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jeudi 09 février 2006

La gauche touche le sommet

Réunies en sommet, les principales composantes de la gauche française sont tombées d’accord pour battre la droite aux élections. C’est un bon début.

ZizanieA ceux qui trouvaient ma fabulette de l’autre jour un peu trop tirée par les cheveux, la leçon du 21 avril ayant nécessairement été apprise et l’émiettement suicidaire de la gauche n’étant pas près de se reproduire, je suggère la lecture du papier du Monde sur le « sommet » organisé mercredi 8 février… à la Mutualité (si, si, je n’invente rien).

Comme de juste, compte tenu des divergences fondamentales de visions du monde entre les mouvements représentés, il ne s’est strictement rien décidé de concret à cette occasion. Après les condamnations d’usage du CPE (une pétition devait être lancée, ce qui aurait eu plus de poids si la loi sur les nouveaux contrats de travail n’avait pas été votée par trois pelés UMP quelques heures plus tard sans la moindre opposition), la « création d’une structure de liaison souple » a été évoquée dans le cadre de l’organisation de « ripostes » contre les « réformes antisociales ».

Les participants se sont ensuite séparés bons amis, Marie-Georges Buffet qualifiant courageusement cette rencontre d’ « utile » et son camarade du bureau politique du PC, Patrice Cohen-Seat, assurant avec conviction que « quelque chose d’intéressant » s’en était dégagé. Il est vrai qu'un consensus s'était rapidement établi autour des propos galvanisants tenus par un François Hollande en verve : « Je ne connais pas de meilleur moyen pour battre la droite que de gagner les élections ! ».

Mais au-delà du vide sidéral sorti de ces gesticulations, c’est la composition du panel qui reste la plus édifiante en termes de potentiel unitaire. Aux côtés du PS, du PC, des Verts, du PRG et du MRC s’étaient en effet assis les leaders du Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale (MARS), de la Gauche Républicaine (deux mouvements distincts issus de l’ex-MDC de Chevènement), d'Alternative et Convergence Citoyennes, de Régions et Peuples Solidaires et des Alternatifs Autogestionnaires…

Las, l’incroyable variété des logiques et nuances idéologiques que compte le camp du progrès dans notre pays n’étaient même pas représentée de manière exhaustive, les quatre principales organisations trotskistes ayant vraisemblablement préféré aller au cinéma (le mercredi étant le jour des nouveaux films, qui leur en tiendrait rigueur) et le truculent Mélenchon ayant été « écarté ». On le voit, il n’est pas encore question de former la Coalition des Gauches Unies à laquelle je faisais plaisamment référence, mais ça ne devrait plus tarder.

Maintenant c'est sûr, la gauche gagne en 2007.

© Commentaires & vaticinations

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Voici les sites qui parlent de La gauche touche le sommet:

Commentaires

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C'est bizarre qu'ils aient pas pensé à inviter l'UDF. Après tout, ils avaient déjà écarté Méluche (et j'imagine pas les verts commettre l'impair de cracher dans la soussoupe). Quand aux trotskos, je les imagine bien en train de démarcher les CPE/CNE et autres radiés des assedics.

En somme à gauche, rien de nouveau!Mais cela n'a riend'étonnant, on parle pas de gauche mais des gauches, sans programme et toujours avec les mêmes.

Ma politique : faire du contre, de l'anti par principe, non vraiment c'est grand.

La gravité et l'urgence de la situation imposent d'abord aux formations de gauche de tout faire pour empêcher le CPE d'être adopté puis appliqué, donc de s'opposer vigoureusement au gouvernement. Comme tu le dis, c'est déjà un début.

Le candidat et le projet pour 2007 devront venir ensuite et je reconnais que pour l'instant ce n'est pas gagné. Mais sans être naïf, il ne faut pas sous-estimer la force de l'appel à l'alternance qui naîtra, je l'espère, du rejet de la droite. Personnellement, je veux croire que le PS saura présenter dans les temps un candidat crédible, un projet alternatif séduisant et un contrat de gouvernement réaliste avec ses alliés.

