédisation » du pays de la Révolution et des « journées d'action » de la SNCF et, sans doute, ça l’est. Mais la perspective d’une poursuite du déclin si la gauche non-ségoliste l’emporte ou, pire encore, celle de la transformation de la France en espace communautarisé et faussement libéral si elle ne l’emporte pas, est insupportable. Le 16 novembre, je voterai Ségolène. Pas vous ?
© Commentaires & vaticinations
Le despotisme éclairé est d'autant plus attirant que tout le monde aime se penser plus éclairer que le voisin.
Rédigé par : Laurent Weppe | dimanche 12 novembre 2006 à 13:41
Ségo s'affiche partout comme candidate de la rupture (la stratégie sarkozyste in fact). Or, si je ne me trompe pas, elle fait bien partie de ce sérail élitiste qui est la principale cause du discrédit du politique: énarque, collaboratrice de mitterrand, qui a élevé ses gamins sous les lambris de la politique, etc. En réalité, sa seule rupture, c'est d'être une femme, ce qui sauf à être sexiste, ne devrait pas être pris en compte.
Sous cet angle, la vraie rupture me semble plutôt venir de qqu'un comme DSK, un prof d'éco, qui parle plusieurs langues étrangères, blogge, etc.
Rédigé par : Jo | dimanche 12 novembre 2006 à 16:06
Cher Hugues c'est la première fois que je visite ton blog, et je fais exactement la même analyse que toi (et ayant le même profil sociologique, j'adore ton expression "suedoise du poitou"), c'est cool de lire ton article, surtout en venant du blog de DSK où j'ai bc rit, les commentateurs sont comment dire, bon, curieux !
Mais tu as du en faire l'expèrience ton blog.
Je repasserai te lire,
Rédigé par : liza | lundi 13 novembre 2006 à 03:49
Il me semble qu'il y a, au-delà de son "pragmatisme", quelque chose qui fascine dans le personnage Ségolène - sur un plan, disons, psychologique. C'est la détermination farouche et la volonté qui l'animent. Cette femme semble sacrément "dure". D'une manière différente des hommes, sans doute, mais elle fait l'effet d'une adversaire redoutable...
Rédigé par : Marc | lundi 13 novembre 2006 à 14:30
Sarko' Hara et Sego' Timmins : painfull....
La presse "industrielle" est largement coupable du degré zéro du débat des présidentielles.
Il est clair que l'électorat est aujourd'hui très désorienté par l'offre politique de la droite, incarnée par Sarko et de la gauche par Ségo.
Combat, lamentable, de O' Hara et de O' Timmins, largement orchestré par les média "industriels", l'électeur de bon sens ne s'y retrouve pas. Ces médias, comme le souligne Jean-François Khan, s'arrangent pour parler le moins possible de François Bayrou et de l'UDF qui apportent pourtant des réponses et surtout une vision pour la gouvernance de la France, gouvernance qui soit autre chose que le spectacle atterrant que nous donne les questions au gouvernement chaque semaine à l'Assemblée Nationale.
Ces médias devraient pourtant se réjouir d'avoir enfin autre chose à raconter ! D'avoir enfin un courant politique qui s'adresse au français et non aux corporatismes et au lobby de tout poil ! Eh bien non ! Le politiquement correct et, plus grave, l' "économiquement correct" conduisent ces médias à baisser leur pantalon et à se détourner ainsi du devoir d'objectivité et d'indépendance de la presse.
Oui, Francois Bayrou a eu raison de le dénoncer, oui il a raison d'affirmer la collusion média/industriels, oui les idées de l'UDF ne sont pas relayées à la hauteur de ce que l'objectivité imposerait
Rédigé par : Arsène | lundi 13 novembre 2006 à 14:31
Bravo en résumé (je caricature mais c'est pour forcer le trait).
point 1/ comme elle n'a pas de réelles convictions, le pragmatisme sera à l'honneur. On gouverne le nez au vent en somme. Pourquoi pas le danger ce sera la dictature de la popularité.
Point 2/ Discours anti-elite et gens connaissant les dossiers ... la réalité face au droit etc...
Ne serait ce pas un peu à la limite de ce que l'on appelle le populisme.
Moi je ne vais pas voter jeudi, neammoins et en toute objectivité je pense que les deux vrais représentant des tendances du PS aujourd'hui sont DSK et Fabius. Et qu'effectivement pour que la gauche gagne elle doit défendre des positions de gauche et non des discussions de salons de thé.
Ségoléne, je trouve manque de solidité dans les débats, son pragmatisme relevant souvent du "faudra voir", "posons la question on verra ensuite". Ce que je lui demande ce ne sont pas des questions mais des orientations.
Pas vous ?
Rédigé par : prevalli | lundi 13 novembre 2006 à 15:29
non, je me méfie des orientations toutes faites car elles biaisent la aison. A choisir, je préfère une question claire limpide et bien formulée que de vaseuses et présomptieuses orientations ds la marche du monde actuelle.
