« L'alliance objective » de DSK et de Fabius fragilise l’ouverture du PS à la social-démocratie. Et renforce les chances de Sarkozy en 2007.
François Bayrou avait un jour demandé ― et il s’agissait évidemment d’une question de pure rhétorique ― ce qui pouvait bien pousser un socialiste « moderne » à se livrer aux pires contorsions pour éviter d’avouer qu’il se sentait plus proche d’un centriste que d’un Besancenot. Un auditeur maîtrisant mal les subtilités de la stylistique discursive mais comprenant assez bien celles de la politique à la française aurait pu lui répondre : « Mais pour être élu, pardi ! »
Pour être élu, pardi ! On en est là. Et quelques semaines à peine après son coming out social-démocrate, l’ancien ministre des Finances accepte de remettre son réformisme d’inspiration scandinave dans sa poche au profit du Grand Soir fabiusien pour être élu… Celui dont on pouvait espérer qu’il soit, enfin, porteur d’une rupture franche avec les atermoiements mollettistes du PS se fait le chantre d’une « vision plus traditionnelle » du socialisme et du « souci de l’union de la gauche ». Wow ! Pour de la contorsion, ça c’est de la contorsion !
Bon, qu’il ne lui soit pas possible d’avouer une éventuelle proximité d’idées avec le patron de la nouvelle UDF, passe encore. Au pays de la latéralisation à œillères, ça peut se comprendre. Mais qu’il soit prêt à faire cause commune avec l’homme du Non pour barrer la route à Ségolène est carrément désespérant. Car comment interpréter la redistribution des cartes née du meeting du Zénith autrement que comme une alliance de la carpe orthodoxe et du lapin social-libéral sur le dos de la belle du Poitou ?
Il n’est d’ailleurs pas difficile d’imaginer à quoi ressemblera le regroupement de tout ce que le PS compte d’anti-Ségo autour de DSK. Les jeunes gens modernes issus de Sciences Po qui forment sa garde rapprochée prendront langue avec les nostalgiques du CERES hantant encore les couloirs de la rue de Solferino, passeront prendre les emmanuellistes et concocteront, sur la base du petit livre rouge rose, un magnifique programme de gouvernement « offensif », propre à remettre les pendules du capitalisme à l’heure sous les vivats des rebelles du MJS et des révolutionnaires de la gauche antilibérale. Clairement, ça donne envie.
Bien entendu, l'approche social-démocrate chère à l’ami Dominique serait préservée dans sa dimension sociétale (« Il faut que les aide-soignantes puissent devenir infirmières ! ») en dépit d’un certain toilettage au plan économique, signant l’arrêt de mort de ces sornettes sur l’irruption de l’entreprise privée à l’université. Mais au final, la terrible dérive à la Bad-Godesberg sera évitée et le parti admirablement resynthétisé. Quant à Ségolène, il lui sera proposé de regagner rapidement ses foyers ― foyers qu’elle n’aurait d’ailleurs jamais dû quitter, une mère de famille respectable ne passant pas ses soirées dans les meetings au lieu de préparer la tambouille de ses rejetons.
Que l’on se rassure (ou pas, c’est selon), ce petit scénario n’est en rien l’expression d’une crainte de voir ces fiançailles absurdes faire peser un risque nouveau sur l’investiture de l'impertinente poitevine. Les sondages la donnent en baisse par rapport aux scores stratosphériques de ces derniers mois, c'est vrai, mais cette baisse tient plus de la correction remobilisatrice à l’approche du vote des militants que du « retournement », l’espoir de l’emporter avec 65% des voix n’ayant jamais été raisonnable.
Mais voir celui qui devait renforcer l’orientation moderniste du camp Royal se fourvoyer à ce point, tout en diminuant les chances de la gauche PS de l’emporter face à Sarkozy, est le vrai drame. Reste à savoir si les contorsions dont DSK se montre aujourd’hui capable permettront un rabibochage de fortune le moment venu. A cette question, plusieurs fois posée ici, je serai bientôt tenté de répondre non.
