« Un Bad-Godesberg "par la preuve" ? | Accueil | Libé gratuit : évaluation à la française ! »

mardi 21 novembre 2006

Libération et les gratuits : if you can't beat them, join them !

L'arrivée de Laurent Joffrin est une excellente nouvelle du point de vue éditorial. Mais parce qu'elle n'aura aucun impact sur l'environnement hostile dans lequel évolue Libération, l'heure est peut-être venue d'une vraie révolution…

VvoicesadJe suis assez intrigué par le plan de Laurent Joffrin pour Libération et, surtout, par la manière dont il est parvenu à le vendre aux salariés. D’abord parce que rien ne le distingue vraiment du premier jet Rothschild, même si le nombre de départs a effectivement été ramené de 100 à 80 (les syndicats proposaient 50), mais aussi parce que ni la personnalité de l’ex-directeur de la rédaction du Nouvel Obs, ni ses options politiques disons, réformistes, ne semblent de nature à rassurer les partisans d’un retour du journal à ses « racines antilibérales »…

Pour autant, si une seule personne au monde est susceptible de tenter cette opération de la dernière chance avec une vague possibilité de succès, c'est bien ce type de 54 ans, connaissant Libé comme sa poche pour y avoir effectué plusieurs allers-retours, excellent journaliste et, dit-on, plutôt bon manager. Il fallait d'ailleurs une certaine dose de courage pour quitter l’un des hebdos les plus prospères de la place et intégrer un quotidien en phase terminale. Du courage et peut-être un peu d’inconscience, compte-tenu de la situation financière désastreuse de la société et de l’absence de vraies perspectives de redémarrage.

Car en quoi consiste, exactement, le projet Joffrin ? Est-il réellement possible de redresser la barre en faisant de Libération un « journal engagé aux côtés de ses lecteurs plutôt qu’au-dessus », en développant « fortement » le site Internet, en « allégeant les hiérarchies », en rendant les journalistes « polyvalents » et en apportant, hum, de la « valeur ajoutée à l’information » ? Franchement, en marge d’une indispensable recapitalisation de la société et de la mise en œuvre d’un plan d’économie drastique, ces déclarations d’intentions tiennent surtout du baratin convenu et auraient pu être proférées par n’importe quel parachuté.

Je l’ai déjà écrit ici, je ne crois pas que les problèmes de Libération se résument à sa propre incapacité à se réformer au plan rédactionnel et à gagner de nouveaux lecteurs par la pertinence de son contenu. Libération n’intéresse plus grand monde, c’est un fait, et la presse quotidienne française traverse bel et bien une crise de l’offre plutôt qu’une crise de la demande au vu du faible nombre de titres et de leur inaptitude à marcher sur les traces d’une presse magazine aussi diverse que florissante. Mais même un Libération « de qualité », un Libération que les gens auraient envie de lire, verrait sa résurrection bloquée par l’absence d’un réseau de distribution dense et efficace, par un prix de vente prohibitif, voire par la concurrence croissante des gratuits et du Web. Déjà cruel pour des titres en bonne santé relative ou, au minimum, adossés à des groupes à peu près viables, qu’il s’agisse du Figaro et du Monde, cet environnement ne permettra pas à Libération de reprendre pied.

Faut-il pour autant se résoudre à la disparition de l’un des derniers quotidiens nationaux français ? Faut-il accepter de n’avoir plus le choix, le matin, qu’entre le Figaro et le Parisien ? Faut-il faire son deuil du potentiel d’irrévérence et de rébellion que recèle, encore, parfois, le journal de Serge Ju… heu, de Laurent Joffrin ? Certainement pas, puisqu’une solution existe qui permettrait, tout à la fois, une relance du titre et la reconquête du statut de pionnier, de défricheur, qui fut un jour le sien.

En 1996, le Village Voice, un hebdomadaire alternatif à peu près aussi consubstantiel à la vie culturelle new-yorkaise que Spécial-Dernière à la vie turfiste parisienne, décidait, tout bêtement, de devenir gratuit, boostant du même coup sa diffusion, son chiffre d’affaires publicitaire et ses volumes de petites annonces. Pour ce journal créé par Norman Mailer en 1955, ayant ouvert ses pages au ban et à l’arrière-ban de la contre-culture américaine, d’Ezra Pound à Henry Miller, de James Baldwin à Allen Ginsberg, de Jules Feiffer à Lester Bangs, il ne s’agissait évidemment pas de se métamorphoser en Metro ou en 20-Minutes mais bien de trouver un nouveau souffle au plan économique, sans abandonner quoi que ce soit de son inventivité, de sa créativité et de son agressivité politique.

