Que les fans des micro-exceptions françaises se frottent les mains : une nouvelle livraison est en place. Je leur suggère néanmoins de ne pas compter sur moi pour leur fournir la moindre serviette à cet usage...
J’entretiens une relation étrange avec ma boulangère. Oh rien de bien sérieux, rassurez-vous, et surtout rien qui ne puisse être évoqué en présence de mon épouse. Mais une relation étrange tout de même, dont les ressorts nous dépassent ― la boulangère et moi. D’abord, elle n’est pas vraiment boulangère, enfin pas au sens de la loi 98-405 du 25 mai 1998 sur l’obligation « d’assurer toutes les étapes du processus de panification » pour se prétendre boulanger... Non, en fait, elle serait plutôt « vendeuse de croissants et de pains au chocolat industriels décongelés à la va-vite dans le four électrique crasseux de son arrière-boutique », s’il fallait décrire son activité avec précision. Mais bon, je n’ai pas l’habitude de faire long et de partir dans d’interminables digressions à subordonnées multiples quand j’ai quelque chose de précis à raconter, vous me connaissez... Donc, au moins dans le contexte de cette histoire, baptisons la rombière « boulangère » et passons à autre chose...
Pour lire la suite, ben c'est ici !
peut-être que les gens vont chez Mc Do voler des serviettes qu'ils ne trouvent pas ailleurs ?
Rédigé par : Paxatagore | vendredi 18 août 2006 à 11:30
Paxa,
C'est puissant, ça : je n'y avais pas pensé. McDo ne ferait que se défendre, en quelque sorte.
En attendant, va manger un Big Mac avec une seule serviette sans t'en mettre partout...
Rédigé par : Hugues | vendredi 18 août 2006 à 11:33
peut-être que les serviettes en libre service (cf. ta photo) sont un peu rêches, donc personne n'est incité à les prendre pour s'en servir de mouchoir.
en fait les serviettes françaises sont de trop bonne qualité pour être données !
Rédigé par : edgar | vendredi 18 août 2006 à 11:54
Ben moi je vais dans une vraie boulangerie, et on me Donne autant d'essuie-tout que je veux. Et aucune gargotte de sandwiche ne m'a jamais refusé une serviette ou une paille, même sans rien acheter.
En Espagne, les serviettes sont en libre-service dans des petits distributeurs très prtatiques. Mais on voit à travers, elles rappellent plus le papier à cigarettes que le Sopalin®™©@…
Rédigé par : Cobab | vendredi 18 août 2006 à 13:54
"En Espagne, les serviettes sont en libre-service dans des petits distributeurs très prtatiques. Mais on voit à travers, elles rappellent plus le papier à cigarettes que le Sopalin®™©@" Tout est dit ... En fait la serviette française est une serviette de très grande qualité et coûte donc très cher en production (production artisanale, je le rapelle...). Il n'est pas étonnant que ce pur produit de la culture française soit distribué avec parcimonie à une élite de connaisseurs!
Rédigé par : philippe | vendredi 18 août 2006 à 15:50
Oui, défendons la serviette française : rare et chère mais tellement absorbante !
http://www.i-creaplus.com/107/lapin.html
Rédigé par : Marcel | vendredi 18 août 2006 à 16:25
les meilleures à cet égard sont les essuie-main des trains (sauf TGV je crois, bien fait pour les gens pressés). Super absorbantes, indéchirables, peuvent même faire filtre à café en cas d'urgence. Par contre on est obligé de les piquer : cette qualité est absolument introuvable dans le commerce.
Rédigé par : Cobab | vendredi 18 août 2006 à 18:31
Cette lecture me laisse perplexe: ça vaut le coup de passer par ici, car j'adore la perplexité!
Après avoir lu votre intéressant exposé sur le délicat problème de la serviette (qu'il ne faut en aucun cas mélanger avec un torchon, lequel peut brûler),j'étais accablé: quoi? Le pays des Droits de l'Homme aurait oublié d'inclure la serviette dans ces fameux Droits? Non-assistance à personne en danger de se salir?
Horreur.
Heureusement, le commentaire de Cobab m'a rassuré: si l'on vous refuse les serviettes, cher Hugues, c'est que vous êtes peut-être tout bonnement déjà très sale.
Ou pire: sans-papiers?....
Rédigé par : leblase | vendredi 18 août 2006 à 18:59
en espagne c'est un objet de fierté, et cela le sera toujours; d'ailleurs on les nomme les serviettes de comptoir
on les trouve dans les bars et les restaurants.
" la serviette de papier, comme tous les ustensiles d'apéritifs, doit rappeler sa précarité qu'en aucun cas elle ne saurait se substituer à la prédominance du linge, matière familiale et domestique. la serviette à tapas est légère, volatile et éphémère......."
enfant je les collectionnais;)
Rédigé par : humour japonais | vendredi 18 août 2006 à 21:04
On ne doit pas manger dans les mêmes bouibouis, ou alors j'ai une tête qui revient aux serveurs, mais pour ma part j'ai l'impression qu'on me refile *toujours* une serviette, y compris quand j'achète quelque chose de pas salissant du tout (genre biscuit sec comme un coup de trique déjà disposé sur un petit support en carton, voire canette de thé à la pêche). Du coup, comme j'ai horreur de faire inutilement du mal aux forêts norvégiennes, je mets la jolie serviette en papier dans ma poche des fois qu'elle puisse me servir de Kleenex ou de lingette VU, et mes poches sont toujours pleines de ces serviettes inutilisées que je finis par jeter quand elles sont toutes aclapies... Peut-être devrais-tu tout simplement changer de crèmerie, ou de pseudo-boulangerie; m'est avis que tu vois une spécificité française là où il y a simplement de mauvais commerçants.