© Commentaires & vaticinations
serieux ton billet ne comporte AUCUN argument de fond.En quoi dsk n'estp as social-démocrate?ses propositions le sont, son langugage aussi...là tun ep arles que tactiques et alliances supposées...Le capital de départ,le rapport à l'entreprise de DSK ne sont pas sociales-démocrates?Un peu d'arguments sur le fond, un peu moins de calculs tactiques supposés auraient amélioré un billet qui pour une fois est clairement médiocre ce que je regrette.
A quand une analyse sur le fond, sur les idées des propositions des uns et des autres?
Rédigé par: romain blachier | dimanche 29 octobre 2006 à 15:12
"Je partage avec Ségolène l'idée qu'il faut bouger la gauche, rénover notre pays, s'attaquer à la crise démocratique. Laurent Fabius incarne une conception plus traditionnelle. En revanche, je partage avec lui le souci de l'union de la gauche, la priorité au social et l'idée que, pour gouverner l'Etat, il faut l'expérience de l'Etat."
EN REVANCHE, dit DSK pour marquer sa distance avec cette "vision traditionelle". Et chez toi, cela en fait un "chantre" de cette même vision??? J'espère que c'est de la simple malhonnêteté, sinon je ne peux que diagnostiquer un léger problème de lecture.
Quant au titre, que répondre?... DSK a EXPLICITEMENT revendiqué son adhésion à la sociale-démocratie, à plusieurs reprises, et en particulier à chaque débat! Ce qui n'est tout de même pas sans risque, et semble donc signaler une véritable adhésion à ce courant de pensée.
Sur le fond maintenant, c'est à dire sur la forme en politique, évidemment qu'il se rapproche de Fabius contre Royal! Il s'agit de gagner un élection, pas de fonder une amicale sociale-démocrate. Et je ne verrais pas vraiment l'intérêt d'un rapprochement de Royal pour... l'emporter contre elle...
Enfin, je voudrais m'étonner du sérieux que tu accordes aux manoeuvres discursives de DSK, alors que tu tiens pour négligeables celles de Royal. Deux poids deux mesures?
Bien cordialement,
EL
PS : petit rappel lexical : une "alliance objective" ne consiste nullement en une convergence de vues intellectuelle. Autre contraire, cette notion d'"alliance objective" renvoie à la complicité paradoxale et souvent inconsciente de groupes aux convictions radicalement divergentes. C'est bien connu, il existe une alliance objective entre conservateurs et révolutionnaires, ces fourriers de la réaction. Mais je n'insiste pas sur ce point, puisque tu parles d'une alliance parfaitement consciente.
Rédigé par: EL | dimanche 29 octobre 2006 à 15:24
Romain,
Au cours des dernières semaines, DSK a eu tendance à se réapproprier le flambeau de la social-démocratie -- flambeau qu'il avait d'abord préféré planquer en lieu sûr, à l'abri des regards. Ca m'a évidemment fait plaisir, même s'il me semblait qu'il se réveillait un peu tard compte tenu de l'émergence de Ségolène.
Aujourd'hui, il décide de faire alliance avec Fabius dans le seul but de l'emporter le 16, sans se préoccuper de l'impact de cette alliance sur le projet qu'il lui reviendra d'élaborer en cas de nomination. On verra alors ce qu'il fait de son flambeau socdem.
El,
Le titre de la note n'est pas à prendre de manière littérale. Il évoque l'impression que me donne DSK dans cette manoeuvre. Encore une fois, le blog n'est pas un travail journalistique et je ne suis pas ici pour "informer" qui que ce soit mais pour donner mon avis, un avis qui n'engage que moi.
Ainsi, j'ai le sentiment que cette "alliance objective" entre DSK et Fabius passe forcément par les gages que le premier donnera au second pour passer le cap de l'investiture. Le PS n'est pas né la semaine dernière, les combats des réformistes et des orthodoxes ne sont pas une nouveauté, la capacité des réformistes à s'attacher la collaboration des orthodoxes en se reniant pendant les campagnes est une vieille habitude.
