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lundi 18 avril 2005

Commentaires

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Ce post est pitoyable, injurieux et sans aucun fondement.

Pour voter t'a plus qu'a voter contre LE PEN. Voila l'ultime argument.

Hé bé, on vole haut chez les partisans du OUI.
Je n'ai jamais insulté personne, je n'ai jamais traité F. Hollande de social traitre.

Je vote NON, mon pére est mort à Treblinka, je suis de la LICRA et Franc Maçon de surcroit mais certes je suis LEPENISTE sans aucun doute.

De villiers, ne t'en dépalise ne dit pas TOUJOURS que des conneries. Idem pour d'autres.

Je ne franchirais pas le pas de dire que le OUI PS est le même que le OUI UMP, il est deja plus proche du OUI UDF.

Toi tu a franchis le pas de la mediocrité, c'est la premiére fois d'ailleurs sur ce blog. Dont acte. C'est bien triste, mais l'intolerance et la peur de perdre fait dire des c----- même au plus intelligents.

"Pitoyable, injurieux, sans fondement"... Merci bien. Mais pourquoi ne pas réagir avec un peu plus de pertinence en m'expliquant en quoi j'ai tort ?

Je n'insulte personne mais j'exprime mon sentiment d'une proximité des arguments du Non, qu'il s'agisse, probablement, d'une certaine forme de sincérité dans un cas et de démagogie dans l'autre. Mais au final, peux-tu m'assurer que cette citation de Villiers ne pourrait pas être reprise par une certaine gauche noniste -- référence à la Turquie comprise :

« Le vote Non est un vote utile, car il aura un triple effet immédiat : la suspension des négociations sur l'entrée de la Turquie, l'enterrement de la directive Bolkestein, et la réunion d'une nouvelle conférence des chefs d'Etat pour jeter les bases d'un nouveau traité fondateur européen (...). C'est le premier pays qui dira Non qui sera le moteur de la fondation de la nouvelle Europe. Si le Non l'emporte, Jacques Chirac devra entendre le message des Français ».

Mais je vois que tu n'as pas de problème avec ça, puisque tu précises que Villier ne dit pas que des conneries. Moi, je ne me souviens pas d'avoir été en accord avec lui. Quant à savoir si les Oui UMP et PS sont identiques, je n'ai pas de problème à admettre qu'ils le sont jusqu'à un certain point. Je ne vois pas la construction européenne comme la chasse gardée de la gauche et je ne crois pas que les pères fondateurs aient été membres de la Ligue.

Ce midi, sur France 2, il y avait "débat" entre Dupont-Aignan et Duhamel, sur la question "social ou libéral". Je croyais Dupont-Aignan souverainiste (c'est un de ceux qui arrivent à démontrer que le traité de Nice empècherait la Turquie d'adhérer...), le voilà également champion de la lutte sociale et de la préservation des Services Publics à la Française, expliquant l'effet "dumping social obligatoire" du Traité Constitutionnel à grands coups de citation d'articles déjà présents dans le Traité de Nice ! Pour certains partisans du "Non", tout ce qui rentre fait ventre.

Etrangement, les critiques du "Non" se renforcent ("si le FN et la LCR sont tous deux contre ce texte, pour des raisons parfois similaires, c'est que ce texte doit être vraiment mauvais !"), alors que les louanges du "Oui" s'annulent ("si Hollande et Sarkozy sont tous deux pour ce texte, pour des raisons parfois similaires, c'est qu'il y a forcément un complot pour nous faire avaler des couleuvres").
Sans doute parce que Le Pen et Laguillier sont fondamentalement des gens honnêtes, alors que Hollande et Sarkozy sont de fourbes et cyniques manipulateurs...

Tout cela me rappelle une manifestation, il y a quelques années à Lyon contre le racisme. Nous étions quelques jeunes chevènementistes (à l'époque, du Mouvement des Citoyens, pas encore excommuniés par le PS) à défiler avec quelques drapeaux bleu-blanc-rouge et Marianne autocollée sur le coeur. Et bien nous fûmes conspués, agressés verbalement (traités de fachos) et physiquement, et nos drapeaux tricolores arrachés et piétinés par des militants des jeunesses socialistes sous prétexte que c'était le symbole du FN... J'avoue que j'en avais été quelque peu traumatisé. Mais surtout effrayé de voir à quel point la confiscation de ces symboles républicains par l'extrême-droite conduisait à l'abandon de ces mêmes symboles par des forces politiques qui n'auraient jamais du les laisser en déshérence.

Par ailleurs, comme je l'avais noté dans une discussion un peu autour de ce thème sur le blog de Versac il y a quelques mois, s'il pleut et que Le Pen dit qu'il pleut, plus personne ne peut dire qu'il pleut sans être traité de facho!

Effectivement, dans ce référendum, il n'y a pas cinquante réponses possibles. Soit on dit Oui comme Hollande, Sarkozy et Bayrou. Soit on dit Non comme Le Pen, de Villiers, Buffet, Chevènement et consors. Et effectivement, les arguments peuvent être proches. Ceci dit, je te laisse juge de la sincérité des arguments des uns (Le Pen par exemple défendant la veuve et l'orphelin économiques, il suffit de se pencher un peu sur les différents programmes du FN aux législatives et aux présidentielles passées pour juger du côté social du personnage et de son parti) et des autres (à ma connaissance, Chevènement n'a jamais été ailleurs qu'à gauche non?). Est-ce que parce que tu votes Oui comme Sarkozy, tu es sur la même ligne politique que lui? Est-ce que parce que tu votes Non comme Le Pen, tu es sur la même ligne politique que lui?

Alors, soit tu es (faussement) naïf, soit l'amalgame auquel tu sembles te livrer n'est en fait qu'un nième version de la stratégie maintenant éculée, usée d'avoir trop servi, tant au PS qu'au RPR puis à l'UMP, de l'épouvantail Le Pen comme argument in fine et disqualifiant pour l'adversaire.

Ce qui me fait penser que décidemment, vous êtes encore nombreux à n'avoir toujours pas tiré les leçons d'un certain 21 avril 2002. Ni celle des échecs successifs des pseudo-combats menés contre le FN depuis vingt ans.

Excellent article. Cela dit, pour pousser le parallèle un peu plus loin, les arguments des défenseurs du "oui" sont-ils significativement différents de ceux des partisans du "non"? Les premiers nous déclarent aussi vouloir en votant oui "lutter contre la mondialisation, défendre la pac, s'opposer au libéralisme et aux USA". C'est d'ailleurs la grande stupidité des défenseurs du "oui" que de s'être laissé entraîner sur ce terrain qui révèle le décalage entre leur verbiage militant et leur pratique de gouvernement. Pour le reste, il est toujours amusant de constater qu'il y a des parallèles évidents qu'il n'est pas de bon ton de faire. Dommage, ils pourtant instructifs.

Pertinent et argumenté - comme toujours.

Je souhaiterais lire une note intitulée "Oui c'est oui et vice-versa". Juste pour voir. Je ne suis pas Einstein, mais tu démontres parfaitement bien que les arguments du non, quel que soit son côté, se ressemblent.

Ma question serait simple: et alors? De la même manière que le parallèle entre les arguments du oui de gauche et de celui de droite est possible, on en reviendrait à "et alors"? Si - et je te suis sur ce point - la similarité d'arguments Hollande / Sarkozy n'invalide pas lesdits arguments, en quoi la même similiarité dans l'autre camp serait, elle, invalidante?

Quant aux arguments eux-mêmes... Le Pen défendant la veuve et le service public, c'est risible (enfin, non, Le Pen n'est jamais drôle, mais je me comprends). Mais chacun, "oui" ou "non" utilise les arguments qu'il croit être à mêmes de basculer l'opinion. Cela s'appelle de la manipulation, du cynisme, de l'intérêt bien compris.