Détail culturel: en Amérique latine, on met à la disposition du chaland, en place de serviettes en papier, des *moitiés de feuilles de papier cul* (propres, quand même), découpées en diagonale, chacun de ces triangles isocèles étant à peine suffisant pour s'essuyer un doigt. Je pensais que ça faisait partie des indices à quoi on reconnaissait le tiers monde, d'ailleurs.
Poil de lama.
Rédigé par : Poil de lama | samedi 19 août 2006 à 00:03
"le jeune cadre habillé en évangéliste mormon."
C'est fort bien dit!
Rédigé par : Tlön | samedi 19 août 2006 à 10:09
ne mangeant jamais ni big mac ni croissant je n'ai pas d'opinion sur le sujet. Est ce que dans les autres pays on donne des serviettes avec les tomates ou les pèches chez le marchant de légume ?
Rédigé par : brigetoun | samedi 19 août 2006 à 18:43
"Des serviettes en papier pour tous !" Voilà de quoi sérieusement renforcer le programme du Parti socialiste. Halte à la précarité des repas sans serviettes ! Etc.
Rédigé par : Jules | dimanche 20 août 2006 à 17:21
Je crois me souvenir avoir entendu dire que les contrôleurs des impôts avaient pour habitude de présumer le nombre de clients consommant sur place (TVA 19.6%) par opposition à ceux emportant leur déjeuner (TVA 5.5%) en mesurant les consommations de serviettes en papier.
Et puisque, "au bon vieux temps" désormais révolu, ce simple indice (surconcommation de serviettes en papier) pouvait vous valoir un redressement fiscal gratiné voire une interdiction d'exercice, des habitudes se sont prises, promues par les syndicats inter-professionnels....
Rédigé par : ......... | lundi 21 août 2006 à 05:54
Je rappelle que le mystère des serviettes ne concerne que les trucs à emporter. Dans les restaurants traditionnels, effectivement, les serviettes sont fournies sans difficulté.
En tout état de cause, je suis intéressé par le témoignage d'éventuels "équipiers" McDo sur cette question tout à fait fondamentale.
Rédigé par : Hugues | lundi 21 août 2006 à 12:14
Excellent post. Si je puis me permettre, à New York, non seulement on donne des serviettes à tous les clients dans les détaillants alimentaires, mais en plus on leur donne une fourchette en plastique. C'est très pratique.
Pour revenir aux serviettes, il est évident qu'il y a un effet d'anti-passager clandestin : puisque personne ne donne de serviettes, celui qui le fera sera baisé. Abram De Swan a écrit un livre extraodinaire là-dessus ; c'est pour contrer cet effet qu'on a inventé l'école gratuite et obligatoire, la police et les égouts. En gros : chacune de ces politiques bénéficiait à tous mais ne pouvait être payée que par les riches. Donc aucun riche ne pouvait payer pour les pauvres et ensuite d'autres riches en bénéficieraient ; d'où l'idée géniale de collectiviser les coûts (et, par là même, de créer... l'Etat).
Rédigé par : Francois | mardi 22 août 2006 à 01:00
François: http://solidariteetprogres.online.fr/Dossiers/Culture/Platon.htmlPlaton ?
"Le tableau de Raphaël, l'Ecole d'Athènes, résume très bien les positions absolument antinomiques des deux : Platon montre vers le haut indiquant que ce sont les choses impérissables de l'esprit qui constituent la réalité première de l'Univers ; Aristote, au contraire, montre vers le bas, indiquant que la réalité première se trouve dans les choses matérielles."
Rédigé par : X | mardi 22 août 2006 à 14:04
Je ne supprime pas le message ci-dessus, signé X, mais je me permets, à toutes fins utiles, d'avertir mes honorables lecteurs qu'il émane de la section française du groupuscule quasi sectaire de Lyndon LaRouche, une sorte de Le Pen américain qui se serait commis avec le trotskisme avant de s'intéresser au fascisme.
Cette histoire de Platon vs Aristote est un leit motiv de la pensée LaRouchienne, un peu comme la "réhabilitation de l'âme" chez les scientologues.
Je ne savais pas que la question des serviettes en papier était de nature à attirer ses affidés dans les parages.
Rédigé par : Hugues | mardi 22 août 2006 à 14:48
Très juste, tout cela prouve à nouveau notre conscience aiguë de l'environnement et de la rareté...
Ou bien la peur rustique de manquer de ces biens frivoles si on les laissait se dilapider.