Si DSK veut gagner l'investiture et garder le respect de ceux qui croyaient en lui pour les idées qu'il développait autrefois, qu'il fasse le nécessaire pour les reconquérir. S'il n'est là que pour assouvir son désir d'être président et se venger d'avoir été doublé, lui, l'homme d'expérience, par une petite bonne femme de rien du tout, à quoi bon ?
Je ne suis pas membre du fan club de Ségolène. Je me pose simplement deux questions : qui peut gagner l'élection et faire passer la gauche ? Qui, dans ce contexte, est capable de rompre avec le dogme et d'ouvrir les fenêtres d'une gauche française à l'odeur de renfermé ?
Si DSK ne m'avait pas donné l'impression de ne plus vouloir être celui-ci, je ne serai probablement pas devenu ségoliste. Mais nous, les blairistes à la française (je dis nous mais je suis peut-être tout seul), nous aimons être pragmatiques plutôt que sentimentaux...
Rédigé par: Hugues | dimanche 29 octobre 2006 à 15:26
Supposons que, peu ou prou, les partis de gauche hors-PS représentent peu ou prou 15% de l'électorat.
Le PS n'ayant jamais envisagé d'alliance avec l'UMP, doit-il envisager une alliance avec des centristes à 6% dont à peine 50% accepteraient de voter socialiste ou une gauche à 15% dont 33% à 66% accepteraient de voter PS ?
Nota Bene : l'UDF n'a qu'à s'en prendre qu'à lui-même si 50% de ses militants considèrent le PS comme un parti collectiviste : après tout, les caciques de ce parti auront beaucoup aidé à entretenir ce sentiment pour le moins réducteur, bien que conditionné par la proximité de l'UDF avec ALDE.
Rédigé par: Nyu | dimanche 29 octobre 2006 à 15:29
stupide cet article
Rédigé par: paris 8 | dimanche 29 octobre 2006 à 15:45
article proprement hallucinant par son concentré de mauvaise foi et de contre-vérités
Rédigé par: didier | dimanche 29 octobre 2006 à 16:13
Le Strauss-Kahn dans le texte in "Le Meilleur des Mondes": http://www.liberation.fr/actualite/politiques/210626.FR.php
«[l'Europe] ne sera pas enfermée entre deux frontières ridicules que seraient le détroit de Gibraltar et le Bosphore. [...] [Elle] ira des glaces de l'Arctique aux sables du Sahara»
«[le Hezbollah] n'est pas seulement une organisation terroriste, mais c'est aussi une organisation terroriste.»
«L'attitude qui consiste systématiquement [...] à prendre la position inverse des Etats-Unis me paraît pour le moins superficielle et contre-productive.»
«On peut dénoncer la forme extrême [l'islamisme] que prend la volonté de déstabilisation des sociétés occidentales et le totalitarisme que porte cette version exacerbée de l'islam.»
uuuh c'est neo-neo-con, ah mon avis quoâ t'vois.
Et dans son blog : http://www.blogdsk.net/dsk/2005/09/ltat_de_ma_rfle.html
"La TVA doit 'aider' le consommateurà ne pas acheter des produits dommageables en matière de santé (on peut penser à la junk food... et qu'on nevienne pas me dire qu'on ne peut pas trouver des sandwiches de qualité à un prix équivalent à un big mac !) ."
Une TVA pour le McDo, une autre pour le Kebab (sauf s'il sert à financer le Hezbollah). Là c'est con tout court.
Un est plus dans le registre contorsionniste mais dans la shizophrénie.
Alors au moins Bayrou lui a la langeue propre.
Rédigé par: all | dimanche 29 octobre 2006 à 16:27
Peut-être que DSK s'attribue le drapeau Social-Démocrate, mais il en donne des gages.
Pour ségolènes, rien ne la rapproche de la sociale démocratie. En tout cas pas ses déclarations protectionistes et nationalistes sur l'europe le 11 octobre, ni ses jury populaire (à propos desquels Rosonvallon a dit sur LCI qu'elle n'avait rien compris au système et que son machin n'existait nulle part), ni dans ses déclarations à l'emporte pièce sur les OGM (décriées par tous les scientifiques), ni son "non, je ne suis pas blairiste il faut effrayer les capitalistes)...