Rédigé par : lorrion | lundi 13 novembre 2006 à 20:18
Si les "orientations" prennent la forme de lois passées de force via le 49.3, de décisions construites sur des préjugés stupides que l'on déguise en idéologie après coups ou d'une politique hyper-élitiste et consanguine présentée comme du "réformisme" alors je les "orientations" je m'en passerai sans regret, merci bien.
De plus, la question du "pragmatisme" est prise à l'envers: aujourd'hui, on voit de plus en plus de politiques faire de l'idéologie pour masquer un manque voir une absence de convictions, alors qu'en même temps des décisions idéologiques, voir basées sur des préjugés complètement foireux (expliction que m'a filé un jour un proche de sarkozy: "Le CPE c'est bien parce que les pauvres et les chômeurs sont des feignasses congénitales qu'il faut forcer à bosser" ça a l'air caricatural comme ça, mais c'est VRAIMENT ce que pensaient beaucoup de notables de droite ainsi que leur courtisants... décidément, je regrette pas d'avoir défiler contre cette mesure) sont présentés comme étant purement pragmatiques.
Quant à l'accusation de "populisme".
Combien de fois faudra-t-il répéter que le populisme ce n'est pas de l'anti-élitisme, mais au contraire de l'élitisme poussé à un niveau pathologique.
Un populiste, c'est quelqu'un atteint du syndrome de Cromwell: il prêt à couper la tête du roi à la demande du peuple, mais elle n'aura pas fini de rouler qu'il sera déjà assis sur le trône laissé vacant.
Les propositions de Royal ont pour objectif de limer un peu le piédestal sur lequel les décideurs ont tendance à se mettre, pas de faire ce que souhaitent vraiment les populistes, à savoir piquer la place aux élites mais sans en changer les mœurs.
De plus, ce que ses propositions ont révélés, plus qu'un populisme personnel, c'est l'élitisme latent du monde politique: tous pourris, certainement pas, mais tous persuadés d'être plus doués que le commun des mortels, alors ça oui, et c'est précisément la grande faiblesse du système actuel, une faiblesse qui doit être corrigée avant que les dégâts de l'"entre-nous" ne deviennent irréparables.
Rédigé par : Laurent Weppe | mardi 14 novembre 2006 à 01:02
"Enfin, un gauchiste réformé ayant patiemment élaboré une version suffisamment syncrétique de la social-démocratie pour y intégrer, sans difficulté de cohabitation, Aron, Tocqueville, le New-Labour et les différentes incarnations chrono-spatiales du modèle scandinave. Et sur mon diagnostic de l’économie française : lisez Julliard, Baverez, Marseille, Fauroux & Spitz, Le Boucher, Blanc..."
...et tout ça avec une carte au PS et une posture "de gauche" : pas de doute, Hugues, vous êtes Royal.
Rédigé par : manu | mardi 14 novembre 2006 à 10:55
Votre belle europe vous l'avez. Elle ne sert qu'à presser le citron des salariés avec la seule et vraie concurrence qui y existe : celle entre les salaires et les niveaux de vie. Un seul objectif après avoir détruit les employés , s'attaquer à ce que l'on appelle les classes moyennes.
Vous faites ce que vous voulez pour Ségolène. Vous pouvez effectivement ne rien en avoir à foutre des gens poussés à la précarité. Cela n'a aucune importance, de toute façon la "bèèèlle du Poitou" ne sera pas au second tour....
Ce que je vous reproche c'est que le seul choix que vous me laisserez au second tour c'est celui entre un jeune facho avec lequel on en prend pour 10 ans, voire plus, et un vieux facho avec un cancer de la prostate. Vous ferez quoi vous face à ce choix ? Pour moi comme pour beaucoup d'autres, comme votre belle europe libérale ne nous laisse pas d'autre choix, je sais ce que je vais faire.
Rédigé par : Lorang | mardi 14 novembre 2006 à 19:00
La "belle europe" a une majorité de gouvernements de droite et une majorité de droite au parlement de Strasbourg avec l'extrême droite, et parfois l'extrême gauche, qui lui vient en renfort, alors avant de parler des "objectifs" de l'Europe, faudrait voir un peu QUI la dirige.
Quant à l'absence de la "bèèèle" du second tour, elle est très peu probable: l'abstention ne battra pas les records de 2002 et surtout, si Ségolène n'a pas son pareil pour exaspérer les militants des partis de gauche (y compris certains du sien) elle fait l'effet inverse en dehors de ce petit microcosme.
Rédigé par : Laurent Weppe | mardi 14 novembre 2006 à 20:24
A propos de Ségolène, j'ai trouvé une analyse assez pertinente qui compare point par point ce que l'on sait déjà des programmes de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal.
On peut y voir ce qui les rapproche et ce qui les différencie radicalement. C'est plutôt intéressant, ça se passe là :
http://ulfablabla.free.fr/
Rédigé par : John | dimanche 26 novembre 2006 à 12:08