Enfin, puisque tu feins de l'ignorer, je te rappelle que si la gauche parvient au second tour de la présidentielle (je sais, tu en doutes), c'est le PS qui sera dans tous les cas la force principale. Et que ses alliés seront les Verts, le PC et le MRG. Cela ne sert donc à rien de te focaliser sur LO, la LCR et tous les groupuscules trotskistes, qui n'entreront jamais (en tout cas pas cette fois-ci) au gouvernement.

Maintenant si l'attelage et les options de la "gauche plurielle", que tu as tant aimés (avec ses emplois jeunes et ses 35 heures) lors des années Jospin, ne te plaisent plus, tu peux toujours (c'est ça qui est bien en démocratie) choisir Villepin (avec vaseline) ou Sarkozy (sans vaseline)...

J'ai rien compris à ce post.

Elle: Notre hôte voudrait que les couillons de sincères républicains du PS qui furent (et seront probablement toujours) les seuls à se présenter aux fonctions électives ingrates qu'il faut bien occupper quand on prétend faire de la politique deviennent d'un coup des sociaux-technocrates.

à mon avis, le paradoxe dans l'énoncé ne sera pas levé avec de simples propos, mais peut-être m'illusione-je.

Il va falloir te décider, est-ce l'absence de la LCR, de LO, du PT ... qui te déçoivent, ou aurait tu préféré la présence de l'UDF et l'absence du PCF ???

Est ce si anormal que ce genre de premier rendez-vous soit peu exaltant ? Non. C'est ce que l'on pourrait qualifier de point de passage obligé. Quand à ta dénonciation de l'absentéisme parlementaire, comme l'assemblée nationale ne sert à rien, que dès qu'on y débat, c'est de "l'obstruction", et c'est bien rare, et sachant que le dit amendement a été voté à minuit et quelque, que l'introduction du CPE par amendement interdisait le dépôt d'amendement contradictoire, les sous amendement sur le CPE ne pouvant aller contre l'objectif de l'amendement déposé, ce dédat n'en était pas vraiment un.
On peut se demander si la France est encore une véritable démocratie étant donné l'absence totale de contre pouvoirs effectifs. Mais bon, comme Villepin est un grand premier ministre et que le seul avenir de la gauche est de soutenir Bayrou (la seule différence entre les deux étant pour moi d'ordre tactique, l'UDF est l'alliée objective de l'UMP) ... Je suis sans doute mauvais coucheur : LA FRANCE VA MIEUX !!!

Ah, ça me fait plaisir de lire ça, je suis mort de rire et puis c'est tellement notre horizon à court terme qu'il vaut mieux s'habituer.

Sinon je ne savais pas que le MDC avait scissionné.

Enfin, dans l'esprit de mes lecteurs habituels, je te dirais que ton problème, c'est que tu n'es pas "vraiment" de gauche !

Guillermo: Vous pourriez me citer un exemple d'un homme public qui raisonne à plus long terme que, par exemple, Lakshmi Mittal (le consensus semble dire que son pari sur le cours de l'acier est à 5 ans).

(Je propose cependant de considérer pour faire simple que les leaders des partis politiques dits extrémistes en général sont par définition hors-concours, puisque manifestement, cette hypothèse englobe le "fil rouge" proposé par Hugues, à savoir, le péril faaaaasziste).

Athena,
Pour tout faire contre le CPE, comme tu dis, il aurait sans doute été préférable d'aller en débattre à l'Assemblée en quittant la Mutu. Mais il est vrai que, comme le dit Bernard Thibault, peu importe le fait que le texte ait été voté, les choses se passent dans la rue.