Bref, moi je veux bien qu'une hallucination collective la propulse en haut des sondages, mais de là à en faire une représentante de la sociale démocratie, faut pas pousser.
Rédigé par: said | dimanche 29 octobre 2006 à 17:45
Concernant son entourage il faut que Dray (leader de la pas trés sociale-démocrate gauche socialiste) se calme.Il a failli en venir au main avec deux militants qui n’étaient pas partisans de Ségoléne Royal mais se classaient chez les proches de DSK.Ce fanatisme et cette violence presque physique sont inquiétants et indigne de quelqu’un qui se doit de représenter le point de vue du ps en tant que porte-parole.
Si il doit frapper des militants et dénigrer ceux qui ne sont pas d’accord avec sa candidate, qu’il démissionne le temps de retrouver un peu de sérénité.Le PS a besoin d’unité.
Rédigé par: laurent jalemont | dimanche 29 octobre 2006 à 18:18
Dans son meeting parisien de samedi, DSK a évoqué un rassemblement avec le centre et tiré à boulet rouge sur "les gauchistes", qui ne veulent rien changer et ne sont pas la vraie gauche. Qu'est-ce qui vous évoque une contorsion ? Je trouve cela assez direct au contraire.
Et d'où sortez vous que Ségolène Royale est une sociale démocrates ? Parce qu'elle a dit il y a 6 mois que Blair n'avait pas fait que des ânneries ? Elle a changé d'avis depuis (voir post de Said...).
Où est votre esprit critique ? Vous avez l'air de croire comme beaucoup de monde que comme elle ne propose rien, elle fera ce que vous avez en tête ("une honnète sociale democratie" pour reprendre vos mots). C'est possible mais je n'y mettrais pas ma main au feu...
Amicalement,
Annenkov
Rédigé par: Annenkov | dimanche 29 octobre 2006 à 19:43
et que penses-tu de l'idée de capital de départ pour les jeunes lancée par DSK?
je te laisse avec en lien la vidéo de Rocard expliquant son soutien à dsk
http://www.dailymotion.com/visited/search/rocard%20dsk/video/xg1gh_michel-rocard-soutient-dsk
Rédigé par: romain blachier | dimanche 29 octobre 2006 à 20:54
Chaque fois qu'on parle de DSK, je suis effaré de voir que personne, ni parmi ses partisans, ni parmi ses adversaires, ne considère que ça peut poser le moindre problème que l'honnêteté de ce triste sire ne soit strictement pas crédible...
Je me contrefous que DSK soit social-démocrate ou gauchiste. Les affaires de la MNEF, puis de la cassette Méry, devraient avoir convaincu tous les électeurs ayant deux sous de bon sens que ce type n'est pas fiable. Je parle là d'honnêteté, un concept totalement absent de la réflexion politique française, et qu'on m'entende bien: il ne s'agit pas de l'honnêteté intellectuelle (assurément bien rare chez tous les ténors politiques et pas seulement chez les ténors socialistes), mais bien de l'honnêteté au ras des pâquerettes, celle qui distingue les honnêtes gens des malfaiteurs qu'il faut mettre en prison.
Il n'y a hélas pas eu dans les déboires judiciaires de DSK assez de preuves formelles pour l'expédier là où à mon avis est sa place, mais il y a eu largement trop de soupçons pour qu'un citoyen un tout petit peu inquiet de l'avenir de la République lui confie la plus petite once de pouvoir. Ça s'appelle le principe de précaution, et ça ne devrait pas jouer que pour les instits soupçonnés de pédophilie.