De la politique, quoi.

J'avoue ne pas comprendre certains commentaires de cette note. Lorsque Hugues témoigne de la médiocrité des arguments avancés par certains partisans du non, je ne lis pas "voter non au TCE, c'est voter comme Le Pen".

Au demeurant, Le Pen et c'est certain, est un démagogue. Son discours s'adapte en fonction de sa clientèle électorale. Il a pu voir au fil des ans ceux qu'il nomme les "sans-grades" offrir leur voix à son parti. Il adopte donc un argumentaire pris à l'extrême gauche en agitant l'épouvantail libéral. Sa force est d'ailleurs, et a contrario, d'obtenir une audience répétée dans les cercles libéraux (les nombreux forums de la communauté libérale en France peuvent aisément témoigner de la prégnance des idées frontistes dans cette famille politique) via une vieille lubie poujadiste d'un antifiscalisme crié haut et fort. C'est d'ailleurs un point qui ne cesse de me surprendre : comment obtenir un Etat fort avec une réduction drastique des impôts ? C'est un programme totalement incohérent.

Le principal problème de ce texte n'est pas tant dans sa complexité que dans la disqualification du personnel politique, refrain que nous chantent tous les populistes de tous bords. Les théories du complot germent et se multiplient. Je sais bien que le printemps est là, mais tout de même...

Devant la complexité du débat, beaucoup choisissent de se replier dans une opposition radicale. Est-ce vraiment cela être citoyen ? J'en doute.

Bladsurb, Alexandre,
Effectivement,tout le monde est d'accord pour "bloquer les assauts de l'ultra-libéralisme". Le traité constitutionnel a d'ailleurs le mérite de nous rappeler à quel point le consensus est fort, chez nous, et y compris du côté du Oui, sur l'importance de "préserver notre modèle social".

D'ailleurs, la pensée politique française peut désormais être résumée à la combinaison de ces deux formules : "lutter contre l'ultra-libéralisme afin de préserver notre mdodèle social", quelle que soit l'affiliation idéologique théorique du locuteur.

Une telle harmonie intellectuelle, mise en place sous l'oeil bienveillant d'un président favorable à la taxe Tobin, au protocole de Kyoto, à la réduction de la fracture sociale et à l'interdiction des OGM, aurait dû faire de ce pays un paradis depuis bien longtemps. A mon avis, c'est l'Europe qui bloque. Tiens, on devrait en sortir, de ce carcan en marbre gravé...

Krysztoff,
Evidemment, je n'étais pas à ta manif et je n'ai donc pas à me justifier parce que tu t'es fait disputer par les MJS. Mais je me souviens d'avoir été particulièrement heureux, lors des célébrations du bicentenaire en 1989, de pouvoir récupérer un drapeau et des symboles qui n'auraient effectivement jamais dû être abandonnés à l'extrême-droite.

Mais la question n'est pas de savoir si l'on peut dire qu'il pleut lorsque Le Pen a la moumoutte mouillée par le crachin. Elle est plutôt de savoir pourquoi la France est à ce point accessible à l'ultra-simplification démagogique dont les populistes sont spécialistes. La peur de l'inconnu est entretenue sur des registres classiques, de Boulanger à Le Pen, des Ligues à la Ligue (un peu facile, là, j'avoue...). Dire que l'Europe est une menace, que le monde est une menace, et que les Français ont besoin d'un homme providentiel et de sa ligne maginot du moment, ça passe mieux qu'un discours dynamique sur la réalité du monde.

Expliquer la directive sur les services, c'est plus difficile que de dénoncer la directive Frankenstein. Expliquer que la France profite davantage du développement économique de la Pologne que le contraire mais, que, au final, l'ensemble de la zone a partie liée, c'est plus difficile que de cracher sur le cousin pauvre...

LudovicD.,
Mais les similitudes entre les discours des ouistes de gauche et de droite ne sont pas plus "invalidantes" que celles des nonistes.
Dans une société démocratique moderne selon mon coeur, il est possible aux leaders des principales formations politiques de s'accorder sur certains fondamentaux sans provoquer de drames existentiels. Sarkozy est de droite, Hollande est de gauche, mais nous ne sommes pas en guerre et l'UMP n'est pas un mouvement fasciste.

Samuel,
Il est toujours intéressant d'aller à la source au moment d'observer le discours concret des populistes. Assurément, Le Pen devrait être disqualifié par les délires de son programme pour la France. Mais les gens qui votent pour lui se foutent de son programme et s'intéressent uniquement à l'image qu'il projette et à son discours raciste, nationaliste et réactionnaire implicite. Le Pen est une sorte de logo, de concept, plus qu'un leader politique.

Mais Besancenot ou Arlette se situent, d'une certaine manière, sur un terrain proche : leurs électeurs n'exigent ni les Soviets ni l'instauration de la dictature du prolétariat. Ils votent juste pour un gentil facteur qui le dispute à l'abbé Pierre en termes de rejet de la méchanceté ultra-libérale.

Mais je pense que si les gens se donnaient la peine d'aller lire le manifeste de la LCR, ils n'auraient peut-être pas envie d'habiter dans la tête de ce type : http://www.lcr-rouge.org/IMG/pdf/ManifesteCourt2.pdf

En dehors même de l'enjeu précis, oui ou non au traité constitutionnel, voici une campagne électorale qui démystifie le langage et les clivages artificiels des partis politiques.
Pour une fois, ce n'est pas la surenchère des promesses qui fait le débat. Pour une fois, les citoyens ont à se prononcer sur un texte, un programme précis. Voici l'Europe que nous vous construisons, en voulez-vous oui ou non?
Cette fois, on a remplacé la célèbre affiche "demain on rase gratis" par le tableau des tarifs.
Et les clients, nous les citoyens, avons bien compris la différence.
Le désarroi évident des tenants du oui, qu'il soit dit de gauche ou de droite, traduit bien leur incompréhension face aux sondages donnant le NON gagnant.
C'est que, majoritairement, l'Europe telle qu'ils nous la concoctent ne nous satisfait pas. Plus encore, la classe politique actuelle, qui prétend nous gouverner, ne nous satisfait pas.
Si voter non signifiait seulement non à l'équipe Chirac / Raffarin, ce serait déjà, a mon sens, un message important, mais voter non signifie désormais non à Chirac, Raffarin, Hollande, Lang, DSK et consorts… Non aux hommes politiques incapables de nous proposer un projet digne de motiver notre engagement à nous, les citoyens.
Ils on tous accepté la dictature de "l'économie libérale". On les voit plier devant les lobbies (voir l'affaire des brevets logiciels), on les entend s'embrouiller dans des discours lénifiants qui n'ont d'autre but que de nous persuader de notre incapacité à prendre en mains notre propre destinée afin de leur laisser libre la route du pouvoir.
Le dernier argument en date que j'aie noté est:
" vous trouvez que le titre III de ce traité nous prépare une Europe trop libérale ? Mais vous n'avez aucune crainte a avoir, vu que les dispositions du titre III sont déjà en application. Donc le fait de voter oui ou non ne changera rien".
Fantastique ! d'ailleurs, ils avaient bien préparé leur coup (de force ?) car le texte que recevront les électeurs serait tout simplement amputé de ce titre III ?.
Dans ces condition, pourquoi l'avoir inclus dans la constitution, si ce n'est pour le rendre intangible, pour interdire à terme toute autre orientation économique ? Si c'est le cas, comment peut-on prétendre, chez les tenants du oui de gauche que, plus tard (demain on rase gratis), on fera le nécessaire pour changer l'orientation économique et politique vers une Europe plus "sociale"?
Mais le machiavélisme de la classe politique actuelle n'irait-il pas jusqu'à souhaiter un abstentionnisme record pour ce scrutin ?
La pensée m'en est venue en écoutant un débat télévisé. Le fond était bien celui-là : votez oui ou votez non, de toutes façons votre vote ne changera rien dans le domaine de l'économie et sur l'orientation "libérale" de l'Europe.
La stratégie serait donc de désespérer l'électeur qui souhaite influer sur la construction Européenne par un vote négatif, le pousser à l'abstention, et assurer ainsi une victoire "par défaut" du oui.
Il ne faut pas se laisser prendre à ce piège. Voter NON ce ne sera pas dire non à Chirac, ce ne sera pas dire NON à l'Europe. Ce sera dire NON à une orientation de l'Europe voulue par des lobbies financiers et industriels et relayée par une armée de technocrates de politocrates, devenus incapables de nous représenter et de traduire en textes clairs les aspirations des Peuples.
Voter NON c'est contraindre ceux qui sont encore nos élus à nous écouter, à nous entendre et à nous rendre des comptes. C'est l'essence même d'un vote en démocratie.