Elie,
Je résume : la gauche est morcelée. Ce morcellement est lié à des philosophies irréconciliables. Ses tentatives de rapprochement ne sont donc pas efficaces. Elle ne peut pas gagner les élections (mais j'avoue qu'avoir lu le post http://hugues.blogs.com/commvat/2006/01/oops_i_did_it_a.html avant celui-ci peut aider à la compréhension )

Simon,
Je ne sais pas si un premier rendez-vous est nécessairement "peu exaltant". Mon expérience romantique m'incite à penser qu'un premier rendez-vous a plutôt intérêt à être le plus exaltant possible pour donner lieu à d'autres rendez-vous...

Autrement, je ne comprends pas comment on peut imaginer, et même souhaiter, un programme de gouvernement construit autour d'une synthèse bancale permettant à toutes les parties de se sentir à l'aise. Effectivement, il doit être possible de proposer une plateforme démago au parfum de la vraie bonne gauche et de gagner les élections là-dessus. Ca, même Chirac sait le faire. Et après ?

Guillermo,
Vraiment de gauche ? C'est compliqué. Moi je reste convaincu d'être de gauche, mais il est vrai que confronté aux credos d'Alternative et Convergence Citoyennes ou de Régions et Peuples Solidaires, mon positionnement est difficile à défendre. J'avais un peu abordé cette délicate question ici : http://hugues.blogs.com/commvat/2005/02/une_autre_gauch.html

Mais franchement, je commence à me foutre un peu de savoir si les trotskistes m'autorisent à me sentir de gauche. Un peu comme ces Juifs libéraux qui ne demandent pas aux Loubavitchs de leur donner leur bénédiction, ces musulmans qui ne considèrent pas Ben Laden comme l'apex de la pratique religieuse ou ces catholiques qui pensent que les intégristes de Saint-Nicolas du Chardonnet ne sont la référence de rien. Car finalement, c'est un peu la même chose tout ça, non ? La CGT préfère se battre dans la rue contre le CPE et les anti-caricatures foutent le feu aux ambassades. Il y a évidemment une différence de nature et d'echelle, mais ne peut-on pas comparer les fondamentalismes ?

Yop,
Un homme politique qui raisonne à long terme : how about Sarkozy ? Il veut devenir président depuis l'âge de 15 ans. Mais Fabius n'est pas mal non plus dans le genre persévérant.

Merci à tous pour ces éclaircissements: j'avais la même analyse grâce à l'AFP et en bonus c'était compréhensible.

Hugues, tu as raison, et puis je disais ça pour rire - étant moi-même soumis à la question par des lecteurs de la gauche intégriste.

Bientôt je vais devoir faire un coming out "social libéral" et demander l'asile politique a lieu commun pour m'en débarrasser !

Le MARS? ça existe vraiment ça??

Pourquoi pas le POUF-POUF alors (Parti Ouvrier Unifié Français - Parti Ouvrier Unifié Français)?

Hugues: J'avais le sentiment que Sarkozy avait franchi le Rubicon en devenant chef de l'UMP, sans avoir d'ailleurs forcément choisi le moment : mais à force d'écraser les autres postulants autour de lui, il ne pouvait guère refuser l'adoubement militant à cet instant (fait-il ce faisant preuve de la patience requise pour raisonner à long terme ? j'en doute.. le voilà condamné à la victoire ou l'oubli, même glorieux).

Fabius, oui, je suis d'accord. Lui aussi a franchi son rubicon, mais il n'y a pas grand monde capable de lui tenir réellement tête au sein du PS, surtout depuis les épurations menées par les ex-fidèles de Yoyo. Et puis, après tout, il a quand même démontré sa capacité à appliquer un programme de centre gauche tout en restant capable de manipuler des idées de gauche. Il me semble donc à même de mener à peu près n'importe quel programme PS imaginable. Quand à ses concurrents, chacun d'eux a ses casseroles à gérer, qui, il est vrai, ne se révèleront qu'une fois la campagne lancée, lorsque les couteaux seront bel et bien tirés.