DSK pourrait bien me chanter la Paimpolaise en javanais, je n'écoute pas un traître mot de ce qu'il raconte pour la raison simple qu'on ne peut strictement pas lui faire confiance après les affaires de la MNEF et de la cassette Méry. Et ça, messieurs les contributeurs de ce blog, j'ai le regret de vous dire que si vous n'en avez pas conscience, vous feriez mieux de vous intéresser au jardinage qu'à la République, parce que visiblement vous n'avez pas les yeux en face des trous.
Rédigé par: Poil de lama | dimanche 29 octobre 2006 à 21:50
résumé (de mauvaise foi) de votre billet:
- pour battre Sarkozy tous les moyens sont bons
- mais DSK est nul parce qu'il est prêt à récuperer les voix des Fabiusiens en cas de second tour des primaires.
- les gens sont méchants avec Ségolène parce qu'ils sont machos.
Rédigé par: sdl | dimanche 29 octobre 2006 à 22:17
J'adore lire tes billets, souvent informatifs, drôles, équilibrés. Là, pour celui-ci, je sens un tour partisan presque discutable. Ne regrettes tu pas, Hugues, d'avoir choisi le camp de cette étrange candidate dont les insuffisances, les travers de caractère, les choix hasardeux interrogent un petit peu ? L'écoute de son topo, exprimé lors du dernier débat, fait froid dans le dos. Je ne peux pas croire qu'un gars aussi subtil que toi ne perçoive pas la catastrophe qui pointe à l'horizon.
Elle n'a pas encore affronté le court Hongrois. Je n'ose imaginer ce que ça va donner.
Je suis sûr qu'il sera content d'avoir celle-là en face de lui plutôt que DSK.
Rien que ça.
Rédigé par: Thierry | dimanche 29 octobre 2006 à 22:18
La social-démocratie, du moins en Suède, est franchement anti-droite (mais on dit bourgeois - borgerlig - en Suède, pour les partis de droite), dans son discours et ses campagnes (lors des votes au parlement, la réalité est un peu plus nuancée, quoique, rapport des forces aidant, c'est le plus souvent quelque petit parti de droite qui sert d'appoint aux sociaux-démocrates). Donc DSK, pour lequel je n'ai pas l'ombre de sympathie (à tout prendre, au PS, Royal me semble la meilleure, ou la moins mauvaise), tient un discours classiquement social-démocrate (suédois du moins, et c'est me semble-t-il l'archétype) en préférant Besancenot à Bayrou.
Rédigé par: Ibn Kafka | dimanche 29 octobre 2006 à 22:44
Salut Hugues,
Tu te demandes qui peux gagner l'élection et faire gagner la gauche? Royal selon toi.
Après avoir assisté au meeting du Zénith, je ne suis pas de ton avis. Pourquoi? Parce qu'elle a perdu pied à cause de quelque sifflets, provoqués surtout par la médiocrité de son discours et de sa prestation (bafouillements, débit hyper lent, gestuelle maladroite): elle a été très mauvaise. Face à N. Sarkozy, et dans une campagne autrement plus violente que celle-là (sans questions communiquées à l'avance...), je ne la vois pas au niveau.
Tu te bases sur des sondages réalisés plus de six mois avant l'élection pour dire qu'elle est la meilleur pour battre N. Sarkozy, mais ça ne veux rien dire. Selon cette logique, on devrait envoyer J.Lang et Balladur devrait être président depuis 12 ans.
Salutations courroucées.
Rédigé par: Rafideparis | dimanche 29 octobre 2006 à 23:10
P.S : une chose que je ne comprends pas. Si S.Royal est aussi populaire, où étaient ses partisans jeudi soir? Quelques dizaines tout au plus, devant sur la gauche.
Rédigé par: Rafideparis | lundi 30 octobre 2006 à 00:15
Ressortir l'histoire de la MNEF, c'est ridicule. Une broutille, à l'échelle du monde politique, surtout si on pense à Clearstream et autres affaires gratinées du genre. DSK, point vue finances, n'est pas un politique malhonnète.
Par contre, en Francilie il est dans son fief, et c'était sur qu'il y aurait fait un tabac. ça ne veut pas dire pour autant que la vapeur se soit inversée en sa faveur: la Francilie, c'est 1/5 de la population.