Et ne me targuez pas de "souverainisme" ou de "lepenisme" ou de tout autre "isme" réducteur, et limite injurieux c'est un autre piège et je refuse d'y tomber.

Hugues> Heureusement! Je ne fais pas partie de ceux qui se sont outrés de "la" photo Hollande-Sarkozy. Et je suis bien d'accord que le petit n'est pas Adolf (j'espère ne pas avoir l'air suffisamment con pour que l'on puisse croire ça...)

Je suis heureux de voir que les similitudes ne sont pas plus invalidantes d'un côté que de l'autre. Mon problème était justement que je n'avais guère perçu autre chose dans la note, et je posais la question "et alors"? parce que, que ces arguments soient populistes, faux, électoralistes, c'est certain. Mais tout comme ceux des ouitistes. It's the name of the game - hélas.

Personne ne peut, ne veut, ou n'a intérêt, à dire qu'il y des choses très bien dans ce TCE (nonistes) ou inacceptables (ouitistes) parce que personne n'est plus prêt, dans l'électorat, à se concentrer un petit peu et faire un effort pour comprendre des choses qui dépassent un tant soit peu "taper 1 ou taper 2". (Aïe. Je vais finir par passer pour antidémocrate, ce que je ne suis pas!)

@Hugues,

Je ne pense pas que la montée du populisme, et en particulier, d'un populisme de droite, d'extrême droite, réactionnaire et nationaliste, soit une exception française malheureusement. La Belgique, les Pays-Bas, l'Autriche, l'Italie, l'Allemagne dans certains Landers, et même certains nouveaux entrants connaissent une remontée des partis populistes inquiétantes. Je pense même que le risque en France de l'arrivée au pouvoir d'un Le Pen ou équivalent est pratiquement nul (alors que des populistes ont été et sont encore au gouvernement dans certains pays européens).

Mais ce que je conteste, c'est justement cette façon de balayer les peurs réelles d'un nombre croissant de nos concitoyens devant, pour aller vite, "la marche du monde" qui leur semble de moins en moins compréhensible (et on a peur de ce, et de ceux, que l'on ne comprend pas, c'est un réflexe humain) en agitant l'épouvantail Le Pen, stratégie de forme qui a été celle de tous les leaders politiques de droite comme de gauche depuis deux décennies. Sans jamais le contrer sur le fond. Parce que, malgré tout, il pouvait servir à se maintenir au pouvoir, à gauche comme à droite (n'est-ce pas grâce à Le Pen que nous avons Chirac?) Encore une fois avec les résultats que l'on sait.

Je suis totalement d'accord avec toi. C'est plus difficile d'expliquer, de rendre compréhensible (et pour moi, c'est l'une des missions première de la Politique) le monde que de jouer sur les peurs primales. Mais nous payons ici je crois des années de pratiques politiques "polititiciennes", de politique de communicants.

Ce qui m'a le plus frappé lors de l'intervention de Chichi la semaine dernière, c'est justement qu'il semblait découvrir les questionnements, parfois les angoisses d'une jeunesse pourtant réputée largement pro-européenne.
J'ai fait les deux campagnes de 2002, j'ai rencontré pas mal de gens, parfois dans des coins où il n'y avait pas l'ombre d'un délinquant, pas l'ombre d'un immigré, dans des coins où objectivement, il faisait bon vivre. Et bien ces gens exprimaient une inquiétude, une angoise, des peurs, légitimes ou non (là n'est pas la question) auxquelles aucun homme politique ne semblait répondre, plus encore qu'aucun homme politique ne semblait reconnaitre sauf les militant FN ou mégretistes! Tous ces gens n'étaient pas des fachos. Mais les seuls qui leur portaient une oreille attentive étaient des fachos! Les autres leur disaient qu'ils étaient des privilégiés, des nantis, qu'on avait fait beaucoup pour eux, que quand même, merde, les 35 heures c'était un vrai progrès social (ben oui mais quand toi ce que tu veux c'est un peu plus dans ton porte-monnaie à la fin du mois et pas forcémment travailler moins, t'es sceptique) qu'il ne fallait pas avoir peur, que, quand même, en y regardant bien, tout allait plutôt pas mal dans presque le meilleur des mondes... Quand ils ne les traitaient pas justement de fachos, eux qui avaient été sympathisants communistes parfois!

Nous vivons dans une société schizophrène, une société de peurs et d'angoisses (si j'avais le temps, ou si je le prenais, j'écrirais un bouquin sur la Société schizophrène). Soit on essaie de comprendre pourquoi sans nier ces peurs, d'abord écouter avant de stigmatiser, accepter que certaines de ces peurs soient légitimes, soit on s'en lamente en disant que décidemment, ces français sont des veaux et qu'ils ne méritent que ce qu'ils ont, qu'ils sont des privilégiés, des repliés sur eux-mêmes développant une coupable aversion au risque, des égoïstes nationalistes réactionnaires, et que tant pis pour eux... Et ça risque fort d'être aussi tant pis pour nous!

Hugues,

merci à vous de différencier, tout de même "une certaine forme de sincérité dans un cas et de démagogie dans l'autre". Je fréquente un certain nombre de tenants du non de gauche, parmi lesquels je n'ai pas encore repéré de facistes - et qui consentent même à ne pas me taxer de social traîtrise depuis que j'ai annoncé que je glissait dangereusement vers le oui...

Celà dit, je pense que le non majoritaire du pays n'est pas un non de gauche ou de droite, mais un non de défiance générale (cf. l'analyse d'un des journaux du week-end -mais lesquel?).

Vous l'analysez vous-même : depuis longtemps (depuis aussi longtemps que je suis le débat politique -ce qui nous fait une douzaine d'année), toutes les politiques qui nous sont présentées ont pour but de "préserver le modèle social français", de préférence "contre" qqch ("le modèle anglo-saxon / la mondialisation / l'ultra-libéralisme").

A côté de ce discours (qq a parlé de "verbiage"), tout le monde sent que ce modèle est en bout de course (cf. les difficultés d'emploi des jeunes, en particulier). Tout le monde sent aussi que la classe politique a le souhait (on n'osera pas dire la volonté...) de réformer - tout en disant "on vous protège, ne vous inquiétez pas, on va faire en sorte que rien ne change".
Mais comment ne pas ressentir comme une menace des tentatives de réforme qui prennent l'habit d'un maintien du statu quo? Comment faire confiance à ceux qui les portent?

Or, pour le traité, le discours est grosso-modo le même. "N'ayez pas peur, rien ne va changer", avec le moins d'explication possible.
La montée du non a-t-elle quoi que ce soit de surprenant?