Je pense quand même que le positionnement sur les vieux démons (affaires Chirac, OGMs, U.E., justice, école, insécurité, emploi) feront de grosses différences dans l'opinion sur le long terme : les autres sujets me semblent surtout être des écrans de fumée destinés à retarder l'heure des débats sur lesquels l'opinion prendra position.

Elie,
Ma foi, je te suggère de t'en tenir à l'AFP. Ou à Metro. C'est un excellent moyen de rester au courant de ce qu'il faut savoir et je pense que c'est effectivement plus facile à comprendre.


Hugues tourne lentement la tête vers le public, hausse les épaules et lâche :
— Je sais, je sais, je suis inutilement sarcastique et cet Elie-là est peut-être sincèrement désorienté et confondu par mes textes désordonnés et incompréhensibles. Mais parfois ça me vient comme ça et ce n'est pas la première fois qu'il vient m'asticoter...


Guillermo,
No problemo, j'avais compris.

Coco,
Tu peux aussi rendre visite à ces mouvements tout aussi pittoresques que nous avions déniché avec le camarade Eviv Bulgroz :
http://www.comite-honecker.org/
http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/

Je commence à comprendre que Ségolène préfère se tenir à l'écart de tout ça: ça devrait lui donner un soupçon de crédibilité!

Plus sérieusement : je suis excédée tout à la fois par le succès de Sarkozy et par le type de critiques qui lui sont adressées. La gauche sort complètement discréditée de ce couple infernal succès/tirage à boulets rouges.

Excédée par le succès : je trouve que c'est un succès immérité, tant Sarko est médiocre aux affaires, connaissant mal les dossiers (je connais pas mal de monde qui bosse à bercy et qui a bien rigolé lorsqu'il y était ministre : il paraît qu'il sortait une connerie par jour au moins), bouffant à tous les rateliers (un jour faisant la courte échelle à l'UOIF via le CFCM, le lendemain affichant partout sa réprobation des propos de l'imam Bouziane, et pondant un texte complètement fou sur l'immigration).

Excédée par les critiques : de toutes parts, les critiques adressées à ce Monsieur sont à l'unisson : c'est un "facho". bravo. Zéro fait, zéro analyse. Comment mieux discréditer l'opposition à ce mec, qu'en se roulant dans le lieu commun et l'invective?

Bref, l'anti-sarkozysme est le plus grand dénominateur commun de la gauche et il me semble, pour les raisons sus-évoquées, que ce n'est pas forcément une bonne nouvelle.

A quand un billet sur ce sujet Hugues?

Je suis peut être un peu hors sujet mais je n'y tiens plus. La Gauche crie au charron sur le CPE - j'ai même entendu sur France-Inter l'étonnant G. Filoche expliquer que ce contrat constituait la fin de la civilisation... - et hurle encore plus sur la fin de la démocratie que constitue le recours au 49-3.
Je fouille un peu en me disant que oui, ben, bon, la Droite a du utiliser ce truc à de nombreuses reprises mais moins que le gentil PS etc.
Je trouve ça : http://fr.wikipedia.org/wiki/Article_49-3
Rocard (record absolu), l'a fait 28 fois ! Cresson 8 fois ! Maurois 7 fois ! Alors même que le gouvernement de Droite qui l'a le plus utilisé c'est celui de Chirac (86-88) avec 8 recours.
Incroyable, non ?

Thierry,

Alors là je suis bien d'accord.

D'autant que, si j'ai bien suivi, le texte comportant les dispositions relatives au CPE a été adopté par une assemblée nationale peu garnie... Où étaient donc les députés socialistes?