Où étaient les pro-Ségolène? Là où ça coute trop cher de venir à Paris par les temps qui courent quand on est au SMIC, je suppose.
Quand à son "effondrement", ça c'est ce que ses adversaires lui souhaitent (surtout s'ils sont un tantinet éléphantesques et un poil macho), comme DSK par exemple. Mais ça ne signifie pas nécessairement que ce soit ce qui se passera, parce qu'elle a de la ténacité et de la résistence.
Rédigé par: Lorycalque | lundi 30 octobre 2006 à 00:29
Je suis plutôt pro-Ségo mais j'avoue que je suis perplexe. Ma seule explication, c'est que Ségo ferme sa gueule et ne dit rien pour pouvoir être désignée, et quand elle le sera, elle fera plein de propositions blairistes qu'elle n'aurait jamais pu faire avant d'être élue par les militants. Donc elle est mauvaise maintenant, mais c'est juste pour ne pas avoir à se contredire dans deux mois. Si ce n'est pas ça, nous sommes perdus.
ps. Les adversaires de Ségo sont vraiment mauvais et haineux, comme s'ils se réjouissaient qu'elle trébuche, comme s'ils préféraient que DSK n'arrive pas au second tour plutôt que Ségo gagne, parce qu'ils font les puristes de la gauche de gauche. ça leur a pas suffit, la dernière fois ?
Rédigé par: Francois | lundi 30 octobre 2006 à 00:41
Pour quelqu'un qui soutien segolène Royal tu ne manque pas de toupet. J'attend toujours qu'on m'explique la cohérence de l'attelage Montebourg-Royal-Rebsamen-Mauroy-Frêche.
Rédigé par: gerard | lundi 30 octobre 2006 à 01:23
Gérard, tu oublies aussi le mitterrandiste jean-louis Bianco, le seigneur local Menucci ou l'opportuniste ex-jospinien Manuel Valls. Des personnes qui ont tant en commun...
mdr !
Rédigé par: akli | lundi 30 octobre 2006 à 01:46
Je comprends mieux ce qu'a voulu dire Royal quand "la démocratie c'est comme l'amour". En effet, pour Hugues, ç'est la même chose, ça rend aveugle.
Rédigé par: gerard | lundi 30 octobre 2006 à 02:01
Ni Ségo,DSK ou Fabius.
Trop de démagogie et de clientélisme.
Aujourd'hui,Le candidat ayant les idées les plus cohérentes est le leader centriste, F.Bayrou.
(Lui au moins n'est plus afféodé à l'ump,alors que le PS fait les yeux doux à l'extrême gauche.....)
Rédigé par: Don JakchiraK | lundi 30 octobre 2006 à 07:18
L'alliance Fabius-DSK vaut bien l'attelage hétéroclite d'opportunistes qui se sont agenouillés devant l'autel des sondages. Si c'est ça le "pragmatisme"... DSK a toujours été social-démocrate, si tant de politiques soutiennent Segolene, c'est uniquement pour les sondages et donc pour la distribution (hypothetique) des cadeaux.
Quand on entend le Premier Secrétaire soutenir à demi mots sa compagne, et voir le porte parole du PS et le numéro 2 rouler ouvertement pour Segolene, je comprends que des militants socialistes réagissent et aient envie de décider par eux-même.
Rédigé par: Seb | lundi 30 octobre 2006 à 08:36
"Chaque fois qu'on parle de DSK, je suis effaré de voir que personne, ni parmi ses partisans, ni parmi ses adversaires, ne considère que ça peut poser le moindre problème que l'honnêteté de ce triste sire ne soit strictement pas crédible..."
Le problème n'est pas là : DSK est le seul à pouvoir gagner l'élection face à Sarkozy sans nécessairement devoir donner des gages à la gauche du PS. Donc, les antilibéraux comme les sarkozystes réservent leurs munitions pour son éventuelle et hypothétique désignation comme candidat PS.
Mais rassurez-vous, les katiouchas sont prêtes.