A gauche, cette distorsion entre le discours et l'action est dramatique : dans le discours, on est toujours dans la rhétorique de la rupture (avez-vous entendu Lang ce matin sur Inter?) ; dans l'action, c'est "classiquement" social-démocrate, avec ce que celà comporte de libéralisation des échanges.
Comment, dans cette configuration, expliquer le titre III du TCE et assumer d'avoir été parmi les négociateurs de certains des traités antérieurs qu'il reprend? Il ne reste plus que l'excuse classique "c'est les autres, ils sont pas assez à gauche".
Comment justifier le fait que le socialiste Pascal Lamy ait été commissaire européen dans la commission qui a préparé la circulaire Bolkenstein? Silence embarrassé dans les rangs...

Tant que la gauche de gouvernement ne sera pas capable d'expliquer sa position (son revirement?) sur les questions économiques, elle sera infichue de répondre aux peurs et aux angoisses que décrit Kristoff (au pire, elles les niera).

Or, quoi qu'on en dise, la question que l'électeur de gauche se pose est "en votant pour le TCE, pourra-t-il y avoir un jour une politique conforme à mes options?" La réponse est, en gros, "oui, à condition que cette politique soit portée par un parti". La majorité des électeurs de gauche ne se sentant plus représentée, le "non" monte.

Dans cette configuration, si les arguments du non de gauche et de droite se rencontrent, c'est peut-être tout simplement qu'ils répondent aux arguments, également uniformes, et également peu convaincants, des tenants officiels du oui...

Cordialement, et un peu tristement,

Michel: "voter non signifie désormais non à Chirac, Raffarin, Hollande, Lang, DSK et consorts… Non aux hommes politiques incapables de nous proposer un projet digne de motiver notre engagement à nous, les citoyens.
Ils ont tous accepté la dictature de "l'économie libérale". "

Et pourquoi ont-ils tous accepté cette dictature? Quelles sont les autres solutions? Qui nous propose concrètement ces fameux projets mythiques qui permettront de refuser cette dictature et d'éclairer le monde de notre glorieuse lanterne?

Ca m'intéresse hein, parce qu'en France en tout cas, (mais aussi dans l'ensemble de l'Europe), je crois qu'on la cherche à peu près tous, la fameuse 3ème voie. Sauf qu'on n'est pas toujours d'accord sur les concessions qu'on est prêts à faire...

Moi j'arrive encore à trouver des gens qui sont plutôt côté non et dont les arguments sont quand même loin de ceux que vous avez enoncé et qu'il semble difficile de mettre dans le même panier de torchons et serviettes que vous voulez à tout prix mélanger.
Juste un exemple intéressant:
http://jeanlevain.typepad.com/levain/2005/04/euro
pe_essayons.html

Résumons-nous.

Chirac dit aux djeuns de voter "oui" parce que c'est le meilleur moyen de "préserver le modèle social français et européen" et de résister au "courant ultra-libéral anglo-saxon" (sic). Il nous refait le coup de la fracture sociale qui l'a fait élire lors de son premier mandat.

Cette argumentation est aussi, grosso modo, celle du "oui" de gauche et la ligne officielle du PS, qui met en avant les avancées dans ce domaine de la constitution.

Pour appeler à voter non, Le Pen joue aussi sur ce côté social et anti-libéral, de manière populaire et populiste, comme il l'a fait lors de la dernière présidentielle, ce qui lui a permis d'accéder au second tour.

Pour faire simple, les tenants du "non" de gauche fondent leur position sur le refus d'une constitution jugée trop libérale et pas assez sociale (et on peut effectivement leur accorder un peu plus de sincérité qu'au leader du FN, merci Hugues, tu es trop bon).

Bref, au-delà de ces prises de position finalement peu surprenantes, des prochains résultats du référendum et du Traité lui-même, que remarque-t-on ? C'est qu'un seul discours politique peut passer aujourd'hui en France : celui de la résistance au fameux "courant ultra-libéral".

Pourquoi ? Là est la vraie question. Voici ma réponse : tout simplement parce que chacun sent bien confusément que le danger est là, que nous aurons du mal à arrêter ce rouleau compresseur, et que des millions de citoyens, en difficulté (exclus, chômeurs, précaires, smicards ou simplement étudiants ou salariés sous-payés de la classe moyenne inférieure) ne peuvent donner un avis sur le projet de nouveau traité européen qu'à travers le prisme de leur situation.

C'est cela qui domine les débats, c'est la question centrale. C'est cela que les hommes politiques français ou européens doivent réaliser et intégrer. Dans ces conditions, il me semble peu intéressant, fallacieux et au final contre-productif pour le camp du "oui" de rapprocher les arguments du "non" de gauche de ceux de Le Pen. Comme beaucoup de posts précédents le font remarquer, on pourrait s'amuser à faire la même chose avec le "oui" de gauche et celui du Medef et du patronat européen par exemple. Mais tout ceci ne ferait pas vraiment avancer le débat...

Oui-Oui (hum…),
Ce n’est pas parce que toutes les forces en présence surfent sur ce sentiment d’angoisse et de précarité des Français qu’il est justifié. Pour moi, elles l’alimentent. Lorsque Chirac faisait campagne sur l’insécurité, recueillant l’approbation d’une majorité de gens, cette question, réelle, certes, n’était certainement pas l’alpha et l’oméga des problèmes du pays.

A mon avis, la situation et l’état d’esprit des Français ont quelque chose d’unique. Même le malaise allemand n’est pas comparable, puisque c’est surtout les nouveaux landers qui plombent les stats nationales et les font ressembler aux nôtres. Pour les 65 millions d’Allemands de l’ouest, qui carburent aux exportations, le chômage n’est pas aussi central et le niveau de vie reste l’un des plus élevés d’Europe. Les choses sont évidemment différentes à l’est mais on peut quand même l’expliquer par l’Histoire plutôt que par la conjoncture.

Donc, les Français connaissent, toujours à mon humble avis, une détresse générée localement, pour des raisons totalement déconnectées de la « mondialisation ultra-libérale ». Le chômage de masse existe ici depuis presque 30 ans, la qualité des relations sociales est lamentable, les conflits sont le mode de dialogue de prédilection entre les parties, les « affaires » se sont multipliées… Tout ça n’est pas fait pour créer de l’optimisme. De plus, les hommes politiques ont pris l’habitude de se défausser sur l’Europe à chaque opportunité (souvenez-vous des « technocrates bruxellois » dont Raffarin n’avait « pas d’ordre à recevoir »).

Donc, les problèmes des Français sont des problèmes prioritairement français. Aucun autre pays n’est dans une telle situation depuis aussi longtemps. Tous les pays qui avaient connu du chômage de masse l’ont éliminé (Canada, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Australie, Suède, Danemark, Finlande, Irlande). L’Italie a un chômage inférieur au notre et le Nord est au plein emploi. L’Espagne a diminué le sien de moitié. Le Japon, en crise depuis 10 ans, n’a jamais dépassé les 5% de chômage.

Au mieux, l’Europe et ses procédures peuvent nous aider à en sortir. Au pire, elle n’aura aucun effet sur nos difficultés. Et l’idée que les Français tentent de défendre un modèle social contre le monde entier, comme si nous étions les seuls à avoir mis en place des structures qui valent la peine d’être défendues (les autres n’étant que des sauvages aliénés par la consommation), est tout simplement absurde. Nous sommes, j’en suis désolé, le seul pays européen où se conjuguent tous ces populismes de droite et de gauche développant des discours superposables à l’usage des damnés de la terre. D’autres ont des Vlams Blok ou des Haider, mais la situation socio-économique de la Flandre et de l’Autriche n’ont rien à voir avec celle de la France. Là-bas, l’extrême droite prospère sur son terrain de jeu « naturel », le racisme et le chauvinisme. En France, Le Pen joue les protecteurs du modèle social et du service public. Allez demander au Vlams Blok ce qu’il pense de la sécurité sociale…

Nos problèmes sont NOS problèmes. Personne, aucun étrange étranger, n’en est responsable. Ce ne sont pas les Chinois qui provoquent la grève des urgentistes et l’augmentation des maladies nosocomiales. Ce ne sont pas les Américains qui provoquent le déclin du port de Marseille. Ce n’est pas Bruxelles ou la mondialisation ultra-libérale qui polluent les nappes phréatiques bretonnes aux nitrates…

Voter Non, j'en suis positivement convaincu, ne protège de rien et ajoute encore à cette précarité et à ce danger que les Français redoutent. Même par trouille, ils feraient mieux de voter Oui. L'alternative, j'exagère évidemment mais c'est l'esprit, c'est l'Albanie d'Hodja.

