Lieu-commun.org : un métablog pour les tyrosémiophiles !
Quelques-uns des plus brillants tyrosémiophiles de la blogosphère se regroupent pour créer un site collectif. Com-vat.com est de la partie.
Ma femme ne lit pas mon blog. Bon, à la vérité, elle avait bien daigné jeter un coup d’œil à mes toutes premières notes, histoire d’éviter qu’une éventuelle crise narcissique de ma part ne dégénère en conflit ouvert, conflit susceptible d’entraîner un divorce, la vente à perte de l’appartement, de graves traumatismes pour les enfants, voire un plongeon dans la drogue et l’alcoolisme pour l’ensemble de la famille… Mais ses efforts se sont arrêtés là, à la lecture symbolique et distraite de ces quelques posts liminaires.
Ma femme ne lit pas mon blog donc, mais j’ai fini par en prendre mon parti. Après tout, si elle préfère rester dans l’ignorance des grands problèmes de ce monde et de la façon de les résoudre, grand bien lui fasse. Tant pis pour elle, ouais ! Précisons seulement, à sa décharge, qu’il lui est assez difficile d’échapper à la version IRL de mes vaticinations et qu’une saturation légitime doit parfois la gagner.
Car il faut bien l’avouer, et c’est une découverte que je n’ai faite que très récemment, presque fortuitement, toutes ces histoires politico-économiques qui font l'ordinaire de ces pages n’intéressent pas vraiment les gens normaux. Enfin, oui, bien sûr, elles les intéressent suffisamment pour que le monde poursuive sa course, pour que des élections soient organisées, des unions européennes élargies, des OPA lancées... Mais au-delà de ces événements somme toute assez peu impliquants sur un plan personnel, les gens normaux ont tendance à se focaliser sur des trucs, heu, normaux, comme les programmes de cinéma ou la réservation d’un court de tennis pour le samedi suivant. Et ce blog étant précisément, à l’exception de considérations épisodiques sur la course à pied ou le vélo, presque exclusivement consacré à ces sujets pour le moins abscons, il était normal que ma femme se montre aussi peu concernée.
Mais ne croyez pas que ce constat soit teinté de la moindre amertume. Bien au contraire. Au final, et c’est justement la magie du Web et de l’hyper-thématisation des nouveaux médias électronique (le « many to many » remplaçant le « one to many », dirait un typologue de mes amis) qui permettent désormais aux vaticinateurs dans mon genre de trouver un public volontaire et d’échanger des concepts fumeux avec d’autres malades à coups de notes acerbes et de commentaires rageurs. Un peu comme un collectionneur d’étiquettes de boîtes de camembert découvrant, après des années de pratique solitaire et honteuse, qu’il n’est pas seul au monde et que le centre culturel et social de son quartier organise, chaque premier samedi du mois, une après-midi consacrée à la tyrosémiophilie — soit la pratique de ce type de collection fromagère...
Désormais membre du club (des blogueurs, pas des collectionneurs d'étiquettes — concentrez-vous un peu, merde !), je me suis rapidement fait de nouveaux amis, présentant pour chacun une variation surprenante de ce que je choisirais charitablement de qualifier de hobby plutôt que de pathologie. Focalisant parfois sur, tenez-vous bien, le droit administratif, les congrès de l’UDF ou le gnosticisme chez les pingouins, ces nouveaux amis ont rapidement imaginé de mettre nos « compétences » en réseau, nos lecteurs respectifs ne pouvant qu’être séduits par le caractère complémentaire de ces différents champs d'étude.
C’est ainsi qu’est né lieu-commun.org, le premier métablog vous permettant de découvrir, au même node de la blogosphère, l’intégralité de la production d’une quinzaine de sites (dont un Suisse, véritable curiosité dans le domaine très hexagonal de la tyrosémiophilie) tous plus obscurs dans leurs propos les uns que les autres, tous plus inintelligibles les uns que les autres, tous plus éloignés des centres d’intérêt de ma femme les uns que les autres. Mais à vous qui me rendez si souvent visite, ça ne devrait pas faire peur. Bonne chance lecture !
© Commentaires & vaticinations

Mais que peut bien faire Albert, en ce moment ?
Rédigé par: Roger | le mardi 07 février 2006 à 12:02
Heu...Pardon, mais champG
http://blpwebzine.blogs.com/champg/
existe depuis quelque temps, dans le genre metablog (auquel je ne prends aucunement part.
Mais merci pour lieu-commun, qui m'a permis de découvrir phersus.
Et Bonjour à Madame Vaticinations;-)
Rédigé par: leblase | le mardi 07 février 2006 à 13:30
Dans ce monde de brutes, si en plus ton fil était cassé comment veux-tu qu'on te lise? Mais je suis content de savoir que je ne suis pas le seul: mon compagnon aussi ne lirait "Un swissroll" que forcé et contraint!
Rédigé par: François Brutsch | le mardi 07 février 2006 à 15:31
je serais heureuse de la revoir, Madame Comvat, elle qui partage peut-être avec moi la phrase "Dis le à ton blog" quand Nico se lance sur une explication de texte sur les malheurs du monde à 23 h 30, juste quand je suis en train de me plonger dans mon Haraki Murakami..
gros bisous et longue vie à tes bavardages
Rédigé par: Christie | le mardi 07 février 2006 à 16:06
Roger,
Albert, on aimerait bien qu'il avance plus vite. C'est vrai. Mais ça vient, ça vient.
Leblase,
Il faut que j'aille voir en détail. Merci pour le tuyau.
François,
Mais c'est pas moi, c'est TypePad qui merde. Comment veux-tu que je devienne le premier blog du onzième arrondissement dans ces conditions ?
Christie,
Tu lui dis ça, "parle à ton blog ma tête est malade" ? C'est pas sympa... Autrement, profitons de ce temps radieux pour organiser un nouveau pique-nique !
Rédigé par: Hugues | le mercredi 08 février 2006 à 11:58
Très bonne idée lieu-commun, grâce à cela j'ai découvert votre blog (entre autre), Maître Eolas et Versac étant mes lectures habituelles jusque là. Voilà de quoi occuper mes longues journées de boulot... je voulais dire, mes longues soirées d'hiver ;)
Rédigé par: Aiua | le lundi 13 février 2006 à 23:27