Rédigé par : Phersu | mercredi 23 août 2006 à 14:24
ça doit être difficile pour les inspecteurs des impôts, parce que les acheteurs "à emporter" demandent peut-être aussi des serviettes. S'ils ne les volent pas. Affreux.
Rédigé par : FrédéricLN | jeudi 24 août 2006 à 14:41
J'ai, pour ma part, été équipier dans un McDo Tourangeau pendant quelques mois (notez que je n'en tire pas grande fierté, mais, il arrive souvent que, dans la vie d'un étudiant, l'argent fasse défaut, il faut alors bien en trouver quelque part et le Fast Food à l'avantage d'offrir une flexibilité horaire appréciable... Notez également que c'est certainement le seul avantage :)).
L'ennui est que, c'était il y a quelques années (en 2001) et que les serviettes étaient en libre service dans la salle, de même qu'il m'arrivait d'en fournir des quantités illimitées au McDrive à la demande du client sans avoir reçu d'instructions particulières du management (enfin, je crois, il est probable que ma faible motivation faisait naitre en moi un comportement un brin dilettant, mais, à priori, rien dans mes souvenirs ne me rappel la mise en place d'un système d'économie sur le consommable hygiénique pour les clients...) Depuis, bin... Je n'y mange plus (j'irais pas jusqu'à dire "forcément", mais bon... ;-þ), j'y ai remis quelques fois les pieds et, je me rappel vaguement que les distributeurs à serviettes étaient toujours là...
Personnellement, je me range à l'experience de Cobab, je me surprends plus souvent à sortir un "Non merci, pas besoin de serviette avec ça, ça s'rait du gachi" qu'un "euh... et une serviette, ça s'rait trop vous demander?..." et serait plus enclin à croire que, si la serviette ne devient plus un objet de consommation massive, c'est plus par souci d'économie qu'une conséquence d'une obscure tradition culturelle.
Rédigé par : Narshen | vendredi 25 août 2006 à 13:23
Rions un peu... Quelqu'un vient d'arriver sur cet article en faisant la requête Google suivante : "Parti socialiste des papiers pour tous".
Rédigé par : Hugues | mardi 29 août 2006 à 15:54
A rebours.
Eh bien, en bon français (qui plus est sudiste, donc encore plus dangereux), je tiendrais l'émerveillement inverse : comment les autres pays osent-ils laisser des serviettes à disposition ?
Premièrement, c'est encombrant et le plus souvent inutile. On a bien des mouchoirs en papier sur soi, et le cas échant, le gras finit par disparaître, au cours de la journée, au contact des loquets de porte des musées ou des incunables des bibliothèques.
Secondement et surtout, c'est un gaspillage immense, aussi bien en termes de coûts qu'en termes d'écologie. Tout ce papier pour finir emporté dans le vent ou jeté par terre, sans même servir ; pour encombrer et qu'on retrouvera, chiffonné et sale, bien embarrassé, en fouillant son sac dans un lieu public.
Ah non ! Que les serviettes ne viennent pas nuire aux Français !
Rédigé par : DavidLeMarrec | vendredi 01 septembre 2006 à 20:45
Ce commentaire arrivant un peu tard... Ayant découvert ce blog par hasard et ayant cédé à ce florilèges d'exceptions françaises, j'explore !
Ayant été employé chez McDonald's un moment (pour les mêmes raisons que mon ex-collègue m'ayant précédé), mais en plus ayant été hôte principal (traduisez : responsable relations clientèle / marketing local), je dois vous avouer que la gestion de la mise à disposition de serviettes en papier était un attribut fondamental de mon poste...
Et il est a remarquer deux choses : McDonald's France impose la mise à disposition de serviettes illimitée à ses clients. De un. Les locataires-gérants aiment leur sous plus que les règles qu'on leur impose. De deux.
Ainsi ai-je subi tout le long de ma brêve carrière auprès de franchisés de pressions confinant au harcelement pour faire remplir un minimum les présentoirs. Car une serviette coûte, et que les clients les volent. Voire pire : Il arrive qu'on en prenne une poignée pour utiliser trois feuilles et jeter le reste.
Une règle simple pour le Drive économique : Une serviette par produit, sinon point de salut.
Je me suis donc battu (chose que je n'ai jamais eu à faire en restaurant de corporation) pour la présence des serviettes, quitte à remplir moi-même les distributeurs en cachette. Mon départ a d'ailleurs sonné le glas de ceux-ci dans mes restaurants, qui ont été condamnés à peine une semaine après au profit de la distribution en caisse.
Mais réjouissez vous, le mobilier est effectivement artisanalement condamné, et non pas enlevé : Il reste une chance que vous puissiez ponctuellement profiter d'une manne de serviettes... En effet, il faut pouvoir remettre des serviettes dans les distributeurs les jours de contrôle de la part de McDo France...
Rédigé par : Lom | dimanche 05 novembre 2006 à 12:43
Chez nous à Clermont dans les MacDo et les Quick, les serviettes et les pailles sont à disposition, d'ailleurs ils refusent d'en donner à la caisse : "Allez vous servir au distributeur en salle"... Bizarre ?
Rédigé par : Dodot | mercredi 30 mai 2007 à 12:57