Si je te suis bien, les Français seraient donc les seuls à voir ce danger "ultra-libéral". Cette inquiétude serait donc uniquement fondée sur un fantasme, entretenu par toute la classe politique ; la seule alternative à la marche du monde tel qu'il va étant, selon toi, l'Albanie.

Les délocalisations, les mégafusions, les restructurations, les plans sociaux ? La financiarisation de l'économie, la recherche de la rentabilité maximale à court terme, la toute-puissance des actionnaires ? Le grignotage progressif de l'Etat providence, la remise en cause des services publics ? La toute-puissance du marché ? Le monde de plus en plus impitoyable des entreprises ? Tout cela ne serait que fantasme...

Je ne crois pas. Je pense au contraire qu'au-delà des spécificités de chaque pays, cette question se pose au niveau mondial. Et qu'il faudra de toute façon trouver une alternative (qui ne ressemblera pas à l'Albanie). Je sais, pour toi, l'alternative c'est la social-démocratie scandinave. Souffre que d'autres voient légèrement plus loin, juste un peu plus à gauche (pardon, j'ai dit un gros mot)...

Hughes,

Merci d'avoir mis les points sur les I en ce qui concerne entre autres les problèmes de chômage de masse français. Ce n'est pas mauvais de rappeler de temps en temps que d'autres pays ont résolu des problèmes que nous n'avons pas résolu.

Ceci étant dit, je ne vois pas bien le rapport avec le traité, sauf à un ordre de grandeur du 3ème ordre si tu vois ce que je veux dire - et tu le vois j'en suis sùr.

Oui-Oui,
Les Français ne sont peut-être pas les seuls à avoir ce fantasme ultra-libéral, mais ils sont les seuls à en faire le mètre étalon de leur réflexion sur tout et n'importe quoi. Et je ne dis d’ailleurs absolument pas que le choix n'existe qu'entre l'ultra-libéralisme et l'Albanie, bien au contraire. Mais je dis que si l'on s'amuse à « tirer des lignes » au départ de ces fameux fantasmes, il ne reste plus qu'à se barricader pour se défendre des agressions du monde extérieur.

Si le monde ne fonctionne pas comme nous le souhaitons, si les aspirations des autres ne sont pas les mêmes que les nôtres, on peut soit chercher des compromis positifs, soit rêver d'un autre monde, voire tenter de s’en fabriquer un à l’intérieur de nos frontières – un monde entièrement peuplé « d'hommes nouveaux ». Mais l'expérience prouve que ça ne marche pas.

Mais laisse-moi tout de même apprécier cette idée qu'il soit possible de « voir un peu plus à gauche » que le modèle Scandinave. Pour moi, c'est exactement là que se situe le problème. Dans un pays comme le notre, traversé par tant de crises, on se permet de trouver qu'un modèle socio-économique capable d’apporter le plein emploi, la prospérité, la solidarité, l'équilibre dans les relations entre les sexes, l’ouverture au monde (y compris dans sa dimension économique) n’est pas assez à gauche. On se permet de demander un saut quantique permettant de passer directement au paradis socialiste. Mais « la révolution ou la mort », moi, ça ne me dit rien…

Bernard1,
Le chômage a tout à voir avec le traité. Le chômage est la première cause de la dépression générale de ce pays. Et c'est cette dépression qui permet ce nihilisme cynique sur lequel surfent les populistes qui appellent à voter Non.

Avez-vous vu,dans le Libération d'aujourd'hui ( http://www.liberation.fr/page.php?Article=291238 ), l'article concernant les propositions remises par la commission "Famille, vulnérabilités, pauvretés", présidée par Martin Hirsch (Emmaüs), à Douste-Blazy?

Ne peut-on pas voir dans ce type de proposition une amorce de troisième voix? Un plan qui me semble pragmatique (et qui intègre la notion d'évaluation!), tout en insistant sur des questions de justice sociale (rendre le système d'allocations familiales moins injuste, permettre à chacun de vivre dignement de son travail).

Quel rapport avec le sujet? Démontrer que la politique (et les politiques) peuvent agir concrètement sur le monde est, à mon sens, le seul moyen de répondre à cette peur de la déferlante ultralibérale.

Par ailleurs, avez-vous vu de quel homme politique Hirsch se rapproche?

Cordialement

J'avais bien envie de voter NON mais je me posais bien entendu la question :
- "POURQUOI ??"
Grâce a vous, je sais que je vais voter NON parce que j'ai PEUR. (tiens, ça me rappelle une de vos précédentes notes) Et cette trouille irraisonnée (bien entendu) me pousse dans les filets des Populistes de tous bords… Ben voyons…
Et pourtant
Je n'ai pas peur de perdre mon emploi, c'est fait - Je n'ai pas peur de ne pas en retrouver un autre, deux ans de cure ANPE / recherche personnelle / atelier de motivation… m'ont bien convaincu qu'à 57 ans, mon temps était révolu - Les OGM ? Si c'est moins cher, je prend. Pardon José, mais, au prix du chou-fleur bio, là je ne peux plus - Le réchauffement de la planète? si quelqu'un pouvait régler le thermostat sur 20 / 22°C toute l'année…
Mais alors, si ce n'est par peur, pourquoi diable vais-je quand même voter NON ?
Parce que je suis con bête; parce que je n'ai RIEN COMPRIS.
Enfin c'est vrai, quoi, tous ces gens très intelligents, très cultivés, très polis, qui veulent tous faire mon bonheur, auraient passé autant de temps en pure perte ? Avouez que ce serait du gâchis !
Allez, signez là, et qu'on en finisse.
PS - Merci à l'Anonyme qui passe et repasse de ramener sur terre un débat qui me semble bien trop "désincarné".

Michel,
Je ne crois pas que nous soyons sur la même longueur d'ondes et je ne pense pas vous avoir traité de trouillard. Evoquer les peurs françaises face à la mondialisation ou la réforme, c'est tenir compte d'une réalité globale et évidemment pas pointer du doigt telle ou telle situation individuelle.

Si vous êtes sincèrement convaincu du danger libéral qui pèse sur l'Europe, si vous pensez vraiment que la constitution est une nouvelle étape vers l'horreur économique, disons simplement que nous ne sommes pas d'accord. Mais je ne crois pas faire partie de ces "gens très cultivés, très polis qui veulent faire votre bonheur". Je donne mon avis, c'est tout.

Par ailleurs, j'ai moi-même passé plus d'un an au chômage il n'y a pas si longtemps et j'ai donc une petite idée de ce que ça veut dire. Mais de mes aventures à l'ANPE, j'ai surtout gardé le souvenir d'une organisation inefficace à laquelle j'ai d'ailleurs consacré une note (http://hugues.blogs.com/commvat/2005/01/lutte_contre_le.html ). Je ne me suis pas dit, à ce moment, que la mondialisation libérale était responsable de ma situation mais plutôt que le système sur lequel nous fonctionnions était incapble de permettre à un type d'à peine 40 balais, expérimenté et motivé, de retrouver rapidement du travail dans la principale agglomération d'un pays de 60 millions d'habitants. Je me suis dit que, peut-être, des choses pouvaient être changées ici, par nous, et que les freins au changement n'avaient pas été importés de Chine ou des Etats-Unis. Je me suis dit que sous d'autres latitudes, et je ne parle pas de jungles capitalistes, cette situation absurde n'aurait jamais duré aussi longtemps.