Pour finir je ne vois aucune honnêteté intellectuelle à gauche (étant pourtant membre d'un parti de gauche!!) sur cette histoire de jeunes et de précarité : le premier employeur précaire de France c'est l'ETAT, et c'est un scandale absolu, et la gauche, aux affaires, n'a rien fait de spécial, à ma connaissance, pour faire cesser cette situation. Donc, soit elle est consciente de l'impossibilité de garantir la stabilité à tout salarié (l'Etat aussi, après tout, a besoin d'ajuster ses effectifs), soit elle fait de grandes gesticulations dans le vide. Dans l'un ou l'autre cas elle n'est aps crédible.

"Ma fois, je te suggère de t'en tenir à l'AFP"

Et en prime, mes yeux ne seont pas brûlé par tes faute.

Tiens, tu vas être content Hugues : la LCR rejoint le PS, les Verts et le PC dans la structure unitaire de riposte à la droite et au CPE.
Et ce qui comptera, au final, ce n'est pas que la LCR signe une alliance ou un accord de désistement avec le PS ou lui délivre un quelconque certificat de "gauchisme authentique" (cela ne se produira pas), mais que ses électeurs (je dis bien ses électeurs et pas ses militants) se reportent sur le candidat PS au second tour (si second tour il y a, évidemment).

Extrait de la dépêche AFP ci-dessous :

La Ligue communiste révolutionnaire a annoncé qu'elle signerait le tract et la pétition unitaire de la gauche exigeant le retrait du CPE et s'est dite prête à rencontrer les partis concernés pour "envisager les modalités de soutien" aux manifestations prévues les 14 et 16 février.

"La LCR, si elle n'a pas participé à la réunion du 8 février, est tout à fait d'accord pour être partie prenante de toute structure unitaire ayant pour but d'aider à la mobilisation contre la droite et le patronat", souligne la Ligue dans un communiqué.

En conséquence, "la LCR participera à la +structure de liaison souple et ouverte+ mise en place +pour riposter à la droite+". Par ailleurs, "la LCR a décidé de signer le tract et la pétition unitaire exigeant le retrait du CPE", indique le communiqué.

Elle ajoute qu'elle est "prête à rencontrer rapidement l'ensemble des partis de gauche pour envisager les modalités de soutien aux manifestations des 14 et 16 février et à la journée du 7 mars contre le CPE".

Le saviez-vous ? Contrairement aux idées reçues, le rapport entre taux de chômage des jeunes et taux de chômage de l'ensemble de la population n'est pas meilleur en Angleterre qu'en France (environ 2,3). En Europe, c'est l'Allemagne qui est la mieux placée selon ce critère, le taux de chômage des jeunes étant à peine supérieur au taux de chômage global (grâce essentiellement à un système d'apprentissage et de formation professionnelle performant). Les pays scandinaves ne sont pas mal non plus.

Désolé, c'est l'OCDE qui le dit (qui, tu en conviendras, ne peut être suspecté de "tropisme trotskiste"). Et la fameuse flexibilité imposée dans les esprits comme l'alpha et l'omega de la lutte contre le chômage des jeunes par le dressage libéral n'a rien à voir là-dedans.

Quant au fameux "il faut en moyenne entre 8 et 11 ans à un jeune pour trouver un CDI" que Villepin et ses ministres martèlent dans tous les médias et qu'une grande partie de la presse a repris sans parfois prendre la peine de mettre des guillemets (et toi aussi, Hugues, désolé de pointer cette faute professionnelle), cela se révèle être une énorme arnaque.

Comme je l'avais déjà fait remarquer sur ce blog, cette affirmation est en contradiction avec toutes les études de l'Insee et du Céreq (notamment publiées dans Le Monde).

Selon le Nouvel Obs, "sollicités par la presse, les services de Matignon ont eu le plus grand mal à justifier ces chiffres". L'Express, dans son édition du 2 février, a révélé le pot aux roses : le premier ministre a tout simplement extrapolé une statistique d'Eurostat qui dit tout autre chose...