Rédigé par: Nyu | lundi 30 octobre 2006 à 09:20
Hugues,
Je te trouve bien sévère avec ton ancien champion DSK, celui dont, au fond, tu restes le plus proche du point de vue des idées... Alors que tu finiras sans doute par être heurté, malgré toute la résistance que tu y mets, par certaines propositions trop à gauche, trop écolos ou trop "démocratie participative" de Ségolène Royal.
Pour ma part, je pense que DSK ferait un très bon président socialiste, comme Jospin aurait fait un excellent président socialiste. Il avait l'honnêté, l'expérience, la stature d'homme d'Etat, le meilleur bilan, le meilleur projet... On sait ce qu'il en est advenu.
C'est pourquoi je pense qu'il faut soutenir Ségolène Royal (et non pas essayer de la piéger, de la faire trébucher, de mettre en lumière ses points faibles, etc.) tout simplement parce que c'est elle qui a, dans les circonstances actuelles, le plus de chances de battre Nicolas Sarkozy.
Elle incarne l'attente de renouvellement (femme, jeune, présence limitée jusqu'ici en première ligne). Son langage est bien reçu par l'électorat populaire (vous savez celui qui a déserté la gauche de gouvernement pour s'abstenir, voter Le Pen ou Besancenot).
Je pense qu’elle a compris beaucoup de choses et surtout l’essentiel : redonner du sens, de la cohérence et de la justice dans un monde complexe en mutation, moderniser la démocratie et associer plus les citoyens pour réhabiliter l’action publique et politique.
Comme Nicolas Sarkozy à sa façon à droite, Ségolène Royal a tiré les leçons du 21 avril 2002. Comme le prouvent ces phrases extraites du dernier débat : "Les catégories populaires qui nous ont manqué en 2002 ne vont pas revenir comme ça vers nous parce qu’on va agiter le projet. Même avec un excellent projet et même avec un excellent bilan, le peuple français n’est pas forcément au rendez-vous (…). N’ayons pas peur du peuple".
Alors tablons plutôt, sur fond de Sarko-saturation, sur un élan irrésistible, même s'il comporte une part significative d’irrationnel, plutôt que sur un effondrement.
Sur l'économie, voici quelques extraits de la prestation de Ségolène Royal : http://www.liberation.fr/multimedia/videos/mediascopie/. Moi je dis que c’est de gauche, que ça tient la route et que ça parle aux Français...
Rédigé par: Jeff | lundi 30 octobre 2006 à 09:44
Oula c'est la curée ! Ca se tend à mort, et ça donne une bonne idée du PS - post primaires...
Cependant, moi qui suis d'une objectivité irréprochable, je trouve dommage que tu perdes ta hauteur de vue pour rentrer à ce point dans la politique politicienne !
Rédigé par: Guillermo | lundi 30 octobre 2006 à 09:47
Guillermo, stp, c'est *mon* troll :-)
(Hé, ho, cool, je rigoooooole, hein...)
Rédigé par: Nyu | lundi 30 octobre 2006 à 10:12
Ok,
Sauf que cet anti-modernisme semble largement partage par Segolene Royal. Elle aurait dit a Charles Bremner:
""The capitalists have to be frightened," she told told me. "There is no alternative.""
http://timescorrespondents.typepad.com/charles_bremner/2006/10/la_mthode_royal.html
C'est pire que du Besancenot.
Rédigé par: Citrouille | lundi 30 octobre 2006 à 10:13
Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S’il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !
Victor Hugo, Ultima verba
http://www.florilege.free.fr/florilege/hugo/ultimave.htm
Rédigé par: Hugues | lundi 30 octobre 2006 à 10:14
La beauté des primaires qui ne concernent que les militants, c'est que ça vire vite à la querelle byzantine, avec des termes obscurs dénués de sens mais employés comme s'ils résumaient une pensée politique 'achement profonde et surtout, des priorités qui sont complètement inintéressantes pour quiconque évolue en dehors du petit microcosme militant, mais qui deviennent ici essentielles, comme si la rotation de la terre en dépendait....