Vous avez tout juste 57 ans et vous en êtes à vous raconter que vous avez fait votre temps. C'est dingue. Enfin, ce qui est dingue, c'est que le système ait pu vous en convaincre alors que c'est évidemment complètement faux. La semaine dernière, je faisais le marathon à côté d'un type de 80 ans. Ca n'a rien à voir mais ça donne tout de même une idée de ce qui ne va pas dans un pays où les entreprises hésitent à recruter un salarié de 40 ans.

Mais tout ça, ce n'est ni l'Europe ni la mondialisation libérale qui le provoque. C'est notre propre organisation, totalement atypique, qui conduit au chômage de masse pour tous avec des pointes incroyables chez les jeunes et les plus de 50 ans. Encore une fois, je ne pense pas que voter Oui nous dispense de faire ce que nous avons à faire chez nous, mais je suis convaincu que plus d'Europe peut nous faciliter les choses. Mais c'est juste un avis posté sur un blog, pas un jugement sur qui ou quoi que ce soit.

Michel, pourquoi Non ? Pour sauvegarder le systeme d’emploi a la Francaise?
Pourtant ce systeme diminue tres fortement vos chances de retrouver un emploi. Nous avons en effet l’honneur de vivre dans le pays d’Europe ou l’emploi des salaries ages de plus de 55 ans est le plus faible (voir par exemple http://www.retraites.gouv.fr/article59.html ).

A l’anonyme qui passe et repasse,
Tu ne pourrais être plus pertinente en parlant de « troisième voie » au sujet du projet de Martin Hirsch, dans la mesure où il s'inspire du travail de l'architecte de la « third way » en Grande-Bretagne, Tony Blair himself.

Moi aussi je trouve ça intéressant et j'espère que le dispositif de RSA (Revenu de Solidarité Active) sera mis en place. En Grande-Bretagne, ça marche. Il s'agit tout simplement de permettre aux gens qui sont aux minimas sociaux de recommencer à travailler sans perdre le bénéfice de leurs allocations diverses, RMI compris. Dans de nombreux cas, le différentiel entre un bas salaire et ces allocations est si faible qu'il est presque logique de ne pas reprendre une activité. Dans d’autres cas, la reprise du travail signifie même une perte de revenus, notamment pour des femmes seules avec des enfants.

En permettant aux gens qui sont dans cette situation de continuer à percevoir leurs allocations après la reprise d’emploi, tout le monde est gagnant. L’Etat continue de payer, mais il récupère des cotisations sociales, éventuellement de l’impôt sur le revenu et de la TVA sur les dépenses que peuvent se permettre les gens dont le pouvoir d’achat est augmenté. Ces derniers, en retravaillant, se réinsèrent dans la vie active et disposent enfin d’un vrai revenu, au-delà d’un minima permettant à peine de survivre. Et les « working poor », ces gens qui travaillent déjà mais gagnent si peu qu’il leur est à peu près impossible de s’en sortir (caissières à temps partiel, etc.), pourraient aussi améliorer leur niveau de vie.

Ce qui est intéressant dans le projet de Hirsch, c’est qu’il part aussi dans d’autres directions connexes et tient compte, par exemple, de la surreprésentation des femmes dans ces situations et demande que l’on mette le paquet sur les crèches et les assistantes maternelles. Sans accueil pour les enfants, reprendre une activité est impossible. Et la création de nouvelles places en crèches et de jobs d’assistantes maternelles est déjà une bonne chose en soi.

Hirsch propose aussi pas mal de choses en matière de logement ou d’accès aux soins qui vont dans le même sens : aider les gens à s’aider eux-mêmes.

La question est de savoir comment ces propositions seront accueillies. Je ne serais pas surpris d’entendre que ce monsieur, responsable d’Emmaüs, est dénoncé comme ultra-libéral et fossoyeur du modèle social français. Mais restons positifs et attendant de voir la suite…

Hugues,

au-delà des propositions, j'ai trouvé intéressant le ton laudateur de l'article de Libé consacré au plan antipauvreté de Blair. On était très loin de l'image du Labour ultralibéral, etc. Le plan du Labour a pour lui un argument imparable : il marche.

En ce qui concerne l'accueil des propositions d'Hirsch, je ne sais pas si ce sera ce que tu crains. J'en ai un peu parlé autour de moi (autour de moi, c'est plutôt à gauche, souvent par culture familiale, et ça s'apprête majoritairement à voter non, par le mélange de défiance, de peur et l'écoeurement que nous essayons d'analyser ici).
Les réactions sont été positives, notamment à cause de l'idée de permettre à chacun de vivre dignement de son travail (et ça commence par le fait d'avoir un travail).
Il me semble que ça, c'est vraiment une idée qui résonne dans la "gauche profonde".

Dans d'autre domaines, on peut lire, de ci, de là, des comptes-rendus d'initiatives du Labour plutôt en contraste avec l'idée du Blair antisocial.
Celà fait partie des éléments qui me poussent à basculer vers le centre gauche -ou plutôt l'idée d'une troisième voix.
En 2003, devant le pourrissement de la situation, je m'étais pourtant tournée nettement plus à gauche, vers ces alters que tu n'aimes pas, mais qui ont l'immense mérite de tenter de décortiquer l'ordre économique du monde.
J'y ai trouvé un écho de mes inquiétudes, de mes oppositions et de mes refus, mais guère de propositions susceptibles de faire avancer concrètement la situation, en tout cas en France.
Celà dit, leurs analyses ont suscité d'autres questionnements, auxquelles, somme toute, les propositions de la gauche libérale (est-ce la bonne appellation?) me paraissent mieux répondre, d'où le virage qui s'amorce.
Ou alors c'est un conséquence de la trentaine!

Il me semble que beaucoup, dans ce qui était l'électorat "classique" de la gauche (pas forcément ceux qui crient le plus fort), sont susceptibles de cette évolution.
Encore faut-il leur présenter un projet rationnel et cohérent, et que le PS clarifie sa position sur les situations économiques (et même, on peut rêver, ose pointer ce que, dans le "modèle social français" que nous fétichisons, est facteur d'inégalités graves...).
Il faudrait aussi prendre en compte le fait que ces mouvements donnent l'impression que l'on peut, ensemble, avoir une prise sur l'évolution du monde -ce qui n'est guère le cas des partis classiques.

A Michel (en complément de la réponse de Hugues et des commentaires suivants sur l'approche blairiste): dans la Grande-Bretagne du "libéralisme anglo-saxon" le taux d'emploi est élevé y compris pour les plus de 57 ans!

Cher Hugues, juste une question :
Mitterand, comme Tixier Vignancour, comme les communistes, a voté contre la constitution de la 5eme république.
Cela signifie t il :
- que Mitterand était un dangereux fasciste ?
- que Tixier Vignancour était un proto marxiste à la solde de Moscou ?
- que les communistes étaient devenus royalistes puisqu'ils votaient contre la république ?

Sérieusement, j'aime beaucoup venir polémique sur ton blog car tu écriyt souvent intelligemment des choses avec lesquelles je suis en désaccord. Mais là, ne crois tu pas céder à ce qu'il y a de plus nul dans l'argumentaire du OUI ? (avec l'argument qui consiste à prédir un crise le 30 mai si nous ne votons pas OUI alors que de manière évidente la crise est déjà là, et ne disparaitra pas du jour au lendemain parce que ce sera OUI (ou NON) le 30 mai)

Il me semble que la meilleure manière de préparer l'alternative de 2007 serait plutot de nous demander le pourquoi du comment du 21 avril (ce qui n'a pas été fait), d'analyser la situation de notre pays (c'est en cours) et de proposer des pistes de reflexion pour 2007, une des missions principale devant être de redonner crédit au politique. Ce n'est pas en insultant 40 000 militants socialistes que ctte lourde tache sera le mieux esquissée.