Avec une diffusion de 250 000 exemplaires chaque semaine, le Village Voice est d’ailleurs devenu le navire amiral de Village Voice Media, un groupe de presse solide et indépendant, traversant les crises sans encombres et se payant même le luxe d’être l’un des principaux acteurs du Net dans la Big Apple, avec 2 millions de visiteurs uniques pour 10 millions de pages vues par mois sur son site principal

Si Libération, dont la disparition reste probable à plus ou moins longue échéance, avec ou sans Rothschild, avec ou sans Joffrin, décidait d’emprunter le même chemin en devenant, pourquoi pas, le « premier quotidien de qualité gratuit au monde », est-il absurde d’imaginer que sa diffusion explose enfin ? Est-il absurde d’imaginer que les annonceurs se penchent enfin sur sa capacité à saisir les modes et les tendances ? Est-il absurde d’imaginer qu’il se mette à piétiner les plates bandes de la Comareg en termes d'annonces classées…

Un Libé diffusé à 500 000 ou 600 000 exemplaires, échappant aux NMPP et, pourquoi pas, au Syndicat du Livre ; un Libé aux finances stables ; un Libé réduisant sa dépendance au seul marché parisien ; un Libé appréhendant sereinement la montée en puissance de son activité Web sans crainte de cannibaliser ses ventes en kiosque… Voilà de quoi réveiller un enthousiasme que tous les « plans de polyvalence des journalistes » ou de « diffusion d'information à valeur ajoutée » de l'univers ne sauront jamais susciter. Enfin, moi, ce que j'en dis...

© Commentaires & vaticinations

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c688253ef00d834fd86ed69e2

Voici les sites qui parlent de Libération et les gratuits : if you can't beat them, join them ! :

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Ah ça fait plaisir de voir quelqu'un qui ne se contente pas de vomir July ou Joffrin ou Schneidermann, ou Rothschild, pour savoir lequel trahit ou est le plus susceptible de trahir "l'héritage" de Libé...
Et, effectivement, ce serait un avenir intéressant pour le journal. Peut-être trop, d'ailleurs...

bravo..

Hugues président !

Pas d'avis.

Libération, dans sa forme actuelle, ne m'intéresse à peu près plus jamais. Si on me proposait la même camelote pour un prix nul, elle ne m'intéresserait pas non plus. La gratuité ne me paraît pas un projet rédactionnel. C'est peut-être un moyen, sûrement pas une fin en soi.

Je ne suis sûr que d'une chose: jamais je n'achèterai un gratuit. Ah mais.

Buluzu,
Merci... D'autant plus que, s'il existait un "héritage" Libé, il ne serait pas utile de chercher du pognon partout !

Christie,
Bon sang, je ne voulais pas annoncer ma candidature de manière aussi précoce... Mais bon, effectivement, je suis le 7569e prétendant à l'Elysée de la session 2007. J'ai d'ailleurs déjà réuni 499 signatures mais les difficultés que j'ai à en décrocher une 500ème en disent long sur le déficit démocratique de ce pays et sont la preuve de la peur que j'inspire aux "grands candidats"...

Poil de lama,
La gratuité n'est pas le projet rédactionnel. La gratuité est l'élément de base d'un modèle économique fondé sur la diffusion la plus large possible et la recherche de ressources publicitaires capables de faire vivre un journal. Mais je sais bien que le fossé culturel à franchir est trop large pour la rédaction de Libé, qui préfèrera se saborder plutôt que de tenter une aventure pareille. Mais pourquoi ne pas envoyer un groupe de syndicalistes discuter avec leurs confrères du Village Voice ? Ils reviendront probablement enchantés par leur visite, épatés par la vitalité du groupe américain, estomaqués par les salaires et l'indépendance des journalistes locaux mais conclueront, dans leur rapport, que ce modèle n'est pas applicable à la France parce que ceci ou parce que cela...