En fait, il faut attendre l'âge de 33 ans ("entre 8 et 11 ans" après la fin des études) pour que 90% d'une classe d'âge ait un CDI (comme l'ensemble de la population). Autrement dit, s'il faut entre 8 et 11 ans, c'est pour que tous les jeunes ou presque aient un CDI. Beaucoup l'obtiennent bien avant. Selon le Céreq, toutes qualifications confondues, 71% des jeunes ont un CDI 4 ans après la fin de leurs études !

Je ne sais pas qui sait qui parlait de la malhonnêteté intellectuelle de la gauche...

Suite de la petite mise en perspective statistique. Jean-Louis Borloo en service commandé à la télé : "80% des enfants de ce pays sont au chômage ou en CDD". Le vrai chiffre ? 27% ! Car les deux-tiers des 15-24 ans sont lycéens ou étudiants...

En France, le taux de chômage des 15-24 ans est de 8,1% (22% des actifs). Au Royaume-Uni, il est de 7,6%, soit à peine inférieur. Le taux des 15-24 ans en CDD, en intérim ou en apprentissage est de 19% (54% des actifs) en France.

Mais c'est vrai qu'en disant cela (c'est-à-dire la vérité, qui est suffisamment préoccupante pour ne pas être exagérée), c'est moins vendeur pour le CPE.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : ce contrat, s'il se généralise, va peut-être aider à la marge une minorité en situation de chômage ou de précarité, mais va précariser une majorité de jeunes ayant un Bac Pro, un BTS, un Bac+4 ou un Bac+5...

Une seule question : pourquoi ? Au nom d'une idéologie qui ne dit pas son nom ? Ou simplement pour permettre à Villepin de "droitiser" un peu son image de gaulliste social pour aller chalenger Sarkozy sur ses terres ?

Observateur,

hello,

chiffres très intéressants en effet. Comme vous êtes très bon pour aller à la pêche aux chiffres, vous pourrez peut-être éclairer ma lanterne :

je me demande simplement pourquoi on passe autant d'années sur les bancs de l'école en France : cet allongement des études ne serait-il pas une façon, précisément, de retarder l'entrée sur le marché du travail et donc, cela ne fausse-t-il pas votre approche?

Quid de la population active jeune (= celle qui est sur le marché du travail)?
Qu'en est-il, à ce moment-là des statistiques européennes?

Thierry, sur le 49-3 : le gouvernement Rocard était minoritaire, d'où son recours fréquent au 49-3 ; de même du gouvernement ... Barre, dont le RPR ne voulait pas voter les budgets !

En revanche, pour la première fois depuis 1986, on a un parti en majorité absolue à l'Assemblée, et malgré ça ... 49-3.

On pourrait en déduire la question : comment avoir en France une démocratie parlementaire qui fonctionne ? qui dégage une majorité représentative et ouverte au débat ? le graal ...

Frédéric,
votre remarque est juste, encore que ce qui pose problème est moins le vote de la loi - toujours positif - que les dépots d'amendements et autres amusements qui retardent le passage du texte au sénat. Le grand fou doit être pressé et on le comprend.

Quand on sait que la seule mise en minorité d'un gouvernement de la V° date de 44 ans, on peut légitimement s'interroger sur la nature de notre régime. J'ai toujours regretté, pour ma part, qu'on ait un Parlement posé hors de la vie sociale et surtout presque étranger à la vie politique de notre pays. Il suffit de lire les débats de la III° République pour se convaincre qu'alors l'hémicycle accueillait les grands débats du temps.

Aujourd'hui, les gouvernements s'expriment par une frénésie d'effets d'annonce et des rafales de projets de lois, toujours votés par le Parlement. Cela revient à dire que le dit Parlement, en réalité, se résume en ce moment (mais c'était la même chose avec la Gauche) à la tête de Villepin ou celle de Chirac, rien de plus.

La seule preuve d'existence d'un régime parlementaire, c'est le possibilité d'une mise en minorité du gouvernement. A ce jeu là, la France est fort mal pourvue puisqu'elle ne le peut pas.