Et en bon pragmatique, il vaudrait mieux éviter d'insulter l'avenir, et se dire que de toute façon, il y aura un après 29 mai à gérer, pas plus facile que ce soit OUI ou NON et qui devra tenir compte du résultat.

Hugues, je sais que je suis trop long et je m'en veux d'occuper ainsi cet espace qui, après tout, est le vôtre. Mais bon, tant pis, je me lâche…

Bien entendu je ne suis pas parano au point de penser que c'est l'Europe ou la mondialisation qui sont directement responsable de ma situation personnelle. Elle découle d'un ensemble de circonstances particulières qui sont ma propre histoire. Et rassurez-vous, je ne me sens pas fini, bien au contraire.
Il n'empêche que si nous sortons du cadre individuel pour nous porter au plan général, il est incontestable que la mondialisation libérale et le système qui en découle sont bel et bien les causes des délocalisations et de la concurrence sauvage qui précipitent dans la précarité une grande partie de nos concitoyens.
La France est le pays de l'union ou l'emploi des seniors est le moins développé alors qu'il est élevé dans la Grande-Bretagne "Blairiste" du "libéralisme anglo-saxon" ? je ne conteste pas.
Mais que propose-t-on, chez nous, aux seniors et aux jeunes (les catégories les + touchées par le chômage)? Des CIE à 22 h par semaine, ou des contrats à durée déterminée, payées au smic.
Comment voulez vous, connaissant le déficit actuel en logement sociaux, et les exigences des loueurs, qu'un jeune couple puisse s'installer? Sans perspectives claires, sans rêves de lendemains qui chantent, et face à l'enrichissement inconvenant de certains (voir la récente annonce du parachute en or massif offert par Carrefour), comment voulez vous que réagissent les nouvelles génération ?
Pour ceux dont les parents, parfois les grands-parents, disposent de moyens suffisants pour leur permettre de poursuivre des études supérieures, l'ouverture de l'espace Européen, la possibilité de s'expatrier à Londres, Dublin ou Barcelone est, à priori, une chance. Mais est-ce une solution ?
Pour les autres, dont le CAP, le BEP ou le BAC PRO sont l'aboutissement d'une scolarité souvent difficile, quel avenir leur propose-t-on? Ne me dites pas (comme ce cher Frits )que l'on manque de plombiers ou d'électriciens en France, dites moi plutôt combien ils sont rémunérés et pour combien d'heures et avec quelles perspectives à long terme…
Avez vous une idée des conditions de vie, de travail et de rémunération des hôtesses de caisse chez chez les grandes enseignes de la distribution?
Si l'on s'en tient à notre beau pays, il faut bien admettre que la situation actuelle n'est pas seulement le fait de la droite au pouvoir. Les tentatives Socialistes (cf les 35 heures) ont échoué. L'idée de réduire le temps de travail, sans perte de salaire, pour pousser les entreprises à embaucher davantage est bonne sur le papier mais elle ne tient pas devant la recherche agressive de la rentabilité maximum prônée par l'actionnariat, qu'il soit Anglo-saxon, Nippon ou Européen.
Mais l'Europe et le TCE dans tout ça?
Je crois que "les mêmes causes produisent les mêmes effets". Je veux bien me laisser bercer par la perspective que la gauche, revenue au pouvoir, tentera de hausser le niveau du contenu "social" du TCE. Mais je suis tout aussi intimement persuadé que la réaction prévisible des tenants du bastion "libéral" sera de tout faire pour que ces tentatives échouent.
L'une des grandes réussites politiques des dernières décennies est, à mon avis, d'avoir réussi à nous persuader que le système économico-politique dans lequel nous baignons est le moins mauvais, sinon le seul, possible. Mais tout système est l'expression d'une volonté. Il ne peut exister par lui-même. Il est envisagé, initié, piloté. L'assaut des Sarkozy brothers sur les leviers de commande est d'ailleurs assez significatif.
Le TCE présente des avancées intéressantes, mais constatons qu'il s'inscrit bel et bien dans une logique quasi exclusivement sous tendue par une pensée et une idéologie (n'ayons pas peur des mots) libérale.
Si la victoire définitive de ce courant de pensée n'est pas notre objectif, alors, il faut s'y opposer. Je n'entends pas, dans le discours officiel des grands "partis de gouvernement" Français ou Européens, émerger de propositions alternatives…. A moins que le rapprochement de Mrs Hirsch et DSK ?… wait and see…
Mais en attendant, voter NON au référendum est, selon moi, un bon moyen d'exprimer notre désaccord sur l'orientation politique actuelle de l'Europe.

Simon, Michel,

Je ne crois pas utiliser les arguments « les plus nuls » du Oui. Mes raisons de voter Oui sont des raisons « positives », indépendantes de mon analyse du Non.

Mais, pour résumer :

Je suis partisan de l'intégration européenne et je suis favorable à l'émergence d'une structure fédérale. Je considère que, depuis 1957, les choses avancent à un rythme relativement rapide (au moins dans une perspective historique) et qu'il est important de ne pas briser la dynamique d'union par le refus de cette nouvelle étape d'un processus complexe et délicat.

Je pense que le traité amène effectivement une simplification de l'organisation juridique de l'Europe d'une part (par la consolidation des traités antérieurs en un texte global) et une avancée fédéraliste et démocratique d'autre part (par le renforcement des pouvoirs du parlement et par l'émergence de vraies prérogatives politiques paneuropéennes -- présidence, affaires étrangères...).

Je pense que certains éléments du traité peuvent être considérés, à juste titre, comme insatisfaisants mais que des compromis sont inévitables lorsque l'on cherche à réunir 25 pays autour d'un projet commun. Je pense que les choses continueront d'évoluer et que ce traité ne grave rien dans le marbre -- et en tout cas pas plus que les traités précédents.

Je pense que la plupart des pays, à l'exception de ceux où le sentiment général est majoritairement hostile à la poursuite de l'intégration fédérale, acceptent ce point de vue moyen. C'est en tout cas l'explication qui se dégage du Oui de l'ensemble des partis de gouvernement (qu'ils soient de gauche ou de droite) et des syndicats chez tous nos voisins.

Je pense que la France souffre de problèmes spécifiques (chômage massif, vieillissement d’un modèle de société totalement figé…) qu'elle ne parvient pas à résoudre pour des raisons qui lui sont propres mais que l'incurie des élites politiques a conduit à cette identification du malaise à des « contraintes extérieures » (« mondialisation », « libéralisme », « néo-libéralisme », « ultra-libéralisme », les « bureaucrates de Bruxelles », les « Etats-Unis »...).

Je pense que l'Europe peut nous aider à résoudre certains de nos problèmes internes en imposant une forme de discipline et de respect du Droit et de la règle qui ne viennent pas naturellement à un pays habitué au clientélisme et aux petits arrangements entre amis.

Je pense, enfin, que rien n’est acquis dans l’Histoire et que, sans jouer les Cassandre, la fin du processus d’intégration européenne engendrerait de vraies inquiétudes. Et ce n’est pas la peine de me dénoncer comme un demeuré assurant que la guerre est proche si le traité n’est pas signé… Là n’est pas la question. Simplement, si les pays qui ont réussi à se convaincre qu’ils avaient un avenir commun reviennent sur cette idée, personne ne sait où ça peut nous mener. Personne. Mais qui a envie de vérifier ?