Proposition séduisante (au moins de mon point de vue mais je suis peut-être en train de fantasmer un Village Voice parisien et gratuit là) mais culotté au point de n'être sans doute pas vraiment réalisable pour le moment tant les gratuits sont encore aux yeux de beaucoup dans le camp du Mal (ce n'est pas du Journalisme, c’est une presse à la solde des multinationales, ce genre de choses…)
[Un lien vers un édito de Philippe Val qui est une bonne illustration de tous ces a priori : http://douardda.free.fr/metro.html

Tous les soixante-huitards devraient pourtant se souvenir qu'ils ont encensé un gratuit.

Europe 1

"Mais pourquoi ne pas envoyer un groupe de syndicalistes discuter avec leurs confrères du Village Voice ? Ils reviendront probablement enchantés par leur visite, épatés par la vitalité du groupe américain, estomaqués par les salaires et l'indépendance des journalistes locaux mais conclueront, dans leur rapport, que ce modèle n'est pas applicable à la France parce que ceci ou parce que cela..."
Bigre. En bon français, ce que vous venez de faire s'appelle un procès d'intention.
Euh, autre question : ce merveilleux journal gratuit et de qualité (oxymore) avec des salaires gras (comme celui de Joffrin à l'Obs ?), qui va le payer ? Ah oui, la pub. Donc il faudra en mettre trois fois plus ? Mais la qualité et l'indépendance alors ?
Zut de zut...

Une remarque : comme le souligne Cacambo sur son blog ( http://cacambo.over-blog.net/article-4555959-6.html ), Libé sur abonnement coûte presque moins cher que son seul acheminement par la Poste au tarif lettre. Libé proprement dit est donc, comme le reste de la presse francophone de qualité, déjà quasiment gratuit pour ses abonnés.

Quand à Libé gratuit, il existe déjà : sur internet. Et sa "diffusion" n'a pas pour autant explosé.

Postuler la qualité d'un rédactionnel ne suffit pas pour autant à réconcilier le public avec l'offre qu'il représente.

Manu,
Excellent, ça, l'accusation de procès d'intention en forme de procès d'intention... La mauvaise réputation de la presse gratuite me permet de considérer que les journalistes de Libé seraient probablement hostiles, dans leur majorité, à l'idée de ne plus appartenir à la presse payante. Je suis journaliste moi-même et il s'agit d'un débat assez courant dans la profession.

Mais ce qui est intéressant, c'est que tu sois incapable de concevoir qu'un journal puisse être financé par la pub et rester indépendant et "de qualité", même si toute ma démonstration est fondée sur un exemple connu et aisément vérifiable.

Hmmm,
Libé sur abonnement est moins cher qu'en kiosque parce qu'il bénéficie, comme toute la presse française, de tarifs postaux subventionnés. Mais s'abonner à un quotidien n'est pas la norme, a fortiori pour un journal du matin que les gens veulent avoir en partant au boulot (le portage à domicile de Libé ne se fait pas hors de Paris). Un journal doit donc être disponible partout, tous les jours, à des tarifs raisonnables (comme dans les pays où les taux de lecture de quotidiens sont élevés). En outre, oui, la fréquentation de Libé sur le web a "explosé", ce qui pose justement la question de la cannibalisation du papier (payant) par le web (gratuit). Les deux supports, s'ils étaient également gratuits, ne seraient plus concurrents mais complémentaires.


Pourquoi as tu viré la première version avec Patti Smith en couverture ?

Pour faire plus incorrect avec une couverture sur l'Iraq ?


Tout juste auguste. C'était pour éviter que les Manu de ce monde ne m'agressent en m'expliquant qu'un gratuit est forcément à la solde des ploutocrates néocons (mais ça n'a pas marché).
Ceci dit, je préfère Patti Smith à Saddam.

C'est certes anecdotique, mais je suis perplexe, là.

"Faut-il pour autant se résoudre à la disparition de l’un des derniers quotidiens nationaux français ? "

"un Libé réduisant sa dépendance au seul marché parisien"

N'avez-vous pas ainsi tout dit ? Et par la-même souligné la contradiction entre la vision d'un quotidien couvrant la France et la réalité d'une feuille de chou de la presse régionale parisienne ?

Si la survie de Libération (qui m'indiffère personnellement) passe par une diffusion accrue sur le France entière, il faudrait en passer par les fondamentaux de ce qui intéresse les lecteurs : ce qui se passe près de chez eux, y compris la rubrique nécrologique locale.