Certes Thierry mais vous oubliez que les débats sous la IIIème furent d'une extrême importance, qu'on pense à la loi de 1905.
Aujourd'hui, les débats sur des questions fondamentales (peine de mort, avortement, pacs) sont moins nombreux. Dans les années à venir on aura sans doute l'euthanasie et l'adoption par des parents de même sexe.

Quant à un régime parlementaire, voyez ce que fût la IVème République: une succession de gouvernements le plus souvent renversés par les gaullistes d'ailleurs.

Certes Cléon, je souscris à votre remarque. Il est possible que l'ère du temps (peu de grands débats) en soit la cause mais je crois vrai que si les thèmes plus quotidiens sont absents, c'est parce que le Parlement n'a pas l'initiative en cette matière.

Par ailleurs, la stabilité de la V° me semble moins évidente qu'on ne le dit généralement. Je note que les changements ministériels sont de plus en plus fréquents dans notre belle république, et toujours à l'initiative de l'exécutif, bien souvent pour des raisons de basse tactique électorale ou pire, des volontés peu avouables de resserrements des portefeuilles, souvenons nous des "jupettes" du blogger canadien ...
(cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Historique_des_gouvernements_de_la_France)

Il faudra sans doute un jour redresser l'image de la IV° dans l'histoire.
Aucune période n'a connu autant de croissance, autant d'initiative, autant de dynamisme. Si le pouvoir était faible, il s'occupait peu de la société qui en profitait bien, à tous les niveaux.
Plus encore, les bosses qui aspiraient au pouvoir - pdt du conseil - pouvaient rapidement se retrouver aux affaires. Ce système nous libérait définitivement de ceux, parmi eux, qui éventuellement se révélaient nuls (qui se souvient de Queuille, de Laniel ?). Un petit tour et hop ! Au revoir. Quel bonheur...
Depuis 58, tous les prétendants au pouvoir suprême - l'Elysée - plombent les débats, occupent le terrain durant des décennies, nous gonflent en attendant le graal. Quand ils touchent au but, on a le bonheur de les endurer 7 ans parfois 14 ans, ou, pour être plus exact, 5 ans maintenant qui se transformeront évidemment en 10, voire 15 ans de pouvoir.

Je m'amuse à répérer dans cette période honnie (i.e. la IV°) tous les symboles que les gaullistes ont repris à leur compte, de la même façon que les pharaons écrasaient les cartouches de leurs prédécesseurs pour s'en attribuer les mérites.

Je vois ainsi, liste absurde mais non exhaustive que j'engage les internautes à compléter : la bombe atomique, les centrales nucléaires, les régions, la planification, la TVA, le début de l'indépendance de nos colonies (cf l'Indochine), la Dauphine et la DS, l'Orangina, l'avion à réaction, l'allongement de l'âge scolaire... J'en oublie sans doute.

Je pense qu'il faut se garder de toute analyse comparative en ce qui concerne les réalisations respectives de la IVème et Vème République.

Il s'agit simplement de montrer que la IV était bien trop instable (un gvt tous les six mois) pour fonctionner correctement. En conséquence de quoi, c'était plus une république de hauts fonctionnaires que d'hommes d'Etat.

La Vème République est très stable, les remaniements ministériels sont relativement limités, la Constitution est d'une exemplaire plasticité.

Quant au fond du problème, la restauration de l'autorité du Parlement qui à tendance parfois à n'être qu'une "chambre d'enregistrement", on peut voir le verre à moitié plein -le gouvernement peut mettre en place une vraie politique- ou a moitié vide - on coupe court à tous les débats exlosifs via procédure de vote bloqué, 49-3 et autres subtilités. On est d'accord pour dire que le verre n'est pas encore plein, mais pour moi, la Vème n'a besoin que d'aménagements mineurs (statut pénal du Chef de l'Etat, postes de rapporteurs et présidence de com' à l'opposition etc).

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