Chose promise, chose due. En première mondiale et avant même d’en avoir écrit davantage, je vous propose les premières pages du roman de com-vat.com. Non, non, ne me remerciez pas. C'est normal. C'est la moindre des choses.
L’heure est grave. Assommé par la chaleur, tourmenté par des engagements professionnels à peu près impossibles à tenir pour des raisons d’impéritie organisationnelle étrangères à ma juridiction (engagements qui seront pourtant tenus, foi de Hugues), agacé par la présence de plombiers polonais dans mon humble demeure le temps de quelques menus travaux de redécoration, je me lance…
Car, choisissant sans barguigner le pire moment pour une telle initiative, ignorant crânement les appels à la raison de mes proches et refusant de me laisser aller au non-respect des promesses faites à mes lecteurs il y a quelques jours, j’ai décidé de soumettre les toutes premières pages de mon grand œuvre à leur sagacité. A votre sagacité.
Bon, je me la joue, comme ça, mais ce n’est pas sans une certaine nervosité que je me jette à l’eau, l’idée étant, en rendant ce nouveau projet public, de m’imposer une discipline de fer, seule capable de me pousser à passer la ligne d’arrivée de ce marathon-là – bien plus délicat que l’autre.
Journaliste passable, j’ai toujours eu, comme tant d’autres avant moi, le désir de me transformer en un écrivain, même médiocre. C’est dire à quel point il ne faudra pas s’attendre à la découverte d’un talent majeur en parcourant mes premières lignes de fiction. Non, vraiment, mon ambition n’est certainement pas de bouleverser les foules, de les émouvoir, ou de produire le livre qui changera la vie de ses lecteurs. Mon but, en fait, serait plutôt de… Enfin de… bof, va savoir…
Disons que j’ai juste envie d’écrire une histoire. Une histoire avec un début et une fin ; une histoire un peu originale qui me ferait marrer et, éventuellement, aurait la capacité de faire marrer les gens qui viennent sur ce site et semblent parfois prendre plaisir à lire ce qui me sort du ciboulot. Il ne s’agira d'ailleurs pas, avouons-le tout de suite, de ma première tentative. Et si celle-ci échouait, elle ne serait vraisemblablement pas la dernière. Mais j’ai la faiblesse de penser que ma nouvelle personae de marathonien non-fumeur est à point pour le grand saut... Que cette fois, c’est la bonne… Que l’heure est venue.
Au plan pratique, les choses vont donc s’organiser de la manière suivante : parce qu’il ne serait pas convenable de « poster » de la littérature, même médiocre, sur un blog à la manière d'un vulgaire commentaire des dernières aventures de Fabius ou de Sarkozy, et parce qu’il faut bien que le lecteur paye de sa personne, j’enverrai par mail, à quiconque en fera la demande par le même moyen, les prémices de mon roman sous format PDF.
Il vous sera alors possible d’imprimer le truc un peu plus proprement qu’une bête page Web. Un peu de respect pour l’artiste, que diable !
Plusieurs préalables doivent cependant être établis avant la mise à disposition de ces misérables feuillets : vous n’aurez, quoi que vous en pensiez, absolument pas la moindre idée de ce qui se passera dans les pages qui restent à écrire. Moi-même, en dépit d'une trame générale vaguement esquissée et fortement influencée par de récents événements politiques, il me faut bien admettre que je ne sais pas très bien ou je vais.
Le fait que le personnage principal de l’histoire soit journaliste de profession pourrait par ailleurs vous donner le sentiment qu’il n'est qu’une extension littéraire de l’auteur de com-vat.com. Permettez-moi de vous dire, en toute gentillesse, que vous ne pourriez être plus à côté de la plaque. Ainsi, j’ai la chance d’être doté d’un physique particulièrement agréable et d’une intelligence très supérieure à la moyenne. Mon héros, à l’allure ingrate et aux capacités de réflexion plus que limitées, ne saurait donc m’être comparé sans une grande malveillance dont je refuse catégoriquement, estimés lecteurs, de vous croire capables.
Bon, c'est vrai, Albert, puisqu’il convient désormais d'appeler ce fameux personnage principal par son prénom – un peu comme un bébé encore emplacenté dont le sexe serait déjà connu et qu’il deviendrait difficile de continuer à priver d’un patronyme –, habite dans le même quartier de la capitale que moi, conduit le même genre de voiture particulièrement peu prestigieuse et a beaucoup d’affection pour sa mère... Mais là s’arrêtent les similitudes. Je souhaite que vous en preniez acte. Enfin ça me ferait plaisir, quoi… On a sa fierté, merde… Ok. J'arrête là. On en reparle.
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