Je comprends que vous n'y croyez pas pour le quotidien cité. Votre idée est bien pour pour un quotidien local parisien.

gratuit = plus de pub.
pub = produit qui augmente
produit qui augmente = consommateur qui paye.

simpliste, sans doute trop simpliste.

un lecteur de libé, ... payant

Je crois effectivement - le succès de libe.fr le suggère - que la gratuité au numéro est une porte de sortie valable pour Libé, dont le public actuel et potentiel reste plus "urbain" que celui de nombre de concurrents. Reste à trouver un bon "réseau de diffusion gratuit" (joncher les trottoirs est peu valorisant).

Je me souviens avoir travaillé pour l'aventure Info-Matin, quotidien à 3 francs dans le format actuel de "20 minutes" mais avec du vrai journalisme dedans, succès initial, puis panade ; je regrette de n'avoir pas meme *pensé* à la gratuité.

Tu n'as qu'à aller le présenter à Libé, ce plan de gratuit. Tu as déjà fait gagner Ségolène, alors ça ça devrait passer comme une lettre à la poste.

Cher Hugues, tout d'abord à aucun moment je ne me souviens de vous avoir tutoyé. On n'est pas chez les communistes ici.
En ce qui concerne le fond, je suis content de voir que vous reformulez votre pensée, cette fois-ci en utilisant des conditionnels et en excipant de votre qualité de journaliste (un petit rappel à l'ordre corporatiste, mais qui vous est bien volontiers pardonné, tant il est vrai que l'on est toujours le corporatiste de quelqu'un).
Ensuite je suis ravi d'être enrôlé d'office dans la vaste armée des "Manu du monde" (tiens, je croyais être un sale xénophobe antiworld qui a voté non ?) mais j'aimerais, une fois encore, que vous m'expliquiez, comment, en France, un journal peut rester de qualité et indépendant en se gavant de pub. Evidemment, si vous assimilez une question à une "agression", vous pouvez ignorer ladite question.
Malheureusement, j'ai une mauvaise nouvelle à vous apprendre : tout ce qui ressemble de près ou de loin à un débat comporte, forcément, des questions. Autant d'agressions potentielles. Comme tout cela est déplaisant. Décidément, vous avez bien fait de choisir Royal. Pour son style, sans doute.

Cher Manu,
Effectivement, ton sens de l'observation est particulièrement aiguisé : on n'est pas chez les communistes ici. Mais on est chez les ségo-blairistes, ce qui est une forme de socialisme qui tient le tutoiement pour une forme d'interaction acceptable -- et même appréciable. Et si tu reviens constamment sur ce blog y puiser matière à désaccord, tu peux bien supporter cette terrible "agression".

Autrement, non, je n'excipe pas (hum) de ma qualité de journaliste autrement que pour expliquer que je suis familier du débat sur les gratuits pour des raisons professionnelles. Ce qui implique que ma réflexion sur la question est un peu plus sophistiquée que celle de quelqu'un qui ne regarde ce débat que de loin. Ensuite, je n'ai pas de propos à adoucir et je ne vois pas en quoi ce que je dis en commentaire est différent du contenu de la note.

Enfin, mais ce n'est pas la première fois que tu fais ce genre de chose, tu me poses une question qui me forcerait, pour y répondre à me répéter, ce qui est agaçant sur un blog où il suffit d'utiliser le curseur du navigateur pour remonter jusqu'à la source. Bah, je le fais quand même par compassion pour les Manu de ce monde :

"Mais ce qui est intéressant, c'est que tu sois incapable de concevoir qu'un journal puisse être financé par la pub et rester indépendant et "de qualité", même si toute ma démonstration est fondée sur un exemple connu et aisément vérifiable".

Jean Marc Morandini aide indirectement Jean-Marie Le Pen dans sa campagne présidentielle !!! Internet peut être parfois à double tranchant. A force de vouloir faire des petits profits en ajoutant des annonces Google, on se retrouve dans le rôle de publicitaire pour le Front National ! N'est ce pas Jean Marc Morandini ? photo sur jjcab.fr

A noter le professionnalisme de Morandini : j'ai évidemment été toute de suite après ma publication désinscrit de son blog et mes commentaires effacés. Tout est vraiment possible !

En réponse à la suggestion de Hugues, quelques idées également soumises sur Big Bang Blog qui en débat par ailleurs.

http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=483#forum38573

A ce stade, il ne faut bien sûr rien exclure pour Libération. C’est l’occasion ou jamais de tenter des choses, de prendre des risques, de faire de Libé un laboratoire pour le journalisme et d’expérimenter de nouveaux modèles économique. L’idée du passage à un journal gratuit, et "haut-de-gamme" si je me souviens bien, avait d’ailleurs été évoquée par Florence Aubenas avant son départ du journal.