Tout ça, c’est pour le Oui. Mais sur le Non, je reprendrais rapidement les arguments de la note ci-dessus, puisqu’elle a provoqué cet échange. La France est le seul pays où des partis politiques extrémistes, exigeant une rupture fondamentale avec le modèle de société que nous connaissons, rassemblent autant de voix que les partis traditionnels. Ces partis de rupture ont réussi à convaincre une majorité de l’opinion qu’ils représentaient, chacun dans leur registre, l’orthodoxie fondamentale de la pensée politique et que les grands partis n’avaient qu’à se rapprocher un minimum de leurs options (la remise en question de l’économie de marché pour la gauche, le nationalisme raciste et chauvin pour la droite) pour ramener les brebis égarées au bercail.

En tout état de cause, ce sont ces extrémismes qui menacent aujourd’hui de faire capoter le Oui, au nom d’arguments totalement superposables de « défense du modèle social français ». Est-il imaginable, pour autant, de voir nos 24 partenaires accepter de renégocier un traité déjà concocté dans la douleur par les 15 du départ, afin de mieux coller aux exigences contradictoires des trotskistes, des socialistes orthodoxes, des souverainistes et des fascistes français ? Et serait-il préférable, en cas d’impossibilité de gagner le monde entier à la cause de l’axe Besancenot-Villiers, d’en rester à Nice et de se priver des avancées du traité constitutionnel ? Est-il, encore, préférable, pour remettre Fabius en selle, pour faire élire Sarkozy, pour redonner de la vigueur au PC, d’entretenir des fantasmes révolutionnaires stériles, de foutre en l’air le rôle moteur de la France et d’hypothéquer l’intégration européenne pour les années qui viennent ?

Qu’avons-nous à gagner ? De quelle crise salutaire parlons-nous ? Que voulons-nous vraiment ? Le PC, le FN, les 72 factions trotskistes n’ont jamais été pro-européens et il faudrait pourtant croire qu’ils détiennent les clés de la « vraie Europe », celle dont nous rêvons à voix haute et dont rêveraient sans le savoir les 400 millions d’Européens n’ayant pas la chance d’être français ?

Les Français ont ingurgité, des décennies durant, un baratin pseudo-économique grotesque les conduisant à penser, avec la plus grande des sincérités, que l’économie de marché était une construction crapuleuse visant à les affamer. Quelques années après la chute du Mur, ils ont déjà oublié ce qu’était le communisme et sont donc incapables de comprendre à quel point le modèle « alternatif » qui émerge des délires d’ATTAC ou de Mélenchon, semble surréaliste aux Polonais ou aux Tchèques. Ils sont tout aussi incapables de saisir à quel point les Espagnols sont hallucinés à l’idée de voir un Le Pen au second tour de l’élection présidentielle française, presque 30 ans après la fin du franquisme…

Elevés dans la peur du mythe capitaliste, alors que la France est une puissance industrielle encore 5ème exportatrice mondiale (la Chine vient juste de nous passer devant, mais tout de même), ils sont convaincus que l’ensemble des problèmes auxquels ils sont confrontés peuvent être résolus par l’augmentation des impôts des « riches » et le recrutement de fonctionnaires. Les retraites sont-elles menacées par les bouleversements démographiques ? Que l’on fasse payer les riches ! Les dépenses de santé explosent-elles du fait du vieillissement de la population et du renchérissement du coût des traitements médicaux ? Augmentons les impôts ! La redistribution est indispensable, mais que fait-on lorsqu’il n’y a plus rien à redistribuer ?

La France a plus besoin de l’Europe que le contraire. Ca pourrait encore être différent, mais il serait préférable d’être à l’intérieur et en pointe plutôt que dans les tribunes. Voici mes convictions, cher Simon, cher Michel. Voici les arguments les plus « nuls » du Oui…

Ouah ! Entre Charles Wyplosz hier, et ton commentaire du jour, on est gâté, les quelques partisans du oui de gôche qu'il reste ;-)

Hugues

Constat : nos positions sur le sujet du TCE sont antagonistes… dont acte.

Ceci ne m'empêche pas de respecter votre opinion et votre acte de foi et même parfois d'avoir des pensées similaires ( je pense que la France souffre de problèmes spécifiques … ).

Je ne prétends pas défendre un "système à la Française", bien au contraire, je pense que sa faillite est patente et qu'il est urgent d'inventer autre chose, même au prix de sacrifices, à la conditions que ce ne soit pas toujours les mêmes catégories de citoyens qui les subissent.

Par contre votre plaidoyer contre le NON est bien à la mesure de votre acte de foi : Anathème, excommunication et menace de l'enfer…
Désolé, je ne vous suivrai pas sur ce terrain.

Dernière remarque, comme ça, en passant : c'est quoi, le "mythe capitaliste"?

Allez, bon courage pour le prochain marathon, je penserai à vous lors de mes chères randonnées Pyrénéennes…

je vous présente le site www.jeunespourleoui.fr.tc

J'ai appris/ compris hier une chose amusante sur canal +:

Jörg Haider et Berlusconi sont favorables au TCE (l'Italie l'a d'ailleurs déjà ratifié).

Bouh !!! Et vous votez oui ? Vous n'avez pas peur qu'ils en fassent une récupération politique partisane?

Il faut rapidement oublier ces arguments du: "regardez avec qui vous votez, vous n'avez pas honte?" J'ai lu un post que j'ai trouvé intéressant sur Publius qui peut aider à comprendre en quoi cette analyse est en fait hors sujet: Un vote n'est pas l'expression d'un avis, mais seulement d'un choix. Je m'explique: j'entends pas avis l'expression détaillée d'une opinion complexe: je vote oui parce que ... + arguments; je vote non parce que ... + arguments. Cet avis on l'exprime lors du débat. Et c'est ce débat qui peut nous permettre de mieux fonder nos opinions, de les ajuster voire de les réformer. Une fois ce débat terminé, on vote, et là on fait un choix: laquelle des solutions proposées me convient le mieux? Quand on exprime ce choix, il n'est pas écrit sur notre bulletin de vote: "ajoutez votre commentaire et les raisons de votre choix".

Ensuite lorsque le résultat du vote est connu, il est en fait un peu démagogique de nier le débat qui a eu lieu, avec tous les arguments qui ont pu l'alimenter, pour dire "c'est mon argument que les gens ont retenu." Pas plus que: "c'est l'argument d'untel qui a été retenu".

Juste parce que j'ai été ulcéré, en espérant que deux ou trois personnes qui n'en ont pas entendu parler l'apprendront sur ce système de commentaires, un honteux dérapage de Fabius le 10 mai sur RMC. (On peut vérifier que je ne fais pas d'intox à http://www.laurent-fabius.net/article167.html )

Je cite
« Hier, je regardais un petit peu le débat sur TF1 ; les uns et les autres avaient la Constitution, et on a parlé de la Turquie notamment. J’étais très surpris, parce que - cela va peut-être surprendre vos auditeurs - il a été mentionné - et après, j’ai été vérifier - que la Turquie est signataire de la Constitution. J’ai regardé dans le texte et, effectivement, page 165, il y a la liste de tous les pays qui ont signé l’Acte final de la Constitution, et le dernier, c’est la Turquie. Cela fait quand même réfléchir, parce que l’on nous dit que la Turquie, "on verra dans quinze ans", mais si elle signe la Constitution aujourd’hui, qu’est-ce que cela veut dire ? On découvre donc sans cesse des choses. »

Quelques explications de texte :
1) le "il a été mentionné" signifie "il a été mentionné par de Villiers"
2) c'est évidemment un mensonge ; la Turquie n'a pas signé la Constitution mais l'acte final de la conférence (constatant qu'on a signé le traité)
3) vu la précision (citation de la "page 165"), il ne peut s'agir d'une bavure excusable due à l'improvisation ; c'est bien un mensonge prémédité, qui a fait l'objet d'une petite fiche préparée par l'équipe de campagne.

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