Stockholm-sur-Euphrate pour Mohamed al-Joundi
Mohamed al-Joundi, le "fixeur" des deux otages français en Irak, porte plainte contre l'armée américaine pour "mauvais traitements" et choisit Jacques Vergès pour le défendre.
J’apprends avec un assez grand étonnement que Mohamed al-Joundi, le compagnon d’infortune des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, s’apprête à porter plainte contre l’armée américaine, voire George Bush lui-même. Il serait « conseillé » dans cette démarche par notre vieil ami Jacques Vergès, grand spécialiste de la « défense de rupture » : Papon, Barbie, Milosevic, Georges Ibrahim Abdallah, Carlos, Saddam Hussein…
Je ne vais évidemment pas me montrer hostile au fait que ce type, au terme de sa terrible captivité, puisse avoir une dent contre les Américains si la manière dont il a affirme avoir été traité par les marines après sa libération est exacte.
L’ancien « fixeur » cum chauffeur des deux Français avait lui-même raconté à Libé comment, après avoir faussé compagnie à ses kidnappeurs de l’Armée Islamique de Libération, il a été interrogé pendant plusieurs jours par le « FBI ou un organisme similaire » avant d’être jeté dehors, 20 dollars en poche. Pendant ce débriefing, il n’aurait obtenu aucun vêtement et aurait du dormir sur des sacs de riz vides.
Mais je me permettrais tout de même de trouver paradoxal qu’un homme ayant passé quelque deux mois entre les mains de terroristes susceptibles de le tuer à tout instant, ayant été trimballé, jour après jour, de geôles infâmes en cachot sordides, puisse se montrer si peu rancunier envers ses preneurs d’otages (qui détiennent toujours ses deux camarades) et si vindicatif avec les Américains l’ayant pris en charge après sa libération.
D’al-Joundi, je ne sais que ce que la presse a en pu en dire. Ce proche du régime de Saddam Hussein (Le Monde le décrit comme un ancien baasiste syrien réfugié en Irak depuis plusieurs années), organisait les rendez-vous de journalistes occidentaux avec « la résistance à l’occupant américain », grâce à la bonne qualité de ses connexions. En tout état de cause, il ne servait certainement pas de simple interprète à Chesnot et Malbrunot, que l’on présente comme parfaitement arabophones, et refuse absolument d’être désigné comme un vulgaire chauffeur...
Au final, un proche du régime irakien défait par les Américains, en relation étroite avec les multiples factions islamistes et baasistes qui organisent l’opposition armée à l’occupation, disparaît en compagnie de deux journalistes occidentaux. Lorsqu’il est enfin libéré, il explique que, en dépit de la dureté des conditions de détention (cachot dégueulasse, nourriture infâme…) et des sautes d’humeur de certains de ses kidnappeurs, il a toujours été bien traité. Les premiers preneurs d’otages étaient d’ailleurs de braves paysans incultes, abasourdis par le retentissement international de cette histoire banale (l’enlèvement de deux journalistes français dans le but de faire reculer le gouvernement de l’une des principales puissances mondiales sur un texte voté par son parlement, pas de quoi fouetter un chat), et les seconds de vagues combattants sans idéologie particulière.
Chesnot et Malbrunot, eux, sont toujours les prisonniers d’on ne sait qui, on ne sait où, on ne sait pourquoi (puisque ni la loi contre le voile à l’école n’a été abrogée ni la rançon un temps mentionnée n’a été versée). Mais Mohamed al-Joundi, révolté par l’absence de bonnes manières des troupes yankees, enrôle aujourd'hui un célèbre avocat par ailleurs volontaire pour la défense de Saddam lui-même et ne semble pas particulièrement disposé à dire du mal des vrais responsables de son aventure.
Cette histoire dans l'histoire, selon toute vraisemblance, est appelée à faire des vagues même si la plainte d’al-Joundi est jugée sans fondement. Ne serait-ce que parce que Malbrunot et Chesnot, on l’imagine, se satisferaient sans doute davantage d'un débriefing à l'américaine que de ce séjour prolongé dans une cellule gardée par des types masqués, kalachnikov en bandoulière. Le syndrome de Stockholm d’al-Joundi, en tout cas, était ma grande surprise de la journée.
© Commentaires et vaticinations

Please, auriez-vous la gentillesse de bien vouloir me communiquer les coordonnées de Mr maître Jacques Verges à Paris, je vis au Canada, je suis née en France, je ne sais plus à quelle porte frapper en ce qui concerne ma demande de nationalité française étant née en France. Les autorités consulaires à l'étranger sont excécrables, je dirai même racistes, que faire? On ne veut pas me renseigner, "rentrez en France" voilà leur réponse et svp, avec un visa!!!!! J'avais un ami avocat qui malheureusement est décédé et était prêt à me mettre en contact avec Mr Verges mais je n'ai pas eu cette chance, comment faire? Je veux dénoncer les injustices auxquelles j'ai été confrontée, je suis prête à tout médiatiser s'il le faut, ma famille vit en France, j'ai des frères et soeurs français, j'ai enseigné au lycée française au Mexique, ma fille y a toujours étudié jusqu'à présent, pourquoi cette haine? Pourquoi autant d'injustice?
Merci de votre compréhension et salutations.
Hamida Ait-Khélifa
Rédigé par: Hamida Ait-Khelifa | le vendredi 23 septembre 2005 à 20:52
la démocratie que Bush veut imposer au monde a un visage obscène. Elle est fondée sur l'humiliation, la manipulation et elle n'engendre que la barbarie :
« Ton prochain traiteras comme un chien. Un goulag américain construiras. Hommes, femmes, enfants, violeras également. La mémoire de l'humanité brûleras. Au peuple américain et autres mentiras pareillement... Tel est le vrai catéchisme de George W. Bush. Telle est la vérité que révèlent l'occupation de l'Irak et les tortures d'Abou Ghraib. »
Rédigé par: bush le chien | le dimanche 04 juin 2006 à 23:47
Et tel n'est assurément pas le commentaire de quelqu'un qui aurait lu la note ci-dessus.
Rédigé par: Hugues | le lundi 05 juin 2006 à 09:32