Quelques remarques au sujet du Village Voice :

- Dix ans après son passage à la gratuité, le bilan est semble-t-il mitigé. La diffusion est de 250000 exemplaires, ce qui ne paraît pas spectaculaire pour un journal gratuit dans une ville aussi grande que New York. Surtout, la qualité éditoriale a, de l’avis général, beaucoup souffert. L’hebdo était souvent cité, notamment lorsque Giuliani était maire, pour ses scoops et ses enquêtes. Aujourd’hui, on n’en entend plus guère parler et il a perdu une grande partie de son influence. Pour prendre mon cas personnel, j’avais davantage tendance à le lire lorsqu’il était payant (j’ai vécu un an à New York en 1992) qu’aujourd’hui alors qu’il est gratuit.

- Il existe aux Etats-Unis une forte tradition de presse culturelle et "urbaine" gratuite hebdomadaire (enquêtes de société, sorties, etc.). A New York, le Village Voice (payant) était en concurrence frontale avec le New York Press (gratuit) et c’est l’une des raisons de son changement de modèle économique.

- Le Village Voice repose sur le marché des petites annonces, traditionnellement très florissant dans les grandes villes américaines, mais aujourd’hui ultra concurrencé par des sites web comme Craigslist. A noter d’ailleurs le poids des petites annonces de sexe à la fin du journal.

- Aux Etats-Unis, la publicité représente une part bien plus importante qu’en France dans les recettes des journaux payants -c’était notamment le cas du Village Voice-, ce qui facilite le passage du payant au gratuit.

- Une observation sur le marché français : le marché publicitaire y est de plus en plus encombré pour les gratuits, trois titres à Paris, d’autres en préparation, ce qui crée automatiquement une pression à la baisse sur les prix des annonces publicitaires.

- Enfin, la structure d’un journal gratuit n’a rien à voir avec celle d’un journal payant. Il faudrait aller bien au-delà des 60 à 100 licenciements prévus à Libération, avec les conséquences que l’on peut imaginer sur le travail journalistique, les enquêtes et les reportages.

Laurent Mauriac (correspondant de Libération à New York)

Eh bien, merci à un (autre) journaliste d'avoir remis les pendules à l'heure sur le "modèle du gratuit de qualité" (rires).
Au fait, cher Hugues, en tant que ségo-blairiste, vous pouvez me tutoyer, mais moi,je vais continuer à vous vouvoyer si ça ne vous dérange pas. On n'est pas dans un commissariat ici (les communistes, c'était une plaisanterie, mais sans doute l'avez-vous mal compris).
Ce que vous avez parfaitement compris, en revanche, et n'avez guère aimé à en juger par le ton particulièrement aigre de vos propos, c'est mon allusion au corporatisme : pourquoi un journaliste saurait-il mieux que d'autres? Décidément, comme tous les libéraux en chambre, vous voulez bien être libéral tant qu'on est d'accord avec vous.
Et je vous renvoie à l'absurdité de votre propre démonstration en vous citant :
"toute ma démonstration est fondée sur un exemple".
C'est effectivement ennuyeux, pour une démonstration - d'autant que cet exemple vient d'être remis fortement en cause par quelqu'un d'aussi qualifié que vous. Allez, vous avez toute ma compassion.
Quant à revenir "constamment" sur votre blog, la consultation du relevé de mes interventions ces 12 derniers mois vous montrera que c'est encore faux.
Bonne journée.

pourquoi ne pas transformer libération en radio ?

S'il y a une « crise de la demande, » c'est que les bobos s'intéressent plus aux annonces immobilières classées du nouvel Obs
et que le lecteurs qui prennent le métro ont peur d'avoir l'air bête devant leurs agresseurs

S'il y a une « crise de la demande, » c'est que les bobos s'intéressent plus aux annonces immobilières classées du nouvel Obs
et que les lecteurs qui prennent le métro ont peur d'avoir l'air bête devant leurs agresseurs

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Rechercher


  • tout le Web
    com-vat.com

www.com-vat.com : blog de gauche ?

L'idée cadeau du siècle !

Blogroll mal assorti

Sur le Net

Trousse à outils

Blog powered by TypePad
Membre depuis 10/2004