Rédigé par: Anonyme | lundi 30 octobre 2006 à 10:17
Fidèle lectrice depuis les débuts de ton blog, je commence à sérieusement me lasser de ton ségolisme béat. Tu en perds tout le recul qui faisait le charme de tes chroniques.
Que la Belle du Poitou soit la plus apte à battre Sarko, pourquoi pas (encore que j'en doute un peu). La question subsidiaire demeure: gagner oui, mais pour quoi faire ???
Rédigé par: Sasa | lundi 30 octobre 2006 à 12:07
DSK social ? DSK démocrate ? Tout Sarcelels est plié en 4, là.
Rédigé par: Cobab | lundi 30 octobre 2006 à 12:10
Un ami qui n'est pas militant m'a dit à la sortie du Zénith jeudi que si Ségolène gagne l'investiture il prendra sa carte du ps vu qu'on aura bien besoin de renfort. J'imagine que ça ne doit pas être si facile alors merci à toi Hugues de tenir bon, on pourrait avoir besoin de ségolistes socio-démocrates (ils ne le sont pas tous, ni même majoritairement).
un DSKien (qui n'a pas reçu de consignes pour siffler SR)
Rédigé par: Guillaume | mardi 31 octobre 2006 à 08:48
"on pourrait avoir besoin de ségolistes socio-démocrates (ils ne le sont pas tous, ni même majoritairement)."
C'est vrai qu'avec Dray et Ayrault, on a surtout les vieux réacs psychorigides se donnant bonne conscience à côté desquels Fillon passerait presque pour un humaniste. Le genre de mecs à vou envoyer les jeunes au gnouf jusqu'à ce que, après autocritique publique, leur adhésion au socialisme soit reconnue sincère par un jury citoyen.
Rédigé par: Mouarf | mardi 31 octobre 2006 à 10:29
Strauss-Kahn défend la social-démocratie dans le Pas-de-Calais
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LIBERCOURT, Pas-de-Calais (Reuters) - "Nous pouvons par la social-démocratie atteindre le plein emploi en moins de dix ans", a assuré Dominique Strauss-Kahn, un des trois candidats à l'investiture du Parti socialiste pour la présidentielle.
L'ancien ministre de l'Economie s'exprimait lors d'un meeting à Libercourt, en clôture d'une visite dans le Pas-de-Calais, à moins de trois semaines du vote des militants du PS, le 16 novembre.
"Ma ligne politique, c'est la social-démocratie, avec le social comme objectif et la démocratie comme méthode", a affirmé le député du Val-d'Oise lors d'un discours sur les questions économiques et sociales.
"La social-démocratie, c'est trouver à chaque endroit d'une société compliquée les compromis pour avancer", a-t-il expliqué.
Le candidat à l'investiture a été accueilli par environ 300 personnes acquises à sa cause sur l'air de zouk "Strauss-Kahn il va gagner, la gauche elle va passer" qui rythme ses meetings.
Il s'est dit "enthousiaste et déterminé" car "le jeu est ouvert, les choses bougent, les lignes ne sont plus les mêmes et elles ne seront pas celles que l'on vous dit les 16 et 23 novembre".
Dominique Strauss-Kahn, qui devance Laurent Fabius mais reste derrière Ségolène Royal dans les intentions de vote des sympathisants socialistes, a donné rendez-vous aux militants pour l'éventuel second tour du scrutin interne le 23 novembre.
La fédération socialiste du Pas-de-Calais est la deuxième de France en nombre d'adhérents. Son premier secrétaire, Serge Janquin, a accordé son soutien à Dominique Strauss-Kahn.
L'ancien ministre a sillonné le Pas-de-Calais pour rencontrer un maximum de militants et d'élus socialistes. Au pas de charge, il a reçu des militants à Boulogne-sur-Mer puis des élus et des secrétaires de section du PS à Béthune, avant de visiter un chantier de rénovation urbaine à Bruay-Labuissière et de tenir un meeting à Libercourt
Rédigé par: romain | mercredi 01 novembre 2006